En mode recherche

Aujourd’hui, dès que j’en ai eu l’occasion, j’ai cherché du boulot en ligne. J’ai postulé à une demi-douzaine d’annonces. ¤ En plus, beaucoup de ces gens ont vraiment besoin de quelqu’un à la communication : les annonces sont souvent mal écrites. ¤
J’espère être contactée au moins une fois.

Prochaine étape : regarder des boulots moins bien payés.
Je suis prête à sacrifier une partie de mon salaire pour une meilleure qualité de vie ¤ comprendre : ne pas aller travailler à reculons ¤.

Sinon, j’ai été prise pur une étudiante aujourd’hui. Ça me rajeunit d’une bonne grosse décennie et ça fait plaisir.
Il faut aussi me voir roucouler de plaisir quand le serveur de la sandwicherie me dit : "et la demoiselle, que voudra-t-elle ?
Et oui, je profite de ces petits compliments de la vie comme ils viennent !


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En attendant le boulot (3)

Où en étions-nous ?

Ah oui, ma piqûre de rappel ! Ben tu parles qu’elle a fait effet : fin décembre je n’avais toujours aucun signe de mes potentiels futurs employeurs…

Je demande à la collègue qui m’avait refilé ce contact si tout va bien pour son ancien camarade de classe Feu Sacré.
Elle me répond qu’elle aussi à droit à un inhabituel silence radio.
Elle renvoie des textos inquiets et finit par avoir une réponse : la boîte traverse une période de gros changements de direction qui rendent toute décision compliquée. Du coup mon embauche n’est plus à l’ordre du jour, mais qu’il a toujours envie de bosser avec moi. (Ca me fait une belle jambe.)
Le camarade envisage peut-être même de partir monter une nouvelle structure ailleurs.

Cette possibilité de partir travailler dans cette boîte était la seule chose qui m’avait permis de tenir dans ma situation professionnelle actuelle. Cette promesse rendait les réveils moins douloureux, les humiliations quotidiennes moins cuisantes et l’ennui chronique plus supportable. Je courbais l’échine en pensant très fort à ma prochaine libération.

Mais là, la perspective de retourner au boulot sans possibilité imminente de me barrer de là pour une meilleure maison me flinguait le moral ! je ne vous raconte pas l’angoisse qui m’a étriente pendant ces quelques jours de vacances entre Noël et le jour de l’An.

Le Loup et moi avons discuté de la situation et conclu que je devrais  proposer à Feu Sacré de s’associer pour cette nouvelle affaire, en mettant quelques billes. L’horizon était à nouveau visible. Je respirais un peu mieux.

Lundi 4, j’ai ainsi appellé Feu Sacré pour lui présenter mes vœux et lui soumettre l’idée d’une association. Il a eu l’air surpris, amusé et comme la ligne était très mauvaise et que nous n’arrêtions pas d’être coupés, il m’a proposé de me rappeler le lendemain matin.

Mardi matin : rien.
Mardi après-midi : rien.
Mercredi : rien
Jeudi (à 19:03) : toujours rien.

J’ai décidé d’en prendre mon parti : je laisse couler encore un peu.
J’en ai déjà fait beaucoup (5 entretiens, des plans d’actions, des coups de fil et des mails de rappel, une proposition de business ensemble) de mon côté. Et lui, il a sûrement beaucoup de pain sur la planche et d’autres chats à fouetter.

J’ai l’impression de m’être fait rouler dans la farine, mais je suis surtout épuisée d’avoir poursuivi cette étoile qui ressemble de plus en plus à un vulgaire clignotant.

J’ai beau vouloir ce job, pour l’instant, je ne bouge plus, la balle est dans leur camp.

En attendant, je réponds à des offres d’emploi pour d’autres entreprises, même si le cœur n’y est plus vraiment.

 

à suivre… ou pas !

