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Grande-Bretagne: le mariage s’achève au bout de 90 minutes, par un pugilat
LONDRES (AFP) – Un couple d’Anglais n’a eu besoin que de 90 minutes pour réaliser que son mariage était une erreur, le marié éméché finissant au commissariat, attaqué à coups de cendrier par une épouse excédée.
Le premier toast, en l’honneur des filles d’honneur, a été fatal à leur bonheur, rapportait mercredi la presse britannique.
La mariée, Victoria Anderson, 39 ans, visiblement jalouse, a attaqué son époux Scott McKie, 23 ans, à coups de cendrier. Le front ensanglanté, il s’est emparé d’un porte-manteau utilisé comme javelot, dans le pub de Manchester (nord de l’Angleterre) où ils faisaient la fête avec une cinquantaine d’invités.
Des policiers appelés à la rescousse ont été insultés, frappés par le mari hors de lui. Il a promptement fini au poste et décidé, alors même qu’il était placé en cellule, de mettre fin à cette union explosive.
Un tribunal de Manchester qui a entendu le détail de ce mariage houleux, célébré en juin 2003, l’a condamné à 60 heures de travail d’intérêt général, avec obligation de rentrer chez lui tous les soirs avant 21h00.
“Ils avaient tous beaucoup trop bu”, a raconté devant le tribunal David Bruce, l’avocat de M. McKie.
L’ex-marié s’est félicité de ce qu’il considère finalement comme un “happy end”.
“Je suis content de m’être débarrassé de cette femme, a-t-il déclaré après le jugement. Mon mariage a été un vrai cauchemar, la plus grosse erreur de ma vie”.
2004-12-02 12:37
“Dis Maman, pourquoi je ne peux pas faire un métier d’homme, hein Maman ?”
L’autre jour à l’heure du déjeuner au boulot on pouvait entendre :
“oui, il y a des métiers de femmes et des métiers d’hommes.”
Ce sujet de conversation a été lancé par un garçon chez qui j’avais déjà eu l’occasion de détecter une pointe de machisme le jour où il a tenté de me convaincre d’amener un petit plat pour toute la boîte ¤ soit environ 40 ventres, majoritairement masculins ¤. Ne comprenant pas pourquoi il venait s’adresser à moi, je lui demande : « heu… pourquoi moi ? » Il me dit “parce que t’es une femme… ¤ et là, devant mon expression tournant à la colère infernale, il s’empresse de rajouter ¤ …qui doit bien cuisiner !”
Bien entendu, il n’avait aucune bonne raison de pouvoir penser une telle chose. Ne décolérant pas intérieurement, c’est néanmoins avec le plus grand détachement que je me sentais capable de feindre sur le moment que je lui demande : « et t’as déjà posé la question à un homme de la boîte ou c’est réservé aux femmes… qui font bien la cuisine ? Non, parce que c’est toujours bon de savoir si les gens sont traités de manière équitable ici. Tiens, ¤ j’enchaîne sans lui laisser le temps de se rendre compte dans quoi il s’est empêtré ¤ et pourquoi toi, tu n’apporterais pas un bon truc à manger pour tout le monde car je crois détecter en toi le gène ¤ de la connerie, mais dois-je le dire ? ¤ du cordon bleu, hein ? »
Après une misérable pirouette du genre « ah, mais moi, je ne sais pas bien cuisiner » débitée piteusement, visage de contrition à l’appui, il m’a fichu une paix royale, et depuis, pas de nouvelle demande culinaire.
Enfin, jusqu’à ce jour au déj’.
De mon bural, j’entends distinctement les bruits qui animent la cuisine à partir de midi ¤ hé oui, nous ne sommes pas nombreux, mais nous disposons d’une cuisine avec micro-ondes et frigos, et tables et chaises et même couverts en plastique et serviettes en papier, la grande classe penseront certains, mais vu le coin paumé où nous nous trouvons, les commerces se trouvant à une moyenne de 10 minutes de marche aller, c’est davantage une nécessité qu’un luxe ¤.
