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Chers vous,
Voilà, l’année touche à sa fin.
Beaucoup d’événements pas toujours heureux l’auront marquée : mariage, décès, maladies, grossesse, frustrations et bonheurs.
Je ne sais pas si vous êtes de ceux qui espèrent toujours que l’année d’après sera meilleure.
Je crois avoir pensé ainsi pendant longtemps, à une époque où j’étais beaucoup plus insouciante, mais depuis quelques années, je me contente de vivre les jours comme ils viennent avec leur lot de nouvelles, bonnes ou mauvaises. J’essaie surtout de trouver quelque chose de positif dans tout. C’est un effort dingue pour moi qui suis très angoissée, mais je m’accroche souvent à ça : une leçon apprise, une bonne santé, la présence de ceux qui vivent encore et qui savent qu’on les aime, le souvenir d’un bon moment et l’envie d’en avoir encore d’autres à vivre…
Mais parfois, c’est dur de trouver du bon : avec la vague de froid, je me prépare chaque jour à entendre le bilan des sans-abris morts. Alors, on peut se dire : “ben, raison de plus pour apprécier le toit sur notre tête et la nourriture dans nos assiettes”. C’est vrai, mais ça n’empêche pas les gens de mourir de froid en bas de chez nous, ou de souffrir de malnutrition ailleurs (mais ici aussi, hein, vous le savez bien).
Alors, cette année, s’il vous reste un ticket resto, un peu de monnaie, un peu de sou, un peu de sourire, des jouets ou des habits que vous n’utiliserez plus, essayez de faire une bonne action.
Pas besoin d’aller jusqu’à s’inscrire dans une association, pas besoin non plus de passer un réveillon à servir de la soupe, enfin, sauf si vous en avez vraiment envie…
Ce n’est peut-être pas grand chose, mais ça peut aider quelqu’un qui en a besoin.
Désolée de me la jouer grande moralisatrice et de plomber un peu l’atmosphère, mais voilà, il fallait que ça sorte.
Je vous souhaite à tous de passer d’excellentes fêtes, de bien profiter de ceux que vous aimez, de ne pas tomber malades (si vous n’avez pas pu faire autrement et que vous empruntez le métro parisien, évitez de vous asseoir à proximité d’une femme enceinte, et si vous ne pouvez vraiment pas poser votre derrière ailleurs, essayer de tousser et d’éternuer dans vos mains, et évitez d’agiter votre mouchoir humide comme un drapeau de paix… merde quoi !), de bien rire (ça fait tellement de bien), de penser un peu aux autres (surtout aux femmes enceintes qui sont debout dans les transports), et d’aimer, aimer follement, aimer passionnément, aimer tant que vous pouvez.
Grosses bises à ceux que je connais, à ceux que je ne connais pas encore (les timides qui ne font pas de commentaires), à tous.
Jazz
De temps à autre, j’ai des lubies.
Parfois, c’est imaginer les gens au moment de leur jouissance.
D’autres fois, c’est de faire un pari avec moi-même sur le nombre de pas qu’il me reste à faire avant d’arriver à ma destination.
D’autres fois encore, je compte les marches des trois étages qui séparent l’entrée de mon immeuble et notre appartement. Il y en a 55 mais parfois, c’est flippant, j’en compte 54 ou 56, le maximum ayant été 57. Ce jour-là, j’ai vraiment eu peur, cette sensation de terreur sourde où vous avez l’impression que quelque chose ou quelqu’un vous joue des tours. Attention référence littéraire : ceux qui ont lu Le Horla de Guy de Maupassant comprendront.
En ce moment, grossesse oblige, mon nouveau truc, c’est de me dire que tous les gens que je croise ont été bébé autrefois et de feuilleter en pensée leur album de famille en m’attardant sur les photos des premiers mois de leur vie.
Pour certaines personnes, il est particulièrement difficile de croire qu’elles ont connu l’état de nourrisson : le mec fou qui injurie les gens dans la rue, ce monsieur qui donne des coups de pied à son chien parce qu’il voulait lécher du vomi ¤ c’est moi, où le motif du vomi revient souvent chez moi, là ? ¤, la dame qui a pris cet air pincé en traversant le rire tonitruant de jeunes étudiantes, et Claude, ma collègue de bureau.
J’ai beau faire de mon mieux pour l’imaginer bébé, en longue robe de baptême blanche, dans un sourire que ses parents ont dû mettre une bonne demi-heure à figer sur ses lèvres boudeuses, portée par sa marraine dont la moitié de la tête sort du cadre de cette vieille photo en noir et blanc, jaunie et écornée, mais non, même à grands renforts de détails, ça ne marche pas.
Quand je l’entends se plaindre de son traitement tout léger pour la repousse de ses tifs, alors que je n’ai qu’une envie, c’est de lui dire que ma belle-mère va se faire couper un sein qu’elle ne voudra probablement pas faire reconstruire par peur de repasser sur le billard à plus de cinquante ans, que mon beau-père et ma grand-mère qui ont eu chacun un accident vasculo-cérébral (AVC, quel sigle horrible) doivent suivre un traitement à vie avec des rendez-vous médicaux jusqu’à la tombe, que le Loup avec ses calculs rénaux doit se priver de chocolat, manger sans sel, et éviter tout un tas de trucs dont il raffolait avant.