 

 

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Crise de foi – suite & fin

(Début du billet ici)

Il avait 35 ans, il allait être papa pour la première fois. Une forte fièvre d’origine inconnue l’a terrassé en quelques jours.

Autrefois, nos maisons se faisaient quasiment face, et nous partagions le privilège envié de tous nos camarades d’habiter tout près du collège. Il est dans la plupart de mes souvenirs de cette première période antillaise. Ensuite j’ai ensuite un peu plus loin et nous avons été inscrits à des lycées différents, et puis j’ai traversé à nouveau l’Atlantique.
Je n’ai jamais été particulièrement liante. J’ai commencé à apprendre à soigner mes amitiés depuis peu, et je suis encore bien mauvaise je crois, aussi n’ai-je gardé que quelques rares amis datant de cette période, ceux-là ont compris qu’il fallait me harceler de mails et d’invitations afin que je réponde. J’ai un peu honte de l’admettre, mais si mes amis étaient des plantes, les seules à survivre seraient celles en plastique qui ne demandent qu’à être époussetées de temps à autre.

Bref, vous l’avez compris, à cette époque, quand je croisais mon ancien camarade, c’était toujours par hasard lors de fêtes communales, quand je retournais là-bas, chez moi, en vacances.
Nous étions toujours contents de ces courtes retrouvailles. Il était comme un demi-frère, un parent proche qu’on ne voit plus mais qu’on a toujours grand bonheur à revoir.
Je me souviens de cette fois sur la plage de Port-Louis. Il m’avait reproché gentiment d’avoir grossi et m’avais supplié de me reprendre. Je n’avais pas fait de commentaires sur sa compagne du moment quand il me l’avait présentée, ni sur la voie professionnelle qu’il avait choisie, mais il avait su percer mon silence en répondant "on fait ce qu’on peut", réponse que j’aurais pu lui faire moi-même quant à mon gros derrière.

Mais voilà. Il est mort. Fini. Plus de lui.
J’ai été assommée par la nouvelle. Comment un garçon si gentil et si jeune pouvait-il mourir ?
Révolte et abasourdissement.

Il emportait dans la tombe une partie de cette vie à moi dont il avait été témoin. Comme si on m’avait subitement annoncé que mes souvenirs avaient dépassé leur date limite de validité et qu’ils avaient été supprimés de ma mémoire. Ma réaction formulée ainsi peut paraître égoïste, je sais, mais c’est vraiment ce que j’ai ressenti sur le coup.

J’avais l’impression que la mort avait encore frappé de manière aléatoire, ou pire, qu’elle se délectait de cette injustice et qu’elle me narguait. Elle me signifiait combien elle était puissante et capable de tout, même de me supprimer moi qui étais en train de donner le bain à mon enfant qui pourrait être orphelin d’une minute à l’autre sur un caprice, comme ça. ORPHELIN. OR-PHE-LIN. Mais je viens à peine de lui donner la vie, merde !
Sinon, il y a aussi l’option de devenir veuve comme la femme de mon ami.
Un champ de possibilités toutes horribles s’est ouvert devant mes yeux. Je m’efforçais jusque là de vivre dans une relative ignorance, mais la réalité me forçait à regarder sous une lumière crue ma fragile condition et l’impermanence de cette vie en général.

J’étais angoissée. J’avais envie de prendre la jeune maman/jeune veuve dans mes bras, de nourrir cette enfant qui ne serait jamais bercée par son père, de leur raconter les bouts de son enfance et son adolescence que j’avais partagés, d’essayer de lester sa présence à force d’anecdotes et de souvenirs heureux, de le forcer à rester parmi nous, de redonner corps à cette existence en la racontant, tout en sachant que ça ne le ferait pas revenir.

Peut-être enverrai-je une lettre un jour à cette jeune femme pour lui parler de son mari quand il était petit.

Depuis, j’ai laissé passer le temps et j’ai accepté la mort de mon ami.
Une question en avait profité pour germer en moi et il fallait que je la pose.