Et c’est ainsi que cette conversation polémiste est arrivée jusqu’à mes oreilles. Pour éviter de me mêler à cette discussion stérile et inutile, j’ai tout simplement décidé d’aller déjeuner dehors. ¤ Ouais, moi, je suis comme ça. OU plutôt, je suis devenue comme ça dans ce boulot. C’est la politique de l’autruche que j’ai décidé d’appliquer après avoir compris que ces questions, affirmations ou injonctions machistes n’étaient pas inspirées par l’ignorance ou la provocation, mais qu’elles étaient tout bonnement les signes extérieurs révélateurs d’un mode de pensée établi, naturel et tout à fait argumentable et rationnel pour nombre de mes collègues masculins. De guerre lasse donc, j’évite les contacts avec ceux-là pour me contenter de leur demander des renseignements strictement en rapport avec le boulot quitte à passer pour une rabat-joie de première, ce qu’évidemment, je ne suis pas. ¤
Mais hélas une, deux, trois fois, le perturbateur n’avait fait que lancer cette observation dans la cuisine, et au moment même où je franchissais la porte de sortie pour m’évader de ce cloaque où les esprits s’embourbent dans des idées d’un autre temps, le réactionnaire de service me suit.
Merdeeeeeeee !
Il était tout émoustillé par les réactions de révolte rentrée qu’il avait fait naître chez les deux dames dans la cuisine ¤ une quarantenaire et une jeune femme de 27/28 ans, toutes deux effacées, lassées de travailler dans cet univers masculo-masculin et en manque critique d’arguments, ce qui pour la plupart des mecs de la boîte est indissociable de la condition même de la femme, cette créature inférieure… ¤.
J’accélère dans les couloirs et il me rattrape en me hélant :
- Tiens, toi, qui as l’esprit ouvert, penses-tu comme moi qu’il y a des métiers réservés aux hommes et que les femmes ne peuvent pas faire ?
Je me retourne et lui répond :
- Ben ça dépend plutôt des gens que des boulots. Il y a des métiers que certaines femmes refusent d’exercer pour des raisons de santé et de même pour les hommes, tous les hommes ne peuvent pas faire toutes les professions, pour des raisons intellectuelles, ou physiques ou même les deux parfois.
Là, persuadé que j’abonde en son sens, il sourit et soupire d’aise avant d’affirmer:
- Par exemple donc, tu es d’accord avec moi quand je dis qu’une femme ne peut pas être maçon.
- Heu… non… c’est un métier qui comme tous les métiers du bâtiment a été longtemps réservé aux hommes, mais c’est une culture qui veut ça… Maintenant les femmes peuvent monter un mur, conduire un petit véhicule pour transporter des parpaings ou les porter à bras le corps, tenir un fil à plomb et, ma foi, faire tout ce qu’un maçon peut faire… ¤ en même temps, je ne suis pas très au fait de l’évolution des métiers de la maçonnerie ¤
- Alors, comme ça, toi ça ne te dérange pas de penser qu’une femme peut être maçonne ?
- Ben non.
- Ah, mais t’es fémiiniste toi ?
- Pas plus que toi tu n’es macho et puis, ¤ j’enchaîne ¤ je ne vois pas pourquoi il faut avoir une bite entre les jambes pour faire maçons où d’autres métiers. C’est comme si je disais, les hommes ne peuvent pas être sages-femmes. ¤ faudrait-il penser à masculiniser ce nom, certes oui, mais laissons donc les hommes se pencher un peu sur ce problème qui est leur pour une fois. Ah, on verra bien si “homme-sage-femme” ou “sage-femme homme”, ça leur plaira autant que Madame le Maire, Madame l’Ambassadeur ou Madame le Premier Ministre, parfois les féminins de ces fonctions semblent hérétiques et moches, d’accord, parfois, je me dis que la fonction n’a pas de sexe, alors à quoi bon le féminiser ? Mais d’autres fois encore, je me dis qu’il faut peut-être ça pour réveiller un peu les gens… ¤
- Ben non, je comprends que ce soit un métier réservé aux femmes parce qu’une femme est plus à même de comprendre une autre femme enceinte.
C’est là qu’avant de bifurquer vers ma destination manger, je lui ai asséné :
- ¤ primo ¤ Il y a déjà des hommes sages-femmes, ¤ secundo ¤ si c’était un privilège des femmes, on n’a qu’à interdire les gynécos et obstétriciens mâles.