J’ai envie de lui dire : “hey, toi, grosse nase, si au lieu de te plaindre de ta vie, tu essayais de voir le bon côté des choses, peut-être que tu serais moins aigrie et que ton caillou serait moins lisse…” Mais je me retiens.
Qu’elle se plaigne, passe encore : elle ne sait pas forcément ce qui se passe dans ma vie et à quel point je peux trouver ses complaintes indécentes. Mais quand elle s’apitoie sur son sort et agit de manière infecte avec tout le monde, là, j’ai envie de lui dire “Mais tu vas fermer ta gueule Claude et être un peu plus gentille !”
Elle se plaint, à tort souvent, de tout et de tous, sans penser au mal qu’elle fait autour d’elle.
Combien de fois l’ai-je entendu accuser un collègue d’incompétence ou de je-m’en-foutisme, alors qu’elle s’était trompée. Bien entendu, à mesure que le temps avance, les reproches prennent de l’ampleur dans sa propre bouche jusqu’à ce qu’elle n’y tienne plus et les déverse dans chaque paire d’oreilles passant à portée de voix. En revanche, quand elle se rend compte de son erreur, les rares fois où ça arrive, elle ne pipe mot, pas même pour laver la réputation qu’elle s’est fait un plaisir de salir.
Ajoutez à cela, un cynisme systématique, un manque de politesse (ni merci, ni s’il te plaît), et une humeur massacrante un lundi sur deux (mais ça dure quinze jours…) et vous avez un portrait de la personne que je voie quasiment cinq longs jours sur sept.
Alors elle, oui, j’ai vraiment du mal à l’imaginer en poupon joufflu, aimé et jovial.
Tout d’abord, soyez rassurés : le bébé va bien.
Les vacances plus près ¤ tout près même ¤ de l’équateur se sont bien passées : un endroit paradisiaque, une belle mer (même si, pas chauvine du tout, je préfère certaines plages de chez moi), des gens très accueillants, une chambre gigantesque dans laquelle on peut mettre notre appartement actuel ET un cagibi ET un dressing de taille correcte.
J’ai vu des poissons très sympa sans avoir à enfiler tuba et palmes : ils passaient tout le temps devant ou sous notre bungalow aussi pouvions-nous les apercevoir depuis le panneau de verre dans le plancher.
Nous en avons profité pour visiter deux îles voisines : court, mais chouette.
La nourriture était très bonne, super variée, les serveurs étaient super sympa avec moi, encore plus du jour où ils ont su que ce ventre était l’effet d’une grossesse et non d’un abus de bière.
Du coup, qui a eu droit au pain tout chaud à peine sorti du four, aux morceaux de poissons frais choisis dans les meilleures parties, aux morceaux de viande découpés avec amour ?
C’est moi !!!!
Qui n’a pas eu droit au rappel silencieux qu’elle avait vomi l’entièreté de son premier petit-déjeuner devant une belle assemblée de serveurs effarés devant la longueur et la force soudaine de mon jet de dégueulis à deux pas ¤ ce n’est pas une image ¤ du stand de crêpes ?
C’est moi !!!
Je peux vous dire que j’ai flippé, parce que pendant les 2 ou 3 heures qui ont suivi mon renvoi d’œufs brouillés-saucisse de poulet-lait chaud, je n’ai pas senti de mouvements de la part du bébé, celui-là même qui a pris depuis quelques semaines maintenant l’habitude de se faire ses petits cours d’abdos fessiers et de stretching (pour éviter les crampes…) plusieurs fois par jour.
Au bout d’un moment, bébé s’est rappelé à mon bon souvenir, histoire de m’offrir un pense-bête bien marquant sur les points suivant :
- je n’aime pas le lait de vache, donc je n’en abuse pas.
- je ne dois pas mélanger œufs brouillés et charcuterie (même quand c’est pas vraiment du cochon),
- le fait de manger sous d’autres latitudes des trucs que je ne supporte pas ne couillonne pas mon corps, s’il n’aime pas, il rejette,
- c’est dangereux de se livrer à ce genre d’expériences culinaires quand on est enceinte,
- parfois, les premiers vomissements peuvent apparaître au second trimestre.
Comme on pouvait s’y attendre en cette saison, la pluie nous a arrosés maintes fois, mais surtout la nuit, pas un jour sans soleil d’ailleurs, malgré mon chapeau à large bord et les six enduits quotidiens à l’écran solaire bio indice 30, j’ai réussi à prendre quelques jolies couleurs, un léger hâle qui m’a fait du bien parce que je commençais à ne plus reconnaître cette pâle version de moi-même dans la glace.
Le retour en hydravion a été épique.
