You are currently browsing the category archive for the 'je me demande' category.

Akynou et moi, on est presque voisines.
J’ai juste une “petite” côte à monter et à redescendre et hop, je suis chez elle en moins de deux.
Lors de nos trop rares balades avec Le Loup, quand nous passons dans le coin, je ne manque pas de jeter un oeil en direction de chez elle, le remords en tête : “il faut qu’on se fasse ce resto, nom d’un chat !”

Bref, je m’épanche un peu là, et tout ça ne vous regarde pas plus que ça, en fait.

Alors, pour en venir au sujet de la note, voici la question soulevée par Akynou dans un de ces commentaires.

“Est-ce que [la couleur de peau ] a vraiment une importance. [Ma fille aînée] à deux ans et demi me posait la question de savoir de quelle couleur elle était. Comment répondre. Elle avait la même couleur que mon père, qui était considéré comme blanc, tout en étant métisse… Je lui ai demandé de quelle couleur elle se voyait… justement, elle ne savait pas. Elle avait besoin d’un nom, pour le dire. Comme Serge sur ses crayons…”

Comme à chaque fois que le sujet de l’identité, de la couleur, de l’appartenance à une culture, un groupe ethnique ou une nationalité se pose, les expériences des autres sont toujours enrichissantes, je crois (et pas que dans ce domaine là, d’ailleurs).

Voici une histoire, ou deux.

Depuis toujours, j’aime écouter les récits d’école de mes cousins. C’est un univers impitoya-a-ble décrit avec des mots d’enfants pas toujours aussi insouciants qu’on veut le croire.

Donc, un jour de vacances, je questionne Brissou et Cla-Cla (frère et soeur de 7 et 5 ans à l’époque, tous deux métissés, nés de parents eux aussi métissés, qui ressemblent à un mélange de Polynésiens, d’Antillais et d’Indiens d’Amérique, le tout à peau claire et chevelure sombre massive un peu crépue, pour vous donner un contexte) sur le nom de leurs camarades de classe favoris, ceux qu’ils aimeraient retrouver à la rentrée :

Eléa, Amine, Cléo, Jérémie, Djamena, Théophile, Lana, Djibril, Perrine, Louis, Violette, Erwann…
C’est une litanie de prénoms du monde, marqués de l’héritage régional, à la mode ou pas (bref, comme on en trouve dans toutes les écoles de Paris, ailleurs, je ne sais pas…) qui répond à ma demande.

Et puis, Brice finit la liste en disant :
- Tout le monde sauf Arthur et ses copains !
- Ah bon, et pourquoi pas Arthur ? Il n’est pas sympa ?

Le frère et la soeur répondent en coeur :
- Non, il ne veut pas jouer avec les Noirs !

Merde, c’est vrai ! Les racistes aussi, malheureusement, se reproduisent et leurs idées ne meurent pas toujours.

- Et alors, ça vous rend tristes ?
- Ben non, lâchent-ils, toujours en choeur.

Brice complète :
- Il a dit qu’il ne jouait pas avec les Noirs. Mais il est bête, et moi je ne joue pas avec les bêtes.

Là, inutile de vous dire que je suis super fière de mon cousin !

Je continue mon questionnaire.
- Et lui, il est Noir ?
- Non, il est un peu rose, dit Cla-Cla avec son adorable petit minois (qui depuis a beaucoup changé, elle est devenue néo-hippie-punk)
- Et vous, vous êtes quoi ? Noirs ? Blancs ? Roses ? Un petit peu roses ?

Je viens de plonger mes cousins dans la perplexité.
La fulgurance frappe enfin Cla-Cla :

- Je sais, moi, on un p’tit peu noirs avec beaucoup beaucoup de blanc, déclare Cla-Cla après quelques secondes de réflexion torturée.

Brice, le ton péremptoire du fils aîné qui sait mieux que son bébé de soeur, impose sa vision des choses :
- Non, n’importe quoi Cla-Cla, on est pas ce que t’as dit, hein. On est… BEIGES !

Je ne sais pas si Arthur a révisé ses critères pour la sélection de ses amis, mais grâce à lui, maintenant encore, il m’arrive de faire un large sourire en entendant le mot “Beige”, en mémoire du fou rire qui s’est emparé de moi après cette fameuse sortie de Brissou.

