Des illusions

De retour d’un rendez-vous qui a duré plus encore que ce que j’aurais cru, il est 21h32.
En ouvrant la porte, j’avais imaginé Monmari, la mine creusée — en plein décalage horaire et après une quatrième journée d’affilée à s’occuper d’un bébé plein d’énergie que de futures quenottes rendent un peu grognon — me tendant Monfils surexcité, alors qu’il peinerait à articuler « Voici ton moufflet ! Il restera fils unique ! Si tu veux, on peut prendre un chien, voire deux, ou même une meute de hyènes à la place d’un petit second si tu tiens à assouvir une éventuelle envie de pouponner à nouveau, mais pitié, fais-toi ligaturer les trompes ma Fallope ! »

Au lieu de ça, le Loup avait bien la mine creusée, mais il avait couché notre enfant qui dormait à poings fermés depuis une demi-heure.

C’est la première fois que je n’assiste pas au coucher de mon fils.
Il peut s’endormir sans moi.
Il grandit déjà.
Il ira bientôt à la crèche.
Et un jour, il me dira qu’il n’est plus un bébé, et il aura raison.

J’ai posé un léger baiser sur sa joue en lui assurant que je l’aimais. Je suis impatiente de le voir demain.

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La travail, c’est la Santé (comme dans « maison d’arrêt de la Santé »)

_Travail_

Alors, le boulot, c’est toujours aussi chiant, mais je m’en fous un peu beaucoup.

Le changement de priorités, l’épanouissement dans la parentalité, le recul, et toutes ces billevesées versées par les nouveaux parents dans nos oreilles autrefois incrédules de couple nullipare ont fini par trouver une vraie résonance en moi.

C’est qu’ils avaient raison, ces bougres de papa-maman tout neufs, d’énoncer ces vérités ésotériques pour qui n’est pas de la secte.
Qui n’émettrait aucun doute quant à la crédibilité de gens qui, les yeux cernés, les gestes mal-assurés, trouvent la force de s’extasier devant un popo moutarde — graines incluses, s’il vous plaît — et nauséabond, ou vous soutiennent mordicus que le borborygme émis par leur rejeton est sa manière trop mignonne de prononcer « Bahaus », son premier mot, parce que « bébé fait déjà preuve d’un goût très sûr et adooÔoore le design ».
Oui, parfois, je trouvais que les jeunes parents agissaient comme des drogués, et je me demandais même si ce court séjour en maternité n’était pas en fait une cure de désintoxication avortée.
Je pouvais imaginer que l’on puisse, que l’on doive, faire du nouveau-né le centre de tout, c’était logique oui, mais cela manquait encore un peu d’incarnation.
Et puis mon tour est arrivé, je suis entrée dans la société pas si secrète des parents, j’ai encore l’air junky de la nouvelle adhérente parfois : œil vitreux, cheveu sale, vêtements maculés, conversations planantes sur l’usure de l’aréole et le bon choix de tétines de transition, syndrome de manque en cas de séparation trop longue d’avec le bébé, la liste est longue, arrêtons-nous là, j’ai honte.

La vie au boulot et son assortiment de frustrations, les concours d’humiliations, le bal des calomnies, les concerts d’hypocrisie me paraissent incroyablement minables et mesquins et faibles et bien trop en-dessous de ma ligne de flottaison pour que je puisse les gratifier d’autre chose qu’un petit rire quand je ne les ignore pas tout bonnement.
Ce qui autrefois me minait pendant deux semaines, m’embête à peine deux minutes, trois maximum.
Bon, c’est vrai, le fait de retrouver mon loupiot tous les soirs, ça aide.

Mais pas que ! ¤ En français : « mais il y a autre chose ! »¤
Ce congé maternité m’a permis de ne plus être perdue dans le malsain maelström de ce boulot.
Pendant plus de cinq mois, avoir eu vent depuis cette position de simple observateur des spasmes qui secouaient ce microcosme consanguin m’a fait reprendre mes esprits. Je n’étais pas nulle, juste nulle à leurs yeux. Je n’étais pas juste bonne à graver des CDs, je sais graver les CDs, mais je sais aussi faire autre chose, plein de choses, et tant pis pour eux s’ils ne savent pas quoi faire de moi.

J’ai envoyé des CV, j’ai passé un entretien (après lequel le cabinet de recrutement n’a plus donné signe de vie malgré leur promesse “quelle que soit l’issue, on vous rappelle”, mon œil, oui !). J’ai reçu un appel pour un job sympa mais la recruteuse n’avait vraisemblablement pas bien lu mon CV puisqu’elle était surprise de voir que je n’avais jamais travaillé à l’étranger et que je n’étais pas étrangère.

Et puis, une collègue très proche m’a demandé si mon CV était à jour. “Évidemment oui !” lui ai-je répondu. Elle avait revu un ancien camarade de classe devenu successful qui cherchait une personne pour « booster son équipe ». L’ancien camarade s’appliquait, disait-on, à maintenir un environnement de travail sain, simple et même gentil ! Incroyable !
Mon CV a été transféré au camarade qui a pris tout son temps pour me rappeler, même s’il m’avait fait patienter en indiquant à mon amie qu’il avait été impressionné par mon parcours.
Finalement, je reçois un mail du DAF de la boîte pour convenir d’un rendez-vous.
Aïe, l’intitulé du poste proposé correspond plus à un profil commercial. Je joue franc jeu au téléphone excuses en bandoulière : moi, la vente, ce n’est pas ce qui me botte le plus. Vendre, je peux faire, mais ça ne me fait pas vibrer et je n’ai pas envie de leur faire perdre leur temps. Réponse : « ne faites pas gaffe à l’intitulé, le poste, c’est surtout de la communication, du marketing et un peu de vente, votre collègue nous avait bien décrit vos compétences, ne vous en faites pas ! » Ah, ok ! Bon, alors, rencontrons-nous.
Je me rends en rendez-vous : l’entretien se passe très bien, la description de la vie de la boîte et de sa philosophie me met la larme à l’œil (discrete la larme, hein ! Et puis, j’étais très émotive à cause de la chute d’hormones de début de sevrage).