"Le Loup ?
- Oui ?
- Tu ne crois pas en Dieu, ça, je sais.
- Hmm mm.
- Tu ne crois ni en Dieu quel que soit son nom, ni en l’Homme ?
- C’est ça.
- Mais tu ne crois pas en quelque chose ?
- C’est à dire ?
- Je ne sais pas moi, en une force suprême, un truc supérieur, le bien absolu ?
- Non.
- Mais tu ne crois en rien ?
- Ah si, je crois en moi.

Huit ans de vie commune et apprendre ça.
Ce n’est pas qu’il se considère comme une déité. Mais il a foi en lui et en ce qu’il peut réaliser.

Je ne sais pas comment il peut résister au chagrin, à la peine, au malheur, je ne sais pas à quoi il se rattache.
¤ Bon, il dit aussi qu’il croie en moi, en notre fils, en notre amour. ¤

Je trouve ça à la fois effrayant et admirable d’avoir soi pour seul grand repère. C’est à la fois tant et si peu. Une si grande responsabilité que ça me donne le tournis, et une telle confiance en soi pour la prise en main de son propre destin que ça fait envie.

Bref, ça m’a bien fait cogiter.
Il est fort ce type quand même.

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2011

Chers vous,

Pour 2011 ¤ et pour les années d’après aussi ne soyons pas myopes, visons le court, le moyen et le long termes ! ¤ je vous souhaite d’avoir la santé, de l’amour à donner et à recevoir, du succès — et de l’humour, de la résilience et du courage quand ça ne fonctionne pas comme vous le voulez — de bonnes surprises, du calme, de l’harmonie, des grains de folie et un peu moins de gâchis.

2011

Des bises,
Jazz

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En attendant le boulot (2)

Depuis le dernier billet concernant ce possible nouvel emploi, j’ai passé deux nouveaux entretiens.

Dans le pénultième, après la tête de croque-mort d’introduction qu’affichent mes deux interlocuteurs, je m’attends à ce qu’on me remercie de m’être déplacée encore une fois, de mon temps, du travail accompli et qu’on m’annonce que ce beau rêve ne se réalisera jamais.
Et les voilà qui me remercient d’être venue à nouveau jusqu’à eux, du temps passé à chercher des idées, de mon travail et qui m’annoncent que le poste a changé.
Merde me dis-je, me fiant encore à ces mines tristounettes, ça sent l’excuse polie mais bidon pour me dire que mon profil ne correspond plus à la fonction offerte et qu’ils ont besoin de quelqu’un, au choix :
- de plus expérimenté
- qui demande un salaire moindre
- qui parlerait couramment le mandarin, le suédois, le finnois, et au moins une langue balte
- qui aurait les cheveux moins longs et les ongles des orteils moins carrés
- dont le prénom commencerait par une apostrophe
- all of the above.

Ils causent tour à tour et je ne les écoute que distraitement, comme on ne prête plus vraiment l’oreille à cette chanson que l’on connaît par cœur malgré soi et qui passe encore et encore à la radio. Je me demande d’où je vais tirer la force de postuler pour de nouvelles offres, j’imagine une façon élégante de dire merci, accrochant ce sourire brave à mes lèvres qui égrènerait un message dans le genre "c’est la vie, croyez-le, je suis un peu déçue de ne pouvoir collaborer avec vous, mais cette minime déconvenue n’entachera pas ma sérénité légendaire".

Mais j’ai bien fait d’enregistrer quand même ce qu’ils disaient pendant que je me perdais en discours imaginaires : le poste changeait d’envergure, en effet, il ne concernait plus uniquement la petite entité, mais aussi la grande, l’autre grande et ainsi que le groupe formé par les trois. Par conséquent, je travaillerais pour plus de monde, ce qui rend les choses plus compliquées mais aussi plus intéressantes, enfin, ça, c’est si j’étais toujours intéressée et si je pensais que j’avais les épaules pour, me demande Feu Sacré.
Tu parles, Charles !
Encore une fois, je suis soufflée. J’acquiesce en essayant de dissimuler ma surprise.