Une autre fois, c’est mon cousin Vinou (oui, je leur donne à tous des surnoms stupides…) qui est rentré scandalisé de l’école.
Vinou, il est noir ébène, une couleur profonde comme celle de mon grand-père maternel.
Il a accouru vers sa mère, en pleurant à moitié.
Entre ses larmes, nous avons compris :
Maman, tu m’aimes moins parce que je suis un p’tit négr0 comme il a dit Ludovic ?

Il a fallu lui expliquer en vrac que :
- la couleur de peau, c’est comme la couleur des yeux, ce n’est pas vraiment important, et puis, on ne va pas se mettre à détester tous les gens qui ont les yeux verts, ce serait bête et méchant.
- ce n’était pas parce que ses soeurs aînées étaient beaucoup plus claires de peau que lui qu’il fallait croire que nous les aimions davantage que lui.
- certains mots sont considérés comme des injures qu’ils renvoient à des haines complètement injustifiées et qu’il ne faut pas les dire.
- si tout le monde était pareil, alors on s’ennuierait sec sur cette planète-là.
- Ludovic est un petit con, et que des petits cons comme lui, il y en a de toutes les couleurs.

Il a compris, et pour alléger un peu la gravité de la leçon que nous venions de lui faire, je lui ai dit, l’air très sérieux :
- Tu vois, moi, je ne t’aime pas, et tu sais pourquoi ? C’est pas parce que t’es noir, c’est parce que t’es très moche et très bête !
Ce à quoi il a répondu dans un grand sourire :
- Mais non, tu m’aimes.
- Mais oui, je t’aime mon Vinou ! Tu le sais bien.
- Oui
- Et tu n’es pas moche.
- Je sais, j’suis beau.
- Mais alors, qu’est-ce t’es bête et prétentieux !

On a bien rigolé aussi ce jour-là avec Vinou.

Si j’étais un crayon de Serge, comment serais-je étiquetée ?

Je ne sais pas si je supporterais de n’être que couleur.
Je suis couleur et saveur, non, couleurS et saveurS, et héritages, et culture propre, et influences, et appropriation et interprétations de tout ça.

Je ne me suis jamais posé la question pour moi-même, peut-être parce que je suis noire, et que ça se voit, que cela s’impose. Je ne sais pas à quel moment je m’en suis rendu compte de cette chose-là.
Me suis-je jamais fait cette réflexion ?
Non, j’aurais trouvé ça décidemment trop compliqué. Je suis noire, et après ?
Quand ma mère me disait : “Black is beautiful”, j’avais envie de lui dire “Oui, m’enfin, les autres couleurs aussi sont beautiful”, sans chercher à comprendre la revendication qu’il y avait dans ce slogan.

Ca risque de devenir un peu plus compliqué avec ma descendance.
Si je devais avoir des enfants avec le Loup, j’aimerais qu’ils se voient comme des personnes qui, il se trouve, ont aussi une couleur ni étendard séparatiste, ni honte. Ni fardeau, ni supériorité. Juste une composante de ce qu’ils sont.

Je crois que ces notions de couleur ressortent surtout quand on est dans un endroit, un pays, une région où l’on est seul à porter certains traits
ethniques (peau, cheveux, faciès, corpulence…).

Bon, assez parlé ou écrit, si vous préférez.

Evidemment, je ne pense pas vraiment avoir répondu à quoi que ce soit, mais j’ai le sentiment agréable d’avoir contribué au partage d’idée sur le sujet.

Messages personnels à l’attention d’Akynou:
- Si Lou a trouvé un mot, qu’elle le fasse savoir. Sinon, je lui propose : “Louesque”.
- Si tu pouvais me donner la recette pour en faire des jolies comme les tiennes, ce serait sympa.
°Le Loup veut deux filles, et moi, je veux une rouquine…°
Merci par avance.
- Si tu es toujours OK pour un resto, je suis partante du jeudi au dimanche soir jusqu’au 8 septembre.