On se sépare avec, des deux côtés, l’envie de bosser ensemble. Prochaine étape : rencontrer le boss (ledit ancien camarade de ma copine).

Ce second rendez-vous se passe très bien aussi : après lecture approfondie de mon CV, le boss décide de créer un poste de communication, totalement séparé de la vente, mais presque aussi stratégique et pense que je suis parfaite pour ça.
Super !
Par contre, comme ils n’ont jamais eu une personne dédiée à la communication en interne et que ce ne sont pas des pros de la communication, il faut que je puisse leur donner un avant-goût de ce que je ferais en arrivant dans la boîte. Je pourrai lui montrer ça… à son retour de vacances.
Nous étions mi-juillet. Je le revois mi-août.
Moi qui pensais que ce serait du tout-vu et que je serais revenue de mon congé mat’ agitant nonchalamment ma lettre de dém’ sous le nez de ma future-ex boss, j’ai été un peu calmée.

C’est un peu rassurant de savoir qu’ils ne veulent pas me recruter dans la précipitation. Mais j’ai très envie de me barrer de mon entreprise actuelle. Très très envie. Parce que bon, graver des CDs, faire des étiquettes, les coller et répondre au téléphone, ça va un temps mais je ne compte pas faire ça toute ma vie.
D’accord, j’ai un taf, d’accord, il y a des gens dont c’est le métier, je comprends tout à fait. Ca ne me gêne pas d’exécuter ces menus travaux, je le ferais même sans qu’on me le demande, mais c’est que je ne fais que ça et je pense pouvoir faire mieux et plus de choses pour cette boîte qui ne sait pas quoi faire de moi.

La rencontre mi-août va servir justement à empêcher que cette situation ne se reproduise.
Espérons que ça ira et que d’ici là, je n’aurai pas péter les plombs, parce que j’ai vraiment l’impression de ne pas valoir grand’ chose professionnellement en ce moment.

Vous savez ce qu’il vous reste à faire : croiser les doigts, tout ça tout ça.

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Mais où étais-tu passée Jazz ?

Me voici de retour ¤ pour un temps, pour longtemps ? ¤ Alors, méga-mise à jour de circonstance.

_Couple + Loupiot = Famille_

Tout juste une semaine après avoir déménagé en proche banlieue, j’ai pondu 4,010 kg d’un adorable bambin répartis sur 55 cm de long.

Coliques, nuits blanches, et crises de pleurs plongeant les parents dans une dense et terrifiante incompréhension (“Mon Dieu ! Que lui arrive-t-il ? Que lui avons-nous fait ? Mais qu’avons-nous fait ?????”) ont cédé la place à des sourires, des fous rires et des nuits de moins en moins en pointillés.

Aujourd’hui, les couches, le bain, les soins, et même les visites chez le pédiatre pour les vaccins, tout me plaît.
La maternité m’est tombée dessus, et je n’ai pas eu le temps de savoir si je faisais bien ou pas. J’étais dans l’action, la fatigue, l’émerveillement, les débuts d’un nouvel amour, mais pas dans la réflexion.
Enfin, je mens, j’étais dans la réflexion malheureusement. J’ai eu un peu de mal à accepter que ce petit bonhomme qui ne me ressemblait pas vraiment (le portrait craché de son père adulte), qui ne semblait pas particulièrement être réconforté par ma présence, qui ne reprenait pas assez vite du poids malgré des tétées fréquentes, longues et épuisantes, ce bébé qui pleurait quand même, quoi que je fasse, et qui était dehors après avoir été dedans, était bien mon fils.
C’est pourtant bien moi qui l’ai pris à pleines mains pour le sortir de mon intérieur après plus d’un jour et demi de contractions (dont 16 heures sans Sainte-Péridurale, au nom du Père, et du Fils à naître et de l’Anesthésiste, amen). ¤ D’ailleurs, malgré l’avertissement fait en cours de préparation à la naissance, j’allais faire la bêtise de le mettre directement près de mon cœur, ce qu’il ne faut pas faire, tant que le cordon n’a pas été coupé. Bébé tenait le sien très élégamment enroulé autour du bras. ¤ Il est sorti, a regardé vaguement autour de lui en ouvrant un oeil et a eu l’air de se dire :”tiens, je dois pas faire un truc, là ? Ah, oui ! Ouuuuuuuuuuuin ! Bon ! Voilà, ça, c’est fait.” Et il s’est replongé dans une inspection appliquée de son environnement, nous regardant avec surprise et gravité.

