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… parfois, je me relis, et je me trouve drôle et ça m’épate.
Voilà, c’est dit.
Hier, je suis allée m’acheter de quoi dîner au Kahèfsé, un endroit où les seuls blancs que vous verrez sont en fait des albinos (ou le Loup qui m’accompagne).
Le poulet frit du Kentucky, je trouve ça super bon (mais attention, je ne mange que les parties sans les os).
Derrière moi, dans la queue, un monsieur marmonne querlque chose à mon attention.
- Grmlgrmlgrmlo lu grmlllli la ?
- Pardon ? C’est à moi que vous parlez ?
- A eu è a a a la ?
- Oui, oui, la queue c’est bien là.
Je me retourne persuadée d’avoir répondu à son interrogation.
Son regard s’attarde sur ma nuque. Il se rapproche. Je me retourne pour vérfier qu’il observe bien la distance minimale respectable dans une file d’attente. Il en profite pour m’interroger à nouveau :
- ou è eul ?
Non, il ne vient pas de me demander si je suis seule quand même ? C’est quoi cette question ? Sait-il que le Loup qui est parti pour son boulot me manque déjà ? Non, impossible, c’est forcément moi qui ai mal entendu.
- Pardon ?
- Vous êtes Peule ? demande-t-il en se rapprochant encore.
_ Non.
- Vous n’êtes pas Peule ?
- Non.
- Pas de Guinée ?
- Non.
Flashback : je réentends son “A eu è a a a la ?” d’introduction. Ca y est, j’ai pigé, c’était peut-être en fait “Ah, vous êtes Bambara ?”
J’en suis encore là de mes réflexions, quand en attendant mon poulet sur le côté de la caisse, l’ethnologue passe sa commande:
- Un hiheu houheu.
- Pardon Monsieur, demande l’équipier Kahèfsé.
- 1 zinger tower s’il vous plaît.
- Avec quelle boisson s’il vous plaît ?
- Non, je ne veux pas de boisson ?
- C’est compris dans le prix du menu Monsieur. Vous avez du Seven…
- Non, pas de boisson, je n’ai pas le temps de boire moi.
Ah. OK. C’est cocasse comme réponse, ça.
- Alors vous voulez juste le sandwich Monsieur, c’est ça ? reprend l’équipier que seul une bouche pincée trahit dans son envie de pouffer.
_ Non, je veux les frites aussi.
- Alors, c’est un menu, snas boisson, c’est ça ? Mais la boisson est comprise dans le prix du menu, Monsieur.
- Bon, alors, donnez moi du Cétupe.
C’est quoi le Cétupe ? C’est un nom de code pour les habitués ? Une marque de bière ? C’est quoi le Cétupe ?
La réponse m’a laissée con.
Je vous laisse réfléchir…
Les personnages de cette tranche de vie capturée un dimanche chez mes beaux-parents :
dans le rôle de ma belle-mère : ma belle-mère (BM)
dans le rôle du beau-père : mon beau-père (BP)
dans le rôle du Choeur : le Loup (L) et moi (J)
BP : J’aime bien la nouvelle chanson de Sinclar.
BM : Ah oui, elle est bien. Il est toujours avec Emma de Caunes, Sinclar ?
BP : Mais non, elle n’est pas avec Sinclar, c’est Sinclair.
BM : Ah oui, je confonds toujours Bob Sinclar et Sinclair. Mais Sinclair, il fait de la musique aussi, non ?
J & L : !!! (la surprise se lit sur nos visages)
BP : Oui, c’est un chanteur. Alors que Sinclar, c’est un DJ. Il chante pas, lui.
J & L : !!! (complètement incrédules)
BP : C’est Bob Sinclar qui va à Ibiza tous les étés pour animer les grandes discothèques…
BM : Et Sinclair, c’est le père de l’enfant la petite de Caunes ?
BP : Oui, mais ils ne sont plus ensemble je crois, hein ?
J & L : (faisant non de la tête, carrément époustouflés)
BM : Ah oui, j’avais bien cru entendre ça.
