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Versatile
[vεRsatil ]
adj.
(dér. de versare « tourner, se retourner », v. verser).
A.
Vieilli. [En parlant d'une chose] Qui provoque ou subit un mouvement alternatif d’un côté, puis d’un autre.
B.
Au fig. [En parlant d'une pers. (ou d'un groupe de pers.), de son caractère] Qui change souvent et aisément de parti, d’opinion; qui est sujet à de brusques revirements.
Synon. capricieux, changeant, fantasque, inconstant, instable, lunatique, vélléitaire.
Anton. constant, égal, ferme, obstiné, résolu.
On connaît bien et trop bien l’intérieur de ce prince vif et spirituel, mais capricieux, versatile, à la merci de sa fantaisie présente, toujours excessif, malicieux, plus puéril qu’un enfant (SAINTE-BEUVE, Port-Royal, t. 4, 1859, p. 422).
Empl. subst. Ce n’étaient ni des sûrs, ni des douteux, ni des antagonistes, c’étaient des versatiles qui ne savaient pas eux-mêmes sur quelle jambe se tenir et vers quel horizon se tourner ( DUHAMEL, Passion J. Pasquier, 1945, p. 199).
Extraits du TLFI (Le Trésor de la Langue Française Informatisé).
Combien de fois m’a-t-on dit que j’étais versatile ?
Comme un trait calamiteux.
Je ne compte plus.
Inconstante, moi ?
Capricieuse, passe encore, un peu comme toute les petites filles, mais de là à en faire un trait de mon caractère ! ¤ demandez donc à ma mère ¤
Comme si j’étais atteinte de quelque trouble de l’attention, moi qui aime faire les choses jusqu’au bout, mais pas forcément tout d’un seul coup, j’ai besoin de m’aérer, de faire autre chose, de me poser et de m’enrichir.
Instable et lunatique ? C’est mal me connaître !
Versatile, le mot était lancé comme une marque de dédain à une enfant avide de tout.
Une girouette ? Non, non, vous vous trompez.
Je ne comprenais pas non plus qu’on veuille m’enfermer dans telle ou telle activité, humeur ou comportement.
je voulais être tout à la fois, et embrasser le monde, sa variété, ces contradictions, sa cohérence, son chaos et sa ligne conductrice.
Je voulais tout savoir et plus encore.
Je voulais toucher à tout, sans rien laisser de côté, sans rien négliger.
Prendre un petit bout de chaque culture et me l’approprier.
Je voulais faire partie de ce monde.
Danser, chanter, boire, manger, écouter, parler, apprendre, partager, vivre avant de mourir.
J’étais ça et son contraire, mais pas comme ça, pas comme un caprice.
J’avais toute ma raison, j’avais mes raisons.
On aurait pu m’empêcher de connaître tant de choses, tant de gens, tant de mode de pensée.
Un jour, j’ai arrêté de prendre ce mot comme une injure,
et lui ai ajouté un synonyme : ayant un esprit d’ouverture.
¤ d’ailleurs, la définition anglaise est plus clémente ¤
Je le suis un peu moins maintenant. Je sais que je ne pourrai jamais tout savoir, et c’est tant mieux finalement.
Mais versatile encore je serai pour longtemps.
Je suis versatile et je vous emm ça me plaît.
Quand j’étais petite,
je me demandais si,
au même titre que les années bisextiles,
il y avait aussi
des années homosextiles
et d’autres hétérosextiles.
?
¤ Non, parce que bon, c’est important à savoir. ¤
Anxiété : n.f. Sentiment d’un danger imminent et indéterminé s’accompagnant d’un état de malaise, d’agitation, de désarroi et d’anéantissement. Grande inquiétude, angoisse (mais on réserve plutôt le nom d’angoisse aux sensations physiques qui accompagnent l’anxiété).
L’anxiété, je connais.
Commun aux femmes de ma famille, c’est un trait que j’ai longtemps renié avant qu’il ne me manifeste sa présence en moi avec fracas.
Quand l’anxiété s’empare vraiment de moi, je suis sujette à des crises d’angoisse.
