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Nous remontons dans le car pour aller à Lopburi, à 70 km de là.
En route, notre sémillant guide demande au chauffeur de s’arrêter : il y a… une rizière !¤ une parmi les 1876 que nous avons vu depuis notre arrivée, alors, pourquoi son choix s’est-il porté sur celle-là ? Mystère ¤
Nous descendons tous pour aller cueillir du riz.
C’est la première fois de ma vie que j’en vois d’aussi près à l’état naturel, enfin, dans une rizière quoi.
Eh bien, je peux vous dire, que c’est bas, genre bas comme au niveau du sol.
Chai nous dit tout sur la culture du riz et en profite pour nous apprendre que le massage thaï tire ses origines de l’agriculture : autrefois, les parents revenant de la rizière souffraient de douleurs aux lombaires et aux dorsales que seules un bon massage pouvait soulager. Tu m’étonnes.
Il paraît qu’il connaît une bonne adresse où nous pourrons nous faire masser pour notre plus grand bien-être. Je n’attends que ça.
Nous voici à Lopburi, ville connue pour les singes qui y évoluent en toute liberté.
Ils sont partout, dans la rue, réglant la circulation au carrefour, sur le toit des boutiques et à l’intérieur des maisons malgré toutes les précautions prise par les commerçants et les habitants. Mais il faut l’avouer, ils adorent ces petits animaux et les chassent toujours avec tendresse et bonne humeur, car ici, les singes sont adorés : ce sont les fils de Hanuman, le singe ami de Rama I, premier roi du Siam, et puis, ils attirent les touristes qui viennent les voir évoluer en toute liberté en milieu urbain.
Le QG de ces primates au regard troublant d’humanité ?
Un temple khmer, le San Phra Kha qui a trois chédis.
Nous achetons des fruits de lotus pour nourrir nos nouveaux amis et ils ne sont pas bégueules, ils tirent tout ce qui dépasse et les intrigue : lunettes, appareils photos, cheveux longs et culottes qui dépassent du pantalon ¤ voilà qui règlerait vite fait le problème des strings et des caleçons à l’école, moi, j’vous l’dis… ¤.
Ils ont si proches de nous, quelques chromosomes, quelques gènes seulement nous séparent et leurs expressions sont les mêmes que les nôtres et je m’attends presque à les entendre parler. 
L’un d’eux est obèse. Il se goinfre d’œufs, de cacahuètes, de tamarins, de tout ce qui lui tombe sous la main.
Ah qu’il est doux de ne rien faire quand tout s’agite autour de vous : singes curieux, touristes avides de photos, fidèles en train de prier dans le temple d’à côté.
(dautres photos sur Flickr)
Le guide, Chai, me demande si je veux du bonheur.
J’ai confiance en lui, un homme qui parle si bien le français ne peut pas être mauvais.
Je réponds un grand oui. Mettons toutes les chances de notre côté, hein ?
Et là, sous mes yeux médusés, il passe le pouce sur le front d’une tête de bouddha recouverte de feuilles d’or avant d’appliquer les paillettes d’or fin sur mon propre front.
Je suis terrorisée. Il a touché une tête de bouddha avant de me toucher moi.
Je ne pensais même pas qu’on pouvait TOUCHER UNE TÊTE de statue ici.
Je me dis qu’il vient peut-être de me vouer à une damnation certaine dans mes vingt-huit prochaines vies, mais ce n’est pas bien grave, j’ai une compensation : quand le soleil tape sur mon front et que je bouge la tête en cadence, on dirait que je suis une boule à facettes.
Je fais des émules : d’autres gens du groupe demandent à Chai de leur procurer du bonheur, et voilà bientôt une bande de bienheureux au front doré, le sourire aux lèvres, chantant les vertus de l’amour et de la joie, back to the summer of love… ¤ Le sexe, les pétards et les fringues patchwork à franges en moins ¤
Nous faisons un petit tour dans le marché à côté des ruines où le Loup acquiert un couteau pour son père ¤ quelle étrange idée…¤ et moi un éventail pour ma propre personne ¤ y’a pas d’raison ¤.