Et hop, je me barre parce que j’ai la dalle et envie de mordre !
J’aurais pu ajouter ¤ en tertio ¤ que les sages-femmes sont parfois nullipares. ¤ eh oui, mon pote ! ¤
M’enfin, j’ai quand même de la chance de savoir lire écrire et compter ET d’avoir trouvé un garçon qui m’aime en dépit de tout cela, et le fait que j’aie un boulot, au lieu de la seule vie que l’on puisse imaginer censément pour une femme, celle d’une femelle exclusivement mère de famille, une femme qui cuisine, coud, tricote, pond, ne se plaint jamais et attend patiemment que son homme rentre et l’honore s’il le veux bien. Une vie de femme en pleine conformité avec l’ordre naturel et séculaire des choses, par obligation et contrainte, pas par choix — c’est vrai, elles ne peuvent jamais choisir et ne savent pas se décider — mais sont-elles seulement capables d’appliquer leur faibles capacités mentales à mener un vie différente ? Et puis, elles sont au calme, la vie est cool quand on ne fait qu’élever les enfants, quand on est une mère au foyer, hein ?
Pff…
Des fois, au bural, ils me cassent les ovaires.
2004-12-02 10:27
Mise en garde : refroidir dans ce post signifie “décourager”, “ôter l’envie à”.
Pourquoi est-ce que tout le monde se marie ? Pourquoi est-ce que tout le monde tombe enceinte ?
C’e n’est pas de la jalousie, non. C’est juste que j’ai l’impression de ne pas avoir grandi aussi vite que mes amis.
J’ai l’excuse, il est vrai, d’être leur cadette de deux ans au moins.
Hier, j’ai passé un cap.
Hier, c’était le 25 novembre, et j’ai 25 ans, je ne suis pas mariée.
Je suis une Catherinette.
Mais si on considère que mon chéri m’appelle « la femme de ma vie », que je suis sa concubine, je pense jouir d’une énorme compensation.
J’ai des amis mariés depuis un an ou deux, qui me paraissent heureux en ménage, selon l’expression consacrée.
Je connais même des parents (plutôt des amitiés du côté de mon chéri d’ailleurs) ravis de pouponner.
Mais il y a aussi Vivi.
Vivi (meilleure amie n° 1 dans l’ordre chronologique) qui envisage le divorce comme seule issue à cette union malheureuse qui la consume, elle et sa bonne humeur, elle et son optimisme pugnace, elle et son cœur de géante, elle et ses épaules larges et accueillantes. Elle a déclaré forfait dans le match inique qu’elle livre aux jeux de rôles en ligne et à l’indifférence de celui qui est son mari depuis plus de deux ans, je me rappelle, j’étais témoin. Ce mari, qui se montre particulièrement hostile à toute activité de couple (autre que sexuelle…).
Par respect pour elle qui l’aime encore (une sainte cette fille-là), je ne lui crache pas mon venin quand il décroche le téléphone à sa place.
Par respect pour elle encore, je ne le mets pas en face de sa médiocrité quand il se comporte en mufle.
Ce mec est une sous-merde. Je le méprise, je le déteste (et je déteste peu de gens) de rendre mon amie si malheureuse, de faire du mal à quelqu’un d’aussi bon.
J’ai envie e le pulvériser.
¤ Si je faisais un remake de Four Weddings & A Funeral, je n’ai aucun doute quant à son rôle. ¤
Vivi est un cas isolé parmi mes amis.
Venons-en à un sujet qui ne me file pas la rage, mon chéri m’a fait dernièrement une demande déguisée, une sorte de promesse de mariage.
Il bavardait tranquillement sur MSN avec son meilleur ami, que nous appellerons Vunu, un garçon très discret, tellement réservé que j’avais l’impression qu’il voulait s’excuser de respirer trop fort quand je l’ai rencontré.
Vunu a donc appris son mariage prochain à mon chéri qui lui a répondu un truc du genre « c’est fou, tout le monde se marie maintenant, l’année prochaine, c’est toi, après ce sera moi… », et voilà qu’il me redit la teneur de leurs propos en finissant par un sourire.
Mes réactions :
Je suis heureuse, j’ai le cœur qui commence à s’emballer, mais bon, il faut raison garder.