Fin de cette note qui a pu paraître interminable…

Ce matin, dans l’une des nombreuses newsletters que je reçois sur mon mail pro – mais que je ne lis que rarement, parce que d’une je n’ai pas trop le temps en ce moment, je préfère écrire cette note par exemple, et qu’en plus, maintenant que je change de secteur, bizarrement, être au courant des conséquences de l’avènement du Wi-Max sur la consommation de minutes de télécommunications des particuliers en Ile-de-France me paraît carrément moins passionnant — je lis ce titre
UnitedHealth Options Just Got Messier.

Impossible de lire l’article, la capitalisation boursière, les actions, les opérations financières ont le même effet chez moi que la saison 3 de Lost : ça pourrait être intéressant, mais ça m’endort profondément.

Toujours est-il que « faire une Messier » ne signifie rien de bon.
Ca veut probablement dire que la boîte a eu un problème d’actions mal évaluées, ou un autre problème de gros sous que nous autres simples employés peinant pour un salaire n’atteignant pas les six chiffres annuels ne pouvons comprendre.

Il y a d’autres personnalités qui sont passées dans le langage courant :
Le mot de Cambronne par exemple

Depuis un mémorable SuperBowl, on ne dit plus « montrer son téton », mais « I had a Janet Jackson moment », expression que nous pourrons en français traduire par « se la jouer Sophie Marceau » quoique je lui préfère la plus littéraire « obliger Tartuffe à sortir son mouchoir».

Je dis souvent moi-même : « Attention, le chat veut faire une Fairbanks ! » quand notre adorable chatonne se met en tête de reproduire la célèbre cascade qu’exécute Douglas Fairbanks dans The Black Pirate, en remplaçant la voile par les rideaux du salon.

Si mon nom devait faire partie d’une expression, je me demande bien ce que voudrait dire « faire une Jazz ».

Comment se forme une amitié ?

Je me rappelle, quand j’étais petite, c’était facile.
Ou plutôt je ne me rappelle pas, c’était tellement facile.

Pourquoi étais-je amie avec Sandrine ou Maud ou Elise, comment en étions-nous arrivées là ?
Nous étions dans la même classe.
Nous nous asseyions ensemble.
Nous jouions ensemble.
Nous aimions bien acheter des Mentosses après la piscine.
Nous avions les même ennemis (tous les garçons — sauf nos amoureux — et les filles bêtes qui ne partagent pas leurs jouets mais veulent toujours abîmer les vôtres).
Elle ne me tiraient pas les cheveux.

Je dis ça, mais ce ne sont que conjectures quant à l’origine de ce lien entre nous.

A l’époque peut-être était-ce simplement ni l’une ni l’autre ne faisait attention à ces petits détails, personne ne soumettait l’autre à un examen pseudo-psycho dans le genre de ceux que l’on voit fleurir dans les magazines que l’on feuillette distraitement sur la plage (moi, quand je les fais, je suis toujours dans la bonne tranche. ¤ C’est vrai, je fais toujours partie des “juste comme il faut”, celles qui sont entre les timides maladives et les rentre-dedans sans-gêne, ou alors des “super gagnantes qu’elles ont tout compris à la vie” parce que je n’ai pas choici de ivre avec un loser pathologique, que j’ai deux trois projets dans la vie, que je n’ai pas prévu de me suicider à la petite cuillère. Parfois, je n’arrive pas à comprendre que l’on puisse se retrouver dans d’autres catégories que celles où je me situe, mais ça, c’est sans doute parce que je suis une personne dynamique, les pieds su terre mais un peu rêveuse à mes heures, c’est en tout cas ce que dit le dernier psycho-test que j’ai rempli. ¤

Peut-être que, avant, nous nous contentions d’être des animaux un peu intelligents, que l’odeur de l’autre nous plaisait, qu’un truc dans ses yeux nous rassurait, que la manière dont ses doigts appliquaient la peinture nous apaisait.

Je ne sais pas.
Je ne saurais probablement jamais.

Si vous vous souvenez pourquoi vous avez noué des liens d’amitié avec telle ou telle personne pendant l’enfance, merci de partager votre expérience.


Question un peu triviale, je sais, mais bon, ça me tarabuste.

