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Ce texte de Blaise Cendrars, tout simplement beau, est pour tout dire, l’une de mes premières vraies émotions poétiques.
Tu es plus belle que le ciel et la mer
Quand tu aimes il faut partir
Quitte ta femme quitte ton enfant
Quitte ton ami quitte ton amie
Quitte ton amante quitte ton amant
Quand tu aimes il faut partir
Le monde est plein de nègres et de négresses
Des femmes des hommes des hommes des femmes
Regarde les beaux magasins
Ce fiacre cet homme cette femme ce fiacre
Et toutes les belles marchandises
Il y a l’air il y a le vent
Les montagnes l’eau le ciel la terre
Les enfants les animaux
Les plantes et le charbon de terre
Apprends à vendre à acheter à revendre
Donne prends donne prends
Quand tu aimes il faut savoir
Chanter courir manger boire
Siffler
Et apprendre à travailler
Quand tu aimes il faut partir
Ne larmoie pas en souriant
Ne te niche pas entre deux seins
Respire marche pars va t’en
Je prends mon bain et je regarde
Je vois la bouche que je connais
La main la jambe l’œil
Je prends mon bain et je regarde
Le monde entier est toujours là
La vie pleine de choses surprenantes
Je sors de la pharmacie
Je descends juste de la bascule
Je pèse mes 80 kilos
Je t’aime
Blaise Cendrars, Feuilles de route, 1924
2004-09-29 13:32
Un blog dans la catégorie Journal Intime, ça sert aussi à consigner des choses que l’on souhaite garder quelquepart, à l’abri et que l’on pourra toujours retrouver.
Aussi ai-je décidé de poster ce qui suit.
Ce poème me fait frémir.
Merci Mlle Triolet, merci M. Aragon !
Merci l’amour, merci les rimes, merci Méthodes & Techniques aux Editions Nathan.
Merci la vie !
[Edit de 18:25] Je ne pouvais garder tant de beauté pour moi, il fallait donc bien que ce post apparaisse sur la homepage, non ?
Les mains d’Elsa
Donne-moi tes mains pour l’inquiétude
Donne-moi tes mains dont j’ai tant rêvé
Dont j’ai tant rêvé dans ma solitude
Donne-moi te mains que je sois sauvé
Lorsque je les prends à mon pauvre piège
De paume et de peur de hâte et d’émoi
Lorsque je les prends comme une eau de neige
Qui fond de partout dans mes main à moi
Sauras-tu jamais ce qui me traverse
Ce qui me bouleverse et qui m’envahit
Sauras-tu jamais ce qui me transperce
Ce que j’ai trahi quand j’ai tresailli
Ce que dit ainsi le profond langage
Ce parler muet de sens animaux
Sans bouche et sans yeux miroir sans image
Ce frémir d’aimer qui n’a pas de mots
Sauras-tu jamais ce que les doigts pensent
D’une proie entre eux un instant tenue
Sauras-tu jamais ce que leur silence
Un éclair aura connu d’inconnu
Donne-moi tes mains que mon coeur s’y forme
S’y taise le monde au moins un moment
Donne-moi tes mains que mon âme y dorme
Que mon âme y dorme éternellement.
Extrait du Fou d’Elsa
2004-09-28 18:27
Le canapé de Paméla
Le Panapé de Caméla
Le Panala de Camépé
Est un beau canaquois
Est un nabeau est un naquois
Charmante Panapé
Charmante Paméla
Le charme de Paméla
Le charme du canapé
Il est passé par ici
Il repassera par là
C’est un nabeau c’est un naquois
Charmante Paméla
Délicieux canapé
Destinée arbitraire (Youki 1930 Poésie)
2004-09-28 17:00
Hier, inauguration de la boulangerie d’en bas de chez nous nouvelle version.
En qualité de voisins/bons clients fidèles et drôles, nous étions prévenus depuis une dizaine de jours, la petite invit’ sympa et sans prétention trônant sur la lampe Ikea à côté de la télé, histoire de ne pas rater ce moment d’animation bon enfant de proximité.
En fait d’animation bon enfant, si on s’en tenait à regarder les autres invités, ça ressemblait plutôt à une après-midi bingo. Moyenne d’âge : 80 ans. (Ecart-type pour les matheux : 5 ans.)
80, c’est aussi le pourcentage de la base de données clients qu’il faudra renouveler si on prévoit une nouvelle déco et une nouvelle inauguration de la boulangerie dans 10 ans, je crois.
Du coup, les boulangers n’ont pas arrêté de nous appeler « les Jeunes ».
Tout se passait à merveille, le champagne et le jus coulaient à flots, les petits-fours étaient exquis, comme tout ce qu’ils vendent dans notre rutilante boulangerie entièrement rénovée, même si elle a un peu perdu du charme et du cachet ancien que lui conféraient ses vieux murs et sa plaque art nouveau (arghh… quel dommage qu’elle n’y soit plus !).
Les hôtes étaient très sympas, très organisés, très accueillants comme à leur habitude (voire plus : le boulanger a souri pendant près d’un quart d’heure en temps cumulé… il à l’air bourru mais n’est guère méchant, ça fait partie du personnage, et surtout, son pain est bon !)