Je me sens bête, il n’est pas en train de me faire une demande, c’est juste une boutade, enfin…
Oui, mais si ça n’en était pas une ? Je doute.
Je me dit qu’il faut lui répondre quelque chose même si il ne s’attend à rien de ma part.
« Ah ouais ? Et avec qui ? Tu comptais m’inviter ? » ai-je dit, ou quelque chose comme ça, en m’efforçant de cacher mon malaise sous un sarcasme maladroit.
« Ben avec toi, t’es bête…3
Mon chéri était déjà certainement passé à un autre sujet, ou il a continué à tchater avec Vunu, mais moi, j’étais restée tétanisée devant cette échéance de 2 ans.
Je pense à la galère que ça a été pour celles de mes amies qui ont préparé leur mariage, je pense à toutes les dépenses occasionnées, je pense à une robe à trouver, je pense à trouver un logement pour tous nos amis, à trouver une date qui ne tombe pas en plein milieu de mes règles… Je m’emballe bien comme il faut, quoi.
Je rumine tout ça pendant une bonne demi-heure, et je sors : « ben non, je ne peux pas me marier avec toi… » (e t je sous-entendais « enfin, pas dans deux ans… »).
Voyant son regard d’incompréhension, je me rattrape in extremis, et le rassure en lui disant que j’ai envie d’économiser avant de partir dans un mariage, chose que je ne peux pas commencer à faire aire sérieusement avant 2006.
Il me dit que oui, il comprend et le sait bien, mais que ça ne voulait pas dire qu’il voulait se marier dans deux ans non plus…
Je pourrais me contenter d’accepter ces propos sans douter de leur sincérité.
Mais je m’en veux.
J’ai terriblement envie de me marier avec lui, de ne plus être sa concubine, mais sa femme, d’accoler son nom au mien.
¤ Et que je n’entende pas de remarque déplaisante sur les femmes qui ne veulent pas abandonner leur nom de jeune fille…j’ai mes raisons de vouloir garder ce nom, l’une des rares choses que cette famille paternelle à la con ne pourra jamais me reprendre. Mais bon, ils sont tellement cons, que parfois, je me dis que je devrais reconsidérer ma position. ¤
2004-11-26 17:32
Quand ?
Ce matin
Où ?
Dans le bus
Qui ?
Le petit vieux handicapé avec son pantalon tout souillé, qui râle quand on ne lui cède pas la place « en raison de [sa] maladie », qui râle quand on lui cède la place « parce qu[il peut] encore rester debout, [il n’est] pas encore mort », qui râle quand on veut l’aider à sortir du bus car sa jambe plus courte que l’autre et son dos archivoûté inspirent aux gens de soudains accès de solidarité — à moins que ce ne soit de la pitié ou la culpabilité d’avoir laissé Mamie crever pendant la canicule 2003 – qui râle aussi quand on passe trop près de lui en sortant, sachant que son périmètre de sécurité établit ses contours à un mètre autour de son hideuse personne – je le soupçonne d’ailleurs d’utiliser ses odeurs corporelles comme arme de répulsion vis-à-vis des autres usagers – bref, autant dire que sur ce trajet que nous partageons du début à la fin pendant près de 20 minutes, il est en rogne toutes les 5 minutes. Une vraie purge quoi…
Le personnage est planté je crois, il ne manque rien. Ah, si, quand il râle, il gueule.
Voilà.
¤ Pour ma part, son dos voûté et ses jambes inégales ne m’inspirent plus rien qu’un surnom bien mérité « Tonton Daniel » et de l’agacement, j’ai dépassé en juin, je me rappelle, le stade de la peine et de la compassion. ¤
Alors, ce matin, en le voyant sortir du café d’en bas et se diriger vers l’arrêt du bus, j’ai roulé de gros yeux vers le ciel et prié, prié pour qu’il n’ai pas le temps d’arriver à l’abribus à temps pour chopper le même véhicule que moi.
Hélas, hélas, trois fois hélas…
Un peu moins d’une minute avant que le bus s’arrête à notre hauteur, son pas traînant l’annonçait.