Ceux qui ont déjà vécu un transfert dans un petit hydravion de 15 places dans une petite dépression tropicale bien arrosée, avec deux enfants juste derrière vous qui vomissent tout leur petit-déjeuner 3 minutes après le premier décollage, oui je dis premier décollage parce qu’on a dû amerrir un quart avant d’arriver à l’aéroport qui était fermé pour cause de pluies trop fortes, attendre vingt minutes dans un roulis et un tangage incessant, sans compter la chaleur qui renforçait l’odeur de gerbe, puis re-décollage avec des petites qui terminaient de se débarrasser de leur petit-déjeuner, ceux-là comprendront.
Les autres, les chanceux, devront se contenter d’imaginer.
Nous sommes rentrés épuisés du voyage retour, contents de retrouver notre chez nous parce que, on ne veut pas passer pour des ingrats, mais même au paradis, on s’ennuie un peu quand on n’a rien à faire d’autre que manger, dormir, se baigner, lire et regarder quelques séries américaines. Donc une semaine de farniente, c’était bien pour se requinquer, plus, et j’aurais déprimé. Je rirai jaune, je sais, dans un an, si on me remet ce billet sous les yeux, mais ce n’est pas grave, je l’écris comme je le pense.
Dans le coin mauvaises nouvelles : la mère du Loup a un cancer du sein, mais il est opérable.
En croisant les doigts, elle n’a pas d’autres méchantes cellules cancéreuses et après l’ablation prévue, elle ne devrait pas avoir de traitement.
J’ai appris hier que mon oncle a un début de cancer de la prostate, opérable aussi.
Le frère de ma grand-mère est mort, il nous avait donné un bon conseil il y a près de cinq ans : « ne vous couchez pas fâchés l’un contre l’autre ».
Ma grand-mère a donc perdu en l’espace de 18 mois son époux et son jeune frère. Et malgré tout, elle arrive à garder la pêche. Ma grand-mère est un roc.
La voisine de ma mère aussi est passée de l’autre côté. Ma mère se sent donc plus que jamais seule, sur son palier et dans la vie, loin de ses enfants et sans homme à ses côtés.
La mort, la maladie ça fait partie de la vie, et plus on avance dans la vie, plus on a de chance de voir les siens tomber malade et mourir. C’est horrible et inéluctable. C’est un constat encore plus dur à faire quand on est enceinte et qu’on aimerait que tout soir rose autour de soi.
Enfin, je dis rose…
Je devrais plutôt dire bleu, parce que nous attendons un petit Loup.
J’étais heureuse de savoir que notre enfant est en bonne santé. L’annonce d’un garçon m’a donc fait un heureux choc, autant que si ça avait été une fille, je crois.
Mais, passé ce premier moment d’hébétude totale, est arrivée la période de doute.
« Que fait-on d’un garçon ? » me suis-je demandé.
C’est vrai que dans nos familles, tout le monde semblait espérer une fille, s’attendait à une fille, me voyait portant une fille, en cherchant une justification dans la forme de mon ventre, la pousse de mes poils, mon envie de manger sucré. M’enfin, tout le monde projetait son désir de fille sur mon abdomen, ce que je trouvais assez désagréable au début.
Je n’avais pas envie d’attendre un fils qui serait mal reçu parce qu’il ne correspondait pas au fantasme général.
Je voulais que ce bébé soit en bonne santé et que les gens me fiche la paix avec leurs envies à la noix.
Mais évidemment, on ne peut pas empêcher tout le monde de donner son pronostic et d’exprimer ses volontés, même quand rien de tout cela n’est sollicité.
Aussi ai-je décidé de prendre les choses de meilleure manière : j’ai pris les paris.
Evidemment, tout le monde a perdu, sauf mon frère qui rêvait d’un petit gars.
Et évidemment, j’ai eu droit à des « Mais on l’aimera quand même, hein », ou des « ah, c’est un garçon » masquant à peine la déception.
Très dur à encaisser quand vous avez un petit bout dans le bidon que vous aimez follement déjà et qu’on vous dit qu’il est moins bien que ce que l’on pensait.
Alors, évidemment, j’ai dû briefer ma mère sur les joies futures d’être grand-maman d’un garçon, afin qu’elle passe le message à sa mère, ses sœurs et tous ceux qui ont perdu leur pari : un garçon, c’est chouette, ça peut jouer au golf, ça flatte les femmes de sa famille et ça prend les choses en main. Saupoudrez ceci d’autres clichés positifs sur les hommes : « ça protège », « c’est fort », « ça devient grand et ça vous fait danser aux fêtes de famille », et vous avez un auditoire conquis.
Je ne pensais pas devoir en arriver à cette extrémité pour faire accepter cet enfant.
Mais j’ai bon espoir que tous les anciens partisans de la fille oublient totalement leur prévision foireuse à la vue du petit bonhomme.
Je ne peux pas vraiment leur en vouloir non plus.
Le Loup est fils unique d’un fils unique. Donc, ça manque de fille.
De mon côté, j’ai une famille qui est, par excellence, le clan matriarcal, les hommes sont presque tous des pièces rapportées hormis mes deux oncles, les femmes parlent fort, décident et forment une écrasante majorité.