Ils me donnent alors des infos pour que j’arrive à séduire mes autres futurs potentiels donneurs d’ordre. Elles me permettront de préparer la nouvelle présentation que je ferai à Feu Sacré et à mes autres futurs patrons.

Le lendemain, je reçois un mail : la date du prochain rendez-vous est fixé, j’ai dix jours avant la soutenance de ma présentation.

J’envoie très vite un premier jet à Feu Sacré et à son acolyte (que nous appellerons désormais Justin, si vous le voulez bien), les invitant à faire des commentaires.
Pas de réponse.

J’appelle trois jours avant la date pour avoir des nouvelles après m’être torturée pendant tout un week-end, me persuadant que ma présentation était trop nulle pour être même lue et encore moins commentée, que j’étais complètement à côté de la plaque, qu’ils devaient penser qu’il ne me restait plus qu’à m’immoler par le feu suite à l’affront que je venais de leur faire en leur envoyant une preuve si éclatante de mon absence totale d’intelligence. Justin me répond qu’il n’a pas eu le temps de regarder mais que si Feu Sacré ne m’a pas fait de remarque, c’est que ça va. OUF !

La veille au soir, alors que je met les dernières touches à mon Pahouère-Point en jamais-satisfaite que je suis, mon téléphone sonne. C’est Feu Sacré qui est désolée de me dire que le rendez-vous est reporté de 24 heures.

Le lendemain soir, la scène se reproduit à ceci près que l’on m’avertit que mon public du lendemain ne sera pas au complet. Seul Feu Sacré pourra m’écouter car les autres patrons ont plein de choses hyper-importantes à voir, mais il ne veut pas que j’aie l’impression d’avoir perdu mon temps ni qu’il me mène en bateau, aussi nous verrons-nous coûte que coûte le lendemain.

Arrive enfin le jour de la présentation en comité plus que réduit. Mes idées plaisent et il me donne des billes supplémentaires pour enrichir mes propositions afin d’épater un peu plus la galerie quand je devrais montrer aux autres ce dont je suis capable.

Quand j’aurai retoqué ma présentation, je lui renverrai pour relecture et nous conviendrons d’un — mais oui, déjà ! — sixième rendez-vous !
Nous nous quittons en tablant sur une embauche début janvier…
Nous sommes alors fin octobre, mon préavis est négociable et en général négocié, l’hypothèse Nouvel An, Nouveau Job est réaliste.

Évidemment, j’ai rempli ma part du contrat. Présentation étoffée et envoyée.
Mais près de 3 semaines plus tard, toujours rien.

C’est ici que la narration rejoint le vrai présent.
Après moult tergiversations, j’envoie une piqûre de rappel à feu Sacré et à Justin par courrier électronique, il y a une heure.

Je reçois une première réponse de Justin qui me dit en substance qu’il est un peu hors de la boucle mais qu’il me garantit que Feu Sacré fait de son mieux malgré un emploi du temps fort chargé pour fixer une date. Justin montre sa bonne volonté en m’assurant qu’il fera le rappel à feu Sacré.

Quelques minutes plus tard arrive le second mail de Justin, décidément terriblement efficace celui-là, qui venait à peine d’en repasser une couche. Feu Sacré me remercie de mon travail et me donne une date de rendez-vous très vite, mais il est ardu de dire quand exactement puisque cette fin d’année est bien remplie.

Je répond que je serai patiente et je me remercie de sa diligence.

Il me renvoie un mail en me remerciant à nouveau.