Désespérée, je suis montée à sa suite (ah, oui, il faut aussi toujours le laisser entrer le premier, quoi qu’il arrive, quelle que soit sa position dans la ligne d’attente…UNE PUUUUUUUUURGE), vissant les écouteurs de mon nouveau « empiithriii-plèyâ » (« lecteur mp3 » pour les francophiles technophobes) dans mes (petites et ridicules, oui, oui) oreilles.
Pas de place assise dans la partie avant du bus, ça va le faire suer, c’est une petite victoire pour mon moi mesquin (eh ouais, je suis comme ça !).
Mais au lieu de déloger un usager sympa (il s’en prend toujours à ceux qui ont l’air gentil, pas con non plus, l’enfoiré !) en lui faisant montre de sa mauvaise humeur soutenue par la force de frappe d’une haleine de petit fennec crevé depuis 2 jours, il se dirige d’un pas presque guilleret mais asymétrique vers le fond du bus, la « rotonde », et y prend place.
Et pendant tout le trajet, il ne pipe mot.
Pourtant, un mec écoutait sa musique à fond juste à côté de lui.
Pourtant, la terre entière l’a effleuré en se levant pour sortir.
Pourtant le chauffeur freinait brutalement.
Mais rien.
Rien de rien.
Je me dis que Tonton Daniel doit être heureux, qu’il a probablement trouvé une aide à domicile qui sait le dompter, ou il a appris la veille l’existence des talonnettes, je sais pas, moi ! Il y a un truc le rend supportable en tout cas.
Et là, je surprend en regardant par la vitre un mec qui attend de traverser en dansant. Plus loin, je remarque un autre type, la quarantaine, pas hype, limite ringard, qui pilote sa trottinette comme un Schumacher du macadam parisien. Je vois des gens dehors totalement gelés, le nez rouge dépassant de l’écharpe, mais tellement heureux malgré ce zéro degré ou s’entête le mercure ce matin.
Je vois des gens heureux et je me dis qu’on est jeudi, que demain soir, c’est le week-end. Que j’ai un boulot dont je ne peux pas trop me plaindre, que j’ai une bonne santé en ce moment, que j’ai un Jules génial, qu’aucun distributeur n’a avalé ma carte bleue au cours des derniers 12 mois… Je me dis que la vie est cool et que même si je peux toujours trouver des trucs qui ne vont pas à tout, je vis une existence plutôt cool.
Et là… un signe !
Je vois l’enseigne rose clair de ce petit restal qui dit en toutes lettres « LA VIE EST BELLE ».
Oui, la vie est belle.
Je passe devant ce restal tous les jours en allant travailler. Je n’y avais jamais fait gaffe et je ne l’aurais sûrement jamais remarqué si ce n’était pour la bonne humeur exceptionnelle de Tonton Daniel.
Ah, c’est beau la vie.
Et dire que ce débordement d’amour est certainement juste dû au fait que Papy s’est bourré la gueule au bistral pour être un peu high avant de prendre son bus pour aller faire ses infiltrations.
Mouais, bon, voilà qui me fait reconsidérer ma position.
Allez, je vais faire pipi.
2004-11-25 11:57
Une nouvelle unité monétaire vient de naître, et quelques-uns de ceux dont je partage le bural — avant-gardistes en diable, précurseurs à bien des égards, de vrais trendsetters je vous dis — l’utilisent déjà couramment :il s’agit du ¤ta-daaaaam¤ « zeuro ».
Le problème lorsqu’on change de monnaie, c’est cette longue période de transition pendant laquelle cohabitent avec plus ou moins de bonheur et de qui pro quo, l’ancienne et obsolescente unité, et la nouvelle devise avec ses pièces jeunes, toutes propres et reluisantes, ses billets repassés, quasi-vierges d’empreintes digitales et de germes en tout genre, avec de nouveaux systèmes anti-faux qui vous obligent à endurer des regards pleins de suspicion et des minutes d’attente angoissée et constellée de gouttes de sueurs froides pendant que la caissière du Carrouf’ vérifie que ce gros billet que vous lui avez tendu est authentique.