Perché sur une branche, un petit garçon à l’air calme parle à sa famille.
Je demande à son père si je peux le prendre en photo avec ma fameuse phrase fétiche. Il accepte, je shoote, je montre la photo au fiston, au papa, à la maman, je remercie tout le monde « khorb khoun kha ».
Je cours rejoindre mon groupe dans les ruines d’un temple. Comme d’habitude, c’est beau.
Ce matin, levés de bonne heure, nous partons pour Ayuthaya, ancienne capitale du Siam, à 85 km de Bangkok.
Le long de la route se vendent, entre autres :
- des autels pour les esprits de la maison
- des enjoliveurs
- des fruits
- des saucisses
- des scooters à 15 000 bahts (soit 300 euros)
Les ruines des temples à Ayuthaya sont belles, je me crois dans un décor de film.
Je m’attends à voir débarquer Indiana Jones et son fouet d’un moment à l’autre.
Je me demande ce que je fais là, loin de chez moi, dans ce rêve qui n’en finit pas.
Je suis en Thaïlande, à l’autre bout du monde.
Il faut être prudent, regarder où on met les pieds. Les ruines commencent seulement à être réhabilitées, et fouillées par des pros, les Thaïs ayant longtemps négligé ces terres qui ont été le cadre d’innombrables guerres avec les Birmans.
Le plus grand Bouddha assis de Thaïlande est là.
A côté de son séant de près de 9,55 mètres de large, mon derrière paraît ¤ pour une fois ¤ tout petit.
Assis, il fait déjà 16 mètres de haut.
Rester assis, dans cette position toute la journée.
J’imagine que la moiteur de la nuit, quand les fidèles sont rentrés chez eux et que les moines sont endormis, le Bouddha assis détend ses membres de géant, en s’étirant de tout son long.
Il doit aussi masser sa mâchoire et ses joues crispées d’avoir souri toute la journée.
Il va sfaire un tour dans les ruines, avant de contempler le ciel et les étoiles, debout.
Il fait la roue et assouplit, étire une dernière fois ses muscles.
Et quand vient l’heure de retourner sur son piédestal, il sème derrière lui des grains de gazon nouveau à croissance ultra rapide pour masquer ses pas.
Quelques soirs par an, les images de Bouddha doivent faire une fête, comme un grand rassemblement, il y a des chaises pour les Bouddha debout, des cours de stretching pour leurs confrères assis et ils doivent parler des touristes, des étudiants en Beaux-Arts qui les restaurent, des fois où on a failli découvrir le pot-aux-roses sur leurs escapades nocturnes.
Ensuite, ils se quittent en se promettant de se revoir à la prochaine réunion.
Ha ! La statue a bougé !
Il a penché la tête vers moi et mettant l’index devant ses lèvres, il m’a dit “chut“.
Si personne autour de moi ne semble s’émouvoir de la situation, c’est ¤ évidemment ¤ parce qu’ils ne voient pas ce que je vois.
Je fais un clin d’œil à Buddha. Avec moi, son secret sera bien gardé. Euh.. enfin…
- Dis Boudhha, je peux quand même en parler sur mon blog ?
Il manifeste son assentiment en fermant les yeux.
- Merci Buddha !
à suivre…
Un choc.
Il est couché. Là, tout près de moi.
Je pourrais le toucher juste en tendant le bras. Mais je n’ose pas.
Jusque ici, je n’en avais vu que dans des magasines, des manuels scolaires ou à la télé. Quelques centimètres tout au plus.
Mais il est là devant moi, gigantesque. Paisible, brillant, rayonnant, il sourit.
Bon d’accord, ce n’est pas le premier Bouddha que je vois, mais celui-ci a un effet puissant sur moi. Les mots que je n’ai pas trouve pas pour exprimer ce que je ressens se sont liquéfiés, ils tombent de mes yeux grand’ ouverts et coulent sur mes joues.