Mes beaux-parents, ils n’ont pas l’air comme ça, mais ils sont au top des potins de Voix-Si.
Les dimanches où nous leur rendont visite ne sont jamais tristes, et on se tient toujours au courant de l’actu people.
Non, vraiment, il n’y a rien à faire…
Ca m’est encore arrivé.
A mon âge.
Si je n’avais pas aussi peur, j’aurais peut-être la force d’avoir honte.
Je ne sais pas si ça vous fait le même effet, mais je ne peux pas regarder le clip de Thriller.
° On ne rigole pas. °
J’ai vécu plusieurs ouragans, une menace de mort appuyée de la part de mon propre père, la peur de perdre ma mère par les mains de ce même père, la séparation déchirante des What 4, j’ai encaissé tout ça de manière plutôt stoïque, mais, mon courage à des limites.
Quand je vois le clip de Thriller, certes, il me faut bien 30 secondes pour réaliser. 30 secondes, une demi-minute, c’est le temps qu’il faut à ce terrible souvenir enfoui pour refaire surface et sonner l’alarme dans mon cerveau. Et là, enfin je me rappelle.
Cependant, une fois avertie, tout va très vite:
1) je commande à mon corps d’arrêter de swinguer frénétiquement sur le beat entraînant de la chanson ° je me fais avoir à chaque fois, c’est terrible, mais je n’y peux rien, quand la musique est bonne, bonne, bonne, bonne, mes réactions peuvent aller du marquage discret des temps au pied dans le meilleur des cas, au booty-shake presque totalement désinhibé. Vous trouvez ça drôle ? Attendez la meilleure, j’ai vraiment été emportée par cette dernière manifestation de symbiose avec la musique, un jour sur le quai du métro à une heure où des gens capables de vous filmer avec leur téléphone portable et de mettre ça sur I-ou-tioub m’ont vue. Là, je dis merci Beyoncé ! ° ;
2) je me saisis enfin de la télécommande ou je prétexte un truc hyper urgent à faire dans une autre pièce où je pourrais aller cacher la véritable raison de ma fuite ;
3) j’attends d’entendre le rire maléfique à la fin, je laisse passer quelques secondes et je refais mon appartition dans la pièce, en faisant mine d’être déçue d’avoir raté une grande portion de ce chef-d’oeuvre (parce que c’en est un, il faut bien le dire… “Hais le chien, mais reconnais que ses dents sont blanches” comme on dit chez moi*).
Le clip de Thriller, c’est une expérience horrible à revivre.
A chaque fois qu’il est diffusé ° et que je le vois, sinon, ça ne compte pas, hein, je n’ai évidemment pas un détécteur de pasasge du clip intégré en moi… °, je redeviens la petite fille de quatre ans bravache mais pas assez pour finir de regarder le clip que nous avait annoncé Michel Drucker. Là je dis merci Michel !
Non, sérieusement, quand Michael dit à la nana qu’il est spécial, qu’il se baisse et montre à nouveau son visage de loup-garou aux yeux luisants…
Brrrrr…
Et comme si ça ne suffisait pas, les images de bras qui jaillissent du sol dans le cimetière…
La danse du mort-vivant en haillon, les mouvements saccadés, le pied qui traîne, le genou déboité, le petit “tchah” qu’ils crachent tous en choeur…
Arghhhh !
Mon père m’avait pourtant prévenue :
- Ca fait un peu peur, ma puce, tu ne veux pas aller voir ta Maman dans la cuisine ?
- Non, hein, ça va, j’ai pas peur…
Bravache, pas vraiment téméraire, je vous dis la gamine !
Pas peur ? Tu parles !
J’ai résisté autant que j’ai pu, mais les ancêtres qui reviennent à la vie pour t’impressionner avec leur pas de deux macabre ont eu raison de moi.
Tout d’un coup, j’avais une mission importante à aller acccomplir dans la cuisine : aller pleurer dans les jupes de Maman, sous les rires entre moquerie et compassion de mon père.
