L’histoire commence ici.
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Et voici le fin mot de l’histoire :
Je ne sais plus si les poèmes que Danielle a écrits pendant les heures de colle qu’elle a récoltées ont été ajoutés au recueil.
Je sais par contre que ce mercredi après-midi où je suis allée récupérer notre Premier Prix pour le recueil « Poètes en Herbe », ¤ j’étais mal habillée : un vieux jean noir un peu difforme qui finirait un jour en short délavé et déchiré, chemise en coton épais jaune — ma mère a ri de la même couleur que la chemise d’ailleurs quand elle a pris connaissance de mon accoutrement, elle qui mettait un point d’honneur à ce que nous soyons toujours bien mis, n’avait pas eu le temps de me conseiller pur cette occasion ¤ je n’ai pas pensé à Danielle.
Par contre, j’ai pensé fort à elle, le sourire aux lèvres, quand, plus tard, dans mes études, je suis tombée sur les premières lignes si familières d’un poème écrit par un mec né alors que le XIXème siècle n’avait que deux ans. Son recueil était pompeusement intitulé Les Contemplations.
Et dans ma mémoire, le souvenir du poème de Danielle est antérieur à celui de cet auteur, aussi, c’est bête, j’hésiterai toujours à dire qui a copié sur qui…
Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin
De venir dans ma chambre un peu chaque matin;
Je l’attendais ainsi qu’un rayon qu’on espère;
Elle entrait, et disait: Bonjour, mon petit père ;
Prenait ma plume, ouvrait mes livres, s’asseyait
Sur mon lit, dérangeait mes papiers, et riait,
Puis soudain s’en allait comme un oiseau qui passe…
Extrait de “Elle avait pris ce pli…” de… Victor Hugo
_fin_

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