Parfois, en regardant la télévision, j’ai l’impression d ‘être dans Hibernatus et que Louis de Funès va débarquer au bras de Claude Gensac; ou alors, je suis la mère de Good Bye, Lenin! et l’on cherche à me faire croire que les choses ont continué leur cours, sans grand bouleversement.
Je regarde la télé et même si certaines choses ont changé ou plutôt sont apparues (les jeux de call-TV où l’on appelle des numéros surtaxés en vain pour dire que l’on a bien rconnu la blonde dont le visage est découpé en carrés, la télé-réalité…) elle n’est guère différente finalement de celle de mon enfance.
Je vois Dechavanne et Nagui ; je vois aussi Michel Drucker, Patrick Sabatier, Patrick Sébastien, Jean-Pierre Foucault, William Lemeyrgie, Michel Denisot. J’entends encore Thierry Roland et Jean-Michel Larqué, même s’ils sont séparés, et le siège de PPDA est encore chaud. J’ai même réussi à chopper Philippe Gildas sur une chaîne de la TNT, Jérôme Bonaldi n’était pas très loin, et Patrice Laffont qui reprend du service public. Sans oublier : “je suis le présentateur de ce jeu télévisé sur France 3 depuis 1988, j’ai souvent été admiré pour la variété de mes cravates, pour mon sens dramatique, ma rapidité à articuler des questions, et ma capacité à ne pas rire quand un candidat répond 6 fois de suite, en vain, ‘la Mer Noire’, je suis, je suis…” Julien Lepers !!
Je zappe et je tombe sur Une Famille en Or, La Roue de la Fortune, Intervilles.
Bientôt on pourra parier sur la réaction de dégoût ou de ravissement des prochains candidats à Tournez Manège…
Des redifs de La Petite Maison dans la prairie, Derrick,
Les choses, j’en suis sûre ont à peine bougé dans l’intrigue des soaps américains comme Les Feux de l’Amour ou Amour, Gloire et Beauté.
Alors, non, je ne veux pas faire la jeuniste à tout prix. Je ne veux pas changer pour changer. Mais parfois, j’ai l’impression que ma télé bien que plus large et plus mince, n’a pas tant changé que ça à l’intérieur.
Je suis nostalgique de certaines émissions (la Télé des Inconnus par exemple, Le Petit Théâtre de Philippe Bouvard, Nulle part Ailleurs, La Grande Famille, entre autres…) et je comprends que l’on ait envie de faire durer ou ressusciter un concept qui a fait ses preuves… mais il y a un moment où toutes ces valeurs refuges me donnent l’impression d’avoir grandi plus vite que ma télé.
A ce train-là, je ne serais pas surprise que Guy Lux revienne nous vendre un concept de jeu à vachette où il apostropherait Simone et où Léon s’essouflerait en commentant une course sur un tapis glissant de savon noir, qu’Yves Mourousi nous annonce la ré-élection de Mitterand en ouverture du 13h00 assis sur un coin de bureau à côté de Marie-Laure Augry, ou que Dorothée nous enjoigne à n’avoir aucune pitié pour les croissants…

vous, ici ?