Il paraît que boire de l’eau permet de maigrir…


Si on boit, par exemple, plusieurs litres d’eau
et que l’on va se vider la vessie aux toilettes,
est-ce que ça veut dire que,
en se penchant sur la cuvette des WC,
avant de tirer la chasse,
on pourra apercevoir le gras évacué,
semblable à de petites gouttes d’huile,
surnageant au dessus du pipi ?


Si vous avez une réponse, merci de me la faire connaître.

Petite note inspirée par les dernières stats de fréquentation de la salle de bains.

A toi qui veux voir des photos de strings qui dépassent des jeans…
Quelle a dû être ta déception en tombant sur des singes trop mignons, mais pas de gueuss’ flashés  en pleine tentative d’évasion d’un futal.
A toi qui veux en savoir plus sur le nudisme pendant les tâches ménagères…
A mon humble avis, un accident d’aspirateur est si vite arrivé…

A toi qui cherches la “plus belle fille noirte” (sic)…
On dit NOooooooiiiiiiiiiiIIRRReeEEEEEEEEEeeeeeee !

A toi qui poses la question : “pour ou contre les rebeu”…
C’était bien ce que tu voulais taper ?

A toi qui es venu par ici en voulant savoir comment les loups font l’amour…
Très bien.

C’est marrant…
Je suis tombée sur ce blog-ci et ce blog-là un peu par hasard.

La Grande Loulou et Jimmy se font écho, celui-ci ayant laissé un commentaire chez la première.
Madison, dont je dois lire l’histoire ¤ arrrgh ¤, enrageait de ne pouvoir s’exprimer plus longuement sur le sujet.

Dans le billet qui m’a inspiré la présente note, La Grande Loulou s’interroge sur les racines, les origines.
Elle écrit : « et vous, quelles sont vos origines ? Que transmettez-vous ? »
J’arrive en retard, les autres ont tout dit dans leurs commentaires…
Ou peut-être pas après tout.
La série Sinon, vous êtes… évoque un peu le sujet, mine de rien.

Forestine en commentaire, nous faisait savoir qu’elle n’avait jamais vraiment compris cette phrase qui lui était restée dans la tête et qu’Alice Walker avait mise dans la bouche de l’héroïne de La Couleur Pourpre :

« Quand vous vous regardez dans la glace, qu’est-ce que vous voyez? Une femme, je parie. Eh bien moi, je vois une noire. »

Dans la réponse que j’ai faite à ce commentaire, j’ai précisé :

Quand je me regarde dans la glace, je vois “Jazz”, un mélange. Pas plus noire que femme, pas plus Antillaise que Parisienne, pas plus Européenne que Française. Je suis tout ça à la fois, et ça ne me pose pas de problème.


Le Loup, lui, est à la fois pied noir, normand, francilien, berrichon et inconnu.
Il n’a jamais été en Algérie, et je doute qu’il ait jamais mis un pied dans le Berry.
Quand je lui ai demandé s’il fallait définir ses origines, spontanément, il a lâché : « ben, c’est moi ! » sans vraiment y penser. Le Loup est un gars plein de sagesse.

Où sont mes origines ?
Elles sont ici et là.
A Paris, mon Paris, où je suis née et où je vis.
En Ile-de-France, un peu où j’ai vécu toute petite.
En Guadeloupe, l’archipel caraïbe que j’ai appris à aimer et où j’ai vécu mon adolescence.
Dans ma chère ville de Lille, où mes yeux ont tant scruté le ciel pâle.
Sous le soleil de la Baja California, où j’ai tant appris si vite.
En France hexagonale et d’Outre-Mer.
En Europe, parce que je m’entête à croire que nous sommes plus que des pays voisins.
Quelque part en Bretagne et en Normandie.
Quelque part en Inde.
Quelque part en Afrique un peu aussi, mais elle me paraît bien loin cette terre-là, et pourtant…

S’il fallait choisir une origine parmi toutes, je serais bien embêtée.
Je ne pourrais pas.
Je suis ça et ça, tour à tour et tout à la fois.

Mes racines ne sont pas celles de mes parents. Ce sont les miennes.
Ce sont celles que je me suis appropriées dans ce qu’ils m’ont transmis, dans ce que j’ai vécu, ce dont je me souviens, ce que j’intellectualise, ce qui trouve accueil en moi, ce qui me happe et me ravit, et parfois aussi ce qui me fait de la peine et me dégoûte.
Ce sont celles dont je me réclame, et celles que parfois je préfèrerais oublier, mais elles forment un tout, un noyau autour duquel viennent s’agglomérer d’autres influences.