Hé bien, un quart de siècle après, je peux vous dire que je n’ai pas accueilli hyper bien la campagne d’anniversaire de cet album.
25 ans de Thriller, 25 ans à avoir les foins ! Super, merci Michael !
Allez, bon, comme c’est un super titre, je file quand même le lien pour visionner le clip sur I-ou-ti-oub. Pour ceux qui n’ont pas peur des machabées guinchants…
Moi, je le regarderai bien, mais bon, ça dure quand même près d’un quart d’heure et puis j’ai tout un tas de choses méga-urgentes à faire, là…
Mamaaaaaaaaaaaaaaan ?
* en créole, ça donne : “hay chyen di dan-ay blan” [prononcez : haille chien, di dent aille blanc] ça peut toujorus servir pour impressionner vos connaissances ou collègues antillais. Si vous n’en avez pas, posez vous des questions sur la diversité, m*rde. Ca craint pour vous et votre ouverture sur le monde, et ça veut dire que nous n’avons pas encore fini notre entreprise de tropicalisation … zut !
Je reviens de mon ultra-rapide sortie déjeuner.
Juste le temps d’un aller-retour de 100 mètres sous une insidieuse et froide bruine.
Pas plus.
En ce moment, mon boulot de stagiaire de luxe over-booké ne me permet pas de m’attabler correctement, ni d’hésiter sur un menu et encore moins de rester un quart d’heure après avoir payé l’addition, et de toutes les façons, c’est pas avec le temps qu’il fait que j’irais prendre une place en terrasse — OUI, il ya des restaurateurs assez dingues pour installer des terrasses avec cette météo à la noix. Faut croire que les nappes en plastique ruisselantes et les chaises transformées en cuvettes pour bain de siège façon Rika Zaraï ne sont pas des arguments suffisants pour attaquer leur optimisme.
Punaise, j’ai les glandes.
Bien comme il faut.
Je vais rentrer, me mettre devant le Mac, saisir des tonnes de chiffres, encore et encore, vérifier que les lignes sont bien régulièrement espacées, mettre la bonne couleur là où il faut, tout ça, tout ça.
Je vais déprimer.
Ce job dont j’avais rêvé est en train d’aspirer mon âme.
Je n’ai plus le temps de rien, juste assez pour me rendre compte que si ça continue comme ça, ce taf me rendra misérable, ma capacité à penser, ma créativité et mon envie de morder vont s’évanouir.
Bon, je suis bien payée, dans un quartier super plus sympa que le 9-3, mes collègues sont (toujours) sympa avec moi, d’accord, mais et ma vie, ma VIIIIIIIIIIIiiiiiieeeeeeuh dans tout ça ?
J’en suis à ce moment de ma réflexion, bien emmitouflée dans 3 écharpes, en train de me demander, merde, où que t’es le printemps, quand ça me tombe dessus.
La canne en l’air, dans des bas chairs qui crapottent un peu, et beaucoup trop courts pour la petite jupe à l’imprimé fleuri improbable.
La jupe un peu courte, les fleurs, le printemps, tout est là !
C’est un signe…
Elle y va lentement. Lento, ma sicuro.
Des cheveux blancs s’échappent en mèches folles de son beret en macramé gris souris, elle a des cheveux blancs
Elle ne doit pas dépasser le mètre quarante, même sans être recroquevillée.
Elle ne le dépasse pas non plus à la minute vu l’allure à laquelle elle se déplace sur le trottoir.
Je m’inquiète, je ne vois pas ses mains, tout juste ce petit filet de course ° tiens, une vieille sans son caddie de 2 mètres cube ° qui pend à son coude.
Elle a peut-être une attaque Grand-Mère Primevera.
Elle a dû croire qu’il faisait beau, puisque c’est le printemps depuis 3 jours, même qu’ils l’ont dit sur Antenne 2 ° Les vieux, ils ne savent pas qu’on est passé à France 2 °. Il lui fallait sortir annoncer la bonne nouvelle.
