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Oui, je suis maintenant une femme mariée, mais je ne vous oblige pas à m’appeler Madame Jazz.
Le mariage s’est très bien passé si ce n’était la présence de mon crétinus de père au bras duquel ma mère m’a flanquée pour aller à la mairie ¤ je suis quand même entrée la première dans la mairie, alors, que je pense que j’aurais dû entrer rentrer la dernière… mais croyez-moi, il ne fallait pas contrarier ma mère après les durs mois de préparation qu’elle a vécus ¤.
Et malgré :
- la coiffure qui pendant 1 heure ou deux m’a empêché de cligner de l’œil droit ¤ j’ai dû céder et me faire faire un chignon de peur que ma tignasse ne se transforme en afro irrégulier qui aurait caché la tête du Loup, les mèches ajoutées dans le chignon, je n’en voulais pas non plus, mais la coiffeuse m’a offert ses services, c’est une amie de ma mère, et puis je trouvais qu’au final, ça rendait bien, même pour moi qui déteste les faux cheveux ¤
- un petit incident technique à la cheville survenu quinze jours auparavant ¤ ce qui ne m’a pas empêché de porter mes sublimes talons de 11 cm achetés spécialement pour l’occasion, mes chaussures les plus chères à ce jour… qui ont aussi fait regonfler ma cheville pour les trois jours suivants ¤
- la musique nulle d’un DJ qui n’en faisait qu’à sa tête et qui ne travaillait que sur son stock très limité de CD ¤ il y a 5 ans, je suis persuadée qu’il aurait été très impressionné par des walkman auto-reverse ¤, en même temsp, je m’en fiche, je ne pouvais pas trop danser
- l’incapacité chronique de mes beaux-parents d’apprécier mon pays sur le coup ¤ par contre, une fois rentrés, il n’avaient plus que le mot “Guadeloupe” à la bouche… mais bon, 15 jours après le retour, c’est UN MOIS TROP TAAAARD !! Ils ont aussi décoré leur maison d’une ribambelle de petites choses guadeloupéennes de la nappe au porte-clefs, en passant par le tablier de cuisine aux santons de la future crèche ¤
- les fringues pourries de certains de nos invités qui ont dû croire que se marier en Guadeloupe signifiait qu’on mettait juste son maillot de bain, un bermuda et un vieux polo et hop, ça fera la blague !
- la crise de folie de ma mère moins d’une une heure avant le mariage parce que ma tante avait perdu sa puce de téléphone, la rendant injoignable pour les principaux fournisseurs…
- l’incroyable toupet de ma tante (la même que ci-dessus) qui, bien que me voyant vêtue de la moitié de ma robe, me demande de venir l’aider à l’habiller, et pose toutes ses affaires en vrac sur ma parure de mariée, mon sac à main, etc…
- les embouteillages monstres pour nous rendre à la mairie
- la menace de pluies torrentielles qui nous ont épargnés tant que le soleil ne s’est pas couché ¤ on a quand même eu droit à 10 secondes de bruine exquise à la sortie de l’église, concomittamment à un grand soleil, on dt chez moi que “c’est le Diable qui marie sa fille derrière l’église”… ¤
- l’absence de certains de nos amis pour cause de grossesse ¤ mais c’est une excellente excuse ¤
- tout ce qui aurait pu mal se passer…
…c’était un chouette mariage, vraiment.
Merci Maman (qui ne lit pas ce blog).
Mon mari était sexy en diable dans son costard, il a adoré ma robe, on a mangé des trucs succulents et locaux, ça donne envie de recommencer tous les ans ¤ en moins cher quand même, hein ¤ !
Bref, voilà plus de deux mois maintenant que je suis officiellement Madame Jazz Jazz-Loup, et c’est un état que j’aime beaucoup.
Comment m’étais-je retrouvée là, enfermée dans un sous-sol par si beau samedi, en train d’enfoncer deux doigts dans le torse minuscule d’un bébé, tout en fredonnant intérieurement le tube des Bee Gees ¤ celui-là même qui m’avait fait frétiller furieusement dans le ventre de ma mère alors qu’elle essayait d’admirer un John Travolta pré-scientologie, ondulant, sexy en diable, fébrile, et moulé dans son fute blanc ¤ je vous le demande ?
Ah oui, voilà ! J’avais cliqué !
