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Alors, dans le domaine professionnel, faisons le point, voulez-vous ?

Je travaille toujours au même endroit.

Les pistes que j’avais ne m’ont menée nulle part.

- La consultante du cabinet de recrutement qui voulait me proposer comme directrice conseil en agence de communication n’a jamais répondu à mes messages.

- L’autre boîte a décidé de prendre un petit junior libre de suite, moins bien payé, mais plein d’enthousiasme. (Ils peuvent s’aasoier sur la super idée de baseline que j’avais trouvée… na !)

- Un très grand nom du luxe a trouvé quelqu’un avant même mon entretien.

- J’ai passé deux autres entretiens dernièrement pour “travailler dans le social”.
J’ai reçu une lettre-type de refus, et pour l’autre, j’ai envoyé une lettre manuscrite (je ne savais pas que celà se faisait encore ouvertement dans les boîtes sérieuses) — après un entretien sur lequel je n’arrivais pas à me faire un avis tant le consultant qui m’a reçue était suissement neutre — dans laquelle j’écrivais que je ne savais pas quoi écrie, justement et que je savais que de toutes les manières cette lettre ne servirait pas à quelque test graphologique que ce soit, puisque le boss du cabinet en question avait clairement déclaré lors d’un chat publié quelques semaines auparavant dans le JDNet, que son entreprise avait abandonné toutes pratiques de ce genre, se permttant même au passage de se moquer gentiment de ceux qui le faisaient encore.
Ah, ça, ils ne l’ont pas volée ma petite missive !
En revanche, je pense que je n’entendrai plus parler de ces gens là.

Sinon, après m’être plainte auprès de ma direction française (en plus, Alice, ma boss américaine m’avait fait comprendre à demi-mots que si elle en avait eu le pouvoir, elle me virerait à la première occasion parce que j’ai eu l’outrecuidance d’obéir aux ordres secrets des bureaux européens sans venir tout dde suite cafarder…), j’ai fini par obtenir un changement de poste, re-description de job pour 2008.
Donc, en janvier 2008, je fais autre chose, mais je ne sais pas quoi.

Ah, si, je sais que je vais devoir pondre tous les communiqués de presse, dossiers de presse, présentations de collection, textes de catalogues, notes de service pour recommander le bon usage de la brosse-WC, et tout autre petite bafouille à écrire, puisque mes collègues ont découvert depuis deux semaines que je savais aligner des mots pour qu’ils fassent des phrases à peu près correctes.

Donc, je passe du “tu n’as pas le droit d’écrire” (si, si, véridique, c’était même dans une des nombreuses et totalement différentes versions de ma description de job) à “maintenant, tu écris tout”.

Cette perspective ne serait pas décourageante du tout (c’est vrai, j’ai l’impression que mes collègues me voient un peu moins comme une bonne à rien) si les personnes qui me demandaient d’écrire :

1) n’étaient pas si désorganisées, du genre à dire “écris-moi un texte sympa à propos du truc, tu sais, bien, le truc là… tu sais, le bidule… On en a parlé l’autre jour… Ah, tu n’étais pas là ? Pas grave, tu nous fait un petit texte et ça suffira. Hein ? Ah, et puis, c’est à envoyer cet après-midi à 100 personnes, donc ton texte doit être prêt à 13h00, soit dans 5 minutes pour partir à l’impression, d’accord ? 5 minutes pour une page ou deux un peu chiadées, ça te suffit amplement, non ? Allez, à plus ! Et n’oublie pas l’autre texte introductif pour le nouveau catalogue dont je t’avais parlé hier, ou pas d’ailleurs, mais bon, en tout cas, c’est à remetttre en top prioritaire avant… heu… ben en fait c’est NOW ! Bon, tu me fais avec une plume de folaïe, OK ? Merci.”
° Je hais ces demandes remplies de questions purement rhétoriques du genre “ça te va ?” ou “tu vas te débrouiller ?”, ou de ces évaluations fantaisistes du temps dont j’ai besoin pour m’acquitter d’une tâche. Je déteste… °

2) ne se faisaient passser pour des pros de la communication alors qu’ils ne voient strictment aucune différence entre un brief, un communiqué de presse, un dossier de presse, ou un mot de remerciement à un fournisseur.

3) avaient une idée précise de ce qu’elle veulent ou à défaut la volonté de me laisser leur indiquer une voie, mais là, c’est carrément utopique de ma part de continuer d’essayer.

4) arrêtaient de penser que je suis une machine à mots capable de produire du texte à la chaîne comme d’autres s’enquillent des grilles de loto en carburant au pastis dans le bar tabac du coin.

Voilà, à part écrire tout et n’importe quoi, toujours dans l’urgence, sur des sujets restant inexorablemement flous, je ne sais pas ce que je ferai.

En tout cas, je n’ai pas envie d’avoir à compter des enveloppes, commander des cartes de visite qui de toutes les façons arrivent trop tard et au mauvais endroit, passer des nuits blanches à imprimer en nombre en dernière minute, dupliquer des CD d’images, ou rattraper les bêtises des autres sans jamais pouvoir réclamer crédit ni reconnaissance, parce que bon, sinon, c’est trop facile.
Les activités énoncées ci-dessus vous font probablementrire, mais elles résument assez bien à mon grand désarroi mon année professionnelle 2007.

2008, que me réserves-tu ?

Next : bilan de santé.