Peut-être qu’en prenant la précaution, avant de partir, de regarder par la fenêtre comment les gens étaient habillés, elle a vu une cargaison de Lapons aux joues rosies par nos températures qu’ils trouvent plus que clémentes, ou de Canadiens en goguette portant polo manches courtes, bermuda à poches et sandalettes en cuir ° avec ou sans chaussettes, c’est selon °. Alors, elle s’est dit qu’il devait faire bon, a revêtu son petit gilet de laine et saisi son filet pour aller acheter des primeurs, et p’têt même des jonquilles, pourquoi pas ?
Finalement, c’est le froid qui l’a saisie.
Elle fait une attaque, c’est forcément ça.
Quoi d’autre pourrait justifier une telle lenteur ?
A mesure que j’approche de son dos, je ne vois toujours pas ses mains.
Elles doivent être crispées sur son coeur dans un effort désespéré pour l’empêcher de sortir de sa poitrine.
J’imagine ses petits doigts frêles et leurs jointures blanchies par la vigueur de la contraction.
Elle doit manquer d’air.
Elle n’a plus la force d’appeler à l’aide, c’est certain.
Il faut que j’aille la secourir !
Je cours, inquiète, j’essaie de me souvenir des premiers gestes, ceux qui peuvent sauver des vies, continuer à alimenter le cerveau en oxygène, position latérale de sécurité, dégagement des vois respiratoires, check de la conscience, réchauffement. Mince, je suis dégoûtée de ne pas avoir voulu débourser 100 balles pour une formation aux premiers secours, trop conne alors que j’avais envie de claquer 160 euros dans un fer à lisser, j’te jure… J’aurais eu l’air con avec mes cheveux raides et une petite vieille en train de crever dans mes bras.
J’imagine déjà le Parisien s’emparer de l’histoire, en plus, histoure de faire une vraie pause, je n’ai pris ni mon téléphone perso, ni celui du boulot. Super pour appeler les secours…
Ah, bravo Jazz, t’es championne sur ce coup-là.
Et toi qui te plains d’avoir un job pas top-top en ce moment. Au moins, t’es en vie.
Ca y est, Primavera Granny est à une encablure à peine.
Mince, on aurait dit qu’elle bouge !
Yes !
Noooon ! Argh… Si ça se trouve, elle est en train de trébucher, son crâne va heurter le sol et se fracasser.
° Tiens, au fait, ça fait quel bruit une caboche de vieille qui se fracasse ? Ca doit faire comme quand on marche dans un millefeuille, avec l’ostéoporose, la peau qui s’affine et le liquide céphalo-rachidien qui doit avoir coulé/séché un peu… °
Je me jette pour la rattraper…
Héroïque, non ?
Mouais, bof.
Il s’avère ° comme je l’ai appris avant de me confondre en excuses ° que la Mère grand, loin de succomber à un AVC, une crise cardiaque ou autre rébellion de son corps flétri, s’était simplement arretée pour trouver ses lunettes.
Elle venait de recevoir le texto de son petit-fils et voulait lui répondre vite.
Encore une super aventure de Jazz…
5 choses à ne pas dire à une personne qui revient de chez le coiffeur, pas à moi, je n’y vais jamais en même temps, alors…

1. Heu… C’est quoi cette coupe à la G-Squad ? T’es nostalgique ou quoi ?
2. Hé, les enfants, viiiite, venez voir ça ! Et amenez le camescope…
3. Ah bon ? T’as changé de coupe, ah… non, j’avais pas remarqué… ah oui, beurk, maintenant que tu le dis… mais ne te soucie pas de mon avis, tu vois, l’important, c’est que ça te plaise à toi, hein.
4. Arrrrrrrrrrrrrrrrrrrgh ! Bing ! (cri d’horreur suivi du bruit sourd d’un corps raidi heurtant le sol)
5. Ce qu’il y a de bien avec tes tifs, c’est qu’ils repoussent vite.
photo trouvée sur houseofdiabolique.com
Dans mon boulot actuel, je ne voyage guère.
