Hier, le verdict est tombé.
Dans son mail, Caroline du cabinet de recrutement explique que l’agence n°2 s’est vu confier un nouveau gros budget qui exige la supervision d’un profil plus « senior ».
Cependant, l’agence me remercie pour mes efforts et le temps que je leur ai consacrés. Caroline, après avoir fait référence à mon professionnalisme, m’assure qu’elle me fera signe dès qu’une opportunité se présentera.
Stupeur, sentiment d’échec et crise de nerf ?
Non.
Surprise, sérénité et soulagement.
Juste une fugace déception, un tout petit insecte posé sur mes fesses d’éléphant, balayé machinalement et nonchalamment par mes crins caudaux.
Ce job, j’en avais fait mon deuil finalement.
Depuis plus longtemps, bien plus longtemps que je ne le pensais.
S’il m’avait été proposé, je l’aurais pris sans hésiter, tout en sachant que la frustration chronique qui m’habite aurait vite refait surface. Certes, j’aurais eu un meilleur salaire, dans un environnement certainement plus agréable, avec davantage de perspectives au sein de la boîte, mais c’était me cantonner à la branche de mon métier que j’aime le moins, dans un secteur suffisamment pointu pour me fermer bien des portes, mais pas assez pour faire de mon expérience une expertise rare, recherchée, et retribuée à prix d’or.
Une situation bâtarde en somme.
J’ai envie d’autre chose, d’autres projets, d’autres horizons.
Ma situation s’est un peu améliorée, mais je sais que ça ne me suffira pas.
J’ai soif et faim et envie. Je dois me sustenter.
Un projet germe encore dans ma tête.
__Fin__

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