Bref, ne glosons pas davantage autour de cette pauvre créature à qui j’ai fait croire plus tard au cours du même dîner que d’éminents savants avaient trouvé le moyen de déshydrater l’eau, pour en sortir une poudre qui se transformait de nouveau en eau, à condition qu’on y rajoute… de l’eau. ° oui, oui, elle a tout gobé, la naïveté de cette fille n’avait pas de bornes °.
J’ai eu la chance de cotoyer en seconde et au lycée, un garçon si ingénu et pourtant si ingénieux que j’avais du mal à comprendre que de telles oppositions de caractère puissent cohabiter dans un même être sans le faire imploser.
Je m’étonnais toujours de sa capacité à connaître l’intimité de fonctions mathématiques complexes avec leurs dérivées et leurs intégrales, des trucs à vous déboucher violemment les (co)sinus, alors que la moindre allusion cocasse à l’anatomie féminine le laissait dans un abîme intersidéral d’incompréhension.
C’était Monsieur Premier Degré.
Si ce n’était pas de la science, Sergio n’y comprenait rien.
C’était une sorte de mascotte pour nous.
Et un jour, j’ai découvert un secret : j’étais assise à côté de lui en science de la vie et de la terre (les Sciences Nat’ pour ceux qui n’ont pas connu). Il fallait faire ressortir en couleur les courbes d’un graphique.
J’ai demandé à Sergio, mon voisin de me passer son crayon rouge (le mien ayant la mine cassée alors que mon taille-crayon tirait la tronche).
Il est alors parti dans une exploration de sa trousse en mode J-Y Cousteau, bonnet rouge, caméra au poing, équipage de la Calypso, mérou insomniaque et bancs de petits poissons argentés au tournant, bref la totale.
En langage moins imagé, ça veut dire qu’il a examiné chacun des crayons de couleur sorti de sa trousse en le tournant dans tous les sens.
Là, je me suis dit que ce type était décidément un original comme je n’aurait pas souvent eu la chance d’en côtoyer.
Au bout du cinquième ou sixième crayon manipulé dans tous les sens, je demandais à Sergio ce qu’il faisait.
“Je cherche le rouge” m’a-t-il répondu tout bonnement.
Quand il me l’a finalement tendu, j’ai découvert un truc totalement inhabituel, dingue, curieux.
à suivre…

8 comments
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25 juillet 2007 à 18:05
Madame Pas Contente
Tu étais boureau dans une vie pas si antérieure, nan ?
25 juillet 2007 à 18:07
Madame Pas Contente
PS : un peu trop dépouillé le louque, non ?
25 juillet 2007 à 18:09
Jazz
Nan, j’suis pas une bourrelle… et en plus, je fais des tests, là. J’avais envie d’un “louque” estival…
Je cherche encore.
25 juillet 2007 à 18:21
Leeloolene
Il était…. daltonien … ou bien tellement fort en science qu’on lui avait fait sauter toutes les classes de maternelles et il n’avait jamais appris les couleurs !!
(ben oui désolé, j’anticipe… mais avec tes histoires à épisode il faut bien
)
26 juillet 2007 à 8:56
bonsais29
arfff la suite……. (chacun son tour !!!!!!)
cette histoire me fait penser à un certain blog..
27 juillet 2007 à 10:12
Jazz
> Leelolene : Very good guess, my dear !
> bonsais29 : Monsieur est servi.
2 août 2007 à 11:46
Merlin
Je parie qu’il était incapable de différencier les couleurs et que donc, il avait écrit le nom de la couleur sur chaque crayon.
Ce gars me fait penser à John Nash comme on peut le voir dans le film “A beautiful mind”.
16 août 2007 à 16:22
Jazz
Non, non, je t’assure, je vais finir, c’est promis craché.
Je veux être crissement correc’ comme ils disent là-bas.