Je suis si petite, si insignifiante et lui, si grand, si calme, me sourit.
Le Loup me prend dans ses bras.
Tout ceci est bien réel.
Nous sommes dans la ville de Nakhom Pathom, au Wat Phra Pathom avec son toit en tuiles de terre cuite vernies, percé de trous pour la circulation de l’air. Ce temple abrite le plus haut chédi du pays : 127 mètres de haut, 230 de circonférence.
On y trouve aussi un bouddha haut de 9 mètres, en cuivre et bronze, recouvert d’or. Des fidèles chantent, prient et achètent des feuilles d’or avant d’aller en recouvrir les petites images de Bouddha.
Le chédi est si grand, si rond, si beau, comme un sein brillant sorti de terre. J’avais envie de l’étreindre, sentir la chaleur de la pierre comme on se réconforte contre le flanc de sa mère. Un peu de tranquillité qui fait que l’on est hors du monde.
Le chédi.
Le Bouddha couché.
Les bancs de l’école des bonzes sur la galerie d’un des bâtiments attenant au temple étaient vides, au mur, des tableaux recouverts de lettres d’or.
Une bonzesse, le crâne rasé, tout de blanc vêtue qui nettoie le temple.
Et à quelques mètres de là, un homme installé à une table, sous un parasol, qui annonce au micro le nom des donateurs qui permettent au temple de vivre.
publié par Jazz dans: On veut des vacances !
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Mardi 27 Septembre 2005
Damnoen Saduak la suite (Siam part. 4)
Au cours de cette promenade dans Damnoen Saduak, nous nous retrouvons derrière un groupe d’écoliers en uniforme vert et noir, et mes yeux croisent le regard de ce petit garçon boulot, tout serré dans son polo vert. Je sors la phrase que j’ai apprise par cœur depuis 15 jours.
- Thai rooup day may ?
- …
Il fait non de la tête, et répète ma phrase, hilare, à son camarade. Le Loup se marre lui aussi et pour finir de me marquer son soutien inébranlable, il ajoute :
- Je sais pas ce que tu lui as dit, mais ça avait l’air drôle…
- Je lui ai demandé si je pouvais le prendre en photo.
- ah… ben il n’a pas l’air d’avoir compris.
- ben, si hein, il a pigé, il a fait non de la tête, hein ! M’enfin, moi, au moins, j’essaie de rentrer en contact avec l’autochtone. Il sait parler une langue étrangère le petit gras du bide sur pattes qui se poile comme un baleineau, hein peut-être ? Hein ? Et toi ? pourquoi tu te marres ? De nous deux, une seule personne a fait l’effort d’apprendre deux trois mots de la langue du pays et ce n’est pas toi. Alors, LA RAMENE PAS OK ????
- …
Je sais, s’en prendre verbalement aux enfants, dans leur dos, c’est bas ;
mal réagir aux remarques moqueuses de son amoureux, c’est de la susceptibilité.
Ouais.
Mais ça fait du bien.
Plus loin, des petites filles me regardent de haut en bas, l’air intimidé et intrigué. Le Loup me dit que ça doit être parce qu’elles ne voient pas souvent des Noires. Moi, je pense qu’elles admirent ma beauté éblouissante, et ma théorie est plus vraisemblable. Évidemment.
Allez hop, retour au bus où l’on nous propose d’acheter des assiettes au centre desquelles se trouvent… nos pommes !
Et oui, la photo de nous deux dans la pirogue prise à peine une heure et demie plus tôt, dans la pirogue a déjà été imprimée dans une petite assiette décorative, comme celle qu’on retrouve sur les buffets où dans les vaisseliers chez nos grands-mères. ¤ A ce sujet, il ne faut pas leur jeter la première pierre enroulée dans le dernier numéro de Maisons et Décoration, je rappelle que ce ne sont pas les vieux qui ramènent ce type de souvenirs kitschissimes chez eux, mais bel et bien leurs infâmes rejetons qui manifestent encore leur incompréhension totale de l’état d’esprit de la génération montante des seniors.
