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Je suis jalouse de cette série de photos sur le Blog Racontards.

Je vous présente ma dernière paire de baskets rouuuuuuuuuuuuuuges que j’aime trop.

Mais, à bien y réfléchir… j’avais déjà établi un précédent

Ha ha !

[edit de 15h53]

sous un meilleur éclairage, ça donne…


2004-11-19 16:02

Parte Tres – Segundo trozo

Au sommaire de la deuxième partie.

- la manière dont j’ai finalement réussi à me faire exclure de la réunion,

- de nouvelles traductions spontanées,

- de nouvelles stats insignifiantes,

- des activités pour moins se faire chier en réunion.

 


Comment j’ai réussi à me faire éjecter de cette fichue réunion…

Voilà, on m’a demandé de dévoiler les deux projets qui avaient ma préférence, c’était à 11h10, je me rappelle. Je m’exécute et naïvement, cite mes chouchous.
J’allais et j’aurais pu m’en tenir là, mais je me sentais un peu comme un imposteur, un intrus dans cette réunion de grosses légumes (moi, je m’apparente plutôt à un fruit).
Alors, pour montrer que je savais bien que ma présence était le fruit (héhé, je vous avais dit que j’étais un fruit) du hasard, j’ai ajouté que mon choix se portait sur ces deux projets-ci plutôt que d’autres pour des raisons prosaïques, pour la simple et bonne raison que je n’avais pas de compétences techniques, je ne savais pas combien de temps, d’effort ou d’hommes il faudrait pour développer tel ou tel projet (en même temps, je m’en contrebalance), mes seuls repères et critères de sélection se basaient sur la « désirabilité » du produit (ce mot est un vestige des discours du grand chef de mon ancien job) et sur mon envie de l’utiliser et de payer pour en tant qu’utilisatrice grand public. Prosaïque, non ?


Gros blanc.

Très long.

 

Le boss tente de rebondir.

En vain.

Sa bouche reste entr’ouverte, les paroles qu’il voulait prononcer s’entêtent probablement à se terrer quelque part, au fond.
Les filaments de laine s’échappant des pulls et autres lainages nécessaires pour affronter cette froide journée d’automne restent en suspens dans l’air. Plus rien ne bouge.

Il vient peut-être de se rendre compte que je n’ai pas d’ordi devant moi, donc, je ne tape pas de compte-rendu, donc que je ne suis pas une secrétaire, mais que si je suis là sans aucune compétence technique, parmi les grands pontes ingénieurs doctes grands chefs indiens savants manitous du computer, c’est que j’ai usurpé cette place, ici, à moins de deux mètres de lui…

Il semble ne plus savoir quoi dire.

 

…Blurp…

 

Ah, non, c’était juste un petit rototo qui ne voulait pas sortir. C’était discret mais je l’ai vu et entendu. Et quelques secondes après, j’ai perçu des relents de Coca Light Lemon. Pas de doute, le cadavre de la cannette gît dans la poubelle derrière lui. Pas d’inquiétude alors…

On continue le tour de table, chacun énonce ses favoris, et ça continue, ça continue, c’est interminable, mais la suite on la connaît (cf. post précédent)…

 

Au retour d’un déjeuner sur le pouce, j’apprends qu’il faut bosser urgemment pour une présentation urgente à envoyer de l’autre côté de la Manche en toute urgence, parce que c’est… pressé ! (Hé ? Marie-Thérèse, aujourd’hui, c’est un jour pair ou impair ? Les Inconnus sont dans la place.)

Je recommence à bosser, je réapprends des gestes simples comme allumer mon ordi, lire mes mails, écrire des choses qui ont du sens, regarder les offres sur vente-privee.com, autant de petites choses qui me semblaient lointaines et oubliées tant ces réunions avaient constitué une brèche (spatio-temporelle) dans ma vie. Je revis ! Je me sens à nouveau utile ! Chouette ! J’ai presque, je dis bien presque, envie d’être sympa avec mon collègue très con.
Je le vois, mon euphorie retombe.

Les pieds sur terre.

Les autres suppliciés quant à eux ont « travaillé » tout l’après-midi sur cette « présentation ». Sans moi. Hourra.


J’ai tout de même au cours de cette matinée fort instructive eu le temps de glâner de quoi alimenter les rubriques suivantes.

La trad’ spontanée ou Leçon d’humilité

L’autre jour, j’ai donné quelques exemples véridiques de traduction spontanée des perles de la réu.
Mais, attention, ne nous méprenons pas !

Non, je ne me moque pas des gens qui n’excellent pas dans une langue étrangère.
Au contraire, je félicite toute personne voulant faire l’effort de s’exprimer couramment dans un autre idiome (même quand c’est approximatif, et même si je trouve que l’anglais est incontournable, indispensable).
Mais là, on a affaire à des gusses qui se foutent ouvertement de la gueule de tous ceux qui ne parlent pas français, et qui en plus, sont les premiers à critiquer l’accent fort, la grammaire défaillante ou le vocabulaire pauvre de toute autre personne ayant appris l’English as a foreign language. Donc, ne boudons pas notre plaisir.

 

Voici quelques nouveaux exemples de traduction 100% authentiques :

- C’est un niveau plus supérieur, sans le groupe de Stefani Gwen. (That’s a MORE highER level, without no doubt.)

- Arnaud, je sais que tu es vachement la Reine sur ce marché. (Arnaud, I know that you are very queen/keen on this market.)