Un mélange d’original et d’originel.


Mes nouvelles racines sont surtout là où je veux bien les faire prendre, là où elles s’épanouissent le mieux, là où elles veulent bien s’établir.
Je ne veux pas me laisser dépasser, engloutir par une culture que je n’ai pas embrassée. Et pourtant…
Dans ma culture française de France, dans ma culture antillaise il est des choses que je ne supporte pas. J’ai parfois une attitude très Parisienne qui parfois m’exaspère.
Non, je n’aime pas tout aveuglément.
J’ai la chance d’avoir reçu certains éléments donnés sans imposer, j’ai aussi la chance d’avoir pu choisir ce que je voulais garder de cet héritage. Tout le monde n’a pas forcément ce luxe.

J’apprendrai le créole à nos enfants, les p’tits Loups swinguants.
Ils connaîtront la terre de leurs grands-parents maternels, les champs de canne et la mangrove, la Soufrière et les rivières, les plaines sèches jaunies de la Grande-Terre, laes reliefs en verdure de la Basse-Terre.
Ils entendront probablement parler de l’Algérie, et des Alpes chères à leur grand-père paternel.
Ils vont passer pas mal de vacances scolaires chez leurs grands-parents paternels ¤ ben oui, pendant que nos enfants sont bien gardés, à nous deux les séjours en amoureux dans de maginfiques contrées… ¤.
Tout ça fera partie du panier de culture que nous leur passeront, et ils en feront ce qu’ils voudront, car tout ne sera peut-être pas bon à prendre.
Ceci dit, ça m’arracherait un œil que mes enfants ne parlent pas créole, mais s’ils choisissent de ne pas utiliser cet idiome, ce sera leur choix ¤ mais ça me ferait vraiment tellement ch… ¤.

J’espère leurs propres expériences, les endroits qu’ils visiteront, les cultures qu’ils approcheront, les imprégneront, j’espère qu’ils prendront un peu de mes racines et de celles de leur père pour grandir.

Et pour filer la métaphore horticole, les petites boutures que nous aurons faites vont se développer, prendre des greffons peut-être, sûrement, j’espère, vivre sur le sol qu’ils auront choisi et nous verrons bien ce qu’ils passeront à leurs propres nouvelles pousses.

Plus je sonde les sites d’emploi à la recherche du nouveau job de mes rêves, plus je trouve que les entreprises cherchent des profils prodigieusement précis.
Ils cherchent la perle rare, comme toute jeune fille en fleur ¤ ou en boutons ¤ qui jure qu’elle n’acceptera que le parfait prince charmant, ce jeune homme châtain clair, les yeux bleus le matin, verts l’après-midi, trente-deux dents blanches et régulières, une peau parfaite, des muscles bien dessinés…

Trop précis mesdemoiselles !
Ah non, vous répondent-elles, il pourra faire entre 1m82 et 1m84.

Ah, mais quelle tolérance, y’a pas à dire, vous ratissez large !

Et puis, un jour, la gamine se rend compte qu’en fait de prince charmant, sa description avait manqué de préciser certains aspects : qu’il soit hétéro, qu’il n’aime que moi, qu’il fasse la vaisselle, qu’il n’ait pas honte d’aller m’acheter des tampons quand il y a urgence, que sa mère ne soit décédée depuis longtemps mais pas trop, parce que je ne vais pas la remplacer non mais ho , qu’ils soit fils unique pour éviter que les autres éléments de la fratrie ne l’accaparent, qu’il n’ait pas d’amis lourdingues qui l’entraînent dans des beuveries sans fond, qu’il ne soit pas ci, qu’il ne soit pas ça…

La liste des desiderata n’est jamais assez longue…

Ou alors, elle se demande si elle n’avait peut-être pas énoncé trop de critères dans sa requête.

Peut-être que la gentillesse et la dévotion de ce brun aux yeux noisettes auraient pu lui faire oublier les quelques centimètres qui lui manquaient.

