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Je suis d’humeur maussade en ce moment.
Petite, je cachais mon anxiété, ma timidité et ma peur de l’abandon derrière de grands sourires et des accès de folie. Je m’évadais, je me cachais.
Ado, je suis devenue très soupe au lait. Vraiment très colérique, énervée pour un rien, prompte à la détente, prête à sauter à la gorge des gens. Et puis, hop ! Toute cette humeur retombait aussi vite qu’elle était montée.
Maintenant, je crois que je retombe en enfance. C’est vrai, la chute est minime, l’enfance n’est pas si loin.
Les sourires qui masquent ma colère forment autant d’écailles qui renforcent la petite carapace que je me crée. Je fais la tortue, la tortue, c’est moins con que l’autruche qui laisse son popotin bien en évidence quand elle enfonce la tête dans le sable. Pfff. Pouffe à plumes !
Je m’interroge sur mon métier. Sur ma personnalité. Sur ma sensibilité exacerbée par moments.
Je me dis que je ne serai jamais une bonne mère parce que je ne sais pas.
Je culpabilise pour un rien.
Je m’accroche comme une dingue à mon homme et à mes amis. Mais je ne tiens pas debout.
Je ne suis pas une femme debout.
Je suis, au mieux, accroupie.
Moi, je veux être debout.
Et je suis impatiente.
J’ai l’espoir que ça ira mieux, et je me dis que je flanche parce que le boulot me rend dingue, pas tant à cause de la masse que de la nature même de ce travail, et l’environnement, et les gens, et puis tout.
J’ai parfois envie de craquer et de filer ma dem’. Pour de bon. Mais je n’ai pas de couilles.
Je doute, je doute, je doute et je doute encore.
Après, je doute.
Le sentiment d’être inadaptée qui me poursuit depuis toujours. Il est là. Sur mon épaule. Lourd.
Il me murmure des reproches, me dit que je ne suis pas assez bien, et qu’en plus, je n’arrête pas de me plaindre comme une râleuse qui veut faire l’intéressante.
Je ris encore, je trouve de la drôlerie un peu partout. Mais quelque chose en moi est triste, et moi seule peut l’atteindre.
Les blessures que je croyais fermées s’ouvrent sans prévenir.
Je vois la photo d’un père et mes paupières deviennent des cuves prêtes à déborder.
Je suis en train d’abandonner. Je refuse de courir. Je dis stop pendant un temps.
Juste pour reprendre mon souffle et repartir de plus belle.
Oh la la, tant de “je”.
Et vous ? Comment allez-vous ?

vous, ici ?