Mes trajets se limitent à des va-et-vient entre mon cher quartier mi-popu, mi-bobo, et cette contrée reculée où s’habiller en jupe équivaut à faire une déclaration solennelle que l’on est pas farouche.
Je sais, je rentre à peine de vacances, je ne devrais pas rêver d’ailleurs.
Je sais que partir, voyager pour le boulot, c’est aussi des petits sacrifices à consentir, être parfois loin du Loup, dormir seule dans des lits froids d’hôtels blancs.
Mais parfois, quand je regarde autour de moi en venant le matin, j’ai vraiment, vraiment le blues.
Ici, les gens sont laids et malheureux.
Ils marchent à reculons, le dos courbé, l’oeil éteint.
Pas une lueur d’espoir. Rien.
On les a rejetés aux franges mal peignées de la ville.
Ici, rien ne luit, ne bleuit, ni ne bruit vraiment. ¤ Comme on est loin de la Chaleur d’Anna. ¤
L’herbe même a du mal à pousser, elle si folle d’habitude.
Quand, en arrivant au terminus, je croise le métro qui s’en va dans l’autre sens, j’envie ces gens qui, assis, rejoignent le centre à toute vitesse. Ils ne semblent même pas conscients de ce sort heureux que je leur envie.
Là-bas, il y a la vie.
Là-bas, les rires qui éclatent.
Là-bas, les boucles d’oreille qui se balancent.
Là-bas, la vie qui fait palpiter votre coeur, vous enivre, et vous laisse à bout de souffle.
Là-bas, là-bas, c’est autre chose.
Ici, je n’ai même pas la force de tourner en rond.
Ici, tout est loin, mais on n’a pas la tranquilité pour autant.
Ici, tout est triste et gris.
La vie est embrumée, comme s’il fallait oublier le sang dans nos veines, le chant des oiseaux et les gens qui s’engueulent, se réconcilient, courent, dansent et sautent.
Ici on ne vit pas vraiment, alors périr, ce n’est pas si grave après tout.
Heureusement, je ne suis pas de celles qu’on écrase sans résistance.
Alors, je vis, je porte les couleurs, je danse pendant que j’attends que le bonhomme passe au vert, je souris et je trottine.
Il arrive même, je crois, que les gens se prennent à écouter la musique de mon petit manège.
Semer le trop-plein de joie que j’ai en moi.
Un vieil ami du Loup se mariait ce week-end.
On se savait pas grand-chose de lui ni même de sa promise.
Il nous fallait trouver un cadeau.
Rapport Mission
- Direction Lafayette Maison
Proximité et choix, arguments de choc.
- Découverte de la bonne idée : 12 minutes (dont 11 de flânerie parmi les rayons)
Avons flashé sur presse-agrume Alessi, d’abord sur ton plaisanterie, puis considération sérieuse avant décision finale.
- Tergiversation quant aux réactions possibles des mariés : 2 secondes.
Mariés tous deux Asiatiques. Pourraient trouver ça vexant.
¤ Moi, je déteste les représentations peau bleu marine – lèvres épaisses et rouges des Noirs, alors bon, faut faire attention à ne pas froisser les sensibilités quand même. ¤
- Choix de la couleur : 4 secondes.
Comme jaune tire trop sur vert peu ragoûtant (et pourrait enfoncer clou), option orange jugée plus appropriée.
- Recherche de cadeaux complémentaires : 2 minutes.
Pailles avec moitifs oranges, plus deux verres inclinés, couleur orange.
- Passage en caisse : 1 minute.
Caissière 1 peu agréable. Paiement sans encombre.
Demande de paquet cadeau.
Réponse sèche : s’adresser à la caisse respective rayon chaque produit.
- Queue pour emballage à caisse Alessi : 20 minutes
Nous trouvons derrière citoyenne US malpolie car continue conversation téléphonique pendant que caissière n°2 débordée fait tentative de communciation pour régler problème de référence produit. Connasse a probablement voté pour Dabbeul-You.
Caissière n°2 adorable fait patienter.