- On pourra pas fixer de réunion, y’a pas une pute de libre ! (We cannot arrange a meeting, there is no slut/slot available.)

- Non, non, arrête, là, ce n’est pas du tout ce que j’ai cousu. (No nononono, stop it now, this is not what I have saw/said.)

- Il va falloir travailler sur une partie du personnel. (We will have to work on a part of the staff/stuff.)

- C’est pas juste, tu connais la réponse, tu cagues. (It is not fair, you know the answer, you shit/cheat.)

 

Il arrive que notre ami anglais fasse de temps à autre un arrêt au pit pour vidange (le thé, c’est diurétique), alors le français reprend le dessus, enfin, il tente de reprendre le dessus. Extraits :

« Laisse-moi finish »

« Il faut garder un eyes on this »

« – Il faut bien se dire qu’on ne peut pas garder le produit as is

   – Mais, à qui tu parles là ?

   – Ben, à tout le monde… Sauf à l’autre qu’est aux chiottes

   – Mais tu viens de parler d’un certain Aziz…

   – non, je parlais du produit tel quel, « as is » quoi !

   – ah… »

 

 

Statistiques du jour

- Nature des appels

Appels à caractère pro : 0.

Appels à caractère perso :2.

Appel d’origine indéterminée (l’appelé répond fébrilement et sort précipitamment de la pièce pendant une poignée de secondes pour conclure par un «  je te rappelle » juste avant de venir se rasseoir, embarrassé) : 3.

 

- Articles textiles

par rapport à hier, 4 personnes n’ont pas changé de bas et sur ces 4 là, 3 n’ont pas changé de haut non plus.

Je porte un pull asymétrique, le boss aussi, sauf que pour lui, c’était pas voulu !

On compte aussi un mouchoir à carreaux rouge et blanc, façon nappe de bistrot après un passage d’escargot bien baveux. Ah, n’oublions pas une cravate tellement moche qu’elle m’a fait perdre connaissance pendant 30 secondes. Bah, c’est toujours ça de pris sur cette fichue réunion.

 

 

De bonnes idées d’activités pour moins se faire chier en  réunion

Idée n°1

Trouver l’expression qui a connu le plus de répétitions.

D’ailleurs, voici le résultat tant attendu du « quote of the meeting » :

« Can I ask a stupid question » fait un bon second avec 8 itérations, juste après « per se » qui totalise un score de 12 répétitions sur les trois demi-journées.

Citons tout de même les autres participantes :

“Let’s put ourselves in a good mindset”

“per se”

“as is”

“I don’t agree”

“Does it create value?”

“What time is it?”

 

 

Idée n°2

Trouver les expressions qui se rattachent à un même mot.

Exemple, hier, le mot racine était « kill » (ça donne une bonne idée de l’ambiance)

Déclinaisons entendues :

- the killer question

- the killer application

- the cost killer

- the killer idea

- Kill Bill

- Killing me softlyyyyyyyyyyyyyyyyy with his song (mais, ça, c’était dans ma tête)

 

Idée n° 3
Jouer au Loto Business

C’est top.

Business loto


2004-11-18 12:13

Parte 3. El dia despues, por la mañana

 

Au programme de la première partie de ce post (c’est vrai, il était tellement long que je devais le scinder) :

- la découverte d’un jeu anglais,

- les quelques temps forts de la réunion.

 

 

Cette réunion, il est important de le rappeler, a pour but la recherche et la définition d’un projet fédérateur qui doit révolutionner l’entreprise et le monde tel qu’on le connaît. Une source de revenus pour payer nos salaires et engraisser les actionnaires, quoi. (pas nécessairement dans cet ordre là.)

 

Les dinners britanniques : à la découverte d’un monde ludique

Première info délivrée pendant l’attente longue et douloureuse des autres suppliciés (comprendre : les participants) retardataires : le Shag-Marry-Kill game est un jeu d’origine britannique, le joueur se voit imposer par son voisin de gauche trois de noms de personnes qui se trouvent assises autour de la table (du sexe opposé de préférence, si on part sur l’hypothèse ridicule que tout le monde est hétéro), et doit dire celle avec qui il aimerait coucher (shag), se marier (mary), et tuer (kill). On continue jusqu’à ce que tous les convives aient joué. « On pourrait peut-être y jouer en attendant » propose le participant qui vient de nous expliquer les règles iniques du jeu. Un silence empli de gêne lui répond. Tout le monde, moi la première a remarqué qu’il y avait 6 mecs et une nana (moi). Ca rend le jeu moins passionnant. Mais, au moins, on dormira moins cons. Encore que…

 

Ah… tout le monde est là.

Voilà que notre calvaire débute.

 

On commence en français, oubliant que le seul Brit’ qui nous impose sa langue parce qu’il ne pige rien au français, est parmi nous. Le fait qu’il ne relève pas les mauvaises blagues sur les anglais ne met pas la puce à l’oreille des 5 personnes (hormis l’Angliche et myself) qui continuent à échanger pensées philosophiques et plaisanteries foireuses en français., le fait que je réponde à toutes les questions en anglais non plus.. Ils sont peut-être tellement bilingues qu’ils ne se rendent pas comptent que deux langues se télescopent dans la discussion. Mouais, disons que c’est ça.