Quelques jours plus tard, de retour à la maison, je me rendais compte qu’il était là, bien présent et je m’en occupais, mais j’avais l’impression de prendre soin de l’enfant de quelqu’un d’autre, comme si je devais le rendre ou ne pas trop m’y attacher d’un amour maternel parce qu’il n’était pas vraiment mon enfant. Il a suffi que je fasse part de cette angoisse au Loup qui m’a dit de façon bonhomme “mais, tu t’en occupes hyper bien pour un enfant qui n’est pas le tien !” pour que ça aille mieux. Je suis devenue sa maman.

Et moi qui, taquine, questionnait depuis toujours le Loup sur la manière dont il réagirait puisqu’il allait avoir un enfant à la peau métissée. Un jour, il m’avait répondu : “mais si ça se trouve, il sera blanc, et là, tu dis quoi ?”. J’avais réfléchi sérieusement pour la première fois à cette question. Et si cet enfant n’avait pas les cheveux un peu bouclés, et s’il n’avait aucune trace de métissage, et si on me prenait pour sa nounou ?
Clarifions un point tout de suite : quand on me disait “oh, vous allez faire un beau petit métisse”, qu’est-ce que ça m’énervait ! Pour moi, on réduisait cet enfant (ou l’idée de cet enfant qui n’était même pas en projet alors) à un statut de métisse, chose insupportable pour moi. De la même manière qu’on ne peut couvrir la complexité d’une personne par rapport à sa couleur, sa nationalité ou sa sexualité par exemple, je ne voulais pas que cet enfant ne soit qu’un métisse. C’est bête parce que si on m’avait dit “vous allez nous faire un beau brun”… non, en fait, ça m’aurait aussi énervée.
Pendant toute la grossesse, je n’avais pas cherché à l’imaginer, je n’avais même pas voulu faire une écho en 3D pour ne pas entamer la surprise de la toute première vraie rencontre. Tout ça pour dire que sa couleur m’importait peu, en théorie. Et quand il est né, il était juste le plus beau bébé du monde. Le hic, c’est qu’il ne me ressemblait pas du tout. Je ne me reconnaissais pas en lui. Pas une question de couleur de peau, je le répète (J’insiste parce qu’on a souvent avancé ce point comme raison de ma crise). Mais il semblait être un clone de son père (en version adulte, parce que le Loup était un gros bébé potelé, blond comme les blés) : grand, mince, sérieux, observateur.
Un jour, le Loup me dit en riant, pour répondre à une de mes habituelles boutades “ah, je m’en fiches, moi, j’ai un bébé, on peut pas dire qu’il n’est pas à moi. T’as les boules, hein, il ne te ressembles pas du tout, et en plus, il est blanc” (Oui, j’ai oublié de préciser que notre enfant est né blanc comme une patate à l’eau, les cheveux noir de jais raides comme des baguettes, et des yeux un peu bridés comme ceux de son père).
Ca + chute d’hormones + nuits blanches + harcèlement moral de ma mère (ça, c’est une autre histoire) = j’ai fondu en larmes !
Le Loup m’a consolé après s’être copieusement excusé. Lui qui s’évertuait déjà à trouver les ressemblances entre bébé et moi, passait son temps à me dire “ah, là, tu vois, c’est ton portrait tout craché”, “là, il fait la même moue que toi quand tu es triste”, “tu vois, là, il est comme… ah non, il a le menton de ta mère”.

Maintenant, comme je le disais auparavant, j’embrasse pleinement maintenant la maternité. Je suis maman. MAMAN. “Mon fils”, je n’ai que ces mots à la bouche. “Monfils, monfils, monfils, MONFILS!” Ah ! Je dis aussi “Mon Mari” souvent. “Monfils-monmari”. Quelle greluche je fais, vraiment.

Maman, c’est prenant comme job : 24/24 h, 7/7j, pas de congés, pas de RTT. Et le boss est un despote dont le moindre désir doit être assouvi rapidement, même si maintenant il sait se montrer plus patient. Mais alors, qu’est-ce qu’on est bien payé !
Son sourire qui répond au mien, sa bouille ravie quand je viens le sortir du lit le matin, ses fous rires qui se terminent presque toujours en hoquet, sa petite tête qui vient se blottir contre mon cou, sa bave qui macule toutes mes fringues…

Depuis, notre bébé a grossi (depuis, à 4 mois, il pèse 8,2 kg et mesure 67 cm, oui, je sais, il est grand pour son âge), il est devenu un petit mec potelé (comme sa maman et son papa l’étaient au même âge), avec des yeux en amandes (comme sa maman), des cheveux bruns qui bouclent un peu (entre papa et maman), de petits oreilles (comme sa maman). Le Loup est un papa super, qui fait les choses à sa manière et qui adore passer du temps avec son clone, heu, je veux dire son fils. Du coup, je suis encore plus amoureuse de monmari, merci.

Mon mari, monfils, monfils, monmari.

Non, décidément, je ne m’en lasse pas.

