Sans vouloir verser dans le sexisme primaire, si, lorsque l’on vous parle de mariage vous pensez…
- mèga-teuf entre potes : vous êtes certainement un marié.
- to do list interminable, traiteurs, coiffure, essayages, thème, harmonie des couleurs, nappes, serviettes, bouquet, invitations, confirmation, liste de mariage, liste d’invités, robe, cortège, couverts, chaussures, publication des bans, comment faire accepter mes décisions à ma mère/belle-mère/grand-mère/meilleure amie célibataire au bord de la crise de nerfs, réservation du voyage de noces, renouvellement de l’ordonnance d’anti-dépresseur, cela laisse peu de place au doute : vous êtes très certainement la promise.
N’allez pas croire qu’il s’agit là d’un principe qui s’applique à ma vie aujourd’hui. Non, non, non, le Loup m’est d’une précieuse aide, mais il sait surtout que je m’éclate ¤ parfois littéralement ¤ à organiser tout ça en collaboration avec ma mère.
Quand je lui demande “tu préfères le papier un peu irisé qui est beau et joli et discrètement festif ou le blanc vergé très classique, très plan-plan, désuet pour ne pas dire vieillot ?”, il a le bon goût de répondre, après avoir examiné les deux échantillons d’un air très inspiré, “sans hésitation, le papier irisé est mieux ma chérie !”. Ce type me connaît trop bien, il arrive à sentir mon inclination, même derrière toute l’impartialité irréprochable de ma question. Trop fort ce Loup !
Mais bon, généralement ¤ je n’aime pas trop faire de généralités, mais là, ça sert mon propos, alors, ne soyons pas trop exigeants, merci ¤ alors que les mecs voient le smariage comme une fête et se projettent surtout dans la vie d’après, nous autres nanas — qui pour la plupart rêvons de ce jour depuis que l’on est en âge de comprendre la fin des contes — envisageons souvent le mariage comme une sorte de paroxysme, le moment ultime dans la vie d’une femme ¤ un peu l’équivalent de la Rolesque pour un homme de 50 ans, quoi… ¤
Allez, on va un peu bousculer l’ordre établi et les réflexions des mecs seront en rose, celles des femmes seront en bleu, ¤ je sais, ça choque, ce blog est trop subversif, c’est mon petit côté anar, parfois, toute cette envie de révolte en moi me fait peur ¤
Quand ils pensent : Chouette elle va porter mon nom !
Nous pensons : Nom ? Nom ? Et s’il me disait “Non” devant l’autel, me plantant là avec ma choucroute sur la tête, engoncée dans cette meringue qui m’a forcée au régime tisane de queue de cerise et biscotte supra-allégée pendant les trois derniers mois ? P*tain, ça me déprime d’avance, je vais me faire une tartine de Nioutella.
Quand il pensent : J’espère que les potes m’ont préparé un sacré enterrement de vie de garçon !
Nous pensons : Comment faire pour éloigner le plus possible la très réac’ Tante Micheline de mon couple d’amis homo Virgile et Damien dans le plan de table ?
Quand ils pensent : C’est cool, maintenant, quand un collègue m’invitera à un dîner, je pourrai lui dire “attends, faut que je vérifie avec ma femme, on n’est peut-être pas dispo ce jour-là”, ça va mettre minable Régis à la compta, ce type est un tel empoté des relations humaines, il n’arrive même pas à demander l’agrafeuse à sa voisine de bureau, alors il est pas près de se marier, lui !
Nous pensons : Oh mon dieu, et si je je grossis du doigt à cause de l’émotion, il ne réussira jamais à faire passer l’anneau ? Argh.. je suis maudite ! Allez, deuxième tartine de Nioutella, je ne vois que ça pour me remonter le moral !
Quand ils pensent : Je vais être trop beau dans mon costard !