A force d’opiniâtreté, l’un du Club des Cinq se rend compte de sa grossièreté et le boss demande au Brit’, dans une langue assez proche du français: « Alors, tu comprends qu’est-ce qu’on dit ? ». Notre ami Anglais de répondre : « Yes, with cream and sugar please. » Je ne suis pas sûre qu’il s’agisse d’une preuve du célèbre British sense of humour. Passons. Il n’a rien raté d’intéressant, pas la peine de m’embêter à lui traduire la fameuse réplique sur Thérèse dans Le Père Noël…

 

 

Une réunion, plusieurs temps forts

10h05

Déjà la 5ème demande de méthodologie de sélection de projet… en vain.

 

10h10

8ème demande de méthodologie (toujours du même participant, Arnaud), qui décidément reste lettre morte.

 

 

10h28

Je pense que si je simule une crise d’épilepsie, j’aurais peut-être une chance de sortir… Non, pas cool, ils seraient capables de ne pas s’en rendre compte.

 

10h29

Non, la coupe du boss vaut la peine que je reste… Le stylisme se résume à deux coups de tondeuse sans sabot sur les côtés, et le reste est coupé de manière approximative. En gros, c’est la coupe du chanteur de Kajagoogoo, sans les mèches blondes et sans la nuque longue. Hé hé… Ca me mettrait presque en joie, si ce n’était pas le boss, celui qui va en prospection avec les commerciaux chez les grands comptes… tu m’étonnes qu’on ne rentre pas de nouveaux clients ! Je devrais peut-être lui dire que son look laisse, pour le moins, à désirer et que se curer le nez en public, même furtivement comme il le fait en ce moment, c’est assez mal vu. Mais pourquoi me priver de ce spectacle ?

 

10h30

Demande de méthodologie n°11

 

10h31

C’est très rafraîchissant cette boîte : le boss parle de perte d’argent, de bénéfices inexistants, il évoque à demi-mots la fureur du Board si on ne leur présente pas un projet viable, il nous fait croire à un scénario tout à fait plausible de la mort prochaine de cette boîte. On sait dorénavant qu’on soit sortir de cette réunion avec une *utain d’idée, ou alors, on peut crever la gueule ouverte sous les yeux du Board qui n’est pas là pour faire de la philanthropie.

Cette réunion se transforme à vue d’œil en opération « Saving private Ryan »… Il faut sauver la boîte, même si on sait que certains vont y laisser leur peau.

 

10h32

De mon côté, je devrais embrayer sur l’opération « Saving my private ass » en mettant à jour mon CV pour de bon.

 

10h33

J’ai pensé à plein de choses au cours des six dernières minutes…

 

10h44

Je chante intérieurement “Too shy shy… Hush hush ! Eye to eye… Too shy shy… Hush huuuuuuuuuush… Eye to eye !” (crise de 80’s revival)

 

11h00

Arnaud ne lâche pas l’affaire, mais il fait preuve de moins de fougue, ça se sent.

 

11h10

Je vient de dire quelque chose qui assurera mon salut, mais je ne le sais pas encore…

 

11h15

Enfin, une méthodologie est proposée par l’animateur de la réunion et aussitôt détruite par… Arnaud (oui, oui, celui qui réclamait cette *utain de méthodologie).

 

12h00

J’ai l’impression d’assister à une partie de Téléphone arabe. L’animateur répète ce que les autres ont dit juste avant, mais à force d’allers-retours, d’explications, de rectifications, d’altération (in)volontaires, d’introduction de nouvelles idées (chacun voulant prêcher pour sa paroisse), on aboutit non seulement à une déperdition du message original, mais aussi à une démultiplication de messages édulcorés. Rires ou larmes ? J’hésite.

 

12h15

Arnaud glisse « discrètement » à son voisin : « si on avait eu une méthodologie, on n’en serait pas là ! Ha ! »

 

12h20

J’envoie un mail par i-mode à un collègue pour lui passer une commande de bouffe.

 

12h25

L’animateur regarde dans le vide, ses yeux se révulsent, il entre en transe et dit crescendo “I see millions of Euros… but I don’t see them tomorrow”… si c’est avec son petit numéro de Mme Irma qu’il croit qu’il va nous motiver/impressionner, lui… pfff !

 

12h50

Malheureusement, mon collègue, cette infâme raclure de bidet, était déjà attablé devant un bon petit plat chaud, loin de son téléphone et donc, de mon mail désespéré.

 

12h55

Le boss comprend enfin que tout le monde crève la dalle. Il nous offre une pause déjeuner royale de 25 minutes. Je pars, la mort dans l’âme chercher de quoi calmer mon ventre affamé, pensant que seule une moitié de cette journée-réunion s’était écoulée. Mais peut-être me trompais-je…

 

***

 

Au sommaire de la deuxième partie.

- de nouvelles traductions spontanées

- de nouvelles stats insignifiantes

- des activités pour moins se faire chier en réunion

- la manière dont j’ai finalement réussi à me faire exclure de la réunion…

 

2004-11-18 11:42

2004-11-16 13:17

La réunion commence à l’heure, gage d’une fin arrivant à peu près à l’heure prévue.

 

Ca rend tout le monde nerveux de me voir prendre des notes alors que personne n’a vraiment commencé à parler… Je profite des quelques secondes que me confère ce pouvoir artificiel basé sur l’esbroufe.

 

Il faut que je pense à lister les expressions les plus récurrentes de la journée.
En lice : « and so on », « per se », « reinvent the wheel », «  I have a stupid question ».

 

Note pour plus tard : secouer son mouchoir encore humide de la morve de la matinée, alors qu’on prend la parole pour défendre son projet est une très très mauvaise idée, c’est mauvais pour le discours, pour l’image, ça affaiblit l’argumentation et hypnotise l’auditoire sur un détail peu ragoûtant.

