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…Règles.
Aujourd’hui, j’ai mes règles.
Pas les Anglais, pas les ragnagnas, pas une indisposition, pas du ketchup, pas un quelconque surnom ou nom de code stupide pour masquer ce que c’est.
MES REGLES.
Ce phénomène naturel et périodique qui souventes fois, jadis, me faisait flipper et m’obligeait à me lever la dernière en cours, non sans avoir demandé à une amie compatissante de vérifier que je n’avais pas souillé mes fringues. Et par deux fois, cette aide s’est avérée nécessaire.
Ca veut dire que :
- depuis quelques jours, j’ai deux, trois boutons qui surgissent et qui me font croire aux prémices d’une acné juvénile sur le tard, en dépit de tout bon sens.
- j’ai un peu mal au bide la première nuit,
- je suis hypersensible (petite tendance à prendre à coeur la moindre allusion un peu douteuse, possibles crises de larmes devant un pathos-grands-sabots type “L’Amour en Feu / Amour, Glaire & Beauté“, propension à titiller mon chéri, état taciturne passager provoquant incompréhension et inquiétude du même chéri),
- ma libido est décuplée, je trouve que chacun des gestes de mon chéri libère un charme et une sensualité qui me rendent fébrile, à bien y réfléchir, je me rends compte que la fréquence de mes gloussements d’approbation augmentent face à certains spécimens mâles à la télé (ce sont les seuls que j’ai vraiment le temps de voir en même temps),
- je n’ai pas trop envie de me bouger (ce qui annihile l’effet précédent).
J’ai pensé pendant des années que le SPM (Syndrome Pré-Menstruel, PMS en anglais) n’avait aucune espèce de prise sur moi. Je me suis crue à l’abri de sautes des sautes d’humeur qui ont inspiré tant de bonnes blagues sur nous autres, femmes d’entre la puberté et la ménopause.
Ah ha ha !
J’étais bête. Naïve. Jeune & verte.
La vérité m’est apparue le jour où, racontant à Olivia (alias Barbie, femme de Ken tête en plastique) que j’étais un peu down et aigrie de temps en temps, elle s’est exclamée :
“- Hé ? Mais t’aurais pas tes règles par hasard ?
- Euh… ¤ FIAT LUX ¤ Ou…i !
- Moi, ça m’arrive aussi, c’est dingue non ?
- Euh… (c’était donc ça ? Toutes ces questions sur ma “sanité” mentale restées sans réponse, toutes ces journées à me demander pourquoi, pourquoi, pourquoi ? C’était juste un saignement !?)
- … petit grec ou Mc Dal ?
- Hein ? heu… quoi ?
- Pour le déj’ ? T’as fait ton choix ? Tarama ou nuggets ?
- Mac Blini… heu… J’en sais rien, là, je t’avoue que je ne sais plus là…” ¤ En fait, j’en veux à la terre entière de ne pas avoir compris que j’étais furax parce qu’à la merci de mes hormones, que j’ai dit, fait toutes ces choses parce que mon cerveau paniquait de perdre tout ce sang, de voir se déliter la poche qui aurait dû accueillir un enfant à naître… normal, mon corps de primate évolué se dit : “Quoi , je ne suis pas digne de me reproduire, les mâles ne me jugent-ils pas suffisamment attirante pour perpétuer l’espèce ? Pas assez bien pour… pour…” Oh, et puis à quoi bon ? – La lumière n’est plus – C’est moi, j’étais infecte, pas la peine de mettre ça sur le compte d’un écoulement sanguin, c’est nul comme théorie. ¤
Mes j’ai bien été obligée de remarquer que mes “downs” arrivaient pendant mes règles. Les faits irréfutables ou l’effet de l’auto-suggestion ?
J’ai pris le parti de croire que, oui, quand j’ai mes règles, je suis à fleur de peau, que je subis les effets de la pleine lune, des marées, des changements climatiques, que les gens nés à la même période répondent trop souvent à des caractéristiques similaires, que l’intuition féminine, tout ça, tout ça.
En résumé : faut pas me faire chier, c’est PAS LE MOMENT, OK ?
2004-11-11 00:48

vous, ici ?