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Voilà où nous devions aller…

Zut alors

Au bord du lac, tranquillement installés, le Loup, Le Chat-Fou et moi.
Ah, on aurait été bien, là.

Mais non…

Il a fallu que ces idiots d’employeurs réduisent le champ d’action du job, et là, le Loup, trop qualifié, ne faisait plus l’affaire.

Bon, on n’y peut rien.

Alors le Loup repart dans sa valse d’envois de CV et de projets brillants.
Pendant ce temps-là, je remets mon CV à jour.

Pourquoi ?
Est-ce enfin la matérialisation d’une envie de partir de ce job, même après seulement 5 mois, soit une période à la fois trop courte et trop longue pour faire honnête sur un CV ?

Non, si j’avais eu le choix, j’aurais préféré modifier mon CV à un autre moment au lieu de gâcher quelques demi-heures de ce long week-end avec le Loup.

Alors pourquoi ?

D’une, il faut bien le faire un jour, si je veux rester à l’affût d’une bonne place sur le marché, y’a pas de raison…

Et de deux, j’ai reçu la semaine dernière deux coups de fil de deux chausseuses de tête.
L’une me propose un job de Consultante, l’autre c’est Business trucmuche oui, mais dans un pays qu’il est tellement petit que même on le voit pas sur les cartes du monde, j’ai nommé le Grand Duché. du Luxembourg (un si long nom pour désigner une si petite réalité géogrpahique, un minsucule territoire, une simple point sur une carte du monde, c’est risible, non ?) Je n’ai rien contre les Luxembourgeois, mettons tout de suite les choses au clair, mais quand même tout ça est un peu grandiloquent, vous en conviendrez.

J’ai bien galéré : trouver un demi-mensonge assez bien tourné pour déguiser la pauvreté affligeante de mes missions actuelles n’était pas chose facile.

Mais j’ai réussi à formuler une phrase suffisamment générique sous ses airs de projets first-class pour rendre intéressant, sans trop en dire, mon boulot aux yeux d’une personne non acquaintée avec la navrante réalité. Espérons que celà suffira à attirer le pigeon… heu je veux dire le client du consultant.

Je suis tiraillée par l’envie de rester dans cette boîte dont le nom m’ouvre les portes d’un secteur convoité et difficile à pénétrer autrement (le luxe) où les opportunités peuvent devenir intéressantes (mais quand ? On me promet depuis trois mois que ça arrive… et là, je m’essouffle) et le “partir trouver autre chose, peut-être mieux ailleurs”, cet inconnu séduisant (l’herbe plus verte et tout et tout) mais rempli de points d’interrogations.

C’est horrible, je suis là à évaluer des risques parce que trous ces appels m’en donnent l’occasion, alors que le Loup est en train de moisir dans sa boîte, sans vraie évolution en vue.

A choisir, je préfèrerais rester là dans cette situation bâtarde dans mon job actuel et que le Loup, lui, trouve un boulot où l’on reconnaîtrait son talent et où il s’épanouirait vraiment.

Mais je n’ai pas ce pouvoir.

Et vous, quoi de neuf au boulot ?

Je ne connais personne autour de moi qui éprouve plus de satisfactions que de frustrations au travail.
Et je ne parle pas juste de machines à café en panne une fois sur deux, ou d’un collègue vaguement lourdingue.
Non, je parle de l’absence de reconnaissance du travail fait mieux que bien, de promotion à l’incompétence, de chefs ignares et fiers de l’être qui préfèrent s’entourer de crétins pour avoir l’air de briller plus dnas une foule plus crétine qu’eux, de sordides histoires de pouvoir qui amènent les potentins du dimanche à changer une virgule dans un texte, non pas pour donner du rythme ou du sens à une phrase, mais juste pour montrer qu’ils le peuvent.

Ingratitude, exploitation ehontée, crise de pouvoir, gloriofication de l’incompétence, népotisme décomplexé, prime à l’immobilisme…

Bon, rien de tout celà n’est nouveau mais ça commence à vien faire quand même.

Mais, vous pourrez toujours me dire qu’il s’agit là des menus problèmes d’actifs au travail, parce que le chômage (le vrai, celui qui est subi, celui dont on essaie de se sortir sans y arriver) fait voir ces désagréments sous un autre jour.