 

Taper du pied pour marquer la mesure d’une chanson qu’on a en tête, c’est bien plus discret que de se dandiner sur sa chaise.

 

Je devrais penser à embaucher un stagiaire vraiment nul et incompétent qui se noie dans un verre d’eau ; ainsi, il pourrait m’appeler environ une fois par heure, pour l’aider sur des trucs à la con, ce qui me permettrait de m’absenter histoire de dégourdir mes jambes, boire un verre d’eau, faire un peu de Tai-chi, et revenir en n’ayant rien loupé d’intéressant.

 

“Enough is enough, it’s enough, I want him out, I want him out of that door! » Tape du pied, rappelle-toi, dandinement non, pied marquant la mesure discrètement, oui. Merde, ce mouvement de tête m’a trahie je crois.

 

Nouvelles statistiques : sur les 7 participants, 3 portent des pantalons de toile (non jean), 2 portent des pantalons en velours côtelé, 2 paires de jean sont aussi à noter.
Dans les hauts on dénombre : 3 chemises à carreaux, 4 pulls, 1 chemise à rayures.

 

Tiens, je n’ai pas encore sombré dans un état de somnolence qui me fait exécuter de respectueuses salutations à la table,toutes les cinq minutes. Ma digestion se passe sans encombres.

 

Se gratter l’aine à travers la poche de son jean, c’est pas du tout, mais alors pas classe du tout ! Non.

 

Apparemment, se balancer sur les pieds arrière de sa chaise est une maladie contagieuse contre laquelle j’ai été immunisée, ou alors elle n’atteint que les hommes, car je suis la seule à être assise correctement, à ne pas accélérer l’érosion de la chaise et à en tordre prématurément la structure métallique.

 

J’ai un indice quant aux convictions religieuses de l’un des participants : il a un petit bracelet de fil rouge. C’est donc un… fan de Madonna, ou de Nolwenn Leroy ! Non, c’est forcément Madonna, le fil est délavé.

 

Hmm…Ce cas est très intéressant, je sens qu’il a un bon potentiel, et on peut le déployer à court terme.
Hmm… Cette odeur est très écoeurante, je sens que ça pue vraiment, et on peut dire sans hésiter circonscrire le cercle des responsables à ceux qui ont le plus d’heures de réunion à leur actif… ce sont eux qui ont le moins de contrôle sur leur sphincter. Ah, le scélérat, péter alors que l’air est en circuit fermé, que la clim’ fixe les odeurs sur les vêtements, et que j’ai les muqueuses sensibles.

 

Après une pause de 10 minutes, une question, venue de nulle part, tombe comme un couperet : « mais, qu’est-ce que c’est au juste, heu… K+ ? » (K+ est le super produit qui va révolutionner la boîte, rapporter du business, et changer la face du monde. A part ça, on n’en parle jamais que depuis… 3 ans dans la boîte. Bon, voilà)
Cette question signifie que les près de 52 heures de réunion (dont 20 de blagues et plaisanteries, 24 de brainstorm vaseux, 3 de « déjeuners de travail » où l’on ne fait pas avancer le schmilblick parce qu’on a la bouche pleine ou qu’on se plaint de la lenteur du service, 4 de pauses oisives, et la pauvre heure de réflexion effective restante) n’ont servi à rien. Comme je suis surprise ! Ca veut dire qu’il faudra vraiment s’y mettre un jour. Parce que c’est un peu un projet d’entreprise qui est supposé être fédérateur et porteur de tous les espoirs de développement de la boîte (comprendre : des actionnaires et du sacro-saint Board).

 

NB: Toujours passer sa tenue en revue quand on sort des WC, quitte à vérifier mentalement les items d’une check-list qui comportera en priorité :
Braguette remontée,
Ceinture à tous les passants,
Extrémité de la ceinture bien calée (afin d’éviter tout pendouillement),
Tous les pans du haut sont du même côté du bas ( à l’intérieur ou à l’extérieur, mais pas les deux).

 

Plus on décide d’aller vite dans cette réunion, plus on ralentit, quand on se dit, bon, on va passer 3 minutes sur ce sujet, on en passe 30. Essayons la psychologie inversée : je lance un « et si on passait un peu plus de temps à définir les enjeux relatifs à ce projet ? » très innocent. Je reçois un « Non, je pense que tout le monde a compris là, non ? ». Héhéhé… Mission accomplie.

Enfin, je rentre je tape ce post sans fin et prive mon chéri de ma présence entière et dévouée. J’arrête, je dois sauver notre couple…

2004-11-15 22:21

Aujourd’hui reunión toute la journée, en dos partes. Demain, reunión aussi, toute la journée.

 

Voici, livrées pour vous, les réflexions qui ont trotté dans ma pequeña cabeza ce matin.

Reunión – Primera parte : La Mañana

 

J’ai des oreilles microscopiques en comparaison avec les autres participants, logiquement, tout le monde est mieux armé que moi pour écouter et entendre, pourtant, malgré ces lobes imposants et ces pavillons qui ressemblent à des gouffres, à des cavernes, personne n’écoute personne. (Mais il faut préciser que j’ai de très petites oreilles vraiment par rapport au reste de mon corps.)

L’anglais, langue official de la reunión est massacré, mais cette mise à mort donne lieu à d’intéressantes traductions spontanées :

- C’est une très bonne pièce d’identité (That’s a very good ID/idea).

