Le début de l’histoire, c’est ici.
L’épisode précédent, c’est ici.
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« Elle avait… »
Je sais que son poème commençait ainsi : « Elle avait… ».
Ah la la, attendez un peu, ça va me revenir tout comme son prénom et son nom.
Mais enfin, voici en attendant le reste de mon souvenir…
Danielle, d’ordinaire si réservée, si perdue en classe, si convenue dans ses idées, Danielle si prévisible, nous sortait un truc complètement ésotérique, mystérieux, et fort et élégant, et parfait d’un point de vue métrique, un truc inventé de toutes pièces nous assurait-elle… et pas qu’à nous d’ailleurs. Nous remîmes tous nos œuvres en espérant être sélectionnés pour le recueil, comme le poème de Danielle, qui, nous en étions tous certains, aurait eu droit à un triomphe, son poème serait désormais la preuve irréfutable que l’art est une arme formidable dans la lutte pour la réussite scolaire.
Quelques jours après la soumission de nos créations, le jour de la sélection arriva et la prof, visiblement encore plus bluffée que nous, demanda à Danielle, par deux fois, peut-être plus, de lui confirmer qu’elle était bien l’auteur de ce poème.
Danielle confirma autant de fois que cela lui fut demandé.
Sur ce, la prof, se transformant en ce monstre que nous craignions tous à l’époque quand nous répondions bêtement ou que nous n’avions pas fait nos devoirs, lui sortit :
« Danielle, tu veux me faire croire que TU as écrit ce poème. Toute seule ? Sans aide ?
- Oui Madame.
- Danielle, tu te moques de moi ? »
Nous nous regardions tous dans la classe, communiant muettement dans l’indignation profonde. Comment pouvait-on traiter ainsi le génie pur ? Cette fille n’avait-elle donc pas le droit de pondre de jolies choses ? Elle avait travaillé, et bien, pendant toute une nuit, sa sœur l’avait même aidée à corriger ses fautes nous avait-elle précisé ; Danielle avait accouché de ces quelques vers seule, un soir, frappée par l’esprit de Calliopé, et voilà qu’on lui balançait tout ses échecs précédents à la figure, comme si elle était à tout jamais indigne de succès.
J’étais outrée et un coup d’œil “discret” à mes camarades indiquait que tout le monde partageait ce sentiment dans la classe, à part Danielle qui prenait un air contrit, et la prof qui continuait, affichant un sourire démuni face à l’absurdité ou au manque de respect flagrant et un masque de rage à peine contenue, à fixer notre camarade clouée à ce pilori que nous regardions sans vraiment le vouloir.
” En fait…
- Oui Danielle, en fait quoi ? »
à suivre…

2 comments
Comments feed for this article
3 septembre 2009 à 11:30
Madame Pas Contente
Ai-je déjà dis que je détestais le suspense attroce que tu nous fais endurer ???
3 septembre 2009 à 12:45
Jazz
Non, je ne crois pas, non ? Et puis, c’est pas ton genre…