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J’ai pleuré, pleuré, et encore pleuré.
Evidemment, le lendemain, en allant chercher le pain, j’avais les yeux d’une tortue en manque de vitamine C °c’est à dire, tout bouffis°. La boulangère a bien compris que j’étais un peu malheureuse, elle a dû se dire que je devais être une belle idiote d’aller chercher de quoi faire un bon petit-déjeuner à mon homme s’il me causait tant de peine.

Donc j’ai pleuré aussi un peu ce samedi matin.
Je fais un boulot que je déteste, à coller des étiquettes, à faire de la saisie, à exécuter des ordres sans penser.
Mais au moins je pensais que je faisais ce job correctement.

Valeria m’a cassé les bras.
Je n’ai même pas pu la confronter.
Elle était absente toute la journée.
Elle m’a passé un coup de fil et devant mon ton pour le moins froid, elle s’est un peu ravisée, ne m’a pas accusée des mêmes fautes, puis, après mes explications, s’est un peu excusée. mais je connais la bête, elle continuera à jeter la faute sur moi, même si j’ai raison et qu’elle le sait bien.

Je la verrai lundi.
Je vais lui demander ce que j’aurais pu faire de mieux.
Pas grave.

J’ai demandé tant de fois à quelle sauce j’allais être mangée cette année.
Je ne dépends plus en principe d’Alice, ma chef sèche comme un coup de tr1que.
Maintenant, Françoise (la boss de la France et du reste de l’Europe) me file à Nora, une autre amerloque mais gentille et efficace contrairement à Alice me dit-on.

Nora, je suis super heureuse que tout le monde la trouve super, mais comme je ne l’ai jamais vue, et que je ne sais pas ce qu’elle va faire, qu’elle a un titre à deux balles, une sorte de fourre-tout qui n’explique pas son contenant, ça me fait une belle jambe fuselée.

En attendant, c’est Valeria ma donneuse d’ordre, et elle adore ce rôle. Secrètement, elle rêve de me compter dans son équipe de faire-valoir/souffre-douleur/larbins. Et en plus, vous ne me croirez pas, mais elle s’habille en Prad@.
J’ai même appris qu’elle allait me faire passer mon entretien annuel (au moins, j’en aurai un, je devrais m’estimer heureuse), mais alors là, je m’attends au pire… et je suis optimiste, et que je rique à terme de devoir déménager mon bureau pour être près d’elle, à portée de voix, mais loin, en revanche de Nora qui est ma responsable “officiellement”.

Donc, sur ce front-ci, ça n’avance pas, malgré mes questions, malgré mes mails, malgré tout. Ce job me suçe l’âme.

Alors, je me résigne, je prends mon mal en patience, je me dis que ça ira mieux dans une ou deux semaines quand Nora sera là ° ou jamais ! °.

NOOOOOON !
C’est une blague.
Ceux qui me lisent depuis un temps savent que je ne suis pas comme ça.
Je n’ai pas d’enfant, plus de prêt à rembourser (pour l’instant, hein… je compte bien acheter une piaule un jour avec le Loup), et puis le Loup me soutient à fond. Il m’a même conseillé une fois de filer ma dém’ ° c’est dire s’il était à bout de nerfs en me voyant dans un état aussi désespérant/désespéré que celui dans lequel j’étais ce jour, cette semaine, ce mois-là… °.

Alors, j’ai continué ma recherche d’emploi de plus belle.
J’ai même un peu aidé une personne à partir. Son pot de départ est programmé pour mars.
Ah ha ha, comme je suis fière de moi !

à suivre…

Tiens, j’ai un message.

Bon.
Mauvaise nouvelle, c’est mon père.
Celui que je devrais entendre plus souvent.
Celui que je devrais appeler plus souvent.
Celui que je devrais appeler Papa sans trouver ça bizarre.

J’ai ce mal au ventre, un malaise qui revient quand c’est sa voix.
Il me rappelle cette part de moi que j’ai du mal à accepter quand je ne la rejette carrément, en bloc.