Les invités, tels des Rois-Mages s’étaient approvisionnés en or, myrrhe et encens verts (bouquets, plantes, orchidées) chez le fleuriste d’en face. Nous, on est venus les mains vides… mais on se rattrapera ! (flagrant délit de mauvaise foi)
Comme il faisait beau, et que la boulangerie est quand même un peu exiguë pour contenir tant de bons clients à la fois, les invités se sont étalés sur le large trottoir coupe à la main, canne dans l’autre pour les vieux / petits-fours pour « les Jeunes ».
Et là, forcément, il y a du passage, les promeneurs dominicaux, les badauds qui flânent et matent (par définition), les affairés à penser très fort qui subitement s’arrêtent pour regarder cet attroupement de quartier où les gens ont l’air heureux, les petites choses disposées sur les plateaux fort appétissantes, et l’ambiance festive.
Certains, alléchés par toute cette débauche de joie de vivre ne laissent pas les barrières de la bienséance ni celles de la correction, ni même celles de la timidité, ou de l’intelligence les retenir : ils veulent faire partie du club.
Alors ceux-là, pleins d’aplomb, de se frayer un chemin vers le comptoir rehaussé de la boulangerie et de demander d’une voix assurée « leur » coupe de champagne, parce que après tout « y’a pas de raison ».
D’autres, à peine moins téméraires, de s’infiltrer sournoisement dans la boutique en attendant que leur regard triste d’invité abandonné attendrissent l’un des proches du boulanger, venus là pour aider à faire le service. Quand le poisson est hameçonné, hop, on lui demande un verre et un petit four, « c’est vrai qu’ils ont l’air si bons… »
Dans d’autres catégories, on retrouve ceux qui ont peur de s’incruster et qui demandent « si c’est réservé à des gens en particulier » — ben, oui, à ton avis ? – ceux qui un peu plus « futés », prétendent être de bons clients et demandent à parler à la patronne qu’ils connaissent tellement bien qu’ils ne voient pas qu’ils sont en train de s’adresser à elle sur un ton enjôleur déplacé, ceux qui suivent des yeux puis du corps les plateaux pour grappiller un pauvre petit four et qui s’en vont raconter leur exploit du jour à des amis chez qui ils seront probablement en train de jouer aussi les pique-assiettes.
J’observais d’abord amusée, puis agacée et enfin carrément embarrassée ce manège des impolis en me demandant pourquoi les gens agissaient ainsi. Toujours pas de réponse précise, mais une première ébauche : Les gens sont des requins qui se repaissent de champagne, de petits-fours et d’incruste en totale impro.
Mais peut-être est-ce mon côté petit bourgeois qui parle, ou peut-être ai-je trop honte de forcer on chemin dans des endroits où je n’ai pas été invité.
Les gens ont-ils à ce point une revanche à prendre sur la vie, qu’ils veulent à tout prix s’imposer partout, sans vergogne, sans sentiment de culpabilité aucun ?
Bon, parfois, il faut savoir s’imposer, mais surtout bien choisir dans quelles circonstances on le fait et si on a raison de le tenter. Là, j’ai du mal à trouver une justification à ce genre de comportement.
Mais c’est peut-être que j’étais trop occupée à déguster les douceurs qui m’étaient proposées pour que l’évidence me frappe : ils avaient tout simplement faim et soif. Pauvres égoïstes que nous sommes, et pauvres d’eux !
Vraiment, je suis trop moralisatrice ! Crotte quoi !
2004-09-27 12:10 -
Je viens de tomber sur ce blog trop conceptuel pour moi…
La blogeuse décrit en quelques mots sa tenue du jour (en tout cas des dessous jusqu’aux habits qu’elle revêt par dessus, j’ai un doute concernant les manteaux, écharpes, chapeaux et autres éléments de lutte contre le froid insidieux qui recommence à se faire sentir).
Je n’ai pas encore lu tous les commentaires, mais je pense que celà doit attirer les fétichistes des fringues, des dessous — vous savez, ceux qui par IM, dans les forums ou les tchats (la transcription française du mot “chat” s’impose toujours à moi) posent, quel que soit le niveau d’e-intimité atteint, la question :
“Et sinon, qu’est-ce que tu portes aujourd’hui ?“
En général, plusieurs réactions sont observées :
- répondre innocemment en se disant que c’est une personne fort attentionnée de s’inquiéter de ce que l’on porte en ce jour ;
- répondre innocemment en se disant que c’est une personne fort bizarre mais qu’il faut accepter les gens comme ils sont ;
- répondre “espèce de …” en remplaçant les points de suspension par une injure de sa préférence [e.g. : dégénéré(e), pervers(e), taré(e)] ;
- répondre une injure puis indiquer immédiatement dans un autre post sa tenue en détail, c’est encore mieux si on s’invente quelque chose de chouette. Exemple : si je traîne dans un jogging amidonné par la sueur et la saleté, constellé de vieux morceaux de chips, avec une vieille culotte à la couleur indicible et une vielle brassière qui tient sans élastique, vestige de l’époque où je trouvais que mon prof d’EPS était sexy , je poste : « aujourd’hui, je ne porte rien d’autre que ce petit ensemble de lingerie acheté dans cette boutique à Pigalle, il est rouge, en dentelle lycra, mais je crois que j’aurais dû prendre la taille supérieure pour le soutien car je me sens un peu à l’étroit dans ce bonnet D. La string est très confortable avec sa doublure coton et son traitement anti-bactérien. Plus tard, pour sortir les poubelles qui débordent, je passerai tout de même ma petite nuisette noire en satin princesse car j’aime tellement le contact soyeux de cette étoffe avec ma peau fragile et délicate. Oh oui, j’aime tellement ça, et toi ? » ;
- ne pas répondre du tout et ne plus jamais chercher à entrer en contact avec ces gens aux mœurs si différentes des nôtres ;
- répondre « punaise, Maman, laisse-moi vivre ma vie maintenant, j’ai 12 ans et demi, merde, quoi ! J’ai le droit de m’habiller comme ça et puis d’abord, toi tu peux rien comprendre, t’es trop vieille ! ».