Dans ma famille, si on n’est pas une nana, il faut se faire discret.
Et puis, mes tantes s’imaginaient une fille, à qui l’on offre des poupées, des robes, des chaussures trop mignonnes, des barrettes, une gamine aux cheveux longs que l’on coiffe à longueur de journée.
Et voilà que je me retrouve avec un petit mec !
Je fais l’aveu de m’être sentie un peu bête parce que je n’avais aucune idée de la manière d’éduquer un gars. ¤ C’est débile, a posteriori, c’est pas comme si j’avais un plan détaillé sur la manière d’élever une fille… ¤
Et puis, à force de réfléchir, j’ai pensé à mon petit frère, à mes cousins, aux fils de mes amis, et je me suis dit que c’était possible.
Ah, la force de l’esprit : maintenant, quand je vois des trucs roses, des robes à froufrous, des accessoires de princesse, j’affiche un mépris nez-pincé et me retourne vite vers les fringues de petit bonhomme pour prendre une bouffée d’air.
C’est débile, hein ?
Et, je me suis souvenue que longtemps, et il y a longtemps, je me disais que j’aurais préféré avoir pour aîné un garçon : j’étais moi-même l’aînée, et j’aurai bien aimé avoir un grand frère pour m’emmener dans des fêtes, en boîte et m’apprendre des trucs. ¤ Sans compter que le complexe d’Œdipe serait totalement à mon avantage… ¤
De son côté, le Loup est super heureux, surtout depuis qu’il sent son fils taper violemment dans sa main quand il la pose sur mon bidon.
Il fallait voir la tête du Loup ¤ qui secrètement voulait une fille aussi, j’en suis sûre ¤, quand il est sorti de l’écho : il avait les larmes aux yeux, pire que pour le mariage. Quelle sensible celui-là !
Mon fils. C’est drôle à dire, ça, « mon fils ». Je vais être maman, même si parfois encore je passe devant la glace au réveil, aperçois d’un œil ma silhouette, fais quelques pas en arrière en me demandant naïvement pourquoi mon ventre est si gros, et me rassure en me souvenant que je suis enceinte.
Bon, je vous laisse, il faut que je continue à regarder des salopettes et des petites baskets pour notre fils à naître.
Maillots de bain – OK
Paréos – OK
Huile après-soleil – OK
Petites robes bains de soleil dans lesquelles je peux encore caser mon ventre – OK
Tongs – OK
Lunettes de soleil – OK
Housse étanche appareil photo – OK
Chapeau larges bords – OK
Eventail – OK
Bonnes lectures – OK
Bas de contention pour l’avion – OK
A acheter :
- Crème solaire bio indice 1280
- Magazines Bébé pour faire culpabiliser l’hôtesse qui nous installera du coup en 1ère classe, surtout qu’en plus on est en voyage de noces et qu’on boit pas de champagne, alors bon, faites un petit geste quand même…
Avant-hier, j’ai reçu un mail de la Big Boss qui me demandait de faire un truc qui avait l’air intéressant sur plusieurs mois, en plusieurs étapes : bref, de quoi m’occuper jusqu’à mon congé mat’.
J’étais surprise qu’elle fasse appel à moi, ça avait l’air un peu sympa à faire, pas trop rébarbatif, utile et le fruit de ce travail serait exposé à tout le groupe. En plus, c’était carrément dans mes cordes !!!
Elle avait dû prévoir ma stupéfaction puisqu’elle a précisé à la fin de son mail : “ce n’est ni une blague, ni un moyen d’occuper ton temps”. ¤ Non, je ne délire pas, elle a bien écrit ça… ¤
Là, j’ai commencé à cogiter, mais histoire d’être sûre d’avoir tout bien compris et de ne pas me tromper de voie, parce que malgré tout, il y avait des choses qui demandaient à être précisées, je lui ai demandé un rendez-vous dans le mail suivant (cliquez sur les mails pour mieux les voir) :
Pourquoi diable ai-je répondu ça ? Quelle drôle d’idée j’ai eue en envoyant ce mail ? Pourquoi ai-je voulu être laconique et ne pas lui faire peur avec toutes mes questions détaillées ? Pourquoi ne lui ai-je pas montré ma gratitude en lui offrant de faire de mon premier-né son appuie-coude pendant les 18 premières années de sa vie ? POURQUOI????
Voilà ce que j’aurais dû écrire :
Clairement, j’aurais dû écrire ça, mais quelque chose m’a empêché de le faire. En tout cas, c’était visiblement mal parce que je me suis pris ça dans la tronche en arrivant le lendemain matin :
Vlan dans les dents !
Je lis le mail au Loup qui me dit “laisse tomber, c’est de l’acharnement !”. Je ne m’attendais pas à un jugement aussi péremptoire de sa part : il est d’habitude si blasé de mes fantasques aventures au travail et trouve toujours que je prends les choses trop à coeur. Là, l’utilisation du mot “Acharnement” et de quelques noms d’oiseau à l’intention de BigBoss m’ont réconfortée.