Je vais mieux dormir ce soir…

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Crise de foi

Maintenant que j’habite un peu plus loin du boulot, j’ai un peu plus de temps de trajet. C’est donc avec l’impression de jouir d’un luxe délicieux que je me plonge dans un peu de lecture. Parfois, c’est un nouveau magazine, d’autres fois, c’est le gratuit du jour, ou alors, je me contente d’un catalogue publicitaire, n’importe quoi, pourvu que j’ai un truc à me mettre sous l’œil. Ce n’est pas toujours facile de savourer les pages dans un RER blindé, ou de se couper complètement de la conversation prétendument personnelle de la jeune fille d’à côté qui hurle à son correspondant combien elle est fatiguée de la nuit blanche dont elle sort.

En ce moment, je lis Eat, Pray, Love en anglais please.
Je n’ai pas vu le film et je ne sais pas si j’aimerais le voir pour l’instant. J’ai acheté ce livre par curiosité, il avait déjà fait tant parler de lui, par fainéantise parce qu’il figurait en bonne place dans le rayon des nouvelles sorties et par re-curiosité car le titre m’a interpellée.
Eat, ça, je peux, je sais même très bien faire. Love, je crois que je me débrouille, et j’essaie de m’améliorer chaque jour. Mais ce n’étaient pas les mots des extrémités qui me piquaient le plus. Pray, pourquoi prier ? Je ne prie plus vraiment puisque j’ai perdu depuis longtemps la foi chrétienne héritée des femmes de ma famille. ¤ J’explique la nuance du "plus vraiment" : pendant la grossesse, je passais tous les jours devant une église sur le chemin du boulot, un bâtiment dédié au saint du jour où je suis née, comme par hasard, et j’envoyais un clin d’oeil imaginaire au canonisé en espérant que ma grossesse se passerait bien… C’est bien là un reliquat de ce patrimoine religieux, une forme déguisée de prière, du moins, une superstition reconnaissant le pouvoir des saints ? ¤

Je ne sais pas si ce livre va changer mon rapport à la foi, je ne suis qu’à la fin de la partie "Eat".

Mais en cherchant bien, je pense trouver une autre raison à cet achat.

Un an après la mort de mon grand-père, ma grand-mère semblait avoir repris du poil de la bête. je me demandais tout haut d’où elle tirait cette force. Le Loup m’avait répondu "de sa foi", ce que j’avais trouvé juste et incroyable venant de la part du Loup qui n’est pas un être religieux, mais on n’y reviendra plus tard…

L’autre motivation inconsciente de cette lecture était peut-être un besoin d’une dose de spiritualité-minute, facile à digérer, sans rosaire ni signes de croix.
Je venais en effet d’apprendre la mort d’un de mes anciens camarades de classe….

à suivre…

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Vacances de rêve…

Australie, Japon, Botswana, Nouvelle-Zélande, de San Francisco à Santiago en paquebot ?
On en a rêvé mais ça ne sera pas de si tôt.

Guadeloupe, Saint-Martin, République Dominicaine ?
Non, et non, ce sont des quêtes encore trop lointaines.

Grèce, Croatie, Maroc, Italie, Turquie, Crète, Malte, Espagne.
Non, et c’est encore moins loin que Châlons-en-Champagne.

Bon alors, ça veut dire qu’on reste chez nous, en banlieue ?
Oui, tu verras, on ne s’en portera que mieux…

Mouais… tu parles d’un programme : ça sent le bricolage, rangement, courses, ourlets aux rideaux, lessive, repassage, ménage. Ce n’est pas du tout comme ça que j’envisageais les vacances, moi… On est diamétralement opposés aux (re)découvertes de lieux, de saveurs et de cultures dont j’avais rêvé ¤ rêver est une grosse métaphore, puisque depuis 6 mois — et même un peu plus si on compte les troubles du sommeil de fin de grossesse — je ne pense pas dormir suffisamment pour avoir le temps de rêver, mais bon, passons ¤.
Mais le Loup a deux arguments de poids justement :

