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– Aujourd’hui, pas de résumé de l’épisode précédent, cause flemme avancée –
Pour une fois, je ne vais pas aider cette saleté de Valeria avec ses trucs de dernière minute.
Je n’en ai rien à battre.
Je m’en vais, parce qu’il le faut et je lui souhaite de passer de bonnes vacances, mais je suis déjà en retard avec ses conneries habituelles. Elle s’y prend systématiquement au dernier moment et il faut toujorus que quelqu’un soit là pour rattraper dans un temps très court. et ce quelqu’un, c’est généralement moi.
Le chauffeur de taxi pense que je peux arriver à l’heure à mon rendez-vous et à 17h58, je referme la portière avec un sourire pour le remercier de son “bonne chance”.
Je sonne, j’ouvre. On m’installe.
Je sors mon stylo, ma pochette, mon calepin.
On frappe.
“Entrez ! Faites comme chez vous…” dis-je avec bonne humeur.
En me serrant le main, la nana de la dernière fois me dit qu’une autre personne arrivera sous peu pour me parler. “C’est vache, hein”, dit-elle… Je lui assure que non.
Ladite autre personne arrive.
Je l’avais déjà vue lors de mon tout premier entretien, c’était, je crois, la seule peut-être à dire bonjour et à sourire.
Tout se passe bien, elle a un anglais fort bon la bougresse.
Quand je lui demande ce qu’elle aime le moins dans son boulot, elle se plaint un peu des heures, en précisant que l’équilibre boulot/vie privée n’est pas trop respecté.
Aïe ! Bon, ben, OK.
D’un coup, j’ai un peu moins envie de travailler pour eux. Mais à bien y réfléchir, ce n’est pas pire que ce que je fais en ce moment.
La bonne femme de mon précédent entretien (qu’on appellera dorénavant Julie) revient.
Nous parlons encore et encore.
Julie a bien aimé ma lettre et l’a trouvée représentative de ce qu’elle avait vu de moi.
A leur demande, je leur narre ma désolante rencontre avec TicMadame et elles n’en reviennent pas.
Julie me raconte être très satisfaite de leur dernier recrutement : une jeune femme toujours souriante, simple dans sa tête, de bonne humeur, qui ne semble pas être victime du stress ou qui du moins ne le communique pas aux autres.
Tiens, c’est aussi comme ça que je me vois, pourtant dans mon job actuel, bizarrement, ça ressemble presque à une liste de défauts. Du coup, à l’intérieur, j’ai envie de crier et de pleurer, parce que merde, dans cette boîte à la con, je me sens vraiment mal.
A l’extérieur, sourire impeccable.
Julie me dit qu’elle espère prendre une décision d’ici la fin de la semaine prochaine.
Alors, j’attends.
J’attends en essayant de ne pas me dire que je suis une mauvaise mère sans même avoir donné la vie, puisque cet enfant que je croyais tant désirer pour l’année prochaine, n’était peut-être juste qu’un moyen de passer le temps et de compenser mon ennui professionnel. Et voilà que, si je me faisais embaucher par l’agence, cet enfant ne serait qu’un autre projet reporté de deux, trois ans. Je voulais un enfant pour les mauvaises raisons. Le Loup qui s’improvise expert en casuistique — son père d’ailleurs, était chez les Jésuites — m’explique que non, je ne suis pas indigne, que c’est toujours ce que j’ai voulu et que la situation actuelle est tellement éprouvante pour moi que cela conditionne mon jugement. Enfin, je crois que c’est ce qu’il a voulu dire…
J’attends en essayant de ne pas déprimer trop en arrivant au bureau.
J’attends en ne regrettant pas d’avoir annulé l’entretien d’aujourd’hui pour cet autre job situé dans le trou du lµc du monde, qui payait moins que ce que je gagne aujourd’hui, avec un domaine très réduit (quoique plus large que celui dont je peux me prévaloir actuellement).
J’attends en me disant que si je ne suis pas prise, ben… ben quoi ? je ne sais pas. De toutes les façons, je me laisse choir dans le fatalisme, et c’est une protection bien douce finalement. Je ne me sens pas d’attaque.
J’ai eu un gros coup de blues tout à l’heure. Les digues ont laissé fuir quelques larmes. J’envisage d’aller voir un psy. Je vais mal. J’ai tout le temps envie de pleurer et ça m’énerve parce que finalement, ce n’est rien de vraiment grave. C’est juste du boulot, mais ça m’empoisonne la vie. Je sens que je me perds un peu.
Donc, une bonne nouvelle ne serait pas de trop.
à suivre…

vous, ici ?