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Bref, pour en revenir à nos moutons, j’avais testé la moralité de ces sites pour lui faire un petit topo : tel site est sympa, celui-ci semble tourné vers les passades, tel autre a une cible trop jeune pour toi, etc.
J’avoue que j’en ai profité aussi pour faire du benchmark pour ma personne. J’ai donc eu l’heur de faire quelques rencontres incongrues qui feront le plaisir de mes petites-filles un jour — ou des lecteurs assidus de ce blog, qui sait ?

Donc après ces heures de surf, je n’avais pas envie d’être approchée par des gens, j’entamais une période de réclusion volontaire.

Mais bon, Tom, son pouvoir de persuasion, et son refus de s’inscrire à ICQ (c’est bien un Anglais ça, refuser de faire comme nous autres, honorables gens du Continent !) m’ont fait bouger.

Du coup, je m’inscris sur MSN en mettant une description à la con : j’ai deux bras, deux jambes, etc. j’y joins une photo tronquée de moi et me voilà référencée parmi les heureux utilisateurs de l’IM de MSN. Ca m’a valu quelques mails de personnes à la recherche de sensations sexuelles fortes (« vous aimez les chiens ? »), quelques autres en langage SMS (« J’Mré kon se vwa 1 2 C 4 » = absolument inadmissible et totalement approprié pour un premier contact), mais rien qui me fasse sortir de ma torpeur, bien au contraire.

Et un jour, arrive ce message d’un mec qui exerce la profession qui à l’époque était synonyme de suppôt de Satan ou marchand d’esclaves à mon sens : j’étais dans les relations presse, il était bah… journaliste. Non content de ce fait d’armes déjà fort rédhibitoire, il semble de surcroît un peu fanfaron, un peu flambeur… DE LA PROVOCATION, THE mec sur lequel j’ai bien envie de piquer une crise, il paiera pour ses enfoirés de collègues. Je regarde sa fiche avec un fort a priori négatif, ricanant par avance de son inculture et de son mauvais goût… Mouais, bof…
Pas de photo ? « Espèce de lâche, pleutre vermine de journaliste » pensé-je…  avant de me dire que je m’en fous à la limite, car si mon ennemi n’a pas de visage, ça le rend moins humain… Il faut comprendre qu’à ce moment, je suis dans une phase « tous les mecs sont des bâtards, tous des salauds, pas un pour rattraper l’autre à deux ou trois exceptions près ». Mais ai-je vraiment envie d’être agressive, de discuter avec un inconnu qui se la joue un peu, tout ça pour quoi ?

(Du fait d’une perte de concentration chronique à l’époque, j’entame quelques secondes d’une absence totale de réflexion, incapable de donner une réponse intellectuellement honnête à ces questions). J’oublie le mail, passe à autre chose, puis retombe dessus quelques heures plus tard. J’hésite à le jarreter…
(re-perte de concentration, un regard torve se fixe sur moi… ah, c’est Œil de Bœuf, ma voisine de bureau d’alors, qui me scrute comme un bovin hydrocéphale… retour à la réalité virtuelle)

Allez !
Et comme ça, alors que tout jouait contre lui de prime abord, je décide d’ajouter Môssieu le journaliste à mes contacts. Parfois, je me fais des feintes, des lobs et des surprises

Il me contacte peu de temps après, on discute via Messenger, il fait preuve de beaucoup d’esprit, de charme, d’intelligence, d’humour, et de ces petites choses inexplicables qui suscitent un intérêt des plus vifs en moi. Et il n’écrit pas SMS-style !
Quelques discussions passionnantes, un bon chocolat chaud, une pièce de théâtre, un thé, un film de Jeunet, un ou deux derniers métros ratés, et près de deux ans plus tard, nous essayons de bâtir une vie sympa, ensemble. J’ai remarqué aujourd’hui qu’il avait modifié sa fiche, il indique qu’il est en « concubinage ». J’en ai fait de même. Je finis par trouver ce mot presque beau. Con-cu-binage.

Depuis, j’ai appris de la bouche de celui qui n’était pas encore mon chéri alors, qu’il avait fait une recherche simple : une femme, entre tel et tel âge, avec photo, sur Paris.

Donc, si Tom n’avait pas insisté, si je n’avais pas mis une vraie photo (même tronquée), si je n’avais pas mis cette description bidon qu’il avait trouvée drôle, si je n’avais pas voulu entrer en contact avec lui malgré mes réticences…
Je ne sais pas.
Mais je serais passée à côté de ce que je vis maintenant (le con-cu-bi-nage, donc) et ce serait vraiment dommage. Mais à bien y réfléchir, si les choses s’étaient autrement déroulées, je n’aurais jamais rien su de la réalité dans laquelle je vis aujourd’hui, et par conséquent, je ne pourrais pas vraiment regretter quelque chose dont je ne soupçonne pas l’existence.