La période de transition se caractérise par une sorte de nouvelle Bataille d’Hernani perdue d’avance pour le clan des Anciens qui s’obstinent à parler en monnaie d’avant, laquelle est, il n’y a pas de secret, vouée à disparaître. Les Modernes quant à eux, s’expriment avec verve et facilité dans la nouvelle monnaie et regardent avec pitié ceux qui ne réussissent pas à formuler les prix comme eux : les vieux quoi. Pis encore sont ceux des Modernes qui ont connu l’unité précédente pendant plus de 20 ans et qui feignent soudain des efforts de mémoire surhumains quand on leur parle autre chose que leur sabir nouveau quand on en vient aux prix, comme s’ils avaient à tout jamais oublié ce que c’était la vie avant…
Et puis, il y a les bilingues, les neutres quoi. Ceux-là se sont en général habitués à la conversion de toutes les sommes de la vie courante (prix d’une baguette, panier moyen de la ménagère, facture EDF, un séjour au ski, une nouvelle paire de pompes…), ils ont de bonnes idées des ordres de grandeur mais préfèrent parler de montants importants dans leur bonne vielle unité (en général, avec l’inflation, le désir de monnaie forte, tout ça, ça fait beaucoup plus en anciens sous !). Ce sont souvent d’ailleurs les interprètes pour les quelques largués, ceux qui jonglent sans problème des euros aux anciens francs pour dire :
« Mamie, rendez-vous compte, la dernière cagnotte de l’Euro-Miyon s’élevait à près de pfouuu…¤petit temps de réflexion où le bilingue psalmodie des calculs ésotériques¤ 22 milliards de centimes, hein… Dites donc, on peut vous en payer des cercueils en noyer intérieurs matelassés et des veillées mortuaires au Ritz avec ça, hein, Mamie, non, réglez votre sonotone là… Ha, c’te vieille carne qui va pas crever tout de suite pour arrêter de nous faire chier, non ! ».
Mais là, avec le zeuro, pas de calculatrice, pas de changement de caisse enregistreuse, pas de ridicule petit convertisseur en papier bristol (qui ressemble à ces cartes d’anniversaire où on fait tourner le petit disque pour afficher le bon âge – soit dit en passant, ça ne sert à rien, parce que le disque se déplace toujours et le récipiendaire de la carte est toujours perplexe devant le chiffre indiqué…). ¤ J’entends déjà les commerçants soupirer de soulagement (c’est vrai quoi, après le bogue de l’an 2000, le passage à l’euro, on n’allait pas encore les solliciter…). ¤
En effet , le zeuro a un taux de conversion assez simple par rapport à l’euro. Les deux sont à parité parfaite. 1 zeuro =1 euro (précision pour neuneu).
Ainsi,
les téléphones mobiles dernier cri coûtent au moins 100 zeuros,
et pour un bon repas au restal on peut dépenser facile 28 zeuros.
¤ Là, j’entends de nouveau les commerçants, mais maintenant, ils râlent parce qu’ils ne pourront pas nous arnaquer avec des arrondis à la dizaine supérieure sur les nouvelles étiquettes. ¤
Par contre, et c’est là que ça se complique, il faut savoir que certains prix seront toujours indiqués en euros : un joli mug à 5 euros, un cahier à 1,50 euro, etc.
Conclusion : le zeuro, c’est facile, c’est juste une petite habitude à prendre. Les gens du bural l’ont bien compris et ont intégré les subtilités du maniement du zeuro.
Ca, ou bien ils ont UN GROS PROBLÈME DE PATAQUÈS*
Non, parce que bon, je ne veux pas jour les Maître C., (je fais des fôtes d’aurtograffe) mais quand même, zut quoi !
***
*Pataquès : au sens propre, c’est une faute commise à l’oral, une liaison mal-t-à propos.
Cela vient de la déformation de « je ne sais à qui c’est »
> « Je ne sais pas à qui est-ce »
> « Je ne sais pas à qu’ess »
> « Je ne sais pas t’à qu’ess »
> « pataquès ».
2004-11-24 18:00
Je cherche un moyen d’éloigner mon curieux chéri de mon blog. Quelque chose pour qu’il arrête de le lire. Je l’ai déjà supplié d’arrêter de visiter cette page, menacé de changer de blog (mais j’ai la flemme de la faire), promis d’écrire des choses viles et injustes sur lui. Mais, rien à faire, il est curieux, c’est pus fort que lui. Et régulièrement, il y va, arguant qu’il a bien le droit de lire ce qu’il veut, vu que c’est public et accessible à tout le monde. Bon, il faut bien lui accorder ce tout petit point.
