- Angèle, je te présente…
– Jazz! m’empressé-je d’ajouter ¤ Je n’allais pas l’embarrasser devant sa nana, je savais que c’est un brave type, et lui, au moins, a fait semblant de me reconnaître. ¤
– Mais oui, Jazz, je sais comment tu t’appelles, j’allais le dire. Zut !
– Ah bon ? Désolée. ¤ Quel faux cul ! J’aurais du le laisser sécher sur mon prénom comme une merde. ¤
– T’es de la promo après moi, hein ?
– Oui, c’est ça.
Je me dis que c’est un coup de bol. Mais sur ce, il continue de me présenter à sa femme en citant : mon nom de famille ¤ qui n’est pas particulièrement mémorable quand j’y pense, d’ailleurs, je l’oublie souvent ¤, mon association et le super boulot qu’on avait fait pour la gala… Le mec au courant de tout mon pedigree !
¤ Vu qu’il n’en avait pas dit autant aux autres de notre petit groupe, j’était à deux doigts de me dire que c’était un dangereux stalker, je pensais renforcement de la sécurité dans l’appart’, injonction du tribunal pour qu’il ne puisse plus m’approcher à moins de 15 mètres, embauche de 3 gardes du corps à plein temps, programme de protection des témoins s’il le faut…¤

- Tu ne voulais pas retourner en Guadeloupe ?
- ¤ quoi ? il se rappelle de ça aussi ? ¤ Euh… Oui, mais j’ai changé d’avis…
– Pourquoi ?
Nous avons continué la discussion quelques instants encore.

Après la soirée, on s’est fait un restal entre potes et je suis rentrée à la maison. Là, en voyant mon chéri, je lui ai posé une question que je lui sors souvent, mais cette fois-là, elle prenait une autre signification : Mais qui êtes-vous ?
Il a haussé les épaules en disant :
Ben, c’est moi, Le Loup !

Ce soir-là, à la fin de cette soirée de merde, j’ai compris que le plus important finalement ¤ non ce n’est pas la rose, désolée Gilbert ¤ c’est de garder quelque part ¤ plutôt dans le coeur qu’en travers de la gorge ¤ le souvenir de ceux qui comptent pour soi, et peut-être de rester aussi dans leur mémoire.

Les autres, tant pis pour moi, tant pis pour eux !
¤ Et puis, quels autres ? ¤