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Alors, voilà, j’ai pasé quatre entretiens dernièrement :
- l’un pour une boîte hi-tech de bonne taille, bon, ils étaient bien, mais pas top, ils n’étaient pas prêts à mettre le prix et surtout, ils voulaient quantifier ma performance sur 6 mois, avoir des résulatts de dingue, sans moyen… Et le sourire de la fermière par dessus le marché ! Ils m’ont appelée pour me dire que j’étais trop chère. Tant pis pour vous, vous êtes une bande de nases, pingres et insensés. Dans la communication, certains résultats ne sont quantifiables que sur la durée, et en des termes qui ne sont pas forcément ceux d’une équipe de vente.
Alors, bien entendu, je ne fais pas mon boulot pour faire de jolies choses et avoir de jolies mots sur de jolies plaquettes, je fais mon boulot pour aider ma boîte à vendre (et quand c’est possible à améliorer le monde, je sais, je suis une incorrigible idéaliste qui pense que l’Amour est un moteur qui peut changer le monde). Mais bon, juger en 6 mois chrono en main que je peux avec un budget zéro, faire augmenter tel chiffre d’affaire de tant de points, et stabiliser la rétention des employés, c’est une mission qui demande de la création bien au-dessus de ce que je peux fournir.
Alors, finalement ce refus m’arrange bien ° et ce n’est pas dire qu’elles sont trop vertes, je vous assure °.
- un autre pour une boîte de luxe/loisirs
Pas mal du tout. J’ai passé un super entretien avec l’agence de recrutement. La nana semblaut emballée par ma candidature.
C’est elle qui m’a appelée. Moi, j’avais bien vu l’annonce en ligne, le job avait l’air exaltant, mais bien trop mal payé pour les missions et la disponibilité demandées. Et puis, ç’aurait été un grand pas en arrière dans mon salaire. Je ne suis pas prête à faire un tel sacrifice.
Alors quand elle m’a appelée, je me suis dit qu’ils avaient peut-être consenti à faire un petit effort côté sou. En fait, devant l’absence de candidat voulant gagner si peu, elle a ouvert les yeux de ses clients et a choisi de sélectionner des personnes mieux payées mais dont le salaire correspondait à la réalité du poste.
Certes, la communication n’est pas hyper bien payée quand on compare à la finance ou à la vente à expérience et diplôme égal.
Quand je pense que la plupart des postes dans mon secteur sont occupés par des stagiaires ° je vois défiler un nombre indécent d’annonces offrant à des stagiaires payés au lance-pierre des postes qui devraient être remplis par des personnes d’expérience, sur du long terme, avec une cohérence de message, d’image pour ne parler que de ça. ° je suis atterrée.
La recruteuse a donc donné mon dossier à ses clients en espérant qu’ils allaient m’appeler et consentir à être un peu plus généreux.
Alors, j’attends. Ils ont eu mon dossier mardi.
J’aimerais bien avoir ce poste, mais la dernière fois que j’ai voulu un poste qui me faisait envie sur le papier, je l’ai eu et résultat : je cherche à m’en dépétrer parce que ce boulot est bien nase.
(Edit : depuis le jour où j’ai écrit ce billet, j’ai appris que je n’avais pas le poste, je ne passe même pas de second entretien…)
- une autre boîte hi-tech, internationale et grosse, celle-là.
A deux pas de chez moi, avec un CE, probablement un restal d’entreprise, et même une Direction Communication, sans marketing. Sans marketing, sans marketing. Et ça mérite d’être dit encore une fois : sans marketing !
L’entretien s’est bien passé aussi. Réponse dans une semaine ou dix jours.
Ca me botte bien, même si au-dessus de moi, il y aurait un boss, le Directeur de la Communication et comme on ne serait que 2, si ça ne colle pas, ça fait chier.
Mais bon, a priori, je vais rencontrer cette personne avant de prendre une décision, il faudra que je fie à mon instinct.
(Edit : Ah ben non, pour ça non plus je ne passerai même pas par un second entretien.)
- une agence de communication qui tombe en décrépitude.
Plus grand monde à bord.
Des clients qui se barrent, et ils ont besoin de quelqu’un pour reprendre tout ça en main.
Beau challenge, je ne suis pas certaine de vouloir me fourrer là-dedans à corps perdu…
On verra.
(Edit : j’ai un second entretien pour dans une semaine. Yay ! Après, si c’est pour être recalée, je pourrai toujours me consoler en me disant que j’aurai au moins dû quitter le boulot plus tôt et que je serai à la maison à une heure raisonnable.)
J’ai été contactée pour une autre poste dans le BTP.
J’ai rappelé la nana qui m’avait contactée, j’ai laissé un message, pas de nouvelles. Et entre les entretiens et les gros événements de ces dernières semaines, je n’ai pas eu le temps de relancer la semaine dernière, et depuis, je pense que c’est un peu trop tard maintenant.
Et puis, le BTP, j’ai déjà un peu donné dans le secteur, et même si il y a plein de trucs intéressants à faire et qu’il existe des boîtes où l’on peut s’éclater, c’est un monde très austère, très vieille France, très poussièreux aussi souvent. Et je ne sais pas si j’ai envie de ça aujourd’hui.
Bon, il reste trois prétendants (edit : un prétendant), tous valables (edit : à voir), chacun avec ses qualités.
Voyons si mon charme a opéré.
Vrai, j’ai envie de changer de boulot depuis un petit bout de temps. Mais la remarque de Valeria m’a mise hors de moi.
J’aurais aimé pouvoir extérioriser cette colère de manière professionnelle et ferme et je ne sais pas comment je vais m’y prendre.
Je ne peux pas.
J’aurais voulu dire à mon père : t’es vraiment trop con de ne pas te rappeler la date de naissance de ta propre fille, de ton aîné.
J’aurais voulu lui demander quel jour il pensait avoir été officiellement père. Le 20 ? 22 ? 27 ? 30 janvier ? Et de quelle année ?
Au lieu de ça, j’ai envoyé un SMS poli pour dire à mon père que non, il n’était pas en retard contrairement à ce qu’il pensait, que mon anniversaire n’était pas encore passé et qu’il avait encore une chance puisque c’était le 28.
(Edit : il y a pensé, il m’a appelée le 28, ça ne lui était pas arrivé de m’appeler le bon jour, ni même en avance depuis… 10 ans, peut-être plus…)
Je dois changer de boulot.
Et je dois arrêter de contenir la colère dans mon ventre.
– Fin –

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