Toujours est-il que cette idée de blog est très bonne, en consignant ainsi ses outfits quotidiens (ou presque), on se rappelle ce que l’on a porté tel ou tel jour, ce qui permet d’éviter des mini-drames comme aller dîner chez des amis d’amis un peu snobs en ayant commis l’impardonnable erreur d’arborer deux fois la même tenue ! Zut alors !
Ca marche aussi avec les rendez-vous clients, les dix premiers rendez-vous amoureux pour une fille, les trois premiers rendez-vous amoureux pour un mec, les réunions des alcooliques anonymes, les réunions Tupperware, les cérémonies des Oscars, la Fashion Week à Milan, le championnat de France du lancer de savates. Cette liste n’est évidemment pas exhaustive.
2004-09-27 10:52
Journée passée à errer de blogs en blogs, de pages en pages, de courriels en courriels (j’aime bien ce mot, son usage me donne l’impression d’être Québecoise).
L’ironie semble être une notion trop difficile à cerner le vendredi après-midi.
Septembre s’étend encore comme quand j’étais une enfant perdue dans les cours de récré, regardant le ciel en espérant que plus de photons me traverseraient.
Novembre arrivera, octobre, n’en parlons pas…
Et décembre, ses bûches, ses courses effrénées dans les boutiques de cadeaux, anéantiront 2004 dans un bain de papier cadeau, de rubans emmêlés, de champagne éventé et de bonnes résolutions vite oubliées.
2005 sera là et je me lamenterai de la vitesse à laquelle passent les jours, les mois, les années, je m’impatienterai, en trépignant à l’idée que le printemps est loin, plus loin à mesure que l’on s’en rapproche…
Je tiendrai des propos incohérents, un peu comme ceux que j’écris en ce moment, je regretterai 2004 et son côté rond, maternel et rassurant pour me jeter à corps perdu dans la masculinité de 2005, nombre impair.
Impair et passe encore…
J’attends 2006, la fin de mon prêt d’étudiant, la libération…
Je ne devrais pas attendre
2004-09-24 16:18
Ah, si seulement j’avais le temps de trouver un nouvel aphorisme…
Si j’avais le temps d’écrire, de réfléchir à quelque chose à écrire…
Ah, si seulement.
2004-09-21 15:08
Vacances passées, rentrée effectuée, peau presque débronzée, week-end espéré.
Après 13 jours de soleil, de plage, de rivière, de montagne, de verdure, de poisson frais, de maillot de bain, de chaleur agréable (mais aussi de prises de tête, de crises nerveuses, de peur-panique d’entendre un “BONJOUR LES AMOURS !!! ALORS, COMMENT CA VA ???? HA HA HAAH HAAAAAA…”), me voici revenue à Paris.
J’ai retrouvé nout’ maison, oui ! Il ne manque rien, tout va bien juste des cadavres de vacances à ranger dans un placard, dans une armoire.
Au boulot, tout se passe bien, personne n’a encore découvert la supercherie, ni encore crié à l’imposture. Il semblerait que mon travail soit acceptable. Ouf. Rien n’a changé.
Je m’impatiente. L’hiver prendra tout son temps. Il laissera l’automne humide et insidieux annoncer sa venue. Les crottes de clebards se dissimuleront sous les feuilles avant de geler.
L’automne, c’était chouette…
avant.
Maintenant, l’hiver me manque.
Déjà.
J’ai envie de me blottir contre mon chéri, de mettre des gants, de courir d’un endroit à l’autre parce qu’il fait froid, de revoir Montmartre sous la neige, de braver le froid, le gel et les mini-patinoires improvisées sous les gouttières, de me plaindre de la température à 1 chiffre.
L’hiver, c’est bien.
Surtout quand c’est bientôt.
ou quand on n’y est plus.
2004-09-16 10:21
Me décrire en quelques mots ? Pas de problème !
Je suis…
très intelligente,
très belle,
et… menteuse.
2004-09-16 11:09

vous, ici ?