Le matin, je regarde les hommes qui regardent les femmes de dos.
Je suis leurs yeux quand ils s’arrêtent à mi-hauteur
et je m’empare de leurs mimiques qu’ils croient discrètes.

Le matin, je regarde par la fenêtre les gens qui sont déjà dehors
et qui ne me voient pas,
perdus qu’ils sont dans leur pensées.

Se sont-ils habillés pour l’occasion ?

Le matin, je regarde le ciel,
grand, au-dessus de ma tête.

Je nomme les nuages
et leur confie des secrets éventés.

Le matin, j’invente une vie aux gens que je croise,
les rendant télépathes malgré eux,
ils ont tant de choses à se raconter.

Le matin, je laisse vagabonder mes pensées,
un échauffement, en somme,
pour mes neurones encore mal révéillés.