Le Loup avait déjà été échauffé par la manière dont BigBoss avait formulé sa demande à ma chef ¤ la compagne de BigBoss ¤ avec un superbe “peux-tu ma prêter Jazz” ou encore un “ce travail doit être fait soigneusement”. Il y a bien longtemps que je ne me vexe plus pour si peu dans cette boîte.
Moi, pas démontée, je lui renvoie un mail :
Mail envoyé à 12:26 mercredi.
Jeudi à 19:30, toujours pas de réponse, BigBoss et ma boss (en copie de tout) sont en déplacement et ne rentrent que demain.
Entre temps, ma boss m’a adressé d’autres messages sur d’autres sujets. Le silence de BigBoss ne résulte donc pas d’un problème de réception/envoi de mails, à moins qu’elle ait encore paumé son Blaquebérie dans les chiottes.
Je caresse le doux rêve de lui avoir cloué le bec.
Je ne sais pas où ça me mènera, mais au moins, ça m’a fait du bien de lui renvoyer son Scud dans les guiboles.
Je me tâte cependant : dois-je me fendre demain d’une petite visite à son bureau demain pour lui signifier, gentiment, mais fermement, que je n’ai certainement pas mérité son courroux puis son silence et que si elle préfère que je sois un béni-oui-oui, il suffisait de le dire ?
¤ M’enfin, ce n’est pas vraiment une nouveauté : pour se faire bien voir, il faut être parente avec la boss, ne pas poser de questions et faire semblant d’avoir tout compris. Quoi qu’il arrive, montrer sa gratitude et ne pas sortir du rang. ¤
_____
* Evidemment, les noms de personnes, produits, et divisions ont été changés.
Le sujet semble parfois inépuisable, aussi, voici un nouveau volet de
L’informatique, c’est pas automatique
histoire de ne pas vous faire regretter la vie au bureau pendant le week-end.
- Dis-moi Jazz, il faut que je fasse copier ou coller ?
- Pardon ?
- Copier ? Coller ? Je fais lequel des deux ?
- Heu… C’est une devinette ?
- Non, en fait, j’ai fait un truc si tu veux, et puis là, je ne sais plus quoi faire, si c’est copier ou coller, quand je veux le faire monter, là.
- ???
- J’ai fait un truc pour faire monter mon bloc dans ce fichu tableau, là.
- T’as fait quoi comme “truc” pour faire monter ton bloc.
- Je crois que j’ai cliqué sur couper.
Elle tourne son écran vers moi. Je réalise qu’elle a coupé une cellule et veut la recopier ailleurs, plus haut dans son tableau.
- Ah, OK, il faut cliquer sur “coller”.
- Ah, merci, j’oublie toujours.
____
- Han !
- …
- Han, mais c’est pas possible
- …
- Non, c’est pas vrai…
- Quoi ?
- Ah, merci de me le demander, je crois que j’ai perdu le document sur lequel je travaillais.
- Normalement, ton ordinateur a dû faire des enregistrements réguliers, tu devrais au moins pouvoir retrouver quelques modifications.
- Ah, ben j’espère, parce que j’ai enregistré, j’ai appuyé sur le bouton “enregistrer”, j’en suis sûre.
- Bon, ben alors, tu vas le retrouver, je te montre comment faire.
Après 5 bonnes minutes de recherche, impossible de mettre la main sur le fameux document.
- Pourtant, j’avais bien cliqué là pour enregistrer, amis il faut dire que mes mails ne fonctionnent pas bien en ce moment, alors, ça doit court-circuiter quelque part…
- Non, mais là, c’est pas l’icône enregistrer, c’est l’icône pour envoyer un message électronique…
___
- Je pinceaute, je pinceaute. Qu’est-ce que je pinceaute ! Je n’arrête pas de pinceauter depuis que tu m’as montré comment faire.
- C’est bien ! Contente de voir que ça te rend service.
- Ah ben oui. Tiens, je pinceaute encore… Tiens, pinceau ! Et voilà, pinceau encore…
- …
- DOUBLE PINCEAU !!
- …
- PINCEAU, PINCEAU, PINCEAU, pinceau puissance trois !!!- …- re-pinceau
- Tiens, pinceau !
Prochaine étape : lui apprendre à se servir du pinceau de copie de la mise en forme en silence.
__
- Jazz, je ne comprends pas pourquoi le mot “BARHEIN” est écrit tout de travers.
- Comment ça de travers ?
- Ben oui, tu vois bien, il est déformé !
- Quoi ? Ah, c’est parce que t’es en italique.
- Mais non, c’est pas en Italie, le Barheïn.
- Non, le mot “BARHEIN” est écrit en italique. tu appuies là et il se remet droit.
- Ah, tiens, je l’avais jamais encore utilisée celle-là !
___
Parfois, je me dis qu’on ne peut pas lui en vouloir.
Mais c’est plus drôle à lire qu’à vivre, croyez-moi.
Combien de fois avions-nous eu la fameuse discussion qui commence par “Mais comment on va l’appeler” ?
Dix, vingt, peut-être trente fois.
