Mais où étais-tu passée Jazz ?

Me voici de retour ¤ pour un temps, pour longtemps ? ¤ Alors, méga-mise à jour de circonstance.

_Couple + Loupiot = Famille_

Tout juste une semaine après avoir déménagé en proche banlieue, j’ai pondu 4,010 kg d’un adorable bambin répartis sur 55 cm de long.

Coliques, nuits blanches, et crises de pleurs plongeant les parents dans une dense et terrifiante incompréhension (“Mon Dieu ! Que lui arrive-t-il ? Que lui avons-nous fait ? Mais qu’avons-nous fait ?????”) ont cédé la place à des sourires, des fous rires et des nuits de moins en moins en pointillés.

Aujourd’hui, les couches, le bain, les soins, et même les visites chez le pédiatre pour les vaccins, tout me plaît.
La maternité m’est tombée dessus, et je n’ai pas eu le temps de savoir si je faisais bien ou pas. J’étais dans l’action, la fatigue, l’émerveillement, les débuts d’un nouvel amour, mais pas dans la réflexion.
Enfin, je mens, j’étais dans la réflexion malheureusement. J’ai eu un peu de mal à accepter que ce petit bonhomme qui ne me ressemblait pas vraiment (le portrait craché de son père adulte), qui ne semblait pas particulièrement être réconforté par ma présence, qui ne reprenait pas assez vite du poids malgré des tétées fréquentes, longues et épuisantes, ce bébé qui pleurait quand même, quoi que je fasse, et qui était dehors après avoir été dedans, était bien mon fils.
C’est pourtant bien moi qui l’ai pris à pleines mains pour le sortir de mon intérieur après plus d’un jour et demi de contractions (dont 16 heures sans Sainte-Péridurale, au nom du Père, et du Fils à naître et de l’Anesthésiste, amen). ¤ D’ailleurs, malgré l’avertissement fait en cours de préparation à la naissance, j’allais faire la bêtise de le mettre directement près de mon cœur, ce qu’il ne faut pas faire, tant que le cordon n’a pas été coupé. Bébé tenait le sien très élégamment enroulé autour du bras. ¤ Il est sorti, a regardé vaguement autour de lui en ouvrant un oeil et a eu l’air de se dire :”tiens, je dois pas faire un truc, là ? Ah, oui ! Ouuuuuuuuuuuin ! Bon ! Voilà, ça, c’est fait.” Et il s’est replongé dans une inspection appliquée de son environnement, nous regardant avec surprise et gravité.

Quelques jours plus tard, de retour à la maison, je me rendais compte qu’il était là, bien présent et je m’en occupais, mais j’avais l’impression de prendre soin de l’enfant de quelqu’un d’autre, comme si je devais le rendre ou ne pas trop m’y attacher d’un amour maternel parce qu’il n’était pas vraiment mon enfant. Il a suffi que je fasse part de cette angoisse au Loup qui m’a dit de façon bonhomme “mais, tu t’en occupes hyper bien pour un enfant qui n’est pas le tien !” pour que ça aille mieux. Je suis devenue sa maman.

Et moi qui, taquine, questionnait depuis toujours le Loup sur la manière dont il réagirait puisqu’il allait avoir un enfant à la peau métissée. Un jour, il m’avait répondu : “mais si ça se trouve, il sera blanc, et là, tu dis quoi ?”. J’avais réfléchi sérieusement pour la première fois à cette question. Et si cet enfant n’avait pas les cheveux un peu bouclés, et s’il n’avait aucune trace de métissage, et si on me prenait pour sa nounou ?
Clarifions un point tout de suite : quand on me disait “oh, vous allez faire un beau petit métisse”, qu’est-ce que ça m’énervait ! Pour moi, on réduisait cet enfant (ou l’idée de cet enfant qui n’était même pas en projet alors) à un statut de métisse, chose insupportable pour moi. De la même manière qu’on ne peut couvrir la complexité d’une personne par rapport à sa couleur, sa nationalité ou sa sexualité par exemple, je ne voulais pas que cet enfant ne soit qu’un métisse. C’est bête parce que si on m’avait dit “vous allez nous faire un beau brun”… non, en fait, ça m’aurait aussi énervée.
Pendant toute la grossesse, je n’avais pas cherché à l’imaginer, je n’avais même pas voulu faire une écho en 3D pour ne pas entamer la surprise de la toute première vraie rencontre. Tout ça pour dire que sa couleur m’importait peu, en théorie. Et quand il est né, il était juste le plus beau bébé du monde. Le hic, c’est qu’il ne me ressemblait pas du tout. Je ne me reconnaissais pas en lui. Pas une question de couleur de peau, je le répète (J’insiste parce qu’on a souvent avancé ce point comme raison de ma crise). Mais il semblait être un clone de son père (en version adulte, parce que le Loup était un gros bébé potelé, blond comme les blés) : grand, mince, sérieux, observateur.
Un jour, le Loup me dit en riant, pour répondre à une de mes habituelles boutades “ah, je m’en fiches, moi, j’ai un bébé, on peut pas dire qu’il n’est pas à moi. T’as les boules, hein, il ne te ressembles pas du tout, et en plus, il est blanc” (Oui, j’ai oublié de préciser que notre enfant est né blanc comme une patate à l’eau, les cheveux noir de jais raides comme des baguettes, et des yeux un peu bridés comme ceux de son père).
Ca + chute d’hormones + nuits blanches + harcèlement moral de ma mère (ça, c’est une autre histoire) = j’ai fondu en larmes !
Le Loup m’a consolé après s’être copieusement excusé. Lui qui s’évertuait déjà à trouver les ressemblances entre bébé et moi, passait son temps à me dire “ah, là, tu vois, c’est ton portrait tout craché”, “là, il fait la même moue que toi quand tu es triste”, “tu vois, là, il est comme… ah non, il a le menton de ta mère”.