La prochaine fois : _travail_

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Nouvelle année… Encore

Ça y est : la nouvelle année est là avec les traditionnels vœux, le réseau qui pète les plombs à cause des SMS, les mines froissées comme le papier cadeau que tata Simone recupère chaque année le 25 décembre avant le déjeuner qui témoignent du lendemain de réveillon difficile et les mixtures foie gras dinde vin blanc marron bûche projetés au sol.
Je trouve toujours ça un peu déprimant le début d’année. Il faut reprendre le taf sans se plaindre, parce qu’au moins, on en a un, souffrir les blagues vaseuses des collègues et leurs récits de réveillon, leur claquer la bise parfois même, reporter tous les espoirs déçus des douze mois précèdents sur les suivants, repartir dans ce long couloir froid et sans fête jusqu’au salvateur avril. La déprime vous dis-je.
Comme chaque année peut-être même plus avec mon gros bidon, je vais redouter tout le tralala du déjeuner du jour de l’an. L’aller-retour en train est un supplice qui me donne envie de passer le permis et de m’endetter dans la seconde pour acheter une bagnole. Le repas, je le sais sera une longue litanie sur les décorations de Noël qui ont encore pris du temps a être montées, la maladie et la mort dans la famille ou chez les voisins ou d’autres encore, pourvu qu’on en parle, la grand-mère qui râle tout le temps, les mêmes histoires d’un passé doré racontées cent fois avec nostalgie et d’autres marronniers. Je crains toujours un peu ces déjeuners mais au final, je me fais avoir : on rigole bien, on mange bien et puis on est ensemble, autour de la table, tous vivants. C’est pas un amour débordant qui dégouline, parle fort et vois étreint violemment, mais l’amour est là, bien présent et c’est ce qui compte. Et puis, je rentrerai chez moi, même chargée comme une bourrique, même mal assise pendant la demi-heure de train, même transie de froid sur le quai de gare maugréant qu’on n’a pas idée d’être en avance à ce point.
Cette famille, c’est la mienne aussi. Aussi dysfonctionnelle, dérangée, décevante et enthousiasmante que celle qui m’a vu naître. La famille, les fêtes, la routine. J’ai beau râler et faire comme si, j’aime bien ça quand même et puis l’année prochaine, avec le bébé si tout se passe bien, ce sera autre chose et on verra si je ne regrette pas un peu finalement ces fêtes qui ronronnent.

Sinon, quand même je vous souhaite une bonne année 2010 pétant la santé, avec de l’amour, de bonnes idées, de chouettes rencontres, de belles surprises et surtout plus de bons que de mauvais souvenirs à l’heure du bilan dans 361 jours !

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Bonnes fêtes !

Chers vous,

Voilà, l’année touche à sa fin.
Beaucoup d’événements pas toujours heureux l’auront marquée : mariage, décès, maladies, grossesse, frustrations et bonheurs.

Je ne sais pas si vous êtes de ceux qui espèrent toujours que l’année d’après sera meilleure.
Je crois avoir pensé ainsi pendant longtemps, à une époque où j’étais beaucoup plus insouciante, mais depuis quelques années, je me contente de vivre les jours comme ils viennent avec leur lot de nouvelles, bonnes ou mauvaises. J’essaie surtout de trouver quelque chose de positif dans tout. C’est un effort dingue pour moi qui suis très angoissée, mais je m’accroche souvent à ça : une leçon apprise, une bonne santé, la présence de ceux qui vivent encore et qui savent qu’on les aime, le souvenir d’un bon moment et l’envie d’en avoir encore d’autres à vivre…

Mais parfois, c’est dur de trouver du bon : avec la vague de froid, je me prépare chaque jour à entendre le bilan des sans-abris morts. Alors, on peut se dire : « ben, raison de plus pour apprécier le toit sur notre tête et la nourriture dans nos assiettes ». C’est vrai, mais ça n’empêche pas les gens de mourir de froid en bas de chez nous, ou de souffrir de malnutrition ailleurs (mais ici aussi, hein, vous le savez bien).

Alors, cette année, s’il vous reste un ticket resto, un peu de monnaie, un peu de sou, un peu de sourire, des jouets ou des habits que vous n’utiliserez plus, essayez de faire une bonne action.

Pas besoin d’aller jusqu’à s’inscrire dans une association, pas besoin non plus de passer un réveillon à servir de la soupe, enfin, sauf si vous en avez vraiment envie…

Ce n’est peut-être pas grand chose, mais ça peut aider quelqu’un qui en a besoin.

Désolée de me la jouer grande moralisatrice et de plomber un peu l’atmosphère, mais voilà, il fallait que ça sorte.

Je vous souhaite à tous de passer d’excellentes fêtes, de bien profiter de ceux que vous aimez, de ne pas tomber malades (si vous n’avez pas pu faire autrement et que vous empruntez le métro parisien, évitez de vous asseoir à proximité d’une femme enceinte, et si vous ne pouvez vraiment pas poser votre derrière ailleurs, essayer de tousser et d’éternuer dans vos mains, et évitez d’agiter votre mouchoir humide comme un drapeau de paix… merde quoi !), de bien rire (ça fait tellement de bien), de penser un peu aux autres (surtout aux femmes enceintes qui sont debout dans les transports), et d’aimer, aimer follement, aimer passionnément, aimer tant que vous pouvez.

Grosses bises à ceux que je connais, à ceux que je ne connais pas encore (les timides qui ne font pas de commentaires), à tous.

Jazz

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Areu…

De temps à autre, j’ai des lubies.

Parfois, c’est imaginer les gens au moment de leur jouissance.
D’autres fois, c’est de faire un pari avec moi-même sur le nombre de pas qu’il me reste à faire avant d’arriver à ma destination.
D’autres fois encore, je compte les marches des trois étages qui séparent l’entrée de mon immeuble et notre appartement. Il y en a 55 mais parfois, c’est flippant, j’en compte 54 ou 56, le maximum ayant été 57. Ce jour-là, j’ai vraiment eu peur, cette sensation de terreur sourde où vous avez l’impression que quelque chose ou quelqu’un vous joue des tours. Attention référence littéraire : ceux qui ont lu Le Horla de Guy de Maupassant comprendront.

