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Résumé de l’épisode précédent :
Mauvais souvenirs de novembre 2005.
Recherche d’une excuse habile pour ne pas revivre ça.
Contact avec Arielle la recruteuse de l’Agence.
Evocation de TicMadame.
Blanc.
________
Blanc. Loooooooong blanc.
Je comprends soudain enfin la réaction des enfants d’une tribu africaine quand ils ont vu pour la première fois ma copine alsacienne (1m82 de blancheur lunaire, immaculée) et qu’ils ont été saisi de stupeur, qui s’est transformée en peur, en pleurs et en chœur d’appels désespérés à Maaaaaaman pour qu’elle viennent les sortir de là.
°Avant, je me moquais des gens qui criaient Maman, c’était réservé aux bébés Cadum ce truc-là. Du moins le pensais-je jusqu’à ce que je me retrouve à avoir très peur et très mal un soir à l’hôpital. Là, je me suis résignée à invoquer le pouvoir maternel — et celui du Loup — entre deux crises de larmes. Comme quoi, appeler Maman, c’est un réflexe en cas d’atteinte à sa propre survie. Et ne vous moquez pas, vu la taille du scalpel du chirurgien, j’aurais voulu vous y voir…°
Donc, oui, parfois, le blanc, c’est flippant. L’inverse étant vrai aussi. Beaucoup de gens ont peur du noir °je parle aussi bien de l’obscurité que de moi les rares fois où je me promène dans le XVIe à Paris°.
Mais arrêtons de jouer sur les mots et la peur des différences d’épiderme.
Arielle reprend, enfin, la parole.
- Excusez-moi, je faisais un créneau. TocMadame, dites-vous ?
– Non, Tic-Ma-da-me. °ouf, soulagée…°
- TicMadame, non… ça ne me dit rien. Elle ne doit plus faire partie de notre société.
- Ah ! °Comme dans “Ah ! Léluiah”°
- Donc, vous pouvez nous envoyer votre CV, et depuis, l’agence a beaucoup changé. Rappelez-moi votre profil s’il vous plaît.
Je m’exécute, toute contente.
Elle me dit que le poste à pourvoir, c’est un poste de boss. Autant vous dire que j’adore. Je dore de plaisir. °oui, moi, je ne rougis, ni ne rosis, je dore, c’est comme ça.°
Et là, je lui termine en lui promettant d’envoyer mon CV dans le quart d’heure.
Elle est bien contente, me remercie d’avoir appelé pour la prévenir, et me rassure qu’elle vérifiera que TocMadame n’est plus dans la boîte.
- Non, TicMadame.
- Comment dites-vous ?
- TIC. MA. DA. MEUH.
- Ah ! Non, écoutez je vais vérifier. Mais ça ne me dit rien.
Elle a du mal la mère Arielle avec les noms, alors, elle va peut-être chercher à Toc au lieu de Tic.
Et puis, peut-être TicMadame s’est-elle mariée et a-t-elle changé de nom. Auquel cas, je risque de la re-croiser en me pointant au rendez-vous qu’on va peut-être me donner.
La haine.
Et puis ZUT !
Je ne peux pas avoir peur de cette nana toute ma vie.
Mais bon, ça me déconstiperait bien °dans le sens de “ça me ferait bien chi€r”° qu’elle me fasse la nique au moment où je franchis le seuil de l’agence, me ridiculisant avec une sortie du genre :
“Alors, Jazz, toujours aussi jolie, quoi que sur plus de surface maintenant ? Tu as appris à écrire et à différencier une stratégie d’une problématique après deux ans et demi ?”
ou
“Au moins, avant, tu étais jeune, on pouvait te pardonner cet air idiot, mais là, vraiment, tu frôles la trentaine, et t’as toujours l’air aussi con. T’es vraiment pas faite pour ce job ma pauv’ fille.”
ou encore
“Va mourir sombre crétine, ne t’avais-je donc pas sommé de ne jamais remettre les pieds ici et de ne jamais plus soumettre ton immonde personne à ma vue” d’un air dégoûté. “Comment oses-tu ?” crierait-elle encore avant de cracher une flaque visqueuse de longs serpents noirs et luisants au sol en me maudissant en araméen, les yeux révulsés, le corps secoués de violents spasmes.
Traumatisée, moi ?
Meu noooon. Je ne vois pas ce qui vous fait dire ça, enfin.
à suivre…

vous, ici ?