J’adore cette expression : “détail de taille”, quand je l’utilise, j’ai toujours l’impression d’être Sherlock Holmes, loupe à la main, examinant triomphalement la courbure d’un “C” dans une lettre manuscrite, sachant que là est la clef du mystère.
Allez ! Une petite mise en situation pour mieux comprendre.
“- Loup ? Je mets quoi comme boucles d’oreilles pour aller avec cette robe ? Les noires longues ou les clous verts ?
- Mets donc les clous verts, ou les autres, c’est un détail.
- Ah, ben oui, c’est un détail, certes, mais les noires ont un côté clinquant limite pupute mais telelment charmant que les vertes n’ont pas, elles font tout de suite plus dadame ¤ oui, je sais, je doudouble des syllabes ¤, plus apportez-moi-un-café-tout-de-suite-pour-qu’on-commence-cette-réunion-j’ai-une-conf-call-avec-Rio-juste-après, tu vois ?
- Hmpf…
- Et ouais ! Je sais, gros dilemme, là ! Détail de taille ! Tu en saisis maintenant toute la portée mon vieux.
- Ah, ouais, je n’avais jamais considéré ce problème de choix sous cet angle. Il continue mezzavoce : Surtout qu’avec tes cheveux par dessus, ça se verra pas du tout…
- T’as dit quoi là ?
- Oh, rien, ma chérie. Tu seras belle quoi qu’il arrive, mets donc les longues vertes va… “
Bon, en l’occurence, le titre de ce billet n’a rien à voir avec mes banales préoccupation quotidiennes d’accesoirisation.
Pour comprendre, il faut lire ce qui suit.
Ce matin, je parcours rapidement l’une des lettres d’info proffessionnelles dont regorge ma boîte de réception.
Je m’arrête sur l’article intitulé “Tatjana Patitz, nouvelle image de Marina Rinaldi”.
Il dit que cette marque de fringues a choisi l’ex-top Tatjana Patitz comme nouvelle porte-parole et image de ses prochaines campagnes de publicité.
Jusqu’ici, rien de choquant, sauf si l’on sait que :
- cette marque habille les femmes à partir de la taille 46.
- le mannequin choisi fait une taille 36 (soit 5 tailles en moins que le minimum de la marque) d’après la fiche de son agence.
Je ne comprends pas pourquoi une nana dont la jambe flotte dans le bras d’une chemise en taille 42 serait parfaite pour représenter des femmes qui s’habillent en taille 52 !
Je comprends le sens de leur slogan “Style is not a size”. Mais c’est un message qui sera d’autant plus fort que les modèles commercialisés sont portés par des gens qui font un vrai 46.
La marque est connue pour avoir auparavant fait appel à des femmes qui ne rentrent pas dans dans un skinny jean en 34.
Peut-être que je suis trop bête pour piger ce qui n’est que de l’ironie, je ne sais pas. Mais ça me désole.
Peut-être qu’ils ont voulu montrer que ces fringues sont tellement chouettes que même une femme super mince qui peut aller s’habiller partout ailleurs a envie de les porter.
Je reste perplexe…
L’info en anglais ici.

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