 

En ce moment, grossesse oblige, mon nouveau truc, c’est de me dire que tous les gens que je croise ont été bébé autrefois et de feuilleter en pensée leur album de famille en m’attardant sur les photos des premiers mois de leur vie.

Pour certaines personnes, il est particulièrement difficile de croire qu’elles ont connu l’état de nourrisson : le mec fou qui injurie les gens dans la rue, ce monsieur qui donne des coups de pied à son chien parce qu’il voulait lécher du vomi ¤ c’est moi, où le motif du vomi  revient souvent chez moi, là ? ¤, la dame qui a pris cet air pincé en traversant le rire tonitruant de jeunes étudiantes, et Claude, ma collègue de bureau.

J’ai beau faire de mon mieux pour l’imaginer bébé, en longue robe de baptême blanche, dans un sourire que ses parents ont dû mettre une bonne demi-heure à figer sur ses lèvres boudeuses, portée par sa marraine dont la moitié de la tête sort du cadre de cette vieille photo en noir et blanc, jaunie et écornée, mais non, même à grands renforts de détails, ça ne marche pas.

Quand je l’entends se plaindre de son traitement tout léger pour la repousse de ses tifs, alors que je n’ai qu’une envie, c’est de lui dire que ma belle-mère va se faire couper un sein qu’elle ne voudra probablement pas faire reconstruire par peur de repasser sur le billard à plus de cinquante ans, que mon beau-père et ma grand-mère qui ont eu chacun un accident vasculo-cérébral (AVC, quel sigle horrible) doivent suivre un traitement à vie avec des rendez-vous médicaux jusqu’à la tombe, que le Loup avec ses calculs rénaux doit se priver de chocolat, manger sans sel, et éviter tout un tas de trucs dont il raffolait avant.

J’ai envie de lui dire : « hey, toi, grosse nase, si au lieu de te plaindre de ta vie, tu essayais de voir le bon côté des choses, peut-être que tu serais moins aigrie et que ton caillou serait moins lisse… » Mais je me retiens.

Qu’elle se plaigne, passe encore : elle ne sait pas forcément ce qui se passe dans ma vie et à quel point je peux trouver ses complaintes indécentes. Mais quand elle s’apitoie sur son sort et agit de manière infecte avec tout le monde, là, j’ai envie de lui dire « Mais tu vas fermer ta gueule Claude et être un peu plus gentille ! »

Elle se plaint, à tort souvent, de tout et de tous, sans penser au mal qu’elle fait autour d’elle.

Combien de fois l’ai-je entendu accuser un collègue d’incompétence ou de je-m’en-foutisme, alors qu’elle s’était trompée. Bien entendu, à mesure que le temps avance, les reproches prennent de l’ampleur dans sa propre bouche jusqu’à ce qu’elle n’y tienne plus et les déverse dans chaque paire d’oreilles passant à portée de voix. En revanche, quand elle se rend compte de son erreur, les rares fois où ça arrive, elle ne pipe mot, pas même pour laver la réputation qu’elle s’est fait un plaisir de salir.

Ajoutez à cela, un cynisme systématique, un manque de politesse (ni merci, ni s’il te plaît), et une humeur massacrante un lundi sur deux (mais ça dure quinze jours…) et vous avez un portrait de la personne que je voie quasiment cinq longs jours sur sept.

 

Alors elle, oui, j’ai vraiment du mal à l’imaginer en poupon joufflu, aimé et jovial.

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Bonnes et mauvaises nouvelles

Tout d’abord, soyez rassurés : le bébé va bien.

Les vacances plus près ¤ tout près même ¤ de l’équateur se sont bien passées : un endroit paradisiaque, une belle mer (même si, pas chauvine du tout, je préfère certaines plages de chez moi), des gens très accueillants, une chambre gigantesque dans laquelle on peut mettre notre appartement actuel ET un cagibi ET un dressing de taille correcte.

J’ai vu des poissons très sympa sans avoir à enfiler tuba et palmes : ils passaient tout le temps devant ou sous notre bungalow aussi pouvions-nous les apercevoir depuis le panneau de verre dans le plancher.

Nous en avons profité pour visiter deux îles voisines : court, mais chouette.

La nourriture était très bonne, super variée, les serveurs étaient super sympa avec moi, encore plus du jour où ils ont su que ce ventre était l’effet d’une grossesse et non d’un abus de bière.

Du coup, qui a eu droit au pain tout chaud à peine sorti du four, aux morceaux de poissons frais choisis dans les meilleures parties, aux morceaux de viande découpés avec amour ?

C’est moi !!!!

Qui n’a pas eu droit au rappel silencieux qu’elle avait vomi l’entièreté de son premier petit-déjeuner devant une belle assemblée de serveurs effarés devant la longueur et la force soudaine de mon jet de dégueulis à deux pas ¤ ce n’est pas une image ¤ du stand de crêpes ?

C’est moi !!!

Je peux vous dire que j’ai flippé, parce que pendant les 2 ou 3 heures qui ont suivi mon renvoi d’œufs brouillés-saucisse de poulet-lait chaud, je n’ai pas senti de mouvements de la part du bébé, celui-là même qui a pris depuis quelques semaines maintenant l’habitude de se faire ses petits cours d’abdos fessiers et de stretching (pour éviter les crampes…) plusieurs fois par jour.