Si elle n’avait pas disqualifier d’office tel autre à cause d’un peu de gras du bide, elle aurait été séduite par sa personnalité.

Au lieu de ça, ce soir encore, elle restera avec son crétin de mec qui lui parle comme à de la merde, et qui passe si peu de temps avec elle, qu’elle ne se souvient plus de la teinte que prennent ses jolis yeux avec les changements du soleil.

Ah, tant de critères à respecter…

Comme si les histoires d’amour n’étaient pas encore suffisamment anxiogènes, on se met des barrières un peu débiles, des œillères en limitant son choix et pour quoi ?

Bref, mettons fin à ma comparaison douteuse.

Sur les sites, on trouve des annonces comme celles-ci.


Cherchons
un(e) consultant(e)
avec une double formation ingénieur(e) systèmes/réseaux et oncologie des pieds bots
et une expérience d’au moins cinq ans dans le toilettage de caniche.

Poste à pourvoir urgemment.

___

Société d’export en tatanes d’occasions
recherche
une assistante de direction
¤ vous remarquerez que ce sont presque toujours des femmes qui sont demandées pur ce poste, sous prétexte que nous sommes plus soigneuses, plus discrètes et plus organisées, je dis faux, faux et re-faux, halte à l’hypocrisie ! ¤
ayant eu exercé au moins dix-huit ans comme serveuse dans un bistrot parisien où seuls 67% de la clientèle habituelle exigeait des places non-fumeur, avec une bonne connaissance de l’arrosage de bananier d’appartement, et un solide carnet d’adresses dans le ravitaillement cycliste. Connaissance du tamoul un plus.

__

Dans le cadre d’un création de poste,
mon client,
acteur majeur dans la récupération et le recyclage des os de hamsters,
cherche
sa/son Responsable de Communication

Ayant passé six années à la tête de la communication d’une banque d’affaires mêlée à un gros scandale financier, vous saurez apprivoiser un chien sosie de Lassie pour lui faire danser la gigue à reculons. Ayant multiplié par 800 trois ou quatre années de suite le porte-feuille clients de chacun de vos deux derniers employeurs nés en Île-de-France, aimant la choucroute garnie en conserve, vous possédez de préférence un tête bien plate (pour porter les plateaux repas et cafés lors des conseils d’administration).
Les propriétaires de 4×4 tunés dont le pot d’échappement génère de grosses bulles roses parfum tagada bénéficieront d’un regard particulièrement favorable.

Vous accepterez bien entendu, d’être payé au lance-pierre, dans le cadre d’un CNE et d’abandonner toute vie privée (si tant est que vous en ayez encore une).

__


Bon, OK, j’exagère… mais à peine.

Les boîtes trouvent-elles réellement ces perles rares ? J’ai du mal à le croire.

D’ailleurs, souvent les annonces les plus précises sont celles qui restent le plus longtemps sur les sites, et un œil exercé, amis fatigué de parcourir ces pages remarquera que de telles annonces sont souvent reformulées, retouchées, amaigries, bref, rendues moins arrogantes, extravagantes et irréalistes dans leur demande afin d’attirer des candidats qui existent ailleurs que dans leur tête de débiles exigeants et qui qu’il est possible de rencontrer dans la vraie vie, pas dans les films qu’ils se font le matin sous la douche.

Ou ces annonces sont-elles seulement de grandes aspirations pour de petites réalisations ? Les entreprises visent-elles la Lune pour, d’une part, décourager les candidats les moins bons (souvent les moins réalistes sur leurs capacités et qualifications, mais au moins, ceux-là ont de l’aplomb), et d’autre, part s’approcher autant que faire se peut du candidat idéal décrit ?

Bientôt, les recruteurs en auront un peu marre demander une expérience de x années dans un milieu parfaitement similaire (soit, chez un concurrent) combinée à une quadruple expertise farfelue, assortie d’une connaissance de huit langues mortes et enterrées (dont le candidat n’aura jamais l’usage de toutes les façons à moins de tomber sur l’une des 6 personnes qui les pratiquent encore occasionnellement dans le monde, mais qui de toutes les façons, n’ont pas le téléphone), et d’un certains nombres d’allèles dont la liste se trouve en annexe.