Mais zut, il pourrait respecter mon intimité quand même.
Je l’entends déjà dire « je fais c’que j’veux ! » dans une piètre imitation de ma personne.
J’écris depuis longtemps, j’écris pour plein de rasions, j’écris sans vouloir qu’on me comprenne, j’écris et me dit que le lendemain, tout ça n’aura sûrement plus de sens.
Et je n’aime pas me relire.
Comme l’idée qu’il puisse connaître de moi des choses très intimes — des mots que je ne révèle pas au grand jour, des pensées que j’ai nourries parfois à mon insu, des idées qui ont mûri, tapies, loin des regards et des oreilles qui pourraient s’en emparer – sans trop d’effort — même si parfois IE s’évertue à rendre très ardue la tâche consistant à taper quelques lettres dans une barre d’adresse – me gêne.
C’est comme s’il écoutait aux portes durant mes conversations de filles.
Comme s’il m’épiait par le trou de la serrure.
C’est comme s’il assistait à ma séance de psychanalyse en prenant des notes.
Comme si tout ça, mais je ne sais pas ce qu’il a entendu, vu, ressenti ou compris sais juste qu’il peut tout voir.
C’est comme s’il prenait des choses que je n’ai pas envie de donner, pas comme ça, pas maintenant.
Et puis, ce blog, c’est quand même un refuge bien pratique pour se cacher, geindre et pleurer sur mon sort, me faire consoler par des gens que je connais pas, et qui ne me connaissent pas vraiment.
C’est l’endroit où je peux exagérer, ma faire odieuse, ou encore affiner certaines réflexions peu abouties « presque » pour moi-même.
C’est un rempart.
Une cachette
visible potentiellement de tous, mais qui n’est accessible qu’à ceux qui savent qu’elle est là, et quand bien même, quand ils s’aventurent à en tourner les pages, ce cahier en ligne garde cet anonymat rassurant.
Je pourrais, afin de le détourner de cet endroit, écrire des choses qu’il ne souhaite pas entendre.
Des choses que je n’ose pas lui dire en face, parce que je ne suis pas prête ou que j’ai peur de sa réaction.
Oui, je pourrais faire ça. Mais je pense que ça le peinerait beaucoup.
D’autres idées ?
Anyone ?
2004-11-23 18:53
Quand le téléphone de neuneu sonne, il le laisse sonner au moins deux fois.
La première sonnerie amène l’incrédulité (la sienne, la nôtre). Ce premier son ne lui est familier que parce qu’il a l’habitude d’entendre nos amis et collègues nous appeler pour nous convier à des événements sociaux à caractère hautement festif (déjeuner dans le bistrot du coin, partie de flipper dans le bistrot d’en face, distribution gratuite de chouquettes, découverte du dernier gadget électronique à la mode, ou partage des émotions provoquées par le dernier petit film téléchargé qui montre un chat espiègle tapant sur la tête d’un enfant trop taquin…). Mais en général, cette mélodie étrange sort de NOS téléphones à nous autres, personnes appréciées dans la société pour notre convivialité, nos bons mots, nos bons plans, notre caractère, notre bonne tenue en société, et toutes ces rasions qui font de nous des êtres charmants, ou à défaut avec qui il est agréable de passer quelque temps.
Là, il se refuse tout bonnement à penser que quelqu’un est vraiment en train de chercher à le joindre. Il avait presque oublié l’emplacement sur son bural de cette petite chose d’où sort la voix des gens qui ne veulent s’infliger ni la vision d’horreur de sa petite tête à grandes oreilles posée sur ce corps ingrat, ni son bla-bla indigeste et bégayant.
Pris d’une fulgurence au souvenir de l’endroit où il a rangé le téléphone, il échappe de peu au torticolis en tournant violemment la tête pour se concentrer sur la machine à parler : le téléphone. Il doit exercer son pouvoir de Jedi pour convaincre le téléphone de chanter encore une fois, une seule petite fois encore…
Le laps s’écoulant entre les deux sonneries voit se succéder dans son petit corps de pré-adolescent portant en cachette les vêtements de papa avec les bijoux de maman pour voir comment ça fera quand il sera plus grand :
- le doute,
et s’il ne sonnait plus ce fichu téléphone auquel sont raccrochés tous mes espoirs d’être un jour accepté parmi les humains ?