Nous pensons : Et s’il trouvait ma robe moche ? Maintenant, c’est trop tard pour faire marche arrière, impossible de trouver une robe de rechange à deux heures du mariage. Je me ferais bien une troisième tartine, mais le pot de Nioutella est vide… Oh non, toute cette pâte à tartnier va me filer une poussée d’acné, en plus, j’ai envie de vomir, peut-être que je suis enceinte ? C’est ça, je suis enceinte, mais je fais un déni de grossesse, je vais enfler du bide subitement et me transformer en monstre ! Ma vie est un enfeeeeeeeeeeeer !
¤ Si vous vous vous dites que ce n’est pas très réaliste et qu’un mec ne se jette pas sur un pot de Nioutella, vous n’avez certainement pas compris mon nouveau code couleur. D’ailleurs, il y a fort à parier que vous aurez l’air fin quand vous demanderez dans votre superette du coin s’ils vendent du Nioutella en pot, (sauf si vous adoptez un accent anglo-saxon ) parce que vous n’avez pas compris que je n’aime pas citer des marques pour le plaisir de le faire, et que c’est pour cela que j’écorche leur nom. Si c’est votre cas, vous avez une deuxième chance, relisez depuis le début du billet et si malgré tout vous n’avez rien pigé, sortez illico de la salle de bains, la vapeur ambiante a clairement cuit votre cerveau à l’étuvée… ¤
Bon, et pour celles qui ont suivi sans accroc et qui vont se marier, vraiment, suivez mon conseil les futures mesdames : filez-lui votre stress à cet mec insouciant ¤ surtout si vous vous mariez sous le régime de la communauté ¤ !

5 comments
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18 mars 2009 à 10:25
Madame Pas Contente
Maintenant je comprend mieux pourquoi Mr Casse-Pieds refuse de m’épouser… Parce que si je dois me transformer en encore pire que je suis, il sait bien qu’il n’y survivrait pas ! Bizbiz
18 mars 2009 à 12:23
Eric D
Primo, il est parfaitement normal qu’un homme se jette sur un pot de Nutella. D’ailleurs, en Belgique on trouve des pots de 3Kg. Parfait pour un mariage à condition de commander la robe une taille au-dessus.
Deuzio, une femme ne prend pas le nom de son mari. Regardez tous les documents officiels, ça reste le nom “de jeune fille”. Moi quand je vois un faire-part de décès “Mme Robert Ducon née Cunégonde Immonde”, ça me hérisse le poil. La femme mariée a le droit d’utiliser dans la vie de tous les jours le nom de son mari. Mais en pratique, n’importe qui peut utiliser n’importe quel nom tant que ce n’est pas pour un document officiel et que ça ne gêne personne. Tant que l’adresse est bonne, le courrier pour Jazz du Blog-Notes de Lasalledebain” arrivera a destination.
Tertio, c’est bien une habitude féminine de se faire un tel sang d’encre sur des broutilles.
“- Mon chéri, tu préfères le papier blanc irisé ou le liseré crème discret ?
(examine les papiers sans voir la différence)
- M’en fous, du moment que ce n’est pas du papier-wc.”
Pendant le blabla du curé, la mariée se demande ce que pense chaque personne présente, dans les moindres subtilités. Le mec, lui, se demande quand le curé va enfin en venir au fait qu’on puisse aller bouffer.
Allez, courage. Peu importe les couleurs, le mariage sera une réussite et puis c’est tout.
26 mars 2009 à 21:06
akynou/racontars
Hihi, j’aime beaucoup la réponse d’Eric du dessus.
Moi, quand j’ai pensé mariage, j’ai d’abord pensé mega tof avec mes potes et potesses. Ma mère ma bassinée avec l’idée d’une robe, mais comme j’était enceinte de sept mois… je l’ai scandalisée en me mariant vêtue d’une robe de grosses (cela dit, c’est pratique). La seule chose à laquelle je n’ai pas songé, c’est l’eau de boudin dans laquelle allait sombrer mon couple des années plus tard et j’ai regretter de ne pas avoir fait de contrat de mariage en séparation de bien; Ça m’aurait fait économisé des sous et de l’énergie… Mais bon, j’étais amoureuse.