En plus, imaginer ce que serait ma vie aujourd’hui si je n’avais pas rencontré mon chéri, ce n’est pas aussi drôle, ni aussi agréable que de se laisser aller à ces rêveries faciles : de type « ah, si j’étais riche », « si j’avais un marteau » ou plutôt « ah, si j’avais renoncé à ce forfait bain+brushing ! », etc.

Ce post n’a pas de conclusion.

Mais peut-être que si j’avais tourné autrement mes phrases, une fin claire, intelligente, intelligible, et ouvrant le débat (comme on nous l’a tant répété autrefois) serait venue s’insérer en lieu et place de cette phrase qui n’est que trop longue.

2004-11-09 11:54

Parfois, une même situation de départ peut donner naissance, au hasard des envies, des humeurs, de la météo, à différentes suites, certaines sont quasi-semblables, certaines n’ont rien à voir entre elles, d’autres  se rejoignent en certains points pour diverger de nouveau. Comme dans le film Smoking/No Smoking… ‘d’où le titre de ce post, héhé *petit rire satisfait*)

 

La rencontre avec mon chéri tient à l’un de ses heureux hasards.

 

__Flash-back__

 

Tom, my very British, very camp, very creative friend s’en était retourné au sein de sa Perfide Albion de patrie. Voulant rester en contact avec lui, j’ai dû m’inscrire sur MSN Messenger, après des mois et des mois de refus catégorique. C’est vrai pourquoi aller sur Messenger alors que :

- j’étais déjà inscrite sur ICQ de longue date et j’aimais assez pour ne pas vouloir changer

- j’étais un peu dégoûtée des tchats J’avais auparavant testé des sites de rencontres, type meetic, pour une collègue peu aguerrie aux techniques de la vie moderne post-Minitel, et très peu entreprenante. La quarantaine bien tapée, un enfant de 7 ans qui dort encore avec elle le soir alors qu’il a sa propre chambre, une peur bleue d’engager une relation stable avec un homme parce que : si un jour un homme devait partager sa couche, il faudrait virer le petit qui pourrait être traumatisé par ce changement brutal et de ce fait nourrir une haine profonde pour ce tiers venu s’immiscer dans leur intimité mère-fils. Evidemment, je n’ai pas été la seule a lui conseiller prudemment, qu’il fallait faire comprendre à son fils qu’il avait un lit avec une chambre sympa autour, où il devrait dormir, d’abord une ou deux nuits par semaine, puis augmenter les doses jusqu’à faire définitivement chambre à part. Ainsi, la venue d’un compagnon de jeux pour la mère serait mieux acceptée et l’oisillon ne se sentirait pas poussé hors du nid. L’intéressée de me répondre : « Ah non ! Je ne veux pas NOUS priver du plaisir de dormir ensemble non plus, je veux dire, en même temps, je n’ai de vue particulière sur un mec précis, tu vois ? »

« Non. Clairement pas, non, là je ne vois pas. Il faut faire un choix, merde, on t’offre des possibilités, on cherche à t’aider et surtout à faire taire tes jérémiades incessantes, et toi, TU FAIS CHIER ! Ton sale mioche, je vais te dire, moi, ce qui le traumatise : c’est cette accumulation de couches de crasse agglomérée à du make-up — qui doit dater de l’achat de ton premier soutif, ma vielle – un maquillage qui a tout du moisi : l’odeur, la couleur, et la texture. Ce qui le traumatise c’est ton manque d’hygiène élémentaire : tu zappes le démaquillage, la toilette du matin, et tu fais très très souvent l’impasse sur la toilette du soir. C’est qui le traumatise encore davantage, c’est ton subtil cocktail, un mélange d’œuf pourri, de salive séchée et d’éléments dont tu as le secret qui ME CRAME LES CILS. Bien évidemment, je ne connais pas tout de ta vie privée, mais je pense que ça suffit déjà à imposer à ton sale mioche ingérable et pourri une petite décennie de psychanalyse. »

En fait, c’est ce que j’aurais aimé lui dire, mais à la place, j’ai répondu un démagogue « Oui, je vois, enfin.. ; heu… je peux comprendre, mais tu dois trouver la solution la meilleure pour ta vie de mère et de femme. »

Depuis, la culpabilité et l’envie d’aider ma prochaine l’ont cédé au dégoût et à la lassitude. J’ai aussi changé de boulot ce qui aide à couper les ponts.

- Fin de la partie I -

2004-11-09 08:38