Au bout d’un moment, bébé s’est rappelé à mon bon souvenir, histoire de m’offrir un pense-bête bien marquant sur les points suivant :

– je n’aime pas le lait de vache, donc je n’en abuse pas.
– je ne dois pas mélanger œufs brouillés et charcuterie (même quand c’est pas vraiment du cochon),
– le fait de manger sous d’autres latitudes des trucs que je ne supporte pas ne couillonne pas mon corps, s’il n’aime pas, il rejette,
– c’est dangereux de se livrer à ce genre d’expériences culinaires quand on est enceinte,
– parfois, les premiers vomissements peuvent apparaître au second trimestre.

Comme on pouvait s’y attendre en cette saison, la pluie nous a arrosés maintes fois, mais surtout la nuit, pas un jour sans soleil d’ailleurs, malgré mon chapeau à large bord et les six enduits quotidiens à l’écran solaire bio indice 30, j’ai réussi à prendre quelques jolies couleurs, un léger hâle qui m’a fait du bien parce que je commençais à ne plus reconnaître cette pâle version de moi-même dans la glace.

Le retour en hydravion a été épique.

Ceux qui ont déjà vécu un transfert dans un petit hydravion de 15 places dans une petite dépression tropicale bien arrosée, avec deux enfants juste derrière vous qui vomissent tout leur petit-déjeuner 3 minutes après le premier décollage, oui je dis premier décollage parce qu’on a dû amerrir un quart avant d’arriver à l’aéroport qui était fermé pour cause de pluies trop fortes, attendre vingt minutes dans un roulis et un tangage incessant, sans compter la chaleur qui renforçait l’odeur de gerbe, puis re-décollage avec des petites qui terminaient de se débarrasser de leur petit-déjeuner, ceux-là comprendront.

Les autres, les chanceux, devront se contenter d’imaginer.

Nous sommes rentrés épuisés du voyage retour, contents de retrouver notre chez nous parce que, on ne veut pas passer pour des ingrats, mais même au paradis, on s’ennuie un peu quand on n’a rien à faire d’autre que manger, dormir, se baigner, lire et regarder quelques séries américaines. Donc une semaine de farniente, c’était bien pour se requinquer, plus, et j’aurais déprimé. Je rirai jaune, je sais, dans un an, si on me remet ce billet sous les yeux, mais ce n’est pas grave, je l’écris comme je le pense.

Dans le coin mauvaises nouvelles : la mère du Loup a un cancer du sein, mais il est opérable.

En croisant les doigts, elle n’a pas d’autres méchantes cellules cancéreuses et après l’ablation prévue, elle ne devrait pas avoir de traitement.

J’ai appris hier que mon oncle a un début de cancer de la prostate, opérable aussi.

Le frère de ma grand-mère est mort, il nous avait donné un bon conseil il y a près de cinq ans : « ne vous couchez pas fâchés l’un contre l’autre ».

Ma grand-mère a donc perdu en l’espace de 18 mois son époux et son jeune frère. Et malgré tout, elle arrive à garder la pêche. Ma grand-mère est un roc.

La voisine de ma mère aussi est passée de l’autre côté. Ma mère se sent donc plus que jamais seule, sur son palier et dans la vie, loin de ses enfants et sans homme à ses côtés.

La mort, la maladie ça fait partie de la vie, et plus on avance dans la vie, plus on a de chance de voir les siens tomber malade et mourir. C’est horrible et inéluctable. C’est un constat encore plus dur à faire quand on est enceinte et qu’on aimerait que tout soir rose autour de soi.

Enfin, je dis rose…

 

Je devrais plutôt dire bleu, parce que nous attendons un petit Loup.

J’étais heureuse de savoir que notre enfant est en bonne santé. L’annonce d’un garçon m’a donc fait un heureux choc, autant que si ça avait été une fille, je crois.

Mais, passé ce premier moment d’hébétude totale, est arrivée la période de doute.

« Que fait-on d’un garçon ? » me suis-je demandé.

C’est vrai que dans nos familles, tout le monde semblait espérer une fille, s’attendait à une fille, me voyait portant une fille, en cherchant une justification dans la forme de mon ventre, la pousse de mes poils, mon envie de manger sucré. M’enfin, tout le monde projetait son désir de fille sur mon abdomen, ce que je trouvais assez désagréable au début.

Je n’avais pas envie d’attendre un fils qui serait mal reçu parce qu’il ne correspondait pas au fantasme général.

Je voulais que ce bébé soit en bonne santé et que les gens me fiche la paix avec leurs envies à la noix.

Mais évidemment, on ne peut pas empêcher tout le monde de donner son pronostic et d’exprimer ses volontés, même quand rien de tout cela n’est sollicité.

Aussi ai-je décidé de prendre les choses de meilleure manière : j’ai pris les paris.

Evidemment, tout le monde a perdu, sauf mon frère qui rêvait d’un petit gars.

Et évidemment, j’ai eu droit à des « Mais on l’aimera quand même, hein », ou des « ah, c’est un garçon » masquant à peine la déception.

Très dur à encaisser quand vous avez un petit bout dans le bidon que vous aimez follement déjà et qu’on vous dit qu’il est moins bien que ce que l’on pensait.

Alors, évidemment, j’ai dû briefer ma mère sur les joies futures d’être grand-maman d’un garçon, afin qu’elle passe le message à sa mère, ses sœurs et tous ceux qui ont perdu leur pari : un garçon, c’est chouette, ça peut jouer au golf, ça flatte les femmes de sa famille et ça prend les choses en main. Saupoudrez ceci d’autres clichés positifs sur les hommes : « ça protège », « c’est fort », « ça devient grand et ça vous fait danser aux fêtes de famille », et vous avez un auditoire conquis.

