Depuis le début de l’été, je travaille toujours pour le même employeur mais dans la boutique où je passe mon temps à faire le standard, à aider sur tous les problèmes d’anglais, à faire les courses et à organiser des événements, à renseigner les clients, à rire, à dédramatiser quand quelque chose de “grave” se passe, et la liste continue.
Pourtant, je viens de me prendre une petite remarque bien sympa : je ne suis pas assez impliquée dans la vie de la boutique.
Je me suis défendue autant que je le pouvais, mais je n’avais qu’une envie : pleurer de désespoir, pleurer de désolation, pleurer de fatigue, pleurer d’indignation ou de colère, mais pleurer, pleurer, pleurer et hurler ma rage.
Je n’en peux plus de ce boulot, alors, je supporte les petites humiliations quotidiennes qui me sont infligées, sans broncher, ni les raconter à qui que ce soit.
J’ai une peur bleue du chômage, mais plus encore de devoir être complètement indépendante du salaire et des économies du Loup.
Par contre, je ne me complais pas dans l’inaction : je cherche, cherche, et cherche encore, sans répit, même si je dois faire attention car dans ce nouveau bureau, ma collègue a habilement demandé à placer son ordinateur dans l’angle de mon écran, aussi voit-elle tout ce que je fais dès qu’elle se décide à écrire un mail.
J’ai d’ailleurs commencé une nouvelle série qui s’appelle “la vie de bureau”, où je consigne des petits bouts de mon existence pendant ces innombrables heures passées au travail. Quand j’y repense, je trouve ça à la fois triste et désopilant, ne sachant lequel des deux l’emporte.
Donc, bientôt dans la salle de bains, vous aurez un aperçu de ce que je vis cinq jours par semaine.

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