Au bout d’un moment, nous sommes arrivés à un consensus ¤ en d’autres termes, il a plié sous le poids de ma volonté ¤ pour une fille et un garçon. parce qu’il faut bien que les deux prénoms aillent un peu ensemble, ou au moins qu’ils soient au même niveau : imaginez une fratrie composée de Olympia et Jean, ou encore ¤ rhaaa, c’est dur de trouver un prénom un peu sophistiqué pour un garçon ¤ Thaddéus et Marie. Ca fait un peu “on a bûché sur l’un, et l’autre, on n’avait plus le temps, alors, on a paré au plus pressé” ou “ben, on a bien vu que les prénoms un peu à la con, ça ne sert à rien, alors, on a fait dans le soft pour l’autre”. Bref, ça sent l’échec de dénomination.
Alors, n’allez pas nous compliquer la vie en nous disant que 1) nous pourrions n’avoir qu’un enfant — voire pas du tout, hein, à l’époque on ne pouvait pas savoir, 2) nous pourrions avoir deux garçons ou deux filles, ou des triplés. Nous nous en fichions éperduement. Notre choix un peu fantaisiste était arrêté.
Mais ce n’étaient alors que des discussions dans le vent, certes nous nous imaginions parents de gamins affublés de prénoms un peu à la con, et ça ne nous posait pas de problème parce qu’il n’y avait pas d’autres vies en jeu que la nôtre.
Mais quand Sa Seigneurie Bébé annonce sa venue prochaine, les choses se précipitent et vous vous demandez si vous n’allez pas gâcher sa vie davantage que prévu en lui attribuant une tare supplémentaire qui sera inscrite sur ses papiers.
Donc, vous remettez en question vos choix, pris dans une culpabilité précoce, vous traitant de parents indignes.
Et puis, vous cherchez de nouveaux prénoms, enfin, surtout pour la fille, parce que c’est elle qui héritera du prénom à la con car il ne se lit pas comme il s’écrit. Mais du coup, si vous avez bien suivi, vous comprenez qu’il faut aussi prévoir des solutions de rechange pour le p’tit gars, puisque vous risquez de mettre en péril l’harmonie prénominale de vos enfants.
C’est là qu’il est important de se rappeler que lorsque vous épousez un Loup, vous acceptez tacitement d’être exposée à ses grognements, aboiements et hurlements au sujet de votre nouvelle liste de prénoms.
Aujourd’hui, je décide de prendre une petite pause, j’appelle Monsieur mon époux et je lui donne une petite liste de prénoms glanés sur le net. Morceaux choisis de mon humiliation.
- April ? Non, ni April, ni June, ni Invierno, ni Jueves !
- Chienne ? Tu veux vraiment appeler notre enfant Chienne ? Ah ! Cheyenne ? Parce que tu crois que c’est mieux ? Pourquoi pas Apache ?
- Fleur ? Ca c’est un nom à finir à traire les chèvres dans une communauté hippie au nord de San Francisco…
- C’est un nom de guirlande de Noël, ça, Isadora. T’as quoi d’autre ?
- Next !
- Mais c’est immonde !
- Iris ? Oui, ou bien Clavicule, comme autre partie du corps, c’est aussi bien, non ?
Voilà, donc, je revois ma copie, mais au train où vont les choses, je crois qu’on va s’en tenir à notre choix premier ¤ qui évidemment, reste un secret ¤.
Comme d’habitude, on a mis un temps fou à se décider pour notre prochaine destination de vacances/lune de miel/farniente éhonté.
Mais maintenant, nous savons enfin où nous allons passer une petite semaine de repos dans moins d’un mois.
Là :
(désolée pour les crédits, je ne sais plus d’où j’ai pris cette photo…)
Photo de DanTheBeastMan
Bon, alors, OK, ce n’est pas vraiment une expédition culturelle, mais pour cette fois, on a ben mérité de ne rien faire ¤ j’ai quand même acheté plein de bouquins à lire sur place, parce que l’observation des poissons à travers la dalle vitrée de notre bungalow sur pilotis, ça risque de me lasser quand même ¤.
Je suis impatiente d’y être…
Attention, phrases longues, prenez une grande respiration avant de lire ce qui suit.
Depuis que j’ai annoncé ma grossesse au boulot, une fois passés le commentaire habituel de ceux qui n’aiment pas être pris au dépourvus, ce fameux “je le savais” ¤ Ah bon, alors pourquoi cet air de surprise, et pourquoi ça n’avait pas l’air de te déranger de me faire porter des colis lourds ? ¤, les chuchotements qui s’arrêtent de manière suspecte quand j’entre dans une pièce, l’apathie presque rassurante de ceux qui accueillent la nouvelle avec un œil torve, et les quelques “c’est vrai ? chouette !” de ceux qui ne sont ni enragés de la vie, ni dégoûtés par le bonheur des autres, qui s’en foutent parce que mon absence n’aura pas de répercussion sur leur propre boulot, l’étonnement souvent mal feint de ceux qui ont appris par ragots mais qui veulent jouer les ignorants, et les vraies félicitations de ceux qui m’aiment bien et sont heureux pour moi, j’ai vite eu l’impression que ma vie, mon corps, mon ventre basculaient dans le domaine public.