Je ne pensais pas devoir en arriver à cette extrémité pour faire accepter cet enfant.

Mais j’ai bon espoir que tous les anciens partisans de la fille oublient totalement leur prévision foireuse à la vue du petit bonhomme.

Je ne peux pas vraiment leur en vouloir non plus.

Le Loup est fils unique d’un fils unique. Donc, ça manque de fille.

De mon côté, j’ai une famille qui est, par excellence, le clan matriarcal, les hommes sont presque tous des pièces rapportées hormis mes deux oncles, les femmes parlent fort, décident et forment une écrasante majorité.

Dans ma famille, si on n’est pas une nana, il faut se faire discret.

Et puis, mes tantes s’imaginaient une fille, à qui l’on offre des poupées, des robes, des chaussures trop mignonnes, des barrettes, une gamine aux cheveux longs que l’on coiffe à longueur de journée.

Et voilà que je me retrouve avec un petit mec !

Je fais l’aveu de m’être sentie un peu bête parce que je n’avais aucune idée de la manière d’éduquer un gars. ¤  C’est débile, a posteriori, c’est pas comme si j’avais un plan détaillé sur la manière d’élever une fille… ¤

Et puis, à force de réfléchir, j’ai pensé à mon petit frère, à mes cousins, aux fils de mes amis, et je me suis dit que c’était possible.

Ah, la force de l’esprit : maintenant, quand je vois des trucs roses, des robes à froufrous, des accessoires de princesse, j’affiche un mépris nez-pincé et me retourne vite vers les fringues de petit bonhomme pour prendre une bouffée d’air.

C’est débile, hein ?

Et, je me suis souvenue que longtemps, et il y a longtemps, je me disais que j’aurais préféré avoir pour aîné un garçon : j’étais moi-même l’aînée, et j’aurai bien aimé avoir un grand frère pour m’emmener dans des fêtes, en boîte et m’apprendre des trucs. ¤ Sans compter que le complexe d’Œdipe serait totalement à mon avantage… ¤

De son côté, le Loup est super heureux, surtout depuis qu’il sent son fils taper violemment dans sa main quand il la pose sur mon bidon.

Il fallait voir la tête du Loup ¤ qui secrètement voulait une fille aussi, j’en suis sûre ¤, quand il est sorti de l’écho : il avait les larmes aux yeux, pire que pour le mariage. Quelle sensible celui-là !

Mon fils. C’est drôle à dire, ça, « mon fils ». Je vais être maman, même si parfois encore je passe devant la glace au réveil, aperçois d’un œil ma silhouette, fais quelques pas en arrière en me demandant naïvement pourquoi mon ventre est si gros, et me rassure en me souvenant que je suis enceinte.

Bon, je vous laisse, il faut que je continue à regarder des salopettes et des petites baskets pour notre fils à naître.

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Liste de vacances

Maillots de bain – OK
Paréos – OK
Huile après-soleil – OK
Petites robes bains de soleil dans lesquelles je peux encore caser mon ventre – OK
Tongs – OK
Lunettes de soleil – OK
Housse étanche appareil photo – OK
Chapeau larges bords – OK
Eventail – OK
Bonnes lectures – OK
Bas de contention pour l’avion – OK

A acheter :
– Crème solaire bio indice 1280
– Magazines Bébé pour faire culpabiliser l’hôtesse qui nous installera du coup en 1ère classe, surtout qu’en plus on est en voyage de noces et qu’on boit pas de champagne, alors bon, faites un petit geste quand même…

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Question(s) de feeling

Avant-hier, j’ai reçu un mail de la Big Boss qui me demandait de faire un truc qui avait l’air intéressant sur plusieurs mois, en plusieurs étapes : bref, de quoi m’occuper jusqu’à mon congé mat’.

J’étais surprise qu’elle fasse appel à moi, ça avait l’air un peu sympa à faire, pas trop rébarbatif, utile et le fruit de ce travail serait exposé à tout le groupe. En plus, c’était carrément dans mes cordes !!!

Elle avait dû prévoir ma stupéfaction puisqu’elle a précisé à la fin de son mail : “ce n’est ni une blague, ni un moyen d’occuper ton temps”. ¤ Non, je ne délire pas, elle a bien écrit ça… ¤

Là, j’ai commencé à cogiter, mais histoire d’être sûre d’avoir tout bien compris et de ne pas me tromper de voie, parce que malgré tout, il y avait des choses qui demandaient à être précisées, je lui ai demandé un rendez-vous dans le mail suivant (cliquez sur les mails pour mieux les voir) :

Mail ok

Pourquoi diable ai-je répondu ça ? Quelle drôle d’idée j’ai eue en envoyant ce mail ? Pourquoi ai-je voulu être laconique et ne pas lui faire peur avec toutes mes questions détaillées ? Pourquoi ne lui ai-je pas montré ma gratitude en lui offrant de faire de mon premier-né son appuie-coude pendant les 18 premières années de sa vie ? POURQUOI????

Voilà ce que j’aurais dû écrire :

Mail non

Clairement, j’aurais dû écrire ça, mais quelque chose m’a empêché de le faire. En tout cas, c’était visiblement mal parce que je me suis pris ça dans la tronche en arrivant le lendemain matin :

Mail1

Vlan dans les dents !