Jazz tente échappée et demande à autre caisse libre et équipée pour paquet cadeau si possibilité emballer autres articles non Alessi.
Caissière n°3 inutile ouvre sac, repère article Aless avant renvoi à la caisse Alessi malgré présence autres articles.
Jazz rejoint Loup pour rapport –> Enervement lupin contre caissière n°3 visible à coloration du front, palpitation accélerée de veine jugulaire et crispation simultanée mâchoires et poings. Envoi de mauvaises ondes à caissière n°3.
Attente et livraison de mauvaises ondes à citoyenne Uncle Sam bavarde qui ralentit processus.
Caissière n°2 va chercher petites pièces auprès de caissière n°1 pour rendre monnaie à Mobile Pouf qui reste pour récupérer ces 20 centimes.
Pourrissage mental de la crétine congénitale avare, mais portant sac à 300 € minimum et pompes monogrammées.
Paquet cadeau pour presse-agrumes OK.
Pour autres articles, demander autre caisse.
Retour vers caissière aigrie n°3.
Triomphe intérieur de Jazz.
Queue et écoute distraite de complaintes inutiles de caissière n°3 et n°4 momolle.
Insatisfaction croissante pendant réalisation paquet aussi grossier qu’exécutante.
Pourrissage des caissières aigries et du système de recrutement d’icelles : 5 minutes.
Indice de satisfaction quant aux cadeaux trouvés : 90%.
Attente des réactions des mariés.
Informations annexes
- Aucun regret : Après prise de renseignements, possibilité de donner enveloppe (de couleur rouge de préférence) aux mariés non communiquée au Loup.
Pas grave. Si communication marié-Loup plus efficace, mariés n’auraient pas cadeau mauvais goût (mais pratique) comme souvenir de meilleure journée de vie.
- Surprise : A la mairie, future épouse du mariage suivant mariage amis du Loup était Miss Bad Manners America. Robe pas belle, témoins et famille ont abusé auto-bronzant orange.
- Bonne retrouvailles : desserts tapioca et gelée = délices pour le palais.
Je devrais avoir honte.
Je prends le temps d’écrire ici alors que je devrais relire un volapük insipide et bancal que certains veulent faire passer pour de l’anglais-je-suis-tellement-bilingue-que-j’ai-pas-besoin-de-formation.
Mais bon, j’aime vivre dangereusement.
Samedi, nous sommes invités au mariage de l’ancien meilleur ami du Loup.
¤ ancien meilleur ami, pas à cause d’une dispute quelconque, mais vous savez, le temps, les intérêts, la vie et tout ça tout ça, ça vous sépare l’air de rien, et vous réalisez que vous ne connaissez plus vraiment :
- votre meilleur ami,
- la personne qui partage votre lit depuis 10 ans,
- le propriétaire de cette petite tête déformée qui persiste à vous appeler « Maman/Papa/Eh toi là ».
Rayez les mentions inutiles. ¤
Pire que la fameuse question :
« Dans quoi je vais pouvoir faire rentrer mon gros derrière Qu’est-ce que je vais me mettre ? »
il y a :
« Que vais leur offrir ? »
J’entends déjà vos questions :
– Ben, Jazz, pourquoi tu demandes pas au Loup ? C’est son ami qui se marie, non ?
Ah, Votre candeur est rafraîchissante…
Là je vous dis que le Loup, c’est un brave type (il sait faire chauffer des trucs au micro-ondes, il fait la lessive et le ménage), il a tout un tas de qualités (il a un compte épargne, parfois, il pense à baisser la lunette des WC, il a une excellente tolérance aux jazzeries), je n’ai pas trop à m’en plaindre. Non, vraiment, la vie avec le Loup, c’est chouette… sauf quand il faut trouver un cadeau pour ses proches et amis. Là, il se transforme en petite chose indécise et/ou je-m’enfoutiste. Si ça ne tenait qu’à lui, on irait acheter un truc vite-fait à Monop’ et hop, emballé c’est pesé. Non, choisir des cadeaux, c’est pas son truc.