Et puis, un vieux, ça se sent tenu de montrer sa reconnaissance pour ces cadeaux à la con, ben oui, c’est poli un vieux, pas comme ces hordes de garnements d’aujourd’hui qui n’enlèvent leur casquette que pour dormir et qui ne céderont la place à personne dans le bus. Donc, bien obligé d’étoffer son expo “Souvenirs de vacances et Kitscheries en tout genre” dans des vitrines déjà fort encombrées, le vieux va devoir faire une place la miniature représentant vaguement une vache authentique mauve des Alpes, 100% plastoc prénommée affectueusement Milka, entre le soulier de porcelaine ramené d’Ibiza, le petit fanion en velours noir où Fréjus s’écrit en lettres d’or, et un gribouillis à la con par leur dernier petit-fils (le rejeton qu’ils sont obligés de garder pendant les vacances de Toussaint au lieu d’aller en croisière dans la Caraïbe…), quitte à pousser dans un coin cette ridicule lampe à fibres optiques offerte pour la Fête des Mères en 1986. ¤
Moi, ce genre de bibelots, c’est loin d’être ma tasse de thé et je ne tenais pas à infliger à nos proches (ni à leurs invités) la vue de nos deux bines mal réveillées au centre d’une assiette. DOnc, on n’a rien acheté, mais on s’en est mordu les doigts, quand on s’est dit que dans quelques semaines, on allait retrouver les invendus sur un stand aux Puces de Saint-Ouen. Et ben, je défis quiconque de pouvoir servir quoi que ce soit de bon dans ces assiettes, vu les faces de rat sous hypnose qu’on affichait.
Nous partions pour ce pays d’Asie. Loin, loin là-bas.
Pour la première fois, nous nous rendions aussi loin dans ce sens, vers l’Orient.
Nous avions décidé de voyager l’esprit et le bagage aussi légers que possible, nous savions que nous aurions besoin de place pour caser nos souvenirs.
Paris – Abu Dhabi (E.A.U.)
Abu Dhabi – Manama (Barhain)
Manama – Bangkok International Airport, Thaïlande.
Nous avons survolé l’Inde, et du ciel, les paysages vous prennent au cœur. Indescriptible. La Terre est belle.
Une bonne douzaine d’heures de vol et trois zincs après, nous sommes déjà au lendemain matin d’une journée que nous n’avons pas vraiment vécue. Nous nous retrouvons là, devant cette dame en habit traditionnel qui nous passe un ruban d’orchidées au tour du cou.
Dans le bus, Aom, notre premier guide nous briefe dans un français fluide : la monnaie (1 baht = 2 cent d’euro), le temps (c’est le début de la saison des pluies, il y aura surtout quelques orages nocturnes, pas de quoi s’alarmer), le circuit (prometteur), les temples (40 000 au bas mot), les hôtels (réservés, ouf !)…
Le Bangkok Centre Hotel, notre logement pour les 2 jours à venir, est en plein centre-ville. Les chambres sont correctes, sans plus.
On sent partout dans cet hôtel l’atmosphère désuète d’un lieu ayant perdu les fastes et la splendeur d’autrefois : les dorures sont passées, la laque a été caressée des milliers de fois, les tapis se rappellent de toutes les empreintes de pas, l’ascenseur fatigue un peu.
Le lobby, en digne vitrine, est sympa avec ses meubles en teck finement et habilement sculptées, là, je me prends à m’imaginer dans In the mood for love, version thaïe.
à suivre…
Cest par là que j’ai rencontré mon Loup (mon chéri) pour la première fois…
(Mais pour Racontars c’est la “Meringue”.)
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Au cours d’une promenade parisienne…
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