Je lis le mail au Loup qui me dit “laisse tomber, c’est de l’acharnement !”. Je ne m’attendais pas à un jugement aussi péremptoire de sa part : il est d’habitude si blasé de mes fantasques aventures au travail et trouve toujours que je prends les choses trop à coeur. Là, l’utilisation du mot “Acharnement” et de quelques noms d’oiseau à l’intention de BigBoss m’ont réconfortée.

Le Loup avait déjà été échauffé par la manière dont BigBoss avait formulé sa demande à ma chef ¤ la compagne de BigBoss ¤ avec un superbe “peux-tu ma prêter Jazz” ou encore un “ce travail doit être fait soigneusement”. Il y a bien longtemps que je ne me vexe plus pour si peu dans cette boîte.
Moi, pas démontée, je lui renvoie un mail :

Mail 3

Mail envoyé à 12:26 mercredi.

Jeudi à 19:30, toujours pas de réponse, BigBoss et ma boss (en copie de tout) sont en déplacement et ne rentrent que demain.

Entre temps, ma boss m’a adressé d’autres messages sur d’autres sujets. Le silence de BigBoss ne résulte donc pas d’un problème de réception/envoi de mails, à moins qu’elle ait encore paumé son Blaquebérie dans les chiottes.

Je caresse le doux rêve de lui avoir cloué le bec.

Je ne sais pas où ça me mènera, mais au moins, ça m’a fait du bien de lui renvoyer son Scud dans les guiboles.

Je me tâte cependant : dois-je me fendre demain d’une petite visite à son bureau demain pour lui signifier, gentiment, mais fermement, que je n’ai certainement pas mérité son courroux puis son silence et que si elle préfère que je sois un béni-oui-oui, il suffisait de le dire ?

¤ M’enfin, ce n’est pas vraiment une nouveauté : pour se faire bien voir, il faut être parente avec la boss, ne pas poser de questions et faire semblant d’avoir tout compris. Quoi qu’il arrive, montrer sa gratitude et ne pas sortir du rang. ¤

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* Evidemment, les noms de personnes, produits, et divisions ont été changés.

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La vie de bureau – Où pourquoi il vaut mieux offrir une ardoise magique à certains collègues

Le sujet semble parfois inépuisable, aussi, voici un nouveau volet de

L’informatique, c’est pas automatique

histoire de ne pas vous faire regretter la vie au bureau pendant le week-end.

– Dis-moi Jazz, il faut que je fasse copier ou coller ?
– Pardon ?
– Copier ? Coller ? Je fais lequel des deux ?
– Heu… C’est une devinette ?
– Non, en fait, j’ai fait un truc si tu veux, et puis là, je ne sais plus quoi faire, si c’est copier ou coller, quand je veux le faire monter, là.
– ???
– J’ai fait un truc pour faire monter mon bloc dans ce fichu tableau, là.
– T’as fait quoi comme « truc » pour faire monter ton bloc.
– Je crois que j’ai cliqué sur couper.

Elle tourne son écran vers moi. Je réalise qu’elle a coupé une cellule et veut la recopier ailleurs, plus haut dans son tableau.

– Ah, OK, il faut cliquer sur « coller ».
– Ah, merci, j’oublie toujours.

____

– Han !
– …
– Han, mais c’est pas possible
– …
– Non, c’est pas vrai…
– Quoi ?
– Ah, merci de me le demander, je crois que j’ai perdu le document sur lequel je travaillais.
– Normalement, ton ordinateur a dû faire des enregistrements réguliers, tu devrais au moins pouvoir retrouver quelques modifications.
– Ah, ben j’espère, parce que j’ai enregistré, j’ai appuyé sur le bouton « enregistrer », j’en suis sûre.
– Bon, ben alors, tu vas le retrouver, je te montre comment faire.

Après 5 bonnes minutes de recherche, impossible de mettre la main sur le fameux document.

– Pourtant, j’avais bien cliqué là pour enregistrer, amis il faut dire que mes mails ne fonctionnent pas bien en ce moment, alors, ça doit court-circuiter quelque part…
– Non, mais là, c’est pas l’icône enregistrer, c’est l’icône pour envoyer un message électronique…

___

– Je pinceaute, je pinceaute. Qu’est-ce que je pinceaute ! Je n’arrête pas de pinceauter depuis que tu m’as montré comment faire.
– C’est bien ! Contente de voir que ça te rend service.
– Ah ben oui. Tiens, je pinceaute encore… Tiens, pinceau ! Et voilà, pinceau encore…
– …
– DOUBLE PINCEAU !!
– …
– PINCEAU, PINCEAU, PINCEAU, pinceau puissance trois !!!- …- re-pinceau
– Tiens, pinceau !

Prochaine étape : lui apprendre à se servir du pinceau de copie de la mise en forme en silence.

__

– Jazz, je ne comprends pas pourquoi le mot « BARHEIN » est écrit tout de travers.
– Comment ça de travers ?
– Ben oui, tu vois bien, il est déformé !
– Quoi ? Ah, c’est parce que t’es en italique.
– Mais non, c’est pas en Italie, le Barheïn.
– Non, le mot « BARHEIN » est écrit en italique. tu appuies là et il se remet droit.
– Ah, tiens, je l’avais jamais encore utilisée celle-là !

___

Parfois, je me dis qu’on ne peut pas lui en vouloir.
Mais c’est plus drôle à lire qu’à vivre, croyez-moi.

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