You are currently browsing the daily archive for février 12th, 2008.
Inaugurons une nouvelle rubrique : la “Je connais quelqu’un”.
Dans les billets qui appartiendront à cette catégorie, je vous raconterais les histoires de gens de ma connaissance qui ont des comportements qui me font rire, cogiter ou rêver, m’énervent, me gênent, me donnent envie de distribuer les baffes, me donnent la pêche, bref : ces traits de caractère remarquables (ou pas) que je perçois des gens autour de moi.
Il faut que je sois parfaitement honnête quand même : je crois que la plupart du temps, ce sont les choses qui m’agacent qui donneront matière à ces notes.
° ne faites pas attention à la phrase précédente, à moi aussi la concordance des temps paraît plus qu’imparfaite… °
Donc, je connais un type.
On l’appellera Guyton ° croyez-moi, ce pseudo rend tout à fait justice à son véritable prénom de la vrai vie réelle, Guyton étant à peine plus risible… OK, j’ai un prénom à coucher dehors donc, je ne devrais pas me moquer, mais zut, vous devriez avoir un parti pris positif à mon égard, zut ! °.
Guyton, c’est un collègue, mais je préfère le définir comme un IDV : Intrus De la Vie.
Ce type pense que la Terre entière devrait s’arrêter de tourner pour qu’il réfléchisse.
Guyton s’illustre dans plusieurs disciplines.
Par exemple, il est champion de l’ouverture par surprise de la fenêtre en grand quand il fait +19° à l’intérieur et 3° dehors.
Non, il ne demande jamais aux autres si ça les dérange, et moi qui suis à proximité de ce type et des courants d’air qu’il provoque, j’ai arrêté de me battre contre lui et son manque de savoir-vivre élémentaire, je me contente de mettre ma petite laine de vieille de manière ostentatoire en déplorant in petto les conséquences de l’andropause précoce…
Guyton est très fort quand il s’agit de chantonner la même ritournelle douze fois par heure ° si si, j’ai compté °.
C’est évidemment toujours le genre de refrain toxique qui vous fout en l’air une journée parce qu’il s’insinue dans votre crâne et au premier faiblissement de votre volonté, sort par votre bouche, et là, c’est trop tard, le mal est fait, vous vous retrouvez à fredonner des paroles à la noix, probablement écrites par le Lionel Florence du XIXe siècle, sur un air très certainement faux de surcroît.
Guyton, il est ceinture noir de la voix qui porte.
Il hurle au téléphone comme s’il était né avec le bouton du Volume coincé au maximum.
Qu’il s’agisse d’éventer un secret, de se renseigner sur le prix de son prochain voyage, de négocier un devis avec un client, de dire du mal de la boîte, ou de prendre rendez-vous avec son acuponcteur, il utilise son mégaphone intégré.
Guyton, il est aussi hyper balèze pour dire tout haut ce qu’il est en train de faire, d’écrire, de penser.
Exemple : “alors là, je vais écrire un mail tout de suite à Mme Unetelle pour lui dire que ça ne va pas. Nouveau message, je clique. Destinataire : madame.unetelle@masociete.com. Voilà ! Objet ? Bon, je mets ‘contentieux’, ça va la faire flipper. Alors, C.O.N.T.E.N.
Heu… Jaaaaaazzz ???
JaaaaahaaAAAAAzzzzz
° en général, je fais l’autiste, avec mes écouteurs, et je mets un point d’honneur certains jours à ne jamais répondre au premier de ces appels °
Jaaazzz ? Contentieux, ça s’écrit avec un t ou un c ? ou un s ?
Ah, merci ! donc, T.I.E.U.X. Chère Madame Unetelle, suite à votre commande n° 54X67VV du 11 janvier dernier…” et puis ça continue comme ça, ensuite, il relit en psalmodiant du nez, articulant tout soudain à très haute voix des mots totalement insignifiants; ça donne à peu près ça “gnagnègnè gnè ni nu… jeujagè… MARDI ! sansisein… plangingin… LE… gnègnègneu… trougnongnon… PARCE QUE… plougnin gnègnègné… FLEURS… CORDIALEMENT…”.
Guyton est passé professionnel en jérémiade.
Il se plaint de tout, même de ce qui ne le gêne pas.
Il monte le moindre petit incident en épingle, monte sur ses grands chevaux pour des pécadilles, fait un scandale pour une goutte de café t
Mon avis est qu’il se plaint pour entendre le son de sa voix.
Guyton, c’est un agent double.
Il mange à tous les rateliers, prêt à dire du mal de X à Y, et de Y à X, bien entendu.
Ce type n’a pas de patrie. Quand il ne hurle pas, ne revisite pas le répertoire des Frères Jacques, ni ne tape l’incruste dans les déj’ entre personnes respectables, il casse du sucre sur les uns puis sur les autres.
Il est passé maître dans l’art de la délation.
C’est simple, si vous voulez faire passer un message à la direction, il vous suffit de le dire sur un ton de conspiratrice à l’un de vos collègues en pseudo-aparté… Ca marche à tous les coups !
Guyton a des blagues limite racistes.
L’autre jour, il devait parlait avec Claude, un mec qui devait aller négocier une affaire en Afrique.
- Dis, Claude, tu devrais emmener Sylvia avec toi.
- Ah bon, pourquoi ? ELle veut faire de la vente maintenant Sylvia ?
- Ben non, tu devrais quand même l’emmener avec toi en Afrique.
- Mais pourquoi ?
- Ben, parce qu’elle est noire !
Oui, je sais, consternant !
Autre exemple.
- Hé, Jazz, j’écris en créole maintenant.
- Ah bon, réponds-je par simple politesse, sur un ton plus que morne.
- j’ai oublié le “r” dans un mot, ça fait “démocatique”.
J’aurais dû lui dire, comme me l’a soufflé le Loup, mais trop tard, qu’il parlait surtout le bouffon là…
Je croyais que comme ce type faisait lui même partie de ce que nous nous plaisons à appeler une “minorité” ° faut dire que c’est bien pratique, ça évite de prononcer des mots tabous comme “Handicapé”, “Noir”, “Arabe”, “Homo” et même parfois “Femme”… °, il comprendrait que ce genre de bons mots pleins d’esprit, ne sont ni bons, ni plein d’esprit.
Hé bien, non… Quand on est con… comme le chante le poète à la guitare.
Vous voyez le genre ?
Evidemment que vous voyez de quoi je parle, vous devez en avoir un comme ça au bureau, non ?
Sachez que je compatis…

vous, ici ?