Un jour, les annonces auront atteint un tel degré de précision qu’elles se réduiront peut-être à :


Leader mondial
dans conception de matériaux de construction de beignets flottants
cherche pour poste de commercial(e) semi-sédentaire :

Amélie Lebrun
(ou Vincent Delebaer, si Mlle Lebrun n’est pas disponible).

C’est con parce que je ne te connais même pas en vrai

mais ça me fait quand même plaisir pour vous

 

 

écrivait Bakemono en réponse à ma dernière note.

C’est con ? Peut-être pas tant que ça…

Quelques jours, quelques mois, plus d’un an déjà que cette idée de note trotte dans ma tête, sans jamais lui donner corps sur le clavier parce que c’est trop con, trop bateau, trop stupide.
Comme si d’habitude, je mettais un point d’honneur à ne mettre en ces pages que de la grande littérature, de véritables défis intellectuels, exclusivement des propos hors du commun et savamment exprimés.

Alors , voilà.

Je ne connais pas Bakemono autrement qu’à travers son blog.
Nous n’habitons pas la même ville.
Je ne pense pas que fréquentions les mêmes magasins ¤ bien que j’adore les fringues asiatiques confortables ¤
Dans la vie, si nous nous croisions dans la rue, ou faisions la queue devant un kiosque à journaux, je crois que je la trouverais un peu trop dark à mon goût, et elle penserait probablement que j’ai un peu la dégaine d’une pétasse boboïsante parisienne de ses deux à qui il ne manque que le yorkshire à couettes dans son panier Burberry.

¤ Allons jusqu’à imaginer que son mépris à mon endroit se lirait sur son visage, que je lui renverrais un vilain regard qui en dirait long : la bataille qui suivrait se terminerait vraisemblablement en défaite cuisante pour moi car Bakemono-San a plus de technique que moi — elle mate des mangas, gaffe ! — et je n’ai que de lointains souvenirs de ma formation à l’Ecole Hauts-Couteaux aux côtés de l’Héritier de la Grande Loose*.

Dark Metal 1 – Parigote pseudo-hype 0 et 1 ongle cassé ¤

C’est vrai que nous avons des points communs.



Tout d’abord, nous sommes toutes deux blogueuses sur over-blog de surcroît. Mais bon, il y a des milliers de blogeurs et ce n’est pas pour autant qu’un lien se tisse avec chacun d’entre eux.
Encore que…

Le fait de savoir qu’une personne blogue me prédispose à vouloir entendre ce qu’elle a à dire davantage que la parole d’un non-blogeur. Après, il arrive que je ne sois pas du tout d’accord avec ses opinions, son mode de pensée. ¤ Non, les blogeurs ne sont pas tous mes amis, surtout ceux qui écrivent en SMS. ¤

Mais la blogosphère a atteint très rapidement une taille critique. Par taille critique, j’entends, le rang au-dessus de celle qu’avait la Toile les premières années où elle s’est fait connaître de tous. Il y avait les webmasters qui alimentaient leurs sites persos avec force animations et transitions savoureusement kitschissimes aujourd’hui ¤ sauf aux yeux de mes boss qui trouvent ça « vraiment très vivant, moderne et dynamique » d’avoir des transitions aléatoires entre deux pages d’un site corporate, mais bon, passons… ¤ et aussi les premiers utilisateurs  – civils — qui empruntaient en masse les autoroutes de l’information. Ils étaient suffisamment nombreux pour penser qu’ils formaient une communauté hétéroclite et mondiale, et suffisamment peu pour avoir le sentiment d’appartenir à encore à un club qui les rassemblaient autour d’un même phénomène encore réservée à quelques privilégiés même s’ils sont déjà plusieurs millions avec leur carte de membre. ¤ Rappelez-vous les CD d’essai gratuit pour un mois, la signature sonore d’AOL, le bruit du modem s’activant enfin après la cinquième tentative de connexion et le bonheur que ce zigouigoui métallique provoquait en nous, les recherches sur lokace… Vous y êtes ? ¤

