You are currently browsing the daily archive for novembre 2nd, 2004.

Aujourd’hui je me sens mal, mal, mal.
J’ai demandé le nom d’un psy.
Je pense que j’ai besoin d’aide maintenant. Trop longtemps que j’hésite. Mais encore cette réticence en moi qui m’incite à croire que mon cas n’est pas grave du tout, que tout va bien, que je devrais pouvoir me sortir de tous mes petits soucis toute seule.

Et puis, ça retombe, inexorablement sur mes épaules. De plus en plus souvent, de plus en plus dur à réprimer.

Culpabilité qui m’oblige à observer des comportements proches des TOC.

Rage auto-destructrice que j’ai de plus en plus de mal à contenir.

Doutes incompressibles sur tout, sur pourquoi on m’aime, pourquoi je suis là, pourquoi on m’abandonne, pourquoi je suis si nulle, etc.

Violences physiques infligées à mon copain, oui, ça c’est très fort. Je déteste ça, je me déteste pour ça.

Peur peur peur peur de me noyer, de me perdre, de tout perdre.

Douleur.

Vite, je cache tout, je m’empresse de tout ravaler, de faire comme si de rien n’était.

Mais c’est là, tapi, à l’affût, attendant le moment de faiblesse, le moment d’inattention, le moment de candeur ou de lassitude qui le laisse gicler hors de moi, que les proches se mettent aux abris.

Je me retrouve sur la route qui mène à celui que je ne veux pas être. Celui qui fait parler les poings, plutôt que de dire en mots, celui qui tait tout et qui blesse dès qu’il ouvre la bouche. Celui qui est inadapté au monde qui l’entoure. Celui qui ne croit pas en lui et se voit comme un raté. Celui dont c’est l’anniversaire aujourd’hui.

 

Joyeux anniversaire papa.

Je ne peux pas ni te haïr ni t’aimer totalement. Je te méprise et j’ai pitié de toi. Je t’envie sans doute et je te plains pour les mêmes raisons
Je me dis que si toi, mon propre père, tu m’as laissé tomber, n’importe quel homme peut aussi bien le faire.
Et je crois mon chéri, ce qu’il me dit. Je crois chacun de ses mots, mais c’est dur parce que quelque part, il y a toujours ce doute qui vit, palpitant, comme une ombre qu’on oublie, qu’on occulte, mais qui reste là. Inexplicable. Irréductible.

Je ne suis pas parfaite. Je ne suis pas tout ce que les gens pensent que je suis. Je ne sais ni comment, ni pourquoi.

J’ai l’impression d’en faire des tonnes, de me noyer dans une goutte d’eau. J’ai peut-être juste besoin d’autre chose, peut-être pas d’un psy.
J’ai l’impression que je hurle pour rien, que je me fais du tort toute seule et que je devrais me secouer pour me sortir de ce qui n’est ni plus ni moins qu’un mauvais moment, une mauvaise passe, un tout petit down, des contrariétés passagères, un caprice de petite fille un peu mal dans sa peau. Je suis sans doute cette victime de moi-même, mon propre bourreau, mon propre cauchemar, ma propre chimère.
Je ne peux pas m’échapper de moi-même. J’en suis encore au  stade où j’étais quand petite fille je me demandais pourquoi je n’étais pas parfaite, pourquoi je faisais toujours les choses de travers, pourquoi j’étais gauche, pourquoi j’étais ci et ça, à m’angoisser pour rien, à ne pas comprendre pourquoi, à vouloir être ailleurs ou savoir quoi faire dans ce monde. A me demander si ma mère allait mourir sur une table d’opérations à cause de sa maladie, ou encore à la maison, pendant que j’étais à l’école, des mains de mon propre père. A me demander si mon père allait me fracasser autant que ma mère, à protéger mon frère du raffut. A hurler plus fort que Kate Bush sur Babooshka. A vouloir mordre dans l’injustice.

Je ne sais pas aimer comme on l’attend de moi, je ne sais pas réconforter, je ne sais pas trouver les mots qu’il faut, je ne sais pas. Je ne sais pas faire les bons choix, je ne me rappelle plus rien, je refuse de me rappeler. J’ai une mauvaise mémoire ; je n’ai rien d’intéressant à dire. Je ne fais pas ce que j’aime, je ne sais pas ce que j’aime. Je n’ai pas de passion. Je n’aurais probablement jamais ce que je veux puisque je ne sais pas ce que je veux. Je fais des reproches, je n’aime peut-être même pas mon chéri, peut-être juste ce que j’ai envie qu’il soit, il a encore évoqué cette possibilité, j’ai peur d’y avoir pensé avant. Peut-être que ce que j’aime chez lui, c’est tout ce que je n’ai pas. C’est terrible. J’ai besoin de savoir même si la peur me paralyse. Je bous de colère rentrée et de désir d’apaisement. Masi je n’arrive même pas à petre là pour lui. Je lui fais mal, je lui impose de la souffrance physique et morale. Je lui mène une vie d’enfer, il ne veut plus s’exprimer. Il ne sait plus quoi dire. Il aime sans conditions, moi, je ne sais pas faire ça apparemment.

Je suis perdue. Je ne peux pas me retrouver, je ne sais pas à quoi je ressemble, ou alors c’est un signalement trop vague.

Je passe mon temps à me battre contre moi, à avaler sans vomir, à vomir sans ravaler.

Mais j’ai aussi l’impression que ça commence à urger. C’est là, en moi, quoi que je fasse pour l’ignorer.

Mes douleurs dans le cou, dans les bras, dans les doigts, dans le ventre, dans les jambes, reviennent, toujours plus acérées, plus présentes.

Je ne m’insurge pas à l’extérieur comme je rugis, je crache, je fulmine, je tempête en moi.

J’écris mais ça n’est plus assez, mes amis les mots perdent de leur sens.

Je fais mes bagages.
Je pars.
Je prends l’autre direction, je prends ma direction, je tracerai mon sentier s’il le faut, même si la serpe me fait saigner. Je ne veux pas être cette fille que je m’apprête à être si je ne fais rien.

J’ai attendu longtemps que tout se calme, que tout se tasse, j’attends encore. Mais l’accalmie n’est qu’apparence, mon attente vaine et certainement hypocrite. Je sais que JE dois agir.

Les forces me manquent, les aiguilles douloureuses s’enfoncent dans mes clavicules, dans mes bras, dans mes jambes. Je souffre et fais souffrir. Au moins, je m’en rends compte et je veux que ça cesse. Mais ce n’est pas assez. Surement pas.

2004-11-02 17:32