Je vous passe les réflexions du genre “Alors, maintenant que tu es mariée, tu t’es dit que c’est permis ? Allez, youp-la-boum ?” ou “Alors, ça faisait longtemps que tu essayais ou c’est arrivé comme ça ?” ou “Tu le sais depuis quand ?” qui seraient déjà bizarres venant de collègues avec qui je n’ai pas d’affinités, mais qui frôlent carrément la prise de renseignements “tout ce que vous dites ici sera retenu subrepticement mais effectivement contre vous” quand elles émanent de ma chef directe.
Elle aurait tout aussi bien pu me dire : “alors, depuis combien de temps tu prévois de nous faire un bébé dans le dos, hein, grande garce, c’est pas comme ça que je vais pouvoir te pousser à la démission ! Il ne me reste plus qu’à continuer à te demander d’exécuter des tâches bien chiantes, avec des délais de maboule, sans jamais parler d’augmentations et te reprocher de tirer la tronche 50% du temps, même quand tu affiches un sourire ultra-brite en toutes circonstances (deuil, maladie des proches, anémie grave), sans jamais te plaindre ¤ en dehors de ton blog ¤. De toutes les façons, t’es tellement conne, tu n’as même pas relevé quand quelques mois après, pour t’envoyer dans le placard de la ménopause, j’ai invoqué — en totale contradiction avec mes propos antérieurs, je le sais, mais je dis ce qui m’ararnge — ta bonne humeur à toute épreuve ; d’ailleurs, ça te plaît de donner des cours d’informatique à des gâteuses qui se plaignent tout le temps ?”, ouais, elle aurait pu dire ça, au moins, j’aurais apprécié sa franchise.
Je me contente de rester vague dans mes réponses en disant : “c’est arrivé, c’est arrivé…”, “j’ai su depuis hof… longtemps”, et ma préférée “oui, j’ai découvert les joies de l’intimité depuis le mariage”. Ce genre d’humour semble avoir le pouvoir de stopper la curiosité des gens.
Qu’on regarde mon ventre en tentant d’être discret, qu’on me demande le sexe (je ne saurai pas avant un mois et demi) ou si j’ai des prénoms en tête ou si j’ai une préférence pour une fille ou un garçon, si je vais bien, si tout se passe bien, si je suis heureuse, si mon mari, nos familles le sont aussi, si ça me fait drôle, si je le sens bouger, tout ça, ça ne me pose aucun problème : ces questions appartiennent pour moi au registre poli et badin des discussions supportables quand à la grossesse, cet état soulevant, je le constate, toujours une foule d’interrogations pour ceux qui sont passés par là, et les autres aussi.
Mais que ma chef (qui a gentiment indiqué la sortie à 4 personnes depuis le mois d’avril) me pose des questions qui touchent à des domaines plus intimes comme la “facilité” d’avoir un enfant, sachant que c’est souvent un sujet très douloureux pour nombre de couples, qu’elle prétende faire amie-amie avec moi juste pour me soutirer des informations, qu’elle enrobe tout ça d’humour, ça me fout les boules.
Ces gens ne sont pas mes amis, juste des collègues que j’ai du mal à tolérer souvent tant leur hypocrisie cousue de fil blanc, leurs petites manipulations, leur plaisir à lancer des rumeurs juste pour savourer les dommages qu’elles produiront, leur incapacité à vivre en dehors des enjeux du travail, tout ça, tout ça, me filent la gerbe.
¤ Bref, maintenant je comprends mieux pourquoi la fantasque Mademoisele C., une ancienne collègue, répondait à qui lui demandait si elle avait voulu d’un enfant depuis longtemps : “ça nous a pris comme une envie de pisser”. Précisons que nous enchaînions à l’époque les vagues saisonnnières de départs plus ou moins volontaires et son poste était comme tant d’autres, menacé. Elle a bien fait la maline, en plus, après son congé maternité, elle s’est barrée pour suivre son mari en Orient, loin des turpitudes de la vie en agence… ¤
Heureusement, au-dessus de cette mélée crasse, il y a quelques personnes qui sont sympa, ils peuvent me poser les mêmes questions que ma chef et ça ne m’embêtera pas plus que ça, et si je suis gênée pour leur répondre, au moins, je peux leur dire clairement sans qu’ils ne s’en formalisent. Ceux-là ont l’air vraiment sincère et ont même tendance à ne plus me parler que de cette grossesse en bêtifiant quand ils me parlent ou en s’adressant carrément à mon ventre. On m’avait prévenue. Je savais que mon bide allait concentrer toutes les attentions, bonnes ou mauvaises…
Je sais que je ne suis plus vraiment la même maintenant, mais avant de me transformer en culbuto puis en mère, j’aimerais être encore un peu tranquille.