Certaines d’entre elles sont faciles à parer, car elles mandatent des démons émissaires qu’il m’est devenu facile de repérer à la pratique : j’ai appris à me concentrer, à maîtriser ma respiration, à dominer certains phénomènes dès prémices avant qu’ils n’enflent.
Mais il y a les autres, ces crises dont les signes précurseurs ont rampé pour tromper ma vigilance, celles qui échappent au tamis du radar, celles qui se sont nourries patiemment de petites peurs, de minuscules doutes, de contrariétés mineures ¤ qui individuellement me paraissent aussi ridicules que la mouche sur le bœuf, mais ensemble, aïe aïe aïe ! ¤.
Ces crises-là me paralysent au propre, au figuré. Physiquement, je sens mes membres qui se recroquevillent, j’éprouve la sensation, d’autant plus désagréable que je ne peux pas la contrôler, que mes muscles s’atrophient et que mes veines rétrécissent et se serrent. Le médecin dit : « spasmophilie ». Moi, je dis : « ce qui aspire la vie hors de moi par tous les pores, à chaque respiration, dans une douleur labile et obsédante, qui semble ne jamais devoir se finir ».
Peu de gens, peu de choses arrivent à m’apaiser dans ces moments.
Il m’arrive d’être tellement engloutie sous cette panique sombre, lourde et sourde, impossible à vocaliser pour moi qui doit tout nommer, qu’il me devient impossible, c’est bête, de regarder les informations ou d’entendre Maman me faire part de sa moisson de nouvelles.
Oui, parce que quand ma mère m’appelle, elle me parle de gens. Parfois je les connais, parfois non.
Enfin, tout cela serait banal si ces gens n’étaient pas au choix : grièvement accidentés, devenus cardiaques depuis peu, cancéreux phase terminale récemment révélés, nouveaux handicapés lourds, fraîchement installés sur leur lit de mort ou franchement morts.
Pourtant Maman ne travaille ni à la morgue, ni dans un hôpital.
Pourtant je lui explique que ces sujets de conversation morbides et récurrents me vident.
Pourtant elle sait que ce n’est pas de l’insouciance, c’est tout le contraire.
Pourtant elle sait mon anxiété.
Mais elle continue.
Hier, Maman m’a appelée et dans sa voix perçait l’inquiétude.
152 Martiniquais, ces cousins, ces voisins, morts dans un crash d’avion au dessus du Vénézuela.
Et 1 ami de la famille souffrant d’un infarctus se serait cogné la tête en se levant, sa famille l’a retrouvé le crâne entaillé, dans son lit, au milieu d’une mare de sang. Charmant.
Toutes les catastrophes aériennes de ces derniers temps, alors qu’avec le Loup, nous allons bientôt prendre l’avion… que si on doit mourir, et que c’est la volonté de Dieu… ¤ Dieu, si Dieu le veut, Dieu seul sait, Dieu pourvoira, qui mieux que Dieu, Dieu à qui mieux-mieux… je ne crois plus en Dieu pas celui de la Bible, pas celui de l’église, je ne crois plus en Dieu comme on ne croit plus au Père Noël. Si je l’apprends à ma mère, elle va peut-être flipper, ou bien se dire que c’est comme ces autres fois où la foi m’est finalement revenue ; mais quoi qu’il en soit, ce n’est pas le bon moment de lui dire… ¤
D’accord, Maman s’inquiète, c’est une mère, c’est normal.
D’accord, nous vivons à plus de 7 000 km du poulailler.
Mais est-ce une raison pour me dire
Ah ! Vivement que vous soyez de retour de vacances, chez vous, sains et saufs…
alors que
je ne suis pas encore partie
et que
j’attends ces vacances depuis des mois ?
J’ai le moral à zéro, une crise d’angoisse qui rend périodiquement chaque battement de mon coeur douloureux m’étreint en ce moment-même, je suis dégoûtée des vacances avant même de les avoir commencées, je suis down…
Et on dit merci qui ?
Merci maman !
¤ Je l’aime toujours ma Môman, cela va sans dire, mais elle a le chic pour mettre l’ambiance…
Note pour plus tard : vérifier si j’ai le même pouvoir sur mes enfants, bon sang ne saurait mentir ! Niark, niark, niark, niark, niark… Mouhahahahahahahaa ¤

vous, ici ?