- J’ai un visage énorme en cette proposition (I have enormous face/faith in this proposition).

- Ce projet détient le cas du futur, je coule (This project holds the case/keys to the future, I sink/think).

Le seul véritable Anglais du groupe a du mal à suivre. Certaines langues seront tellement nouées d’ici le déjeuner qu’il faudra une bonne heure pour tout démêler.

Comment se lave une cravate et à quelle fréquence ? Les pressings devrait lancer des offres promotionnelles : pour 4 chemises nettoyées, 1 entretien de cravate offert. Ca marcherait, j’en suis sûre, il y a un bon marché, rien que dans cette salle.

Qui veut jouer au plus con ? Ca marche pour détruire les idées d’autrui (et je ne parle pas de faire l’avocat du diable, non, non, non, je parle de jouer au con de base), mais après, c’est moins évident de faire le petit coq de basse-cour (en ferme expérimentale) pour imposer ses propositions de génie.

Tiens, il est 10h30 ! Ouais !

« Lala la la la la la la la lala lala laaaa I just can’t get you out of my head… Boy your love… » bon, il faut que j’arrête de gigoter sur ma chaise au son entêtant de Kylie Minogue qui n’est pourtant que dans ma tête, ça va finir par devenir louche, témoin, ce regard en coin que me lance mon voisin.

Tiens, déjà 11 heures et pas encore de blagues grivoises, ni de commentaires emphatiques sur mes nouvelles Puma rouges ? … Ah oui, c’est vrai, les commerciaux sont en minorité aujourd’hui.

Bon, là, ça y est on va passer au vote de chaque proposition , et chacun donne son avis tour à tour. On aurait dit une Douma priée de voter une loi sous les yeux bienveillants de Gorbatchev et Khrouchtchev, entourés de Gardes Rouges souriants.

Je devrais peut-être envisager la chirurgie esthétique, car apparemment, l’abus de reuniones où tout le monde reste confortablement assis rend e séant pur le moins plat.

En banlieue parisienne, il existe encore des personnes respectables (de gens qui ne font pas partie le caste de l’autoproclamée « caille-ra » j’entends), qui n’arbore pas une jambe de jogging plus retroussée (voire pas de jogging du tout) et qui portent des fringues Lacoste. Dingue !

Tout objet phallique peut exercer une fascination féroce sur les hommes qui le vénèrent et souhaitent secrètement s’en approprier les qualités –comme certaines tribus polynésiennes mangeaient les yeux de leurs ennemis vaincus pour absorber leur mana : il peut s’agir d’un manche déboîté d’une manivelle pour actionner les volets, ou d’un marqueur indélébile dont la pointe terminera invariablement sur un tableau blanc (il y a toujours un con qui s’évertue à mélanger les marqueurs du paperboard et du tableau blanc, et toujours quelqu’un d’encore plus con qui ne vérifie pas avec quoi il écrit sur le tableau blanc, bien que les marqueurs soient différentiables par la couleur de leur corps et par, l’inscription écrite lisiblement dessus).

Sur 7 présents :

- 1 femme, 6 hommes

- 5 binoclards

- 5 groupes ethniques représentés (Asiatique, Européen du Sud, Européen du Nord, Indien, Caribéen)

Est-ce que l’amour des statistiques justifie que je demande à tous ces gens autour de la table leur(s) préférence(s) sexuelle(s) et leurs croyances religieuses s’ils en ont ? Peut-être pendant le break…

Déjà 12h20, je n’ai pas encore faim, cela signifie-t-il que mon ventre s’est enfin réhabitué à l’heure d’hiver ? D’ici quelques heures, je suis certaine qu’il voudra participer au débat et manifester sa désapprobation par un gargouillement obscène.

Le besoin pour ce produit est-il exprimé ? Existe-t-il ?
La réponse concernant mon envie de faire pipi marque 2 points pour chaque question, j’en ajoute 3 de plus en bonus car ce besoin risque de se faire de plus en plus présent dans un futur extrêmement proche.

Ah ! De la musique — un mobile qui sonne en pleine reunión — c’est une virgule musicale et un apport de bien-être et de détente non négligeable.

Penser à mettre mon CV à jour pour changer de taf.

 

*utain, il arrive ou quoi le moment où on va bouffer… Si ça continue, je bouffe l’œil de Gorby pour lui faire comprendre que j’ai une dalle monstre.

Enfin, l’heure de la liberación a sonné, amigos… Toca la campana de la liberación.

 

La suite du compte-rendu informel de la reunión plus tard… j’y retourne. Hasta la victoria siempre…

2004-11-15 14:02

…Enfin le week-end…

Ca faisait au moins pffou… un jour que j’attendais ça !
Seul hic : mon chéri est loin de moi. Il travaille beaucoup en ce moment. Beaucoup. Et il dort peu. Très peu. Mais, il a de bonnes raisons : sa passion, son ambition, sa débrouillardise.
Quand il revient après plus de 24 heures de taf intense, il fait l’homme de fer, celui qui entraîne son corps et son esprit à ne pas céder à la la fatigue, qui brave le sommeil dont le commun des mortels a un besoin croissant avec l’âge. Il insiste pour faire comme si de rien n’était, il se réveille même avant moi, même s’il n’a dormi que 4 heures, il tient à se qu’on regarde des séries TV, il me demande si je veux sortir, parfois même, propose des ballades.

