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Samedi soir, j’ai compris qu’on vieillissait plus vite quand on devenait parent.
Non, non, je suis encore nullipare et il n’y a rien en vue pour les 9 prochains mois.
Mais mon chéri et moi avons reçu un couple de ses amis à dîner. Ils sont venus accompagnés de leur rejeton — blond comme une nageuse appelée Inga Reijkversson — qui a vu le jour il y a 17 mois.
Eh bien sachez-le, élever un enfant, ça fatigue. Surtout si l’enfant en question est “tonique” comme l’a dit le pédiatre à son sujet. Il a fallu quatre bras et beaucoup de patience pour le changer, trois paires d’yeux pour l’empêcher de manger les saucisses cocktail en une seule fois (ce gamin est impressionnant !), et un sixième sens exacerbé pour l’empêcher de tout détruire dans le salon.
Bon, là, les quelques mots précédant peuvent donner une image de petit monstre à ce charmant bambin, alors que c’est un adorable petit être qui a apporté du bonheur et des émerveillements quotidiens à ses parents et à leur famille.
Samedi soir, entre deux déplacements de pot de fleurs, j’étais ravie de voir que les saucisses lui plaisaient davantage que sa bouillie orange, que les biscuits à la cuiller et ceux à la cannelle le rendaient dingue et très généreux (oui, enfin, surtout envers moi: il venait systématiquement partager un bout de biscuit avec moi), et que j’étais toujours aussi performante au jeu du “j’me cache derrièrte mes mains, j’me cache plus”. Ca rassure.
Malgré tout le bonheur qu’on peut éprouver dans le fait d’être parent, de donner la vie, de guider un nouvel être dans le chemin tortueux de sa vie, au vu des visages creusés par la fatigue de ses parents, je me suis dit: mon tour attendra.
Je ne me sens pas prête pour la maternité. Une amie, réagissant à cette opinion me confiait qu’elle pensait aussi la même chose quand on lui a appris sa grossesse géméllaire. Maintenant, elle est aux anges et ne ferait pas les choses différemment même quand elle apprend qu’ils ont des gastro-entérites fulgurantes mais pas en même temps, ce qui fait qu’ils se réinfectent deux ou trois fois avant totale guérison.
Elever un enfant, c’est être là pour lui toute sa vie et au-delà.
Je suis peut-être un peu vieux jeu, mais j’aimerais bien me marier d’abord (en plus, ça ferait plaisir à ma mamie qui joue les vieilles femmes à l’agonie et qui voudrait que sa première petite-fille se marie avant que les bêtes viennent la dévorer sous terre… ma grand-mère a des expressions créoles impayables). Et puis, avant de me marier, j’aimerais bien être débarassée de ce prêt contracté en 1997 pour financer mes études. J’ai commencé à rembouser ma dette en 2001, je ne finirai qu’en 2006. Mais bon, après près six ans de galère sans jamais arriver à joindre les deux bouts, je vois enfin un peu le jour. (Traduction: je peux m’acheter des paires de pompes et des fringues, en soldes ou non, sans culpabiliser, mais tout en restant raisonnable.)
J’aimerais pouvoir élever un enfant dans un certain confort, sans viser le luxe pour autant. C’est un peu difficile à expliquer.
Donc, en gros, pas de bébé avant fin 2006, j’aurai 27 ans alors.
Là, tout d’un coup, formaliser par écrit cette réflexion que je me fais depuis quelque temps, ça me fait drôle. Parce que le temps passe plus vite désormais. Parce que j’ai déjà 25 ans et que 27 ans c’est dans deux ans. Parce que Seb a l’air d’être prêt depuis qu’il a 15 ans. Parce que la plupart de mes amies sont mariées ou le projettent. Parce que ces mêmes amies sautent sur la moindre occasion de me rapeller que j’ai trouvé un mec génial qui a l’air d’être le mari & père idéal. Parce que je ne me sens pas être responsable de la vie de quelqu’un d’autre. Parce que les parents de Seb, leur fils unique, ont l’air prêt. Parce que mon frère imagine bien qu’un(e) petit(e) métisse l’appelle “Tonton ! Tonton !” en s’accrochant à sa jambe. Parce que ma propre mère doit nourrir secrètement la pensée qu’elle sera bien dans son rôle de grand-mère cool et qu’elle a probablement déjà trouvé un surnom pour remplacer le “mamie” qui la vieillirait trop. Parce que même Célia , avec tout son passé/passif sentimental pourrait dire oui à la maternité si on lui proposait.
Punaise, je vieillis. Ca fait vraiment drôle. J’ai pris conscience de mon âge rien qu’en abordant ce sujet.
CQFD ?
2004-06-28 19:11
Ouais, ouais, ouais… parfaitement, je boude.
Je n’avais guère envie de taffer aujourd’hui, je soufre d’un manque flagrant de motivation.
J’avais juste envie de rentrer chez moi, empêcher mon copain d’écrire son texte pour le surf en lui réclamant des câlins et de l’attention.
En plus, j’ai mal à la gorge. Mon miroir m’indique que
Dans quelques minutes, je sortirai.
Une fois de retour à la maison, je pourrai me blottir contre mon chéri, trouver l’emplacement de quelques nouvelles pièces dans mon puzzle, lire quelques pages de ce super bouquin Da Vinci Code, et glander…
Nous avons eu un week-end de chasse aux articles soldés, d’essayages rapides parmi des acheteuses en furie, des mecs super-sapés et super-blasés, des vendeurs aigris sur les genoux qui rejouent le mythe de Sisyphe en pliant et repliant inlassablement les articles malmenés, froissés, retournés, maculés de traces de maquillage, déchirés par des coquettes cachant leur véritable taille au monde et à leurs propres yeux — mais l’essayage ne ment pas.
Je suis nase, un peu down quoi.
J’ai envie de rentrer chez moiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii…
Tic tac tic tac, secondes passez, minutes défilez et mes pénates laissez-moi regagner.

vous, ici ?