Maintenant, comme je le disais auparavant, j’embrasse pleinement maintenant la maternité. Je suis maman. MAMAN. “Mon fils”, je n’ai que ces mots à la bouche. “Monfils, monfils, monfils, MONFILS!” Ah ! Je dis aussi “Mon Mari” souvent. “Monfils-monmari”. Quelle greluche je fais, vraiment.

Maman, c’est prenant comme job : 24/24 h, 7/7j, pas de congés, pas de RTT. Et le boss est un despote dont le moindre désir doit être assouvi rapidement, même si maintenant il sait se montrer plus patient. Mais alors, qu’est-ce qu’on est bien payé !
Son sourire qui répond au mien, sa bouille ravie quand je viens le sortir du lit le matin, ses fous rires qui se terminent presque toujours en hoquet, sa petite tête qui vient se blottir contre mon cou, sa bave qui macule toutes mes fringues…

Depuis, notre bébé a grossi (depuis, à 4 mois, il pèse 8,2 kg et mesure 67 cm, oui, je sais, il est grand pour son âge), il est devenu un petit mec potelé (comme sa maman et son papa l’étaient au même âge), avec des yeux en amandes (comme sa maman), des cheveux bruns qui bouclent un peu (entre papa et maman), de petits oreilles (comme sa maman). Le Loup est un papa super, qui fait les choses à sa manière et qui adore passer du temps avec son clone, heu, je veux dire son fils. Du coup, je suis encore plus amoureuse de monmari, merci.

Mon mari, monfils, monfils, monmari.

Non, décidément, je ne m’en lasse pas.

La prochaine fois : _travail_

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A propos Jazz

Jazz, c'est juste moi, ici et là.
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7 commentaires pour Mais où étais-tu passée Jazz ?

  1. Leeloolène dit :

    Eh bien !! Je l’ai attendue cette note 🙂 Je me demandais où tu en étais de ta maternité justement. Donc bravo bravo pour la naissance du petit homme !! Et profite bien de tous ces instants… ils sont magiques parait-il 🙂

    Bises

  2. Jazz dit :

    C’est dingue, je viens de voir ta plante qui te tire la ou les langues !
    Je pense à toi souvent depuis que l’on m’a offert une orchidée que j’ai décidé de ne pas laisser crever. Après une floraison majestueuse, elle a fait une nouvelle feuille belle et verte, et je comprends ta fierté quand les tiennes se portent bien.

    Sinon, « magique », c’est le mot ! Je nage dans le bonheur malgré une fatigue croissante.

    J’espère que tu vas bien.

    Bises

  3. Marloute dit :

    Effectivement, c’est un beau billet!
    Bienvenue à ce petit bébé!

    La mienne arrive dans un peu plus de trois mois, mais j’attends déjà impatiemment de voir sa tête!

  4. ada dit :

    C’est un très beau et dense billet. Félicitations à toi. Profites-en bien !

  5. Jazz dit :

    > Marloute & ada : bienvenue à vous dans la salle de bains. Prenez un bonnet de bain, et servez-vous dans les produits de beauté, hein. Prévenez-moi juste quand vous entamez le dernier tu be de dentifrice.

    > Marloute : merci ! Profite de ton deuxième trimestre ! Je te souhaite une rencontre magique avec ta fille à naître.

    > ada : Merci, j’en profite dès que je peux. Il doit en avoir marre d’ailleurs mon petit.

  6. Saule Pleureur dit :

    Félicitations!
    J’aime les trains qui arrivent à l’heure, j’aime les bonnes nouvelles, et j’adore ton billet: un mari, un bébé et beaucoup d’amour…

  7. Jazz dit :

    Hello Saule Pleureur ! Ravie de te revoir par ici !
    Merci pour les félicitations.
    C’est vrai, je suis gâtée et j’en profite chaque jour.
    Je te souhaite beaucoup d’amour.

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