— Flash Info — Flash Info —
TV Breizh rediffuse des épisodes de…
L’Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaamour du Risque
Jonathan et Jennifer
Les justiciers milliardaires
L’Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaamour du Risque
C’est vraiment leur grand’affaire…
Faire la vie dure aux gangsteeeeeeeeeeeeeeeers…

Voilà, il fallait que cette nouvelle se sache.
— Fin du Flash Info — Fin du Flash Info —

Comme je le disais à sa mère qui a appelé tout à l’heure, mon chéri ne dort pas beaucoup, mais il reste néanmoins totalement supportable. Remarquez, moi, quand j’ai sommeil, je suis trop down pour être chiante.

J’ai l’impression que j’ai une résistance moindre. Alors, j’ai un peu honte de lui dire que je suis nase, que j’ai envie de dormir, que rien d’autre ne compte davantage que les quelques heures de repos que je dois rattraper.

Mais bon, je me ravise quand je vois qu’il n’est pas un super homme, juste un garçon qui est tellement fatigué que parfois, le sommeil l’a à l’susure, et dans ces cas-là, n’importe quelle émission passionnante revêt subitement l’extrême pouvoir soporifique d’un bon vieux Derrick partant à la chasse aux escargots. (Bien entendu, malgré un long suspense angoissant et savamment orchestré, les escargots s’en sortent toujours.)
Et lorsqu’il dort, enfin, et qu’il réalise cette parfaite imitation d’un hybride de Mitterrand et d’Aznavour, ou qu’il psalmodie des formules magiques dont lui seul a le secret, ou qu’il ronfle au point que ses propres vrombissements le réveillent, je le regarde, amoureusement, je résiste à l’envie de passer ma main dans ses cheveux doux, j’ai envie de le serrer contre moi, de lui dire que je l’aime, que je l’aime, que je l’aime, que j’ai confiance en lui, que je crois en l’amour et que tout ira bien. Ouais, ça, ou lui mettre un “léger” coup de coude pour qu’il me laisse dormir aussi parce que j’ai beau faire la fière et aller me coucher tard quand il travaille le soir, j’accuse très vite le coup des nuits grises.

Pas comme quand j’étais jeune, verte et étudiante.

Ah… Le bon vieux temps des révisions de partiels, des quelques soirées annuelles de soutien de campagne BDE, BDA. (Non, pas les BDS, parce que je n’aimais pas trop les rugbeux qui ne vivaient que pour montrer leurs culs poilus à toute personne pourvue d’yeux, ni les footeux qui dégueulent sur un rayon de plus de plus de 10 mètres, et encore moins les handballeuses qui te tirent le string par le haut en signe de camaraderie. Non, j’aimais pas trop ça, non.)
Ah, le bon vieux temps où j’avais plein de trucs à connaître par coeur, où je ne gagnais pas un sou, où je me sentais coupable de m’amuser un moment de trop, où je me sentais seule ou presque, dans ma belle, majestueuse et froide ville du Nord.

Pas de regret.

La bonne nouvelle c’est que mon chéri revient vite.
Bien vite.
2004-11-12 22:40

…Règles.

Aujourd’hui, j’ai mes règles.

Pas les Anglais, pas les ragnagnas, pas une indisposition, pas du ketchup, pas un quelconque surnom ou nom de code stupide pour masquer ce que c’est.

MES REGLES.

Ce phénomène naturel et périodique qui souventes fois, jadis, me faisait flipper et m’obligeait à me lever la dernière en cours, non sans avoir demandé à une amie compatissante de vérifier que je n’avais pas souillé mes fringues. Et par deux fois, cette aide s’est avérée nécessaire.

Ca veut dire que :
- depuis quelques jours, j’ai deux, trois boutons qui surgissent et qui me font croire aux prémices d’une acné juvénile sur le tard, en dépit de tout bon sens.
- j’ai un peu mal au bide la première nuit,
- je suis hypersensible (petite tendance à prendre à coeur la moindre allusion un peu douteuse, possibles crises de larmes devant un pathos-grands-sabots type “L’Amour en Feu / Amour, Glaire & Beauté“, propension à titiller mon chéri, état taciturne passager provoquant incompréhension et inquiétude du même chéri),
- ma libido est décuplée, je trouve que chacun des gestes de mon chéri libère un charme et une sensualité qui me rendent fébrile, à bien y réfléchir, je me rends compte que la fréquence de mes gloussements d’approbation augmentent face à certains spécimens mâles à la télé (ce sont les seuls que j’ai vraiment le temps de voir en même temps),
- je n’ai pas trop envie de me bouger (ce qui annihile l’effet précédent).

J’ai pensé pendant des années que le SPM (Syndrome Pré-Menstruel, PMS en anglais) n’avait aucune espèce de prise sur moi. Je me suis crue à l’abri de sautes des sautes d’humeur qui ont inspiré tant de bonnes blagues sur nous autres, femmes d’entre la puberté et la ménopause.

Ah ha ha !

J’étais bête. Naïve. Jeune & verte.