Aussi je suis tentée de jurer de plus belle quand on me dit qu’il faudra m’habituer à ne plus dire de gros mots (moi qui en dis si peu d’habitude à part l’occasionnel “pµtain”), de changer de conversation quand une mère évoque son épisiotomie, et de transformer la réplique d’Adriana K. en “regardez-moi dans les yeux, pas au niveau du nombril”.
D’ailleurs, celui-ci commence à se montrer dangereusement, menaçant de sortir complètement ¤ à mon grand désarroi car je ne supporte pas qu’on me touche le “bibic” comme on dit chez moi ¤. Donc, ceux qui veulent me toucher le bide peuvent toujours… se toucher.
Peut-être que quand l’enfant bougera, je n’aurai qu’une envie : plaquer la première main qui passe contre mon abdomen gonflé. Pour l’instant, la simple perspective que quelqu’un d’autre que mon mari (ou ma mère ou mon frère, voire mes beaux-parents ¤ mais à mon avis, ceux-là sont tellement respectueux qu’il faudrait les forcer à me toucher ¤) pose ses doigts sur moi pour me palper l’utérus ¤ MON UTERUS !!! ¤ et sentir les ruades de son occupant me donne envie d’ouvrir la boîte-à-baffes ¤ le grand modèle de boîte-à-baffes ¤. Comme si on ne passait pas assez de temps comme ça à se faire ausculter, questionner, et analyser urine et sang.
Bon, je relis un peu les paragraphes précédents et je me dis que je vais passer pour une parano qui vit mal sa grossesse, alors que c’est faux : je suis une parano qui vit bien sa grossesse. D’ailleurs, mardi, j’ai vu les battements de coeur du bébé sur le voltmètre ¤ c’est comme ça que j’appelle le Dopple portatif, ça me rappelle mes cours de physique au collège ¤ et il pétait la forme, par contre j’abrite un enfant qui refuse de se faire interviewer : j’ai bien vu le rythme cardiaque capté par le voltmètre, mais pas moyen d’entendre le petit coeur, bébé s’amusait à nous échapper comme une savonnette.
C’est con, mais ça me fait rire de savoir que j’ai un enfant insaisissable. ¤ Comment ça, ça me fera certainement moins marrer quand je lui courrai après partout dans la maison, essayant de lui faire enfiler son pyjama ? ¤
Voici le brouillon commenté de la lettre d’annonce de grossesse que je vais remettre à ma boss.
Encore un ou deux trucs à affiner et je peux l’imprimer. Qu’en pensez-vous ?
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Caroline ¤ toi qui m’a condamnée à l’exil, et qui ne se souvient de moi que pour les tâches ingrates que tu ne veux pas confier à ta belle-soeur que tu as embauchée, et qui me prend pour une parfaite idiote ¤,
Je t’informe ¤ avec une joie que je m’efforcerai de cacher pour ne pas te foutre les glandes puisque la perspective d’adopter ou de faire appel à un donneur pour avoir un enfant avec ta compagne ne doit pas te paraître très reluisante, sauf si tu souhaites élever l’enfant toute seule pendant que ta nana rentre tard parce qu’elle est au boulot et/ou se murge en payant des coups à son cercle d’”amis”, ces langues de vipère qui n’ont pas de vie autre que professionnelle et qui passent leur temps à cracher sur leurs collègues, à lancer des rumeurs, y compris sur leurs prétendus amis, et à observer avec satisfaction le mal qu’ils font autour d’eux en se resservant une coupette de champagne ; n’oublions pas que l’ex, aigrie, de ta compagne fait partie de ce petit groupe et qu’elle t’injurie copieusement à la moindre occasion sous le coup de la jalousie car elle n’a pas digéré que toi, plus jeune, plus jolie, plus cultivée, plus respectée, et surtout encore nubile, ai capturé le coeur de son ancienne amante avec qui la rupture était encore fraîche ¤ par la présente que je suis enceinte ¤ t’as grave les boles, là quand même… ¤.
Tu trouveras ci-joint la photocopie de ma déclaration de grossesse ¤ mais si tu veux un échantillon d’urine fraîche à faire analyser histoire d’en avoir le coeur net, je veux bien me dévouer, par contre, ne te formalise pas si je vise mal et que j’arrose aussi, un peu, beaucoup, ton bureau… Diffiicile de contrôler une vessie de femme enceinte, tu sais… ¤.
La date de mon accouchement est prévue toute fin mars, ou tout début avril ¤ dommage, c’est une période un peu calme, j’aurais aimé partir en plein rush, pour bien vous mettre dedans, vous obligeant à trouver une stagiaire suffisamment résignée pour faire vos merdes, oui, car je n’ai même plus honte de le dire, une stagiaire de 3ème pourrait faire 90% de mon taf, sans trop de problème, sauf que moi, vous me payez grassement pour faire ce boulot et là, VOUS devriez avoir honte de vous faire entuber de la sorte par une idiote, mais moi, c’que j’en dis… ¤.
Aussi mon congé maternité devrait-il prendre effet mi-février, pour une durée de seize semaines ¤ semaines forcément délectables puisque loin de vous ¤.
Cordialement ¤ mes f€sses, oui ! ¤,
Jazz





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