1) bébé = pas de repos
Nous avons un bébé qui ne dort que très peu depuis toujours. Et malgré la fatigue croissante, nous avons de plus en plus de mal à nous endormir. Donc, même faire la sieste en même temps que lui ne nous requinquerait guère.
Si vous ajoutez à tout ceci de possibles difficultés à s’adapter à un nouvel environnement pour dormir (il nous a fait le coup il y a 10 jours en Angleterre — où nous sommes allés assister à un merveilleux mariage gay dans la campagne), on reviendra à plat, comme à la maison, quoi.
Par ailleurs, bébé ne tient pas encore très bien assis, impossible par conséquent de le laisser trôner paisible dans une chaise haute admirant ses parents pendant qu’ils se sustentent. Résultat : soit on prend le petit dans un porte-bébé au risque de le voir gigoter d’impatience au bout de 10 minutes d’inactivité et devoir lui faire faire un grand tour pour épancher sa soif de découvertes, soit on va manger l’un après l’autre, nous relayant auprès de son altesse royale. Bye bye les repas à trois en dehors de l’hôtel.

2) Crèche = quelques heures de liberté pendant la journée
Mais oui !
Bébé se réveille entre 7 et 8 heures du matin, quoi qu’il arrive.  La grasse mat’, on a fait une croix dessus. Alors, puisque nous sommes réveillés, autant nous lever et déposer le petit monstre à la crèche où il fera plein d’activités, sera entouré de ses amis et de professionnels payés pour assurer son bien-être. Le soir, ce sont des parents heureux d’avoir pu faire une sieste réparatrice ou trois, d’avoir eu un peu de temps à eux, et d’avoir pu manger ensemble à des heures correctes qui viendront le récupérer et seront heureux de passer les quelques heures à venir avec lui.

Ben du coup, j’ai dit oui !
A nous les longs dodos de mi-journée, à nous les petits restos sympas en amoureux, à nous les ballades dans Paris sans se soucier de l’heure du prochain biberon ou d’une couche à changer.

LIBRES ! Liiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiibbbbbbrrrrrreeeeeeeeees !

En plus, on économise l’argent du voyage, on peut finir les menus travaux que nous n’avons jamais le temps d’achever, et on peut dormir dans notre grand lit.  Ah, dormir…

Je sais, je m’encroûte.

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Gouttes de pluie et d’espoir

Vus ce matin :

- Une jeune femme dont les yeux et la pancarte indiquaient qu’elle attendait un miracle;

- Un malabar à moustaches debout, la tête docilement penchée en arrière, confiant ses poils de nez à la main sûre d’un barbier gringalet;

- trois cousins des chiens de la reine d’Angleterre, se promenant comme de roturiers canins sous bonne escorte toutefois;

- une vieille bossue avançant lentement;

- une vilaine sorcière qui n’aime pas mes bottes de pluie.

Mes nouvelles bottes de pluie, fleuries, jolies

Mes nouvelles bottes de pluie, fleuries, jolies

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Hautes définitions

Je suis une malade mentale quand je pénètre une librairie, surtout si les étagères croulent sous les livres, que les couloirs sont un peu étroits et qu’il y fait un peu sombre, que le libraire ne daigne pas saluer les clients du haut de son échelle (ça doit avoir un nom à soi, ce bestiau-là) et que l’officier de ausse ne semble pas d’humeur à être interrompu dans sa lecture (mais ça marche aussi quand je passe au Virjine du coin).

Je repars rarement sans bouquin (que je ne prends plus trop le temps de lire en plus) et c’est bien pis depuis que j’ai pondu : j’ai envie de dévaliser le rayon jeunesse alors que mon bout de chou pense qu’un livre est une chose qui se goûte — il n’a pas completemet tort non plus pour le coup — "stade oral oblige" me souffle, entre deux ronds de fumée de cigare, un certain Sigmund avec un fort accent autrichien. S’agirait d’éteindre fissa ton cigare à la forme évocatrice, avant que je me fâche, là mon barbu !