Après toutes ces années à me dire qu’il fallait que je le fasse, à renoncer devant le prix à payer, puis à oublier, à y revenir, avant de rechigner à nouveau à cause d’un problème de volonté masqué par des incompatibilité d’emploi du temps, enfin, là, j’avais un créneau libre, des sous et une motivation supplémentaire.
Toutes les conditions étaient réunies pour que je sois finalement là à violenter un poupon qui ne se réveillerait pas de toutes les manières, à bécoter bouche ouverte cet homme sans âge au visage lisse et sans sourcil avec qui il était bien convenu que ce que nous faisions n’était que passager, que nous en resterions très probablement là, au moins pour un moment.
En plus, j’avais réussi à me convaincre que c’était pour le bien de tous, celui des autres surtout, le mien un peu aussi.
Le pire, c’est que j’étais bien contente d’avoir profité de l’absence du Loup et de ne pas être restée à végéter avec le chat dans le canapé à la maison. L’envie et la peur se demandent font tout pour me faire basculer dans l’une ou l’autre.
Je m’y attendais un peu. Ceux qui sont passés par là avant moi m’ont dit que ça me ferait très certainement cet effet-là.
Voilà, comme ça, je m’étais inscrite ¤ toute seule comme une grande que je pense être ¤ à cette formation de premiers secours de la Croix-Rouge.
J’y ai passé une grande portion de mon week-end, mais ça valait le coup.
Bon, après, sont nées deux obsessions :
- trouver un vêtement avec des poches suffisamment grandes pour contenir tout ton petit nécessaire de secourisme ainsi que la carte de tous les endroits susceptibles d’abriter un défibrillateur. Mais là, on parle carrément d’une grosse sacoche bien lourde, et tu te dis que ça n’ira jamais avec tes chaussures blanches en plastoque.
- tomber sur ta première victime, aussi guettes-tu les signes d’étouffement au restaurant, sinon, tu te demandes si ce type allongé sur l’herbe est conscient ou non, s’il respire, tu te dis que ce bébé est peut-être un peu bleu, et tu rappliques ventre à terre à la simple évocation d’une écharde ¤ on ne sait jamais, ça pourrait être une grosse plaie ouverte sanguinolente, avec une perte de connaissance et arrêt cardiaque, oh, ce serait tellement chouette ¤.
Deux semaines après cette formation, je suis tranquillement en train de me promener au BHV quand soudain j’aperçois un jeune homme à terre, à côté des escalators.
“Chouette, me dis-je, ma première vraie victime !” Là, je demande au garçon à côté de lui s’il est tombé, s’il respire, s’il a l’air conscient. Le type m’a l’air complètement paumé, alors, je prends les choses en main.
“Monsieur, si vous m’entendez, serrez ma main s’il vous plaît ! Vous m’entendez ?”
Et là, je me voyais déjà en train de le mettre en PLS (position latérale de sécurité) ou de lui faire une RCP (réanimation cardio-pulmonaire), la totale, quoi ! Au lieu de ça, il a repris connaissance à la fin de ma question et a demandé à son ami depuis combien de temps il était tombé dans les pommes. Sur ce des employés du magasin sont arrivés en disant qu’ils avaient appelé les pompiers (alors qu’ils auraient dû appeler le SAMU, mais bon…), on a demandé au garçon d’aller plus loin sans trop bouger pour ne pas gêner la circulation, je lui ai demandé s’il faisait ça souvent et il m’a dit : “non, mais je viens de me faire faire un piercing, alors…” P’tit con, va. Même pas de lésion.
J’ai attendu 30 secondes par esprit de secourisme ¤ bon, OK, surtout pour savoir s’il n’allait ps nous faire un vrai malasie avec épilepsie, vomissements, yeux révulsés, étouffement… ¤ j’ai vu qu’il était conscient, que les gens autour de lui avaient l’air de rester vigilants, alors, je suis partie, un peu déçue, je dois l’avouer, de ne pas avoir eu au moins l’occasion de le mettre en PLS, mais en même temps fière d’avoir pu mettre en pratique une des choses apprises en formation.
Espèce d’ingrat, va !
Sinon, si vous aussi vous voulez aller au restaurant et passer votre temps à reluquer vos voisins dans l’espoir purement altruiste de pouvoir leur porter secours, qu’attenddez-vous, inscrivez-vous à un stage de secourisme, c’est chouette, on apprend plein de trucs et ça peut sauver des vies, pour 50 à 60€, ça vaut carrément le coup.
Ici, le lien vers la Croix Rouge, mais d’autres organismes le font aussi.

vous, ici ?