- l’agacement,
et si on m’appelait pour me demander un énième détail technique ?
- le désespoir,
et s’il ne sonnait plus jamais ? Plus jamais de la vie ?
- l’espoir,
s’il sonne, je pourrais peut-être aller m’enfermer dans les WC pendant 30 secondes, le temps de faire ma petite affaire…
- la lucidité,
je ne suis qu’une sous-merde.
Mais arrive la deuxième sonnerie, il se remet de son excitation, serre les jambes pour masquer un début d’érection et jette un regard triomphant à tout le monde autour… « Hé hé, mais mais qui m’appelle donc les amis ? » chantonne-t-il rasséréné. Personne ne répond, normal, on n’est pas des voyants, et , j’allais oublier, il n’a pas d’« amis ».
Il saisit le combiné — poussiéreux — puis attend quelques secondes, comme s’il était occupé par une autre discussion (mais c’est qu’il affine sa technique, le bougre !), toussote pour se donner de la contenance, et se lance. Là, voilà, il répond, avec sa voix la plus forte et la plus grave – je l’imagine le soir en train de soigner sa gorge douloureuse à force de se faire passer pour un garçon post-pubère, je le vois en train de souffrir atrocement en se faisant des piqûres de testostérone direct dans la carotide pour simuler un peu de cette virilité qu’il a désespéré de jamais conquérir naturellement.
Il articule exagérément le nom de l’infortuné correspondant, histoire que tout le monde sache qui a besoin de lui.
Il déblatère pendant trois minutes son long et creux monologue.
L’interlocuteur déclare forfait, la discussion prend fin.
Il est heureux, il s’absente pour aller aux WC.
Il en revient, soulagé, allégé.
Encore une foutue bonne journée.
2004-11-23 12:36
Un séisme a secoué mon île hier.
Pas un de ces tremblements de terre indolores auxquels nous avons habituellement droit.
Non.
Je ne l’ai su que très tard hier soir.
J’avais éteint mon mobile, et ce n’est que vers 20 heures que j’ai écouté les messages désespérés laissés par ma mère qui précisait avec une voix qu’elle s’efforçait de garder calme, qu’elle nous aimait mon frère et moi.
Deux fois.
A 50 minutes d’intervalle.
La deuxième fois, c’était flippant.
Elle a senti arriver son heure.
Elle souhaitait nous dire avant de mourir qu’elle nous aimait.
Quand j’ai voulu la rappeler, elle était arrivée chez sa mère à près de 30 kilomètres de là, après une escale chez la voisine de palier.
Ma grand-mère, femme forte, “majorine” comme on dit chez nous avait demandé à mon oncle d’aller la chercher en quatrième vitesse (ce qui à mon avis, n’était pas très prudent, mais bon, ils n’ont rien eu, ma mère était rassurée, ma grand-mère aussi).
Avant, souventes fois, quand je voyais un truc horrible qui se passait à la télé (un enfant cul-de-jatte de naissance “Kenny-style”, la mort brutale d’un parent dans un accident de grand’roue, un chantage ou horreur, un ongle cassé bien trop bas…) mon sens de l’empathie hyperdéveloppé (ou serait-ce plutôt du masochisme ?) me tourmentait, je me demandais, mais qu’aurais-je fait si une telle chose m’arrivait je trouvais toujours une solution ou un moyen de m’accomoder de la situation, mais ça déviait rapidement vers une question plus grave, une question qui déclenchait à tous les coups en moi une sorte d’angoisse envahissante et handicapante, qui hantait mes nuits.
Mon chéri m’a dissuadé de penser toujours au pire. (???)
2004-11-22 19:04
2004-11-22 00:22
… sur mes oreilles.
OUI, j’ai des appendices auriculaires petits.
Elles ont gardé la même taille depuis l’âge de 5 ans.
Ce doit être pour compenser la croissance de mes pieds et de mes mains.
J’assume la petitesse de mes oreilles.
Pleinement.
So, yes, I do have small ears (-euh).

Tiens, ma boucle d’oreille ressemble à une boule de Noël comme ça.
2004-11-18 19:13

vous, ici ?