Dernier achat en date : le Petit Gibert illustré au éditions Albin Michel Jeunesse.
Une merveille !
Je me délecte de chacune des définitions lues au hasard.
Et comme je suis aimable, vous en conviendrez, je partage avec vous une page de cet ouvrage admirable.

C’est poétique, savoureux, absurde, décalé et cerise sur le gâteau, les illustrations sont magnifiques et elles répondent parfaitement aux définitions dans un esprit désuet et second degré, peuplant les pages de créatures hybrides et de divines planches entre deux pieds de nez au bien penser.

Merci Bruno Gibert de nous régaler comme ça.
J’en connais un qui a intérêt d’être content dans quelques ans quand il pourra commencer à saisir l’humour de ce livre, sinon je le garde pour moi !

Page du Petit Gibert illustré - ed. Michel Albin Jeunesse - Sept. 2010

Page du Petit Gibert illustré - ed. Michel Albin Jeunesse - Sept. 2010

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En attendant le boulot

J’ai passé cet entretien tant attendu.
Tellement d’anticipation, de préparation et de questionnement pour que tout soit bouclé en quelques minutes. J’avais l’impression d’être une athlète s’entraînant pour courir un 200 m à la prochaine olympiade. 4 ans de travail pour 20 secondes de course au final.
Oui, j’exagère, je sais.

Récit.
Je me pointe, perchée sur des talons vertigineux, sortis de la naphtaline où je les avais rangés autrefois, avant entorse et grossesse, et mis rapidement quelques mètres  avant d’arriver au lieu de rendez-vous.
J’ai préparé mon petit programme, imprimé en triple exemplaire au cas où j’aurais deux interlocuteurs. Je l’ai tellement lu, relu, amendé et rêvé que je le connais sur le bout des doigts.

A la fin de note dernière rencontre, ils m’avaient demandé de réfléchir à ce que je ferais dans un premier temps si j’avais le poste, afin qu’ils se fassent une idée de ce qu’il faudrait mobiliser comme ressources et de ce que je voulais faire dans cette boîte où il n’y a jamais eu de spécialiste de la communication.

J’ai listé les basiques sans trouver d’idée de dingue pour les épater parce que "je n’ai pas de recette magique ou de potion toute prête, je préfère mieux connaître l’entreprise de l’intérieur avant de proposer quelque chose qui lui corresponde", j’avais bien répété mes raisons.

Après les salamalecs de circonstance ¤ "et les vacances ?", "et ce projet ?", "et cette amie en commun ?" ¤, le rendez-vous commence. Je joue mon rôle et donne vie aux mots m’appuyant à peine sur mon anti-sèche. Face à moi, le boss de la boîte, seul, adopte une posture un peu désarmante : lui, d’habitude si disert, se contente de m’écouter, les mains croisées devant la bouche. Simple clignement réflexe de l’œil ou acquiescement silencieux ? Moue de désapprobation ou bouche qui gratte ?
Je ne suis sûre que d’une chose : ses oreilles sont concentrées.
Ou peut-être pas…
Je lui précise alors qu’il peut m’interrompre quand il veut s’il est en désaccord ou qu’il a quelque chose à ajouter. Il répond qu’il se manifestera si ça ne va pas.
Je continue, rassurée.
Nous sommes interrompus par les dernières personnes encore présentes dans le bureau.
Je lui parle de traduire les valeurs de sa boîte en messages de communication, de trouver les bons outils de communication, un blog peut-être ? Et c’est là qu’il part dans sa vision du monde, de son métier, de la vie un peu, quoi.

Ce type a le feu sacré. Il a la vista. Intrépide, il veut tenter, expérimenter, faire, réaliser, il croit en une sorte de bien suprême et universel qui le ferait presque passer pour un utopiste simplet, un rêveur, un crétin qui va se brûler les ailes, s’il ne possédait pas cette très présente intelligence et ce bon sens indéniable.