La vérité m’est apparue le jour où, racontant à Olivia (alias Barbie, femme de Ken tête en plastique) que j’étais un peu down et aigrie de temps en temps, elle s’est exclamée :

“- Hé ? Mais t’aurais pas tes règles par hasard ?
- Euh… ¤ FIAT LUX ¤  Ou…i !
- Moi, ça m’arrive aussi, c’est dingue non ?
- Euh… (c’était donc ça ? Toutes ces questions sur ma “sanité” mentale restées sans réponse, toutes ces journées à me demander pourquoi, pourquoi, pourquoi ? C’était juste un saignement !?)
- … petit grec ou Mc Dal ?
- Hein ? heu… quoi ?
- Pour le déj’ ? T’as fait ton choix ? Tarama ou nuggets ?
- Mac Blini… heu… J’en sais rien, là, je t’avoue que je ne sais plus là…” ¤ En fait, j’en veux à la terre entière de ne pas avoir compris que j’étais furax parce qu’à la merci de mes hormones, que j’ai dit, fait toutes ces choses parce que mon cerveau paniquait de perdre tout ce sang, de voir se déliter la poche qui aurait dû accueillir un enfant à naître… normal, mon corps de primate évolué se dit : “Quoi , je ne suis pas digne de me reproduire, les mâles ne me jugent-ils pas suffisamment attirante pour perpétuer l’espèce ? Pas assez bien pour… pour…” Oh, et puis à quoi bon ? – La lumière n’est plus – C’est moi, j’étais infecte, pas la peine de mettre ça sur le compte d’un écoulement sanguin, c’est nul comme théorie. ¤

Mes j’ai bien été obligée de remarquer que mes “downs” arrivaient pendant mes règles. Les faits irréfutables ou l’effet de l’auto-suggestion ?

J’ai pris le parti de croire que, oui, quand j’ai mes règles, je suis à fleur de peau, que je subis les effets de la pleine lune, des marées, des changements climatiques, que les gens nés à la même période répondent trop souvent  à des caractéristiques similaires, que l’intuition féminine, tout ça, tout ça.

En résumé : faut pas me faire chier, c’est PAS LE MOMENT, OK ?
2004-11-11 00:48

Bref, pour en revenir à nos moutons, j’avais testé la moralité de ces sites pour lui faire un petit topo : tel site est sympa, celui-ci semble tourné vers les passades, tel autre a une cible trop jeune pour toi, etc.
J’avoue que j’en ai profité aussi pour faire du benchmark pour ma personne. J’ai donc eu l’heur de faire quelques rencontres incongrues qui feront le plaisir de mes petites-filles un jour — ou des lecteurs assidus de ce blog, qui sait ?

Donc après ces heures de surf, je n’avais pas envie d’être approchée par des gens, j’entamais une période de réclusion volontaire.

Mais bon, Tom, son pouvoir de persuasion, et son refus de s’inscrire à ICQ (c’est bien un Anglais ça, refuser de faire comme nous autres, honorables gens du Continent !) m’ont fait bouger.

Du coup, je m’inscris sur MSN en mettant une description à la con : j’ai deux bras, deux jambes, etc. j’y joins une photo tronquée de moi et me voilà référencée parmi les heureux utilisateurs de l’IM de MSN. Ca m’a valu quelques mails de personnes à la recherche de sensations sexuelles fortes (« vous aimez les chiens ? »), quelques autres en langage SMS (« J’Mré kon se vwa 1 2 C 4 » = absolument inadmissible et totalement approprié pour un premier contact), mais rien qui me fasse sortir de ma torpeur, bien au contraire.

Et un jour, arrive ce message d’un mec qui exerce la profession qui à l’époque était synonyme de suppôt de Satan ou marchand d’esclaves à mon sens : j’étais dans les relations presse, il était bah… journaliste. Non content de ce fait d’armes déjà fort rédhibitoire, il semble de surcroît un peu fanfaron, un peu flambeur… DE LA PROVOCATION, THE mec sur lequel j’ai bien envie de piquer une crise, il paiera pour ses enfoirés de collègues. Je regarde sa fiche avec un fort a priori négatif, ricanant par avance de son inculture et de son mauvais goût… Mouais, bof…
Pas de photo ? « Espèce de lâche, pleutre vermine de journaliste » pensé-je…  avant de me dire que je m’en fous à la limite, car si mon ennemi n’a pas de visage, ça le rend moins humain… Il faut comprendre qu’à ce moment, je suis dans une phase « tous les mecs sont des bâtards, tous des salauds, pas un pour rattraper l’autre à deux ou trois exceptions près ». Mais ai-je vraiment envie d’être agressive, de discuter avec un inconnu qui se la joue un peu, tout ça pour quoi ?

(Du fait d’une perte de concentration chronique à l’époque, j’entame quelques secondes d’une absence totale de réflexion, incapable de donner une réponse intellectuellement honnête à ces questions). J’oublie le mail, passe à autre chose, puis retombe dessus quelques heures plus tard. J’hésite à le jarreter…
(re-perte de concentration, un regard torve se fixe sur moi… ah, c’est Œil de Bœuf, ma voisine de bureau d’alors, qui me scrute comme un bovin hydrocéphale… retour à la réalité virtuelle)

Allez !
Et comme ça, alors que tout jouait contre lui de prime abord, je décide d’ajouter Môssieu le journaliste à mes contacts. Parfois, je me fais des feintes, des lobs et des surprises

Il me contacte peu de temps après, on discute via Messenger, il fait preuve de beaucoup d’esprit, de charme, d’intelligence, d’humour, et de ces petites choses inexplicables qui suscitent un intérêt des plus vifs en moi. Et il n’écrit pas SMS-style !
Quelques discussions passionnantes, un bon chocolat chaud, une pièce de théâtre, un thé, un film de Jeunet, un ou deux derniers métros ratés, et près de deux ans plus tard, nous essayons de bâtir une vie sympa, ensemble. J’ai remarqué aujourd’hui qu’il avait modifié sa fiche, il indique qu’il est en « concubinage ». J’en ai fait de même. Je finis par trouver ce mot presque beau. Con-cu-binage.