Aujourd’hui 20 millions de foyers français ont un accès Internet**, le triple play séduit de plus en plus, les Blackberry et les téléphones 3G pullulent. Le fait de ne pas être connecté marginalise : vous êtes pauvre (que ce soit dans un pays riche ou pauvre sous-développé pas encore sorti de l’auberge tant qu’on vous y maintient en voie de développement), simplement réfractaire à la technologie, tellement isolé que même le rayonnement des satellites vous évite, ou juste trop vieux, c’est honteux. Être Internaute, c’est devenu une sorte de norme comparable au fait d’avoir, je ne sais pas moi, deux yeux ¤ hmm hmm… bonsais29, si tu me lis… ¤, ou un visage. Quand on n’en a pas on est bizarre, mais le fait d’en avoir ne créé pas en vous un sentiment d’appartenance particulier au groupe des « gens qui ont une paire yeux et un visage » ¤ sauf pour Isabelle Dinoire, évidemment ¤.

Et puis, autre point commun, il y a Metallica, que j’apprécie, mais bien moins que Bakemono et que le Loup qui m’a fait partager son goût pour la musique de ce groupe.
¤ Oui, oui, oui, moi aussi avant de connaître, si on compte pas quelques solos de guitare entendus par hasard que je trouvais pêchus, j’étais quasiment sûre que c’était du bruit de la musique pour ados attardés qui se sentent inadaptés dans cette fichue société d’hypocrisie ambiante, j’veux dire, tu peux pas comprendre… Depuis, j’ai changé d’avis, et vous recommande l’excellent documentaire : Some Kind of Monster, couillu, troublant, rythmé, intime et incroyablement vrai, à voir même si / surtout si vous n’êtes pas fan de métal et /ou de documentaires. ¤

Mais ce n’est pas assez me dis-je.
Si je devais me coltiner tous les blogs de fan de Metallica, je ne serais pas rendue.

Il doit y avoir autre chose.


Elle me lit, je ne sais pas pourquoi, le sait-elle elle même ? ¤ heu si oui, je suis intéressée de savoir pourquoi. ¤
Je la lis, avec plaisir, sans vraiment m’expliquer pourquoi, peut-être que je me retrouve un peu en elle, qu’elle contente la partie de moi qui porte du noir, à envie de mettre un pied au derrière des caniches qui bavent, rêve de rembarrer méchamment les petites vieilles malpolies qui puent un parfum trop capiteux pour dater de ce siècle, et veut apprendre le japonais.

Quand j’ai découvert, en retard, comme toujours, qu’elle avait eu un accident de voiture, j’ai eu très peur pour elle, quand j’ai appris qu’elle allait mieux, j’ai été soulagée.

Pourtant je ne la connais pas, cette fille. Non. Tout juste un petit bout d’œil un peu mélancolique, un peu naïf et perçant mais que je ne reconnaîtrais probablement pas si je voyais le visage qui va avec.

Nous ne nous connaissons pas, et pourtant, elle se réjouit du désir de grossesse partagé d’une fille qui porte des bottes bizarres à fleurs et de son Loup suffisamment bizarre pour aimer une fille qui porte des bottes bizarres à fleurs.

Il doit y avoir autre chose.
Oui, mais quoi ?

____
* vous aurez reconnu, surtout vous les tout juste trentenaires, Crème sur le Divan Ken le Survivant, de l’Ecole Hokuto, Héritier de la Grande Ourse.

** source : Journal du Net - MORI/Hotwire

Dubaï ?

Hein, non, mais c’est vrai quoi !

Le Loup et moi n’avons pas peur de partir vivre à l’étranger, on en a même envie pour tout dire.
Lui se fait avoir sur toute la ligne à son boulot à force de courir de pige en pige et de CDD en CDD après un CDI qui n’arrive pas. Moi, vous le savez, j’en ai tout simplement marre, envie de changer d’air.

Dubaï, ça m’a l’air très bien. Et moi qui ai toujours voulu parler arabe…

¤ ensuite, si je deviens riche, j’achète la réplique de la Guadeloupe dans le projet “The World“. j’imagine à peine la taille de l’Îlet du Gosier… ¤

Si quelqu’un sait, merci d’éclairer ma lanterne…

après-vente

une réclamation, un mot gentil ou envie de dire bonjour ? Merci d'écrire à m o n b l o g n o t e s @ g m a i l . c o m