Là, je me dis : "ma pauv’ fille, tu peux aller te faire voir avec tes propales à la con. Il veut de l’innovation, du jamais vu, du super-profond façon je-crée-je-transcende-je-t’emmerde-tu-peux-pas-comprendre-ça-va-bien-au-delà-de-ta-petite-personne. C’est vrai que des esprits brillants avec une telle clairvoyance, je n’en rencontre pas souvent dans le boulot. Quel choc de parler à quelqu’un qui utilise plus de cent mots de vocabulaire, pour qui le dénigrement systématique n’est pas l’unique mode d’expression et qui voit plus loin que le bout de son nez.
Il parle et il a cet enthousiasme rare, naturel et entraînant, qui n’est pas là pour masquer la vacuité de ses propos, il sait vraiment ce qu’il veut, et il a besoin d’aide pour y arriver.

J’écoute religieusement, j’interviens, nous évoquons des références communes, nous échangeons, et je donne encore le change, mais mentalement, j’ai déjà rangé mes feuilles, repoussé ma chaise, passé la porte d’entrée, sortie du métro, les épaules basses, la tête penchant sous le poids de la déception que je vais imposer à MonMari-MonFils, je m’apprête à ouvrir la porte de la maison, pleine de ce sentiment d’échec, persuadée de ne pas être à la hauteur de ces travaux d’Hercule auxquels j’aurais quand même bien aimé me mesurer.
Mais avant que mon talon ne touche le sol de mon home sweet home, Feu Sacré me tape sur l’épaule et me ramène violemment à l’endroit où je me trouve physiquement : une salle de réunion avec parquet bien ciré et mobilier d’édition, peuplée, à part moi, par ce type qui n’a toujours pas l’air de se lasser de moi malgré l’heure tardive et les 28 coups de fil qu’il a ignorés depuis le début du rendez-vous, et les messages laissés, et tous ses collaborateurs qui ont quitté le navire pour le week-end. Il me déclare : "bon, c’est un travail de titan, il ne faut pas se le cacher, mais je pense que ça peut être super intéressant".

Evoquer toutes ces choses chouettes à faire à une personne qui ne fera pas partie de l’affaire à son grand désarroi ? Non, vous ne vous trompez pas, on appelle ça de la torture.

Il continue : "je ne sais pas si vous êtes toujours motivée après tout ça, mais moi, je suis hyper hyper motivé, super tenté, même, de dire oui, mais il me faut encore mettre deux ou trois choses au point. Alors, ça vous dit toujours ?"

Résumons mes pensées à cet instant en quelques mots :
"Hein ?"
"Moi ?"
"Sûr ?"
"Géniaaaaal"

Je réponds que je suis plus que jamais partante.
Mais ça ne suffit pas.
Je dois encore voir ou revoir des gens de cette boîte… début octobre !
Ça me paraît loooooooin, mais maintenant, j’ai l’habitude.

Il est honnête, il me dit que c’est bien que je rencontre d’autres personnes de confiance pour que j’entende leur son de cloche à propos de la philosophie de la boîte, ça lui laisse aussi le temps de trouver un moyen de financer ce poste (qui est une création qui arrive juste après une autre grosse embauche et que je demande un salaire substantiel par rapport à la taille et la jeunesse de la boîte).

Donc, j’ai avancé d’une case, et d’ici un mois, je serai peut-être fixée sur mon sort.
En attendant, j’essaie de renouveler mon intérêt pour mon job actuel (dur) qui me permet de dévaliser le rayon enfant d’une chaîne espagnole de boutiques de fringues, de répondre à des offres d’emploi qui me paraissent fades en comparaison (super dur), et de partir à l’heure pour retrouver homme et enfant (hyper fastoche).

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