Depuis, j’ai appris de la bouche de celui qui n’était pas encore mon chéri alors, qu’il avait fait une recherche simple : une femme, entre tel et tel âge, avec photo, sur Paris.

Donc, si Tom n’avait pas insisté, si je n’avais pas mis une vraie photo (même tronquée), si je n’avais pas mis cette description bidon qu’il avait trouvée drôle, si je n’avais pas voulu entrer en contact avec lui malgré mes réticences…
Je ne sais pas.
Mais je serais passée à côté de ce que je vis maintenant (le con-cu-bi-nage, donc) et ce serait vraiment dommage. Mais à bien y réfléchir, si les choses s’étaient autrement déroulées, je n’aurais jamais rien su de la réalité dans laquelle je vis aujourd’hui, et par conséquent, je ne pourrais pas vraiment regretter quelque chose dont je ne soupçonne pas l’existence.

En plus, imaginer ce que serait ma vie aujourd’hui si je n’avais pas rencontré mon chéri, ce n’est pas aussi drôle, ni aussi agréable que de se laisser aller à ces rêveries faciles : de type « ah, si j’étais riche », « si j’avais un marteau » ou plutôt « ah, si j’avais renoncé à ce forfait bain+brushing ! », etc.

Ce post n’a pas de conclusion.

Mais peut-être que si j’avais tourné autrement mes phrases, une fin claire, intelligente, intelligible, et ouvrant le débat (comme on nous l’a tant répété autrefois) serait venue s’insérer en lieu et place de cette phrase qui n’est que trop longue.

2004-11-09 11:54

Parfois, une même situation de départ peut donner naissance, au hasard des envies, des humeurs, de la météo, à différentes suites, certaines sont quasi-semblables, certaines n’ont rien à voir entre elles, d’autres  se rejoignent en certains points pour diverger de nouveau. Comme dans le film Smoking/No Smoking… ‘d’où le titre de ce post, héhé *petit rire satisfait*)

 

La rencontre avec mon chéri tient à l’un de ses heureux hasards.

 

__Flash-back__

 

Tom, my very British, very camp, very creative friend s’en était retourné au sein de sa Perfide Albion de patrie. Voulant rester en contact avec lui, j’ai dû m’inscrire sur MSN Messenger, après des mois et des mois de refus catégorique. C’est vrai pourquoi aller sur Messenger alors que :

- j’étais déjà inscrite sur ICQ de longue date et j’aimais assez pour ne pas vouloir changer

- j’étais un peu dégoûtée des tchats J’avais auparavant testé des sites de rencontres, type meetic, pour une collègue peu aguerrie aux techniques de la vie moderne post-Minitel, et très peu entreprenante. La quarantaine bien tapée, un enfant de 7 ans qui dort encore avec elle le soir alors qu’il a sa propre chambre, une peur bleue d’engager une relation stable avec un homme parce que : si un jour un homme devait partager sa couche, il faudrait virer le petit qui pourrait être traumatisé par ce changement brutal et de ce fait nourrir une haine profonde pour ce tiers venu s’immiscer dans leur intimité mère-fils. Evidemment, je n’ai pas été la seule a lui conseiller prudemment, qu’il fallait faire comprendre à son fils qu’il avait un lit avec une chambre sympa autour, où il devrait dormir, d’abord une ou deux nuits par semaine, puis augmenter les doses jusqu’à faire définitivement chambre à part. Ainsi, la venue d’un compagnon de jeux pour la mère serait mieux acceptée et l’oisillon ne se sentirait pas poussé hors du nid. L’intéressée de me répondre : « Ah non ! Je ne veux pas NOUS priver du plaisir de dormir ensemble non plus, je veux dire, en même temps, je n’ai de vue particulière sur un mec précis, tu vois ? »

« Non. Clairement pas, non, là je ne vois pas. Il faut faire un choix, merde, on t’offre des possibilités, on cherche à t’aider et surtout à faire taire tes jérémiades incessantes, et toi, TU FAIS CHIER ! Ton sale mioche, je vais te dire, moi, ce qui le traumatise : c’est cette accumulation de couches de crasse agglomérée à du make-up — qui doit dater de l’achat de ton premier soutif, ma vielle – un maquillage qui a tout du moisi : l’odeur, la couleur, et la texture. Ce qui le traumatise c’est ton manque d’hygiène élémentaire : tu zappes le démaquillage, la toilette du matin, et tu fais très très souvent l’impasse sur la toilette du soir. C’est qui le traumatise encore davantage, c’est ton subtil cocktail, un mélange d’œuf pourri, de salive séchée et d’éléments dont tu as le secret qui ME CRAME LES CILS. Bien évidemment, je ne connais pas tout de ta vie privée, mais je pense que ça suffit déjà à imposer à ton sale mioche ingérable et pourri une petite décennie de psychanalyse. »

En fait, c’est ce que j’aurais aimé lui dire, mais à la place, j’ai répondu un démagogue « Oui, je vois, enfin.. ; heu… je peux comprendre, mais tu dois trouver la solution la meilleure pour ta vie de mère et de femme. »

Depuis, la culpabilité et l’envie d’aider ma prochaine l’ont cédé au dégoût et à la lassitude. J’ai aussi changé de boulot ce qui aide à couper les ponts.

- Fin de la partie I -

2004-11-09 08:38