Alors, si je veux éviter de me retrouver à dire “Meilleurs voeux de bonheur” à un couple médusé de recevoir un lot de sacs poubelle en plastique noir senteur citron, j’ai intérêt à ne compter que sur moi pour avoir une bonne idée.
¤ Ceci dit, Le Loup se rattrape largement quand il s’agit de me trouver le cadeau parfait. ¤
– Ben Jazz, tu as demandé aux mariés ce qu’ils aimeraient ?
Là je dis que j’ai obligé le Loup à tirer les vers du nez à son ami. Réponse : “n’importe quoi, vous prenez pas la tête !”.
¤ Je finis par comprendre pourquoi ces deux-là sont potes. ¤
Affligeant.
Je finirais presque par trouver la solution des sacs poubelle séduisante, en plus, ça correspond au cahier des charges…
Be careful what you wish for.
- Ben, Jazz, les futurs mariés doivent avoir une liste de mariage ?
La réponse est NON, évidemment, sinon, j’aurais déjà expédié la question en optant pour les repose-couteau en cristal d’Arques qui ne quitteront probablement jamais leur boîte ¤ vous en connaissez, vous, des gens de moins de 35 ans qui en utilisent encore sans craindre de se faire passer pour un bourgeois prout-prout comme Papa-Maman (qui, en passant, sont ceux qui insisté pour ajouter cet article truc de vieux à la liste de mariage avec la collection de caniches en porcelaine peinte à la main) ? ¤
Si vous me demandez mon avis, ne pas avoir de liste de mariage (pour de la vaisselle, financer le voyage de noces, ou un quelconque prétexte pour récupérer des sous et en faire ce qu’on veut…) c’est suicidaire, surtout quand on vit dans le péché est en ménage depuis quelques années déjà, qu’on s’est payé tout ce dont on avait vraiment besoin, et qu’on ne sait pas comment annoncer à Tata Yvonne que son couvre lit en macramé jauni au centre par tant de générations, elle peut se le garder.
– Ben Jazz, t’as qu’à leur offrir un livre sympa sur un sujet qui les passionne.
Vous êtes bouchés ou quoi ?
On ne sait pas ce qui intéresse ces gens, on les connaît pas, je vais limite avoir l’impression de jouer les pique-assiette…
– Ben Jazz, pourquoi ne consultes-tu pas ta super liste d’idées cadeaux ?
Parce que je n’ai pas la rubrique « mariage du couple d’amis inconnus », et quel intérêt y aurait-il à en avoir une vu que des gens comme ça, on ne les voie pas, donc, on ne se soucie pas du cadeau à faire, hein… c’est pourtant évident !
– Ben Jazz, tu veux pas leur offrir une enveloppe ?
Non, sinon, ils auraient précisé « corbeille des mariés » sur l’invitation, arrêtez de me prendre pour une tarée…
- Ben Jazz, vous n’avez qu’à ne pas y aller ?
Quoi ? Et à quel moment je peux mettre une belle robe — que je n’ai pas encore achetée ? Hein ? Non mais ho !
- Ben Jazz, pourquoi tu t’énerves ?
Si vous étiez à ma place et que vous étiez obligés d’aller arpenter les magasins demain à la recherche du cadeau sympa, pas encombrant, plein d’esprit et complètement dans le ton, vous la ramèneriez pas sur le self control.
Je pourrais me dire que je m’en contre-fiche, que je ne les reverrai aps de sitôt et que s’ils n’aiment pas le cadeau, ce n’est aps bien garve. Mais je n’arrive pas à me résoudre à ça.
Dans chacun de mes cadeaux, il y a du coeur, une intention, une recherche.
Un cadeau n’est pas un heureux hasard pour moi.
Allez, je vous tiendrai au courant de notre super cadeau la semaine prochaine.
Madame Pas Contente, en plus d’être forte en devinette, elle est forte en explication de trucs techniques de Futchebôle aux nanas.
Ouais !
C’est pour ça qu’il faut aller voir ce qu’elle dit ici et là.


vous, ici ?