Mais ta noce, elle sera comme tu le voudras, ce sera le plus beau jour de ta vie et de celle du Loup. Et vous serez heureux et vous aurea beaucoup d’enfants (enfin, restez raisonnables).
10 avril 2009 à 12:12
Jazz
> Madame Pas Contente : Ben, oui, faut pas chercher plus loin ! C’est forcément ça, ou alors il pense qu’il ne te mérite pas, ce qui est beaucoup plus plausible, à mon sens.
> Eric D : pour ton primo, avec tes histoires de pots de Nutella transgéniques, j’envisage sérieusement de demander la nationalité belge.
Pour ton deuzio : je ne me remets toujours pas du “Mme Robert Ducon née Cunégonde Immonde”. Je comprends ton agacement devant ces faire-part de décès (rassure-toi, pour moi, on dira Mme Jazz SalledeBain-Loup, parce que j’aime bien mon nom de famille et que c’est mon droit en effet — la loi l’indique clairement même si les femmes font souvent autrement — alors, je le garde comme nom d’usage et l’enrichis de celui de mon futur époux, et pis c’est tout, j’ai dit !).
Pour ton tertio : totalement d’accord; mais c’est aussi parce que une bonne grosse partie de nous autres femelles pense à ce jour depuis toujours, et que l’on veut que ce moment rêvé soit farpait quand il arrive enfin. C’est con, mais c’est exactement le même danger qu’il y a à réaliser un fantasme de trop longue date (ça dégouline, il ne dit pas les bons mots, quelqu’un se fait une entorse, on cherche la clé des menottes pendant des heures, résultat : on est frustrés parce que rien ne se passe comme prévu, mais peut-être en ai-je trop dit…)
Merci pour tes voeux de bonheur, nous en ferons bon usage.
> akynou/racontars : Oui, tout à fait d’accord, un mariage est un excellent prétexte pour faire la fête, mais bon, peu de mes potes viennent, alors, bon, je vais devoir faire la fête avec la Tante Suzanne, éviter que les petits chenapans de la cousine Berthe piétinent ma robe, et cacher Tonton Grégoire dans l’armoire quand il aura pris un verre de planteur de trop (le deuxième en général).
Je me rappelle dans tes billets, t’avoir vue dans ta robe verte (délicieuse outrage à la tradition) posant devant une mairie que je connais bien.
Nous non plus, on n’a pas fait de contrat de mariage — on est amoureux
— mais on espère bien faire ce qu’on veut au final même si les préparatifs à distance te laisse peu de marge de manoeuvre et un immense risque de surprises, mais bon, j’aime ça aussi les surprises, on verra bien et je crois que je m’en amuserai. Côté enfant, on verra aussi, il faut que tu me donnes la recette pour avoir des filles aussi chouettes que les tiennes (y arriver trois fois de suite, c’est carrément de la provocation akynou !!).
Bises à tous et merci pour vos voeux !
17 avril 2009 à 18:18
marionette
Fichtre… mais ma crevette à moi est tout à fait aussi angoissée que moi, alors comment faire?!?
disons qu’il sera beauuuucoup plus tendu à l’idée de voir débouler “toute” ma famille qu’à celle de passer un anneau à mon doigt, mais en tout cas, c’est sur : on est bien dans la mouiz. Quant aux goûts… oh lala. Je devrais prendre en photo la dernière “chemise” qu’il a acheté pour que tu te rendes comptes. Un scandale. Et avec un papa peintre, en plus, c’est carrément du foutage de gueule.
Enfin bon, aucune date n’est fixée pour l’instant, alors ça peut s’arranger d’ici là… enfin… à 35 ans… qu’est-ce que tu en penses?… meeeeeerdeeeeuh!