Je sais, je vous ai délaissés.

Alors vite, passons aux nouvelles.

- J’ai perdu mon autre grand-père (mais celui-là je l’aimais moins et ne le voyais plus depuis plus de dix ans, n’empêche, ça m’a foutu les boules quand j’ai vu son certificat de décès envoyé par ma cousine pour que je profite des deux jours auxquels j’aurais pu avoir droit mais que je n’ai pas pris… Pas de raison de chômer pour un deuil qu’on ne marque pas).

- J’ai trouvé le créateur pour ma robe de mariée ! Le mariage se prépare à la douce, tout se passe bien.

- Je me rends compte que quand j’étais toute petite à part le Cosby Show, Arnold & Willy ou Huggy les bons tuyaux dans Starsky et Hutch, il n’y avait pas beaucoup de noirs à la télé au point que lorsque qu’une personne un peu mate de peau apparaissait dans la lucarne, le téléphone sonnait assurément : “Mets vite la 2, il y a un noir à la télé !” disait ma tante. “Tu as vu le noir à la télé ?” demandait ma grand-mère quand nous allions la voir en vacances plusieurs mois après cet quasi-incident chromatique. Après, il y a eu les chanteurs noirs américians, une Jessie Norman JeanPaulGoudisée chantant la Marseillaise en 1989, Oprah Winfrey la grande papesse, les sportifs qu’on ne réduisait plus aussi souvent à une origine régionale quand ils perdaient, la coupe du Monde en 1998, et puis des obsèques pour Aimé Césaire.

Aujourd’hui,  le président des Etats-Unis d’Amérique est, entre autres choses, Noir. Noir et démocrate °Oui, parce que Collin-anthrax-Powell, il ne comptait pas vraiment, il était républicain°, Noir avec un projet qui enthousiasme les gens et leur redonne espoir.

Moi qui suis née dans un siècle où les Noirs ont dû s’asseoir au fond d’un bus, moi qui ai vécu dans un siècle où le simple fait d’être ami avec un Noir faisait de vous une cible, moi qui dois encore faire les gros yeux devant des blagues racistes (ou homophobes, ou discriminantes de manière générale), moi qui ai vécu dans un siècle où les femmes n’avaient pas le droit de vote, où l’homosexualité était vue comme une maladie mentale, moi qui vis aujourd’hui dans un siècle où ce genre de crétinerie crasse et d’ignorance a lieu, où encore tant d’injustices semblent parfaitement acceptables, où l’on débloque des sommes impensables pour panser les plaies de ceux qui ont joué avec le feu mais pas pour remplir des ventes, pas pour soigner, pas pour donner un foyer à ceux qui en ont besoin, moi qui vis dans ce monde qui parfois me dégoûte, c’est bête, mais ce jour d’élection de l’autre côté de l’Atlantique m’a donné un peu d’espoir.

- Je rêve de trouver un nouveau job, sympa, intéressant et pas payé au lance-pierre, mais avec la situation actuelle, je me dis que je dois me contenter d’un job payé. Donc, profil bas, on encaisse la paye à la fin du mois, on mange avec ses tickets resto, et on évite de faire des vagues puisque les postes de rêve ne courent ni les rues, ni les sites d’emploi.

- je suis quand même particulièrement remontée contre ma direction pour plein de motifs allant de la calomnie au favoritisme,  en passant par la placardisation douce, une communication quasi-inexistante vers les employés, le fait d’ignorer délibérément des problèmes qui crèvent les yeux, le lancement de rumeurs destabilisantes, etc. Si je n’étais pas si bête, je me dirai que nous avons là plusieurs bonnes raisons de composer le numéro du contrôleur du travail et de laisser traîner des impressions sur les poursuites pénales en cas de non représentation du personnel, ou sur la définition du harcèlement moral. Un jour, peut-être, je serai suffisamment intelligente pour me douter de tout ça.

- Vous m’avez manqué atrocement. Je me disais souvent : “tiens, je devrais leur dire ça dans le blog”. J’écris, je crois que je l’ai déjà précisé pour moi. Pour moi, ça veut dire pour exercer ma plume, consigner quelque part certains événements de ma vie et mon analyse à chaud, à tiède ou carrément à froid., un peu à la manière d’un journal intime.
Mais j’écris aussi pour vous.
Pour ceux qui prennent plaisir à me lire, pour les fidèles de toujours ou presque, pour ceux qui viennent tout juste d’enfiler leur bonnet de bain, pour ceux qui passent.
Ce blog, c’est finalement un peu comme un cri envoyé depuis ma petite planète, quelque chose d’infiniment intime mais pourtant formulé pour être partagé avec le plus grand nombre ¤ ben oui, sinon, je me contenterais d’écrire dans un journal, ou dans des docs Word ¤. Parfois, souvent, des habitants d’autres planètes répondent à votre cri et là, bizarrement, même si ces étrangers viennent de galaxies lointaines, on se sent proches qu’on le veuille ou pas.

J’ai regardé ma boîte aux lettres et je suis tombée sur des messages sympa de personnes que je connaisais ou pas.
Ils m’ont tous fait plaisir.

L’an dernier, en fin d’année, j’ai vécu une sorte d’urgence de dire aux gens que j’aimais bien et à ceux qui comptaient pour moi, combien ils m’étaient chers.

Vous y étiez en pensée, mais là, c’est avec un peu de retard votre tour.

Merci à vous. Merci d’être là.

Jazz

PS : j’ai commencé à écrire cet article le 4 novembre. Je ne le finis qu’aujourd’hui, quatre  mois plus tard, j’ai un peu honte, je l’avoue du bout des lèvres.