Je n’arrive pas à me mettre en colère. Je n’arrive souvent même pas à exprimer la colère. J’ai trop peur de lui ressembler.
La rage déforme plus que les traits, l’âme.

Alors, vendredi et samedi, j’ai pleuré.
J’ai pleuré quand j’ai appris qu’une personne extrêmement influente au bureau avait dit à qui voulait l’entendre que je n’avais pas fait mon boulot.
Plusieurs fois, ces bruits ont couru jusqu’à mes oreilles, amenés par des voix différentes. Mais le son de cloche était le même.
“Valeria a dit que tu n’avais pas fait ton travail.”
“Valeria n’a pas arrêté de dire que tu n’avais pas fait ton boulot.”
“Valeria est en colère, il paraît que tu n’as pas fait ton boulot.”
Valeria, il n’y en a que pour elle.
Tout tourne autour d’elle.
On ne doit écouter qu’elle.
C’est elle la vraie numéro un dans cette boîte.
Alors quand elle hurle à tout-va que je ne travaille pas, cela devient automatiquement la nouvelle vérité, seul et unique postulat acceptable et accepté par accord tacite dans ce monde qui gravite autour d’elle.
Et même si l’on sait bien au fond que je bûche comme une dingue, que je reste à des heures indûes, que je suis toujours en bout de chaîne à devoir rattraper le retard accumulé par Valeria, ça ne fait rien.

C’est tellement facile de pouvoir épingler la faute sur la petite nouvelle qui n’est protégée de personne plutôt que de dire ses quatre vérités à celle qui détient vraiment le pouvoir dans l’entreprise.

J’ai tenu toute la journée, en essayant de ne pas penser aux journées finies à 5 heures du matin, ni aux vieilles charettes qui auraient pû être évitées, ni aux sacrifices consentis sans hésiter.

Je suis allée boire un verre avec des collègues (dans un bar, chose que je n’aurais jamais faite avant l’interdiction de fumer dans ces lieux), le coeur n’y était pas, mais j’ai revêtu mon sourire poli, les yeux à moitié fermés comme si la fumée rémanente des clopes épaississait encore l’air du pub, j’ai parlé, j’ai fait rire, j’ai fait semblant d’apprécier le moment.

Ensuite, je suis allée dîner avec une bonne amie.

Je lui ai raconté mes malheurs, elle m’a raconté les siens, mais je n’ai pas pleuré.
Je l’ai raccompagné chez elle, je n’ai pas pleuré.
J’ai pris un taxi, et j’ai essuyé les quelqes larmes qui avaient réussi à s’échapper avant de marmonner mon adresse au chauffeur dans un sourire.
Le chat n’a rien compris à mon entrée sanglotante.

à suivre…

Chers Tous,

Ca y est, 2008 est là.

On dit au revoir à 2007 qui nous a apporté son lot de petits malheurs et de grands bonheurs, et vice versa.
Pas de nostalgie larmoyante.
Pas d’adieu ému non plus, puisque je gage que la jupe boule, le bleu électrique, les bottines à talons pupute, les escarpins vernis peep-toe à porter même quand il pleut, toutes ces tendances de la mode 2007 refleuriront dans une décennie tout au plus.

Maintenant, on dit bonjour à 2008, à ses promesses, à son potentiel, mais on s’apprête quand même à essuyer quelques déconvenues, parce que c’est la vie, et que si c’était tout rose, ben qu’est-ce qu’on se ferait ch1er ° pas la peine de nier, certes, nous ne sommes pas des masochistes extrêmes, mais les défaites, les ennuis, les malheurs, les pertes nous enrichissent et nous renforcent, sauf s’ils nous tuent, évidemment ! °.

Vous l’avez compris, cette année, je vous propose de vous prendre en main.

Pour bien commencer, voici mes voeux “fais-le-toi-même” ° traduction libre du Do-It-Yourself Wishes, mouvance que j’ai lancée, à moins qu’on ne trouve une antériorité ailleurs, ce qui ne m’étonnerait guère pas, mais je m’en tamponne le chouchou en même temps d’être la première ou pas °.

2008 DIY Wish from Jazz

(Faut cliquer dessus, hein, pour voir la taille réelle.)

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