Bon, je préfère vous prévenir tout de suite ceux qui n’ont jamais pointé le bout de leur souris sur ce blog ¤ et ils sont nombreux ¤, le “x” entre parenthèses à la fin du titre de cette note ne signifie pas qu’il s’agit d’une histoire de cul, mais plutôt que c’est la dixième partie d’une histoire marquante dans ma vie.
Voilà, c’est dit.
Revenons donc à nos moutons.
***
Ils sont partis. En cachette, discrètement, avec l’aide de mon autre oncle qui les a amené à l’aéroport.
Mon frère qui ignorait encore tout à l’époque de cette folle nuit, croyait à des vacances bonus et surprise.¤ Je dis à l’époque, mais à ce jour, je ne sais même pas si mon frère a eu connaissance des agissements de mon père cette nuit-là. ¤
Mon petit frère était fou de joie !
Ma mère m’a dit au revoir avec des yeux pleins de culpabilité : elle laissait son agnelle avec un loup. Il pouvait ne faire qu’une seule bouchée de moi s’il le voulait. Je l’ai convaincue du contraire, je ne sais comment. Mais de toute façon, il fallait que je finisse ce fichu stage.
Mon père rentre ce soir-là. Tard.
Je l’ai attendu dans l’anxiété et la tension.
Il découvre le mot de ma mère qui disait en quelques mots brefs que je lui ai dictés qu’elle était partie avec mon frère pour quelque temps et qu’il fallait qu’il s’assure que je ne manquerais de rien.
Il crie à l’abandon du domicile conjugal, il hurle, il froisse le mot, le jette à la poubelle puis le récupère arguant que c’est une preuve de son abandon, de sa fugue, il tente de m’arracher des informations quand à l’endroit où ils sont. En criant, sans me menacer physiquement. Il ressasse les mêmes choses, encore et encore : je suis du côté de ma mère, je la couvre comme toujours, depuis toujours, et patati et patata.
J’ai peur mais je n’écoute plus.
Je sais que ma mère n’a rien à craindre, elle a encore presque toutes ses fringues, ses affaires personnelles dans la maison. Alors, pour l’abandon de domicile conjugal il repassera.
Je ne dis rien de plus.
Il se calme. Tout seul.
Le mois que j’ai passé après le départ ninja de ma mère et mon frère a été assez calme.
J’avais souvent la maison pour moi seule pendant cinq ou six jours d’affilée.
Il ne rentrait que rarement, me laissant quelques billets pour acheter à manger, m’amenant faire des courses au centre commercial au besoin.
Un père presque « gentil et normal » mais absent. Tant mieux.
Il n’a pas quitté la maison le 15 août comme il l’avait promis, bien qu’ayant commencé à débarrasser l’appartement de quelques-unes de ses affaires.
Le 16, il est revenu, et le 17 aussi.
Il ne dormait à la maison plus le soir, mais en rentrant du boulot, il m’est arrivé de la trouver dans le lit conjugal terminant une sieste par exemple.
Il déménageait sans hâte.
Un jour, après m’être assurée qu’il avait emporté presque toutes les choses dont il avait besoin, j’ai décidé que j’en avais assez.
J’allais bientôt partir pour les Etats-Unis.
Ma mère rentrerait le lendemain de mon départ. Mon frère la suivrait d’une semaine.
Il ne voulait pas me rendre son double des clefs, et de toutes les façons, il aurait pu en faire des doubles. Il pouvait revenir à la maison et tabasser ma mère sans défense, sans mon frère pour provoquer un peu de remords en lui.
J’ai fait changer les serrures.
à suivre…
2005-05-06 17:08

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