Mais, en dépit de la bonne foi présumée de mon interlocutrice, il me faut encore lui poser quelques questions que me dicte le peu bon sens dont je sais parfois faire preuve.

- Vous me dites qu’elle appelle souvent sa fille, avez-vous essayé de la contacter, elle ou bien la famille de Mme Ledoux ?
- Non, sa fille est… malade, elle est… hospitalisée et elle je ne connais pas le reste de sa famille.
- Savez-vous si elle a donné un double de ses clés à la concierge ?
- Non, je ne crois pas, elle connaissait quelqu’un à la rue du Poteau, mais je ne connais pas son nom.
- Voilà ce que je vais faire, je vais aller sonner à sa porte, c’est le 5ème, c’est ça ?
- Oui. Merci beaucoup madame, je suis désolée…
- Pas de problème, je vous comprends, je m’inquièterais aussi à votre place. Je vais jeter un coup d’œil et je vous rappelle avec de bonnes nouvelles, d’accord ? Vous avez un numéro où je peux vous joindre ?
- Oui, c’est le 01.xx.xx.xx.xx.
- C’est noté, Madame, arrêtez de vous en faire, il y a certainement une bonne explication à son silence, je reviens avec de bonnes nouvelles, d’accord ? ¤ en disant ça pour la seconde fois, j’ai un mauvais pressentiment ¤
- Oui. Merci. Sonnez fort et longtemps, vous verrez, c’est écrit sur la sonnette, comme elle est un peu sourde, elle est très âgée… N’hésitez pas à sonner et à re-sonner.
- D’accord.
- J’attends votre appel.

Je prends mon bâton de pèlerine, je monte, et effectivement, à la sonnette, il y a écrit le nom de la dame, son ancien métier « Infirmière » et l’indication « sonnez fort et longtemps, merci », ce que je fais.

Je tends l’oreille, mais je n’entends pas le « ding-dong » ni le « bzzzzz » caractéristique de la sonnerie de porte.

Je sonne à nouveau en collant mon oreille contre la porte.
Rien. Toujours rien.

Mais, en levant la tête…