Ce matin, levés de bonne heure, nous partons pour Ayuthaya, ancienne capitale du Siam, à 85 km de Bangkok.

Le long de la route se vendent, entre autres :
- des autels pour les esprits de la maison
- des enjoliveurs
- des fruits
- des saucisses
- des scooters à 15 000 bahts (soit 300 euros)

Les ruines des temples à Ayuthaya sont belles, je me crois dans un décor de film.

Ruines d'Ayuthaya Ruines d'Ayuthaya 2

Je m’attends à voir débarquer Indiana Jones et son fouet d’un moment à l’autre.

Je me demande ce que je fais là, loin de chez moi, dans ce rêve qui n’en finit pas.
Je suis en Thaïlande, à l’autre bout du monde.

Il faut être prudent, regarder où on met les pieds. Les ruines commencent seulement à être réhabilitées, et fouillées par des pros, les Thaïs ayant longtemps négligé ces terres qui ont été le cadre d’innombrables guerres avec les Birmans.

Le plus grand Bouddha assis de Thaïlande est là.

Buddha at Ayuthaya


A côté de son séant de près de 9,55 mètres de large, mon derrière paraît ¤ pour une fois ¤ tout petit.

Assis, il fait déjà 16 mètres de haut.
Rester assis, dans cette position toute la journée.

J’imagine que la moiteur de la nuit, quand les fidèles sont rentrés chez eux et que les moines sont endormis, le Bouddha assis détend ses membres de géant, en s’étirant de tout son long.

Il doit aussi masser sa mâchoire et ses joues crispées d’avoir souri toute la journée.
Il va sfaire un tour dans les ruines, avant de contempler le ciel et les étoiles, debout.
Il fait la roue et assouplit, étire une dernière fois ses muscles.

Et quand vient l’heure de retourner sur son piédestal, il sème derrière lui des grains de gazon nouveau à croissance ultra rapide pour masquer ses pas.
Quelques soirs par an, les images de Bouddha doivent faire une fête, comme un grand rassemblement, il y a des chaises pour les Bouddha debout, des cours de stretching pour leurs confrères assis et ils doivent parler des touristes, des étudiants en Beaux-Arts qui les restaurent, des fois où on a failli découvrir le pot-aux-roses sur leurs escapades nocturnes.

Ensuite, ils se quittent en se promettant de se revoir à la prochaine réunion.

Ha ! La statue a bougé !
Il a penché la tête vers moi et mettant l’index devant ses lèvres, il m’a dit “chut“.
Si personne autour de moi ne semble s’émouvoir de la situation, c’est ¤ évidemment ¤ parce qu’ils ne voient pas ce que je vois.

Je fais un clin d’œil à Buddha. Avec moi, son secret sera bien gardé. Euh.. enfin…

- Dis Boudhha, je peux quand même en parler sur mon blog ?

Il manifeste son assentiment en